06.04.2008

Et Tanâtos provoqua le chaos...

Second tome de la très feuilletonesque série "Tanâtos" de Convard (scénario) et Delitte (dessin). Tanâtos est une sorte de génie du mal qui manoeuvre dans les coulisses pour arriver à son but ultime : gagner de millions en faisant tourner à plein régime ses usines d'armement. En ce début d'année 1914, les bruits de bottes se font de plus en plus présents partout en Europe. Il ne reste plus beaucoup d'obstacles. En empruntant les apparences que quelques personnages clés (député, industriel...), Tanâtos parviendra a mener son plan à bien. Mais il trouvera sur son chemin le détective Victor, toute l'agence de Fiat Lux, quelques policiers et des politiques hostiles à la guerre. Jaurès par exemple. Mais Jaurès ne verra pas le début des hostilités, un homme de main de Tanâtos va se charger de faire définitivement taire le pacifiste. Ce sont 54 pages denses, reconstituant parfaitement cette époque et les mentalités d'alors. Convard rend hommage aux grands romanciers du genre (Souvestre et Allain, créateurs de Fantomas) mais en donnant une dimension politique supplémentaire. Car au final, le message est clair : les guerres ne sont que des artifices pour permettre à quelques capitalistes de décupler leurs profits le temps d'une situation exceptionnelle. Une vérité qui est encore d'actualité, il suffit de voir quelles sont les sociétés qui profitent le plus de l'invasion de l'Irak actuellement. Et qui sait, Tanatôs est peut-être derrière là aussi...
« Tanatos » (tome ), Glénat, 12,50 €

01.11.2007

Le mal absolu

Dans le style feuilleton du début du siècle, avec méchant absolu et machination machiavélique, Didier Convard et Jean-Yves Delitte semblent avoir pris beaucoup de plaisir à réaliser le premier tome de Tanâtos. Ceux qui ont lu les gros fascicules de Fantomas et autres romans populaires se délecteront de cette BD reprenant toutes les ficelles de ces chef-d'oeuvres méconnus de la littérature française. Convard, au scénario, a imaginé un personnage d'une extrême noirceur. Tanâtos peut prendre les apparences de n'importe qui grâce à des masques de sa conception. En 1913, il enlève un député socialiste, ami de Jaurès, et prend sa place. Il va contacter le camp nationaliste et faire croire que Jaurès prépare un attentat contre les intérêts français. Dans la foulée Tanâtos bombarde les usines d'un riche fabricant d'armes. Le lecteur devine que tout se met en place pour provoquer une guerre entre la France et l'Allemagne. Tanâtos explique à un de ses lieutenants qu'une « guerre cela peut rapporter des milliards, si je parviens à la faire durer un peu... » Delitte, au dessin, se délecte à reproduire les engins de l'époque et d'en inventer certains au passage.
("Tanâtos", Glénat, 12,50 €)

26.07.2006

Bad news in azerbaidjan

Juste avant de dédicacer le troisième épisode des « Nouveaux tsars », Jean-Yves Delitte explique que « la vie est si courte et beaucoup trop hasardeuse pour se cacher derrière une imbécile pudeur en se refusant de crier haut et fort son amour aux êtres qui nous sont chers ». Comme si l'auteur, en enquêtant sur les pratiques de la mafia et des groupes terroristes dans les pays de l'ancien bloc soviétique, avait pris conscience que tout cela ne pouvait que conduire à une catastrophe mondiale inéluctable. Son héros, Youri Vladimir, croit encore en la justice. Il est employé par un organisme international pour contrôler le démantèlement de l'arsenal nucléaire russe. Quand il arrive en Azerbaidjan, il ne se doute pas qu'une révolution est en marche. Les groupes islamistes sont soutenus par des puissances étrangères voulant récupérer le pétrole de la région qui pour l'instant est exploité par des Canadiens. Vladimir enquête de son côté sur des fûts toxiques ayant coulé dans le lac Baïkal. Méticuleusement, Delitte démontre comment tout peut basculer dans l'horreur. Et que les vies humaines ne représentent rien quand le pouvoir et l'argent sont en jeu. (Glénat, 12,50 €)