« 2008-04-04 | Page d'accueil | 2008-04-06 »
05.04.2008
MANIF : Dans l'Hérault comme partout, la xénophobie d'Etat tue
RAG 34. Lolo34
11:06 Publié dans 01 Enfants Scolarisés Sans Papiers , Actualités , Associations , Famille , Francophonie , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
L’enfermement des enfants sans papiers
Pr Jean-Yves Hayez
Pédopsychiatre
Prof émérite à l’UCL
Mon identité de psychiatre d’enfants et d’adolescents m’amène à m’occuper centralement de mineurs d’âge. C’est d’eux dont je vais parler, lorsqu’ils sont sans-papiers. N’en déduisez néanmoins pas que je considère leur sort plus digne d’intérêt que celui des adultes sans-papiers : il ne saurait y avoir de prise de position éthique ni de justice sociale à deux vitesses, en fonction de l’âge des personnes concernées. Dans ce texte, je recours à la qualification « sans-papiers » parce qu’elle est très parlante, même si elle n’est pas strictement exacte sur le plan administratif à chaque étape du processus. Il désigne les mineurs d’âge ou/et leurs familles, fuyant la pauvreté ou/et la persécution dans leur propre pays et émigrant chez nous avec, au mieux l’espoir d’y être officiellement accueillis, et au pire celui de gagner du temps et d’y survivre vaille que vaille dans l’illégalité pour une période indéterminable. On sait ce qu’il en advient : un petit nombre finit par être régularisé, le plus souvent au terme d’un parcours du combattant très éprouvant. Beaucoup se trouvent en période d’attente longue et incertaine de cette hypothétique régularisation, dans des centres ouverts ou ailleurs ; d’autres nombreux aussi vivent dans l’illégalité au vu et su de la communauté, espérant que l’épée de Damoclès de l’obligation de quitter le territoire ne leur tombera pas trop vite dessus ; d’autres - encore nombreux - vivent cachés dans la clandestinité : quelques- uns sont parqués dans les centres fermés, capturés dès leur tentative d’entrée en Belgique ou au terme de leur clandestinité, sur base de critères qui, vus de loin, ont l’air bien aléatoires : ne s’agit-il pas, fondamentalement, d’une opération de marketing pour rassurer l’opinion publique sur la vigilance et la fermeté du gouvernement ; beaucoup enfin finissent par être expulsés, dans un contexte de pseudo soumission ou de violence, individuellement ou collectivement.
Pour évoquer ces enfants sans-papiers, je me limiterai à parler de leur enfermement, avec ou sans leur famille.
Jusqu’en août 1999, ces enfants étaient abandonnés à leur sort sans sollicitation particulière, avec un bout de terrain vague entouré de barbelés pour taper la balle, et en prime, un avion qui décolle toutes les soixante secondes à leurs oreilles. Après, sous la pression des organismes de lutte pour les droits de l’homme et de l’opinion publique, leur sort matériel s’est amélioré : quelques jouets, de l’instruction ...
Que l’on n’en retrouve néanmoins pas trop vite la douce certitude du devoir positif accompli ! En effet, ces mesures sociales d’amélioration de leur vie quotidienne comportent le grand risque d’assoupir les consciences, comme si le nécessaire avait été fait ! Comme si, maintenant, on avait le droit de se soumettre à ce qui est le scandale de l’enfermement d’innocents enfants et adultes, sans décision ni contrôle judiciaire, avec pour seul délit la couleur de peau ! A quoi sert d’avoir mis sur pied tant de nobles structures, de délégués généraux aux droits de l’enfant, jusqu’aux juges de la Jeunesse, à quoi sert d’avoir délégué au pouvoir des partis qui se disent progressistes s’ils disent ne savoir rien faire pour empêcher cette atteinte aux droits de l’homme ?
Les germes de violence
Dans ces centres fermés, inévitablement le stress, la révolte d’adultes désespérés et qui n’ont plus rien à perdre, les germes de violence sont bien plus élevés que partout ailleurs tout comme l’est aussi le manque de territoire personnel de vie et d’intimité. Et donc le vécu d’insécurité des enfants est bien plus élevé, lui aussi ; n’y sont-ils pas régulièrement exposés, par exemple, à des expériences effrayantes comme : mutineries, bagarres physiques, violences sexuelles, désespoirs plus ou moins affiché de leurs parents ... Expériences effrayantes génératrices de syndrome de stress post-traumatique qui peuvent être intenses et de longue durée.
Mais surtout, l’expérience de l’injustice et de la toute-puissance arbitraire de l’Etat atteint ici son paroxysme. L’enfant doit assimiler l’incompréhensible, c’est-à-dire le fait qu’il est mis en prison, lui et ses parents, sans avoir rien fait de mal : à cela s’ajoute que les critères et les procédures de sortie sont aussi illogiques que ceux d’entrée. Pas de chance à l’entrée et pour la sortie, c’est aussi bien la roulette russe !
Comment n’en résulterait-il pas un sentiment d’infériorité et un désespoir radicaux ? Avoir cinq ans et vivre en prison, sans indication de durée, sans que papa et maman puissent expliquer ou faire quelque chose ... passer indéfiniment du chaud au froid, sans mot possible pour donner un sens ...
Comment n’en résulterait-il pas d’importants troubles de l’image et de l’estime de soi ... et un doute sur la valeur des parents et de la famille ? : « Qui suis-je ? Qu’ai-je fait de mal pour mériter cela ? Où sont mes fautes et celles de mes parents ? ».
Comment n’en résulterait-il pas une appréciation erronée et pessimiste sur ce qui est permis et défendu et, plus radicalement, sur ce qui est Bien et Mal... jusqu’à se sentir coupable de porter son nom, d’avoir son histoire et la couleur de sa peau !
Conséquences à long terme : quelques-uns, résilients, parviendront à cicatriser ce moment particulier d’expériences pénibles et à se remettre debout.
Beaucoup en garderont un sentiment d’infériorité et une image négative de l’autorité sociale, injuste et dont il faut toujours se méfier.
Quelques-uns, peut-être les plus forts psychologiquement, verront grandir en eux la haine et le désir de vengeance... tout deviendra alors possible, de la petite délinquance contre les nantis, jusqu’aux kamikazes terroristes qui protestent de manière radicale contre l’exclusion,... mais bah, de toutes façons, nous ne mettrons pas en question et nous légitimerons encore notre rejet de l’étranger pauvre... à partir de leurs actes de révolte.
Mes propositions, en contrepartie des pratiques actuelles
Il faut être réalistes : il restera inéluctable qu’une partie des personnes qui entrent sans papiers dans notre pays, en ce inclus des familles, n’y soient pas acceptées. Alors, comment réagir quand même de manière plus positive ?
Comme tous les professionnels concernés, je demande que les services administratifs ou judiciaires qui opèrent le fassent avec diligence, dans une ambiance d’accueil des personnes, et avec des critères qui soient clairs et généralisables. On reste très loin du compte.
Même lorsqu’en travaillant ainsi, telle famille serait dans des conditions d’expulsion, il faut admettre des exceptions, en fonction de la simple « humanité ».
A mon sens, il est inconcevable qu’une famille pas en règle de papiers, mais intégrée positivement depuis plus de trois ans dans le tissu social d’un village ou d’un quartier soit encore expulsée : à non sens, elle a « mérité » de rester en Belgique. Il est scandaleux et écoeurant d’apprendre qu’un jeune biélorusse de dix-sept ans, prêt à être adopté par la famille qui l’accueillait chaque année dans le cadre de séjours « Tchernobyl » ait été expulsé définitivement. Depuis lors, on a perdu toute trace de lui en Biélorussie : sans le moindre lien familial, il doit végéter dans un orphelinat d’État. Et la famille d’accueil a des ennuis judiciaires, pour avoir aidé une résidence illégale en Belgique : à hurler de bêtise ou d’inhumanité.
Il faut laisser libres, là où elles sont, sans enfermement, les familles destinées à être expulsées, avec une surveillance policière ou communale renforcée : à pratiquer de la sorte dans d’autres pays, on a constaté que seuls quelques pourcents disparaissent dans la clandestinité : les enfants, ici, constituent un formidable facteur « limitant » qui rend très difficile de s’évanouir dans la nature. Et ces quelques pourcents de perte à durée indéterminable, est-ce vraiment un drame d’Etat ?
L’idée consternante des familles d’accueil
Enfin, une idée consternante commence à monter à l’esprit de quelques hommes politiques : celle de confier les enfants à des familles d’accueil pendant qu’on enferme leurs parents. Ici, le remède est pire que le mal : c’est encore un peu moins pire de laisser les enfants enfermés avec leurs parents. C’est de leurs parents que ces enfants ont besoin : la convention des droits de l’enfant proclame haut et fort le droit de principe à la famille naturelle. Cette idée de famille d’accueil séparerait les enfants de leurs parents, alors qu’une épée de Damoclès pend sous la tête de ces parents (qui, par ailleurs n’ont rien fait de mal). Vous imaginez d’ici l’angoisse cataclysmique que connaîtront ces enfants, persuadés que leurs parents sont en danger loin d’eux et qu’ils ne les reverront peut-être jamais.
Pr Jean-Yves Hayez
jeanyveshayez.net
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article...
Note sur le même sujet :MANIF : Dans l'Hérault comme partout, la xénophobie d'Etat tue
RAG 34. Les lolo's 34
11:06 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , 01 Enfants Scolarisés Sans Papiers , Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Mélenchon: "un autre futur est possible" avec un "front de gauche" au PS
"Trait d'Union", sensibilité du PS animée par le sénateur Jean-Luc Mélenchon, a annoncé dimanche qu'elle "agira" pour "qu'un regroupement de toutes les gauches du PS devienne possible", dans la perspective du congrès des 7 et 9 novembre.
"Nous prendrons l'initiative du texte et des candidatures qui permettent à l'alternative de gauche de s'exprimer", lors du congrès, écrivent M. Mélenchon et ses amis dans une déclaration rendue publique à l'issue de la réunion de coordination des correspondants départementaux de la sensibilité "Trait d'Union".
"Nous le ferons avec autant d'autres que possible. Nous le ferons seuls si nécessaire, nous allons agir et nous rendre disponibles pour qu'un regroupement de toutes les gauches du Parti socialiste devienne possible", poursuivent-t-ils.
Ce sera "un regroupement sans exclusive ni a priori. Tourné vers les convergences pour l'avenir plutôt que vers les divergences du passé", ajoutent-ils.
Car "le congrès du Parti socialiste ne saurait se réduire à une compétition de personnes en vue de l'élection présidentielle et "il n'est pas vrai qu'il n'y a qu'une orientation possible et crédible à gauche", jugent-ils.
Déplorant que "la gauche du Parti socialiste (soit) muette et balkanisée", M. Mélenchon et ses amis l'appelle à "s'assumer".
"Elle doit porter dans le Parti socialiste le programme de gauche qui répond à l'urgence sociale et politique. Le sort réservé à cette gauche au PS sera un révélateur", expliquent-ils.
VIRY-CHATILLON (Essonne ), 30 mars 2008 (AFP)
RAG 34. Les lolo's 34
11:05 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Martin Luther King : " Vous ne pouvez rien contre la mort. Vous pouvez juste choisir ce pourquoi vous allez mourir."
Martin Luther King, le 03 avril 1968.
Le 4 avril 1968, il y a 40 ans jour pour jour, Martin Luther King était assassiné à Memphis où il était venu soutenir une manifestation de grévistes noirs. A 39 ans, il était déjà universellement connu. Depuis le 28 août 1963. Ce jour là, à Washington, devant 250.000 personnes et les caméras de toutes les télévisions du monde, cet arrière petit-fils d’esclave avait rêvé d’une Amérique dont tous les citoyens auraient les mêmes droits, quelle que soit la couleur de leur peau. Un an plus tard ce rêve devenait une réalité et Martin Luther King le plus jeune prix Nobel de l’histoire. C’était l’aboutissement d’un combat commencé le 1° décembre 1955 dans une petite ville de l’Alabama. Ce jour là, dans un bus de Montgomery, une couturière noire, Rosa Parks, avait été arrêtée par ce qu’elle avait refusé de laisser sa place à un blanc. Au lieu de se résigner, la communauté noire de Montgomery décidait de boycotter les bus de la ville. A sa tête, un pasteur de 26 ans dont l’Amérique n’allait plus cesser d’entendre parler : Martin Luther King.
Emission 2000 ans d'Histoire, EXTRAIT :
Ecoutez, réécoutez l'émission 2000 ans d'Histoire par Patrice GELINET France Inter
RAG 34. Les lolo's 34
11:05 Publié dans Actualités , Associations , Loisirs/Culture , Musique , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



