28.03.2008

Guerriers des steppes

Igor Kordey, dessinateur croate, est un créateur infatigable. Il vient de signer une dizaine d'albums en un peu plus d'un an. Après l'Histoire secrète et Le Coeur des batailles, il se lance dans une nouvelle série, l'adaptation en bande dessinée de Taras Boulba, oeuvre de jeunesse de Nicolas Gogol. Il est aidé au scénario par Morvan. Kordey aime illustrer les histoires fortes, pleines de fureur et d'adrénaline. Avec cette histoire de cosaque zaporogue, il trouve une matière première qui lui convient à merveille. Taras Boulba ne vit que pour se battre et partager les victoires avec ses frères d'armes. Violent, buveur, il a une femme qu'il a engrossé à deux reprises. Deux fils, Ostap et André dont on va découvrir l'éducation en parallèle au récit principal. Olap est digne de son père, il fait les 400 coups malgré la rigueur des moines orthodoxes qui l'éduquent. André est un grand sentimental, plus intelligent, donc sensible à l'amour. Il le rencontrera un soir derrière une fenêtre. La fille du gouverneur de Kovno, de passage à Kiev. Mais il n'y a pas beaucoup de place pour la tendresse dans une vie de cosaque. Une BD virile, pour les hommes, les vrais...
« Taras Boulba » (tome1), Delcourt, 12,90 €

14.03.2008

Les enfants perdus et le milliardaire

Après avoir bouclé deux cycles de trois albums, Pecqueur et Malfin reprennent tous les personnages de Golden City et ouvrent une nouvelle trilogie. Banks est de nouveau PDG de son groupe pharmaceutique. Dans les premières pages, il est dans la cabane de Mifa, Apple, Solo et Kumiko, les enfants perdus. Ces derniers racontent comment ils se sont rencontrés, où est née leur amitié. Des pages sombres pour ces enfants abandonnés, orphelins, obligés de voler pour survivre dans un monde où ils n'avaient plus leur place. Mais c'est le passé. Aujourd'hui, ils vont partir avec Banks vivre sur Golden City. Cet avenir radieux se charge de noirs nuages quand la petite Loli est enlevée par de mystérieux hommes masqués. Un commando qui, quelques heures plus tôt, avait également kidnappé le professeur Seed. Un vaste complot pour tenter de pénétrer dans Golden City et en prendre le contrôle.
La série de SF imaginée par Pecqueur est une belle réussite. Suspense, personnages attachants, intrigue fouillée : tous les ingrédients pour en faire un succès sont réunis. Et comme le dessin de Malfin est à la hauteur, il serait idiot de bouder son plaisir...
« Golden City » (tome 7), Delcourt, 12,90 €

13.03.2008

La traque de Freddy débute

Corbeyran et Gérineau, créateurs de l'univers des Stryges, creusent le filon horreur avec cette nouvelle série dessinée par Defali. Le premier tome, de 56 pages, se déroule à deux époques différents. Des archéologues découvrent une momie dans un caveau en Iran. Dans son sarcophage, elle était enchaînée. A l'ouverture, un gaz délétère se répand dans la chambre funéraire faisant sombrer dans l'inconscience les trois chercheurs. De nos jours, à Paris. A la sortie d'un cinéma, un couple est agressé par un monstre mi homme mi loup. Il tue l'homme, mais est mis en fuite avant de pouvoir s'attaquer à la jeune femme. Un fait divers qui attire l'attention de l'Europolice. Un inspecteur belge, Franck Vandenbroecke, se rend sur place et constate que cette agression est signée : Freddy est de retour. Un mystérieux tueur en série qui, tel le Freddy des Griffes de la Nuit, film d'horreur de Wes Craven, lacère ses victimes avant de les dévorer. Une BD très sombre, multipliant les courses-poursuites et les scènes violentes. Le dessin de Defali, en forçant sur les ombres et le côté obscur, perd un peu en lisibilité. L'intrigue rattrape le tout. D'autant que ce premier album se termine sur un coup de théâtre très prometteur pour la suite...
« Le syndrome de Hyde » (tome 1), Delcourt, 12,90 €

28.02.2008

Trois moines en mission

Dans la Chine du Xe siècle, le nouvel empereur désire imposer une paix négociée à l'ensemble des provinces composant son empire. Mais ce n'est pas chose aisée. Certains petits dictateurs n'en font qu'à leur tête. Plutôt que de faire parler la force brutale de ses armées, l'empereur décide de demander à des moines shaolin de porter la bonne parole. Reste à choisir ces moines. Le responsable du monastère décide de désigner trois jeunes moines, inséparables depuis l'enfance, différents mais aussi très complémentaires. Lei Li est le plus intellectuel, Peng le plus fort et Xiao le plus gros et beau parleur. Un trio qui n'a jamais quitté la quiétude du temple. Après avoir passé une dernière épreuve initiatique, ils se lancent sur les chemins pour obtenir leur feuille de route de l'empereur. Ils vont devoir affronter un seigneur ayant passé un accord avec des forces fantastiques. Masbou, au scénario, rend hommage à son enfance bercée par les films de Kung Fu, dans une BD dessinée par Duong.
« Empire céleste », Delcourt, 12,90 €

17.02.2008

Le grimoire de l'inventeur

Dans le Donjon, tout est bon ! Surtout les épisodes de Donjons Monsters qui permettent à différents dessinateurs de se frotter avec l'univers quasiment infini créé par Lewis Trondheim et Joann Sfar. Pour ce 12e titre, c'est Keramidas qui se prête au jeu. Le dessinateur de Luuna, aux éditions Soleil, adopte un trait plus rond et souple, presque « disneyien » pour conter nombre de péripéties autour du grimoire de Vaucanson. Ce livre légendaire est très convoité car il permettra à son propriétaire de créer une armée d'automates pour gagner toutes les guerres possibles et imaginables. Si Guillaume de la Cour, redoutable marchand, n'y voit qu'une marchandise synonyme d'une montagne d'or, d'autres, comme le professeur Cormor (ou celui qui a pris son identité) y recherchent plus mystiquement la flamme de la vie. Tout cela s'anime un peu avec l'arrivée dans la course de Hyacinthe de Cavallère, le gardien du Donjon et ses sbires, Herbert, Melvin ou l'inénarrable Grogro. Un album assez sombre, avec une fin pleine de symbole, preuve que Sfar et Trondheim sont toujours bien aux manettes.
« Donjon Monsters », Delcourt, 9,80 €

07.02.2008

Polar du futur

Même si la couverture n'est pas des plus engageante, plongez dans le premier tome de cette nouvelle série de science-fiction et découvrez Scoffoni, un dessinateur presque débutant (c'est son premier album, mais il travaille depuis de nombreuses années dans le milieu de la publicité) au trait réaliste et aux cadrages dignes d'un vieux briscard assis sur 20 années d'expérience. Une véritable merveille graphique, avec son lot de décors très poussés et de gueules chez les seconds rôles. Sans oublier les véhicules futuristes mais totalement crédibles. Côté histoire, le scénario de Benoît Rivière met un peu de temps à démarrer. Heureusement le personnage principal, Milo Deckman, flic de base de Los Angeles permet de faire passer quelques longueurs. Il est le témoin, par hasard, du meurtre d'une jeune femme dans la rue. Au moment de l'identification qui s'effectue à l'aide de l'iris, il découvre une double identité. Femme d'un chercheur avec l'oeil gauche et d'un dentiste avec l'autre. Qui est-elle exactement ? Pourquoi a-t-elle été abattue en pleine rue ? L'enquête ne fait que commencer et Milo, sans le savoir, vient de mettre les pieds dans une affaire complexe qui risque de lui gâcher l'existence.
« Milo », Delcourt, 12,90 €

24.01.2008

Egos de militaires

Etrange et décalée cette bande dessinée, une histoire complète, signée par un dessinateur espagnol, Fernandez, qui pour la première fois signe également le scénario. « La mère des victoires » est un char d'assaut du futur. L'arme ultime. Dans ce futur proche, la guerre est récurrente, thème principal d'une émission de téléréalité. Les affrontements entre les deux blocs sont mis en scène, filmés au plus près. Les effets spéciaux spectaculaires, mais les morts bien réels. Personnage principal de l'histoire, le capitaine Kataoka. Ce gradé ambitieux, a travaillé à la mise au point de la « Mère ». Il est persuadé d'en prendre le commandement. Mais c'est un officier plus jeune, plus télégénique, qui est choisi. Lui est relégué à l'entraînement des novices. Un militaire exigeant, violent, intransigeant. Le décalage intervient quand Fernandez rajoute à l'intrigue une histoire d'amour entre Kataoka et son chef supérieur, la rousse et volcanique capitaine Anderson. Dans leurs uniformes ils tuent, détruisent, sont sans pitié. Mais par ailleurs ils se comportent comme des tourtereaux, roucoulant dans des draps de soie. Le grand écart est maximal...
« La mère des victoires », Delcourt, 12,90 €

18.01.2008

Enquêtes aristocratiques

Pas facile quand on est aristocrate de devoir travailler comme un manant. Pourtant c'est avec beaucoup de plaisir que Tiffany, descendante de Jeanne d'Arc, exerce son métier de détective privé. Elle pratique aussi l'escrime et surtout peut lire les pensées des hommes et femmes qui s'approchent d'elle. Un sérum de vérité diablement efficace. Et pour couronner le tout, Tiffany est belle et moderne. Dans cette deuxième enquête, écrite par Yann et dessinée par Herval, au trait aussi élégant que son héroïne, il est question d'un bel héritage que se disputent cousins et petits neveux d'un nonagénaire vivant dans le culte de son fils disparu aux commandes de son avion au-dessus du désert lybien en 1943. Or le vieillard aurait appris, peu de temps avant sa mort, que son fils aurait eu un enfant avec une infirmière qui elle aussi appartenait aux Forces françaises libres. C'est cet héritier que Tiffany va tenter de retrouver alors qu'une mystérieuse tueuse tente elle de définitivement éteindre la branche de l'aviateur. De l'action, des rebondissements, mais surtout de nombreux gags et clins d'oeil signés Yann, incorrigible farceur.
Tiffany, Delcourt, 12,90 €

17.01.2008

La guerre des Parfaits

Makyo, de son vrai nom Pierre Fournier, est un Breton bon ton qui se passionne pour l'histoire des Cathares, ces « hérétiques » ayant révolutionné le Languedoc entre 1100 et 1300. Il a déjà abordé indirectement le sujet dans un cycle de Balade au bout du monde mais cette fois le catharisme est au centre de cette nouvelle série dessinée par Calore. A la fin du phénomène, réprimé dans le feu et le sang par l'inquisition, Guilhem Roché, entre Toulouse et Carcassonne, devient un guérisseur renommé. Ses dons viendraient de l'enseignement de Simon Azalaïs, le Parfait introuvable, Cathare errant et invisible, au centre de cette série prévue en trois tomes.
« Je suis Cathare », Delcourt, 12,90 euros

10.01.2008

De l'OGM à l'EGM

Actuellement, des chercheurs font des expériences sur des organismes génétiquement modifiés (OGM). Dans quelques années, les descendants de ces mêmes chercheurs pourraient faire leurs expériences sur des êtres génétiquement modifiés (EGM). Ce postulat est en toile de fond de la série Carmen McCallum écrite par Fred Duval et dessinée par Gess. Dans ce futur pas si éloigné que cela, les multinationales, pour exploiter des astéroïdes dans l'espace, ont créé des hommes « améliorés » pour qu'ils travaillent mieux et à moindre coût. Mais ces êtres, sans parents ni passé, ont une conscience et sont en pleine rébellion. Alors que des humains acceptent la création d'une nation indépendante des Astéroïdes, les industriels font tout pour tuer la révolte dans l'oeuf. Carmen et ses amis seront "embauchés" pour tenter de ramener la paix et d'ouvrir les négociations. Une série de science-fiction au succès croissant (des séries dérivées ont même vu le jour, Code McCallum et Travis) qui a le grand avantage de nous faire deviner ce que pourrait être l'avenir de nos enfants si on ne prend pas garde à certaines dérives scientifiques.

« Carmen McCallum », Delcourt, 12,90 €

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