07.04.2008
ECRIVAIN / AYME Marcel (selon moi)
AYME Marcel (écrivain français. 1902-1967)
Auteur lucide et désabusé. J'ai tout lu pratiquement tout sur Marcel Aymé. Ses récits sur la résistance et la collaboration reflètent la quintessence de l’humanité.
Un homme aussi intelligent que lui, ne pouvait être dupe d’aucun système, d'aucune fortune mal acquise, d’aucune réussite fondée sur la duplicité.
Le talent et la sincérité qui l’accompagnèrent toute sa vie lui valurent beaucoup d'inimitiés et de se faire taxer inévitablement, d’auteur de droite, cynique et malveillant. Ce dont il se contrefiche.
Parmi ses chef-d'oeuvres, l'inoubliable "Jument Verte" dont Claude Autant-Lara fit un film truculent, avec Bourvil.
Autre réussite, "Uranus" mis en scène, avec autant (lara) de bonheur. Un Gérard Depardieu, au mieux de sa forme, en fabuleux chantre tardif, amoureux et alcoolique d'Iphigènie et des tragédies grecques.
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RENTRER EN ECRITURE
Je suis entré en Écriture comme on rentre en Religion. On est supposé faire voeux de pauvreté (c'est vrai que l'écriture rapporte rien, sauf des ennuis), voeux de chasteté (faut pas exagérer) et voeux d'obéissance (à ben ça, encore moins).
Mais bon, en sait ce qu'en furent ces voeux, notamment les deux premiers au cours des siècles et des siècles, amen.
Pour ceux que mes écrits sur les ECRIVAINS, barbent (j'ai senti une légère baisse d'intérêt au compteur), j'en ai bientôt fini avec eux, et je vais reprendre les récits sur mon adolescence et peut-être sur mes amours... (hum, hum...)
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06.04.2008
ECRIVAIN / ALAIN-FOURNIER (selon moi)
ALAIN-FOURNIER (Henri Alban. 1886-1914), c'est la fulgurance,et l'horreur du destin. Fauché pour la gloire militaire (?) aux Eparges, aux premiers jours de la guerre (1).
Homme d'un seul livre. Un livre absolu. Le "Grand Meaulnes"(2).
Est-il possible d'écrire un autre chef-d’oeuvre après celui-ci ?
Livre pour l'éternité. Le livre d'une génération, de l’adolescence et de ses tourments. De la quête d'absolu, la soif d'amour, la femme éternelle...
Tout ce qui fonde et forge notre existence.
Et c'est le seul livre que j’emmènerai sur une île déserte.
Quels auraient été ses seconds romans ? Question qui se perd dans l'absurde et le néant
Peut-être n'existait-il pas pour Henri Alain-Fournier, d'autre choix que mourir après un aussi beau livre ?
Et en dispersant ses cendres sous le feu et la mitraille, Dieu n'est-il pas entré dans cette logique d'empereur chinois, qui possédant deux vases inestimables (de la dynastie des Ming), en cassa un pour conférer à l'autre une valeur suprême ?
Henri Alban, repose a jamais dans les coquelicots, rouge sang, au grand vent des collines d’Argonne. Adolescent éternel... Dormeur du Val… Comme Rimbaud...
(1) J'irai à "Saint-Remy-la-Calonne" où son corps a été retrouvé.
(2) Le grand MaulnESSE" comme disait mon fils, en toute bonne foi, à qui j'essayais de faire lire le livre à 15 ans.
(3) Insigne et fortuite consolation, l'ami, à qui il a dédié un recueil de poèmes à le même nom de famille que le mien. (In Wikipédia : "Lettres au petit B... le "petit B." était René Bichet, poète, et ami d'Alain-Fournier et de Jacques Rivière)
(4) Films : Comment est-il possible d'en tirer au cinéma d'aussi affligeants navets d'un tel roamn ? Dans le dernier, seule la scène du bal sauve de l 'ennui...
5) Vous savez qui c'est Marc Elder "Le Peupler de la Mer"? Moi non plus.
C'est celui qui a grignoté le Goncourt au "Grand Meaulnes" L'inconnu total. Ca laisse rêveur...
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ECRIVAINS / PIVOT (selon moi)
PIVOT (Bernard). Animateur littéraire de télé.
Bernard, tu nous as fait rêver, tu nous as tant donné de moments merveilleux.
Tu as invité tous les écrivains ; les jeunes, les vieux, les talentueux, les prétentieux, les maladroits... Avec un égal bonheur.
Mais vraiment, tu m’as fait de la peine*, le jour où tu as tancé l' Abbé Pierre comme un gamin.
Je ne reviendrai pas sur l'affaire, parce qu'elle est prescrite et taxée d'opprobre politique...
Si l'initiative est venue de toi, je peux comprendre.
Même si de ma compréhension, tu t'en contrefiches.
Bernard, c'est la seule fois où tu m'as déçu. Permet qu'un petit, qu'un "sans grade" te le dise.
On sait qu'au fond de toi, tu étais honnête et gentil.
Mais de la littérature à la politique, il y a plus qu'un pas, et pas mal de "chausse-trappes"...
On a tous fait cette bêtise, un jour, de donner la leçon, à meilleur que soi...
* " L'Abbé, vous m'avez fait de la peine". C'est en ces termes insistants et un rien de condescendant, qu'il sermonna le frêle homme de Dieu.
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05.04.2008
ECRIVAIN / HOUELBEQUE (selon moi)
HOUELBEQUE* (Michel), c'est le parisianisme absolu.
Il a du style, du chien. Et un chien, un vrai. Plus moche que lui, est-ce pour détourner la laideur ?.
C'est sûr qu'y a du sens dans ses livres. Même si c'est pas évident.
En tous cas, c'est un devin, car deviner les attentats de Bali, quelques mois avant qu’ils ne se produisent, au risque d'un procès que les bonnes âmes ont bien vite remballé...
Bon maintenant, ces histoires de parisiens et de parisiennes qui s'ennuient à mourir dans des soirées jet-set ou les clubs de vacances pour cons enrichis, secrétaires à la Tour Montparnasse et employés de la sécu., c’est déprimant.
Relisez Kerouac, bon dieu ! Si vous vous ennuyez, mais faites pas chier le monde avec vos histoires à mourir debout !
Et ce monsieur se permet de refuser les interviews et ne supporte pas la contradiction...
Pur produit marketing, dont le petit monde parisien s'était entiché, le papillon noir, l'insecte d'un soir, le scarabée bizarre, a voulu voler de ses propres ailes, frôler le soleil, et s’est brûlé les élytres aux feux de la rampe...
Le présomptueux "Goncourable" est dans les limbes...
* Si y a une faute, on est pardonné. Avec un nom pareil, il pouvait pas faire autrement que de se distinguer ou de faire chier le monde. Dès le départ...
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ECRIVAIN / PAGNOL (selon moi)
PAGNOL (Marcel)
Récit d'enfance, truculent, tendre, drôle, cruel, "la Gloire de mon Père*" est probablement le seul livre qu'on ait lu en famille, tordus comme des bossus.
Ce verbe, cette clarté de la phrase... cet humour, cette dérision, qui n'épargne personne, pas même lui... Mais débordent de tendresse... Un régal.
Marcel, un rien menteur, comme un Marseillais d'Aubagne. Il en fait le demi aveux : "Tout ce que j'écris est vrai parce que je l'ai inventé..."
Mais c'est si bien écrit... qu'on lui pardonne aussi.
J'avais un pédant d'Inspecteur, qui faisait la fine bouche devant Pagnol, quand j'en lisais des extraits à mes élèves du primaire ; le chute du cycliste au Parc Borely, la séance de tir avec la bonne dans la cabane au fond du jardin...
De la "sous-littérature" selon lui. Il préférait sans doute la "saoul-littérature".
Il a fini fou et alcoolique, ce qui pourrait être une preuve de talent, sauf quand on est Inspecteur de l'Education Nationale, et qu'on n' a pas le talent de Bukowski...
Il devait choisir entre le talent et la bouteille, il a pris la bouteille.
*P.s.: L'enfant qui a joué le rôle de Marcel, dans le film éponyme, était dans la classe de mon fils, à Cavaillon... La gloire...;-))
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ECRIVAIN / GIONO (selon moi)
GIONO (Jean)
Écrivain français, pacifiste*, provençal, lyrique, mystique, écologiste avant l'heure, menteur comme un arracheur de dents (et dehors).
Quand Giono disait qu'il allait acheter des allumettes, vous pouviez être sûr de tout, sauf qu'il allait acheter des allumettes...
Il a totalement inventé le récit de sa fugue célèbre à huit ans, de même que les pérégrinations de son grand-père Garibaldiste avec celui de Zola, pour aller soigner la peste en algèrie...
Mais on pardonne tout à un écrivain comme Giono...
L'amitié, la terre, les cigales, l'espoir l'obstination, la rusticité... Giono a tout chanté, les valeurs les plus belles de l'homme et de l'humanité.
Ayant le courage de ses idées, Giono eut le grand mérite d'être enfermé aux Baumettes pour pacifisme (en 1939). C'est pas lui qu'on aurait dû enfermer, c'est les crétins qui l'y ont mis.
09:00 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
FIANCAILLES MAROCAINES
Ben oui, j’ai été fiancé au Maroc. Un jour, on a dû me demander si je voulais du rab’ de couscous et j’ai dit oui.
Non plus sérieusement, on m’a demandé si mes intentions étaient sincères…Et c’est vrai que j’ai vraiment envisagé de vivre et me marier avec cette jeune fille que je connaissais depuis quelques mois. Et avec qui j’avais vécu une fulgurante liaison sentimentale.
J’envisageais même d’acheter un douar (1) dans l’Atlas, (elle habitait au pied des cascades d’Ouzoud), de le restaurer avec elle, et d’en faire des gîtes d’étapes, le long d'un sentier de randonnée, dit "trekking", très tendance...
Deux jours après, la voiture est arrivée, je ne savais pas vraiment où on allait. C’était une belle voiture, une belle maison, avec beaucoup de gens souriants et sympas.
Plus de cinquante personnes, essentiellement des femmes et des jeunes filles. A part quelques adolescents, pas d’hommes. Les hommes apparemment, ne sont pas conviés à ce genre de cérémonie. Les fiançailles sont une histoire de femmes (2).
Bon, j’aurais pu m’en douter. La veille, on m’avait bien emmené faire les bijoutiers et la boutiquiers : Gâteaux, cadeaux, bague, parfums, poulets, raisins… Les filles choisissaient et moi je payais. C’est normal.
De toutes façons, pour un européen, c’est pas la ruine.
Le soir venu, on m’a mis une djellaba, des babouches et un chèche. Ma fiancée a revêtu une double robe de mariée et sa ceinture dorée…
On a beaucoup bu, (du thé) et du Coca pour les jeunes (pouah !), bien mangé (avec les doigts), tagine poulet aux pruneaux, et beaucoup chanté, dansé et crié (youyou des femmes).
Et j'ai respecté un rituel qui consistait à boire du lait, à faire sucer du miel à ma bien-aimée au bout de mes doigts… et réciproquement.
1) Douar : "Hameau" en arabe. Probablement dérivé de "dar" (maison).
2) Je me demande même si la société marocaine ne serait pas une société matriarcale. Tout ce qui passe par la maternité, l’enfantement est le domaine des femmes. Les hommes sont exclus des rituels symboliques liés à la famille. Leur fonction est purement autoritaire et économique.
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04.04.2008
ECRIVAIN / SARTRE (selon moi)
SARTRE
Ecrivain français, qui eut la double bonne idée d'avoir le Goncourt et de le refuser.
Doté d’un œil catadioptre et cyclopéen, Sartre se tapait des putes comme un notaire de province pendant que "Momonne", Simone de Beauvoir, l’égérie féministe, qu’il appelait « Castor» (1), se tapait la machine à écrire.
De Sartre on retiendra :
1) Le tonneau (qui a disparu) sur lequel il grimpa, (péniblement, vu son physique de gymnaste), pour rameuter les étudiants et les photographes de l'agence Gamma.
2) Son courage et son obstination a distribuer la « Cause du Peuple », en vain, pour qu'on l'arrête, et qu'il connaisse enfin la douceur des geôles parisiennes, ce que tout écrivain engagé se doit. Mais n'a pas l'inconscience ou la chance d'un Régis Debré(4), compagnon tragique du "Che", qui veut.
3) Que Sartre, d’une façon incompréhensible a fait l’économie de la Résistance active, (selon Vladimir Jankélévitch) se contentant d'écrire, d'étudier, et de professer (2). Une résistance littéraire en somme.
On n'est pas obligé d'être résistant, mais on n'est pas obligé de le faire croire...
4) De son oeuvre, je retiendrai « Les Mots », que j'ai réussi à lire à 15 ans, Ce qui est une performance pour un écrivain de son "tonneau" d’être compris par des lycéens boutonneux (3).
Excusez moi d'avoir tapé sur une icône, Sartre lui-même, aurait aimé qu'on soit iconoclaste. La clé de sa sincérité est là...
1) Quand on sait que "castor" est le surnom argotique du sexe de la femme, en anglais (beever), ce que ni Sartre, ni Momonne, la fière et farouche féministe ne pouvaient ignorer, vu leur culture et leur internationalisme, ça laisse songeur…
2) Comme Malraux d’ailleurs, résistant tardif au printemps 1944, contrairement à ses deux frères qui furent d’authentiques résistants.
3) J’en dirais pas autant de "la Société du Spectacle" de Guy Debord, même aujourd’hui, je comprends que le titre.
4) Régis Debré : intellectuel, dissident et révolutionnaire français qui suivit "Che" Guévara dans les maquis boliviens, fut emprisonné et faillit être executé.
22:25 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ECRIVAIN / CELINE (selon moi)
Ecrivain français, doué, génial, pacifiste, totalement insupportable. Et qui, lui-même, ne supportait pas grand' chose.
Le capitalisme, le bolchevisme, les alcooliques, les pauvres, les riches, Hitler, Staline… Il a tout critiqué, tout abhorré.
La seule chose qui échappa à sa plume féroce, véloce, odieuse, lyrique, populaire, acerbe (et croate), est peut-être l'eau tiède...
Enfin un écrivain qui sent la poudre, et le talent.
Après un petit détour par Sigmaringen et un long exil danois, Céline finit ses jours à Meudon, irascible, ne supportant que les danseuses et les chats.
Dans un dîner de la bourgeoisie médicale*, (Céline était médecin) il est de bon ton de dire :
_ "Ah Céline, quel écrivain!".
Et d'ajouter :
_ "Mais quand même, quel salaud!"
Ne pas « omissionner* » qu'il faillit être fusillé.
Avec un rien de délectation, d'avoir des affinités si dangereuses.
Le sulfureux se marie bien avec le vernis culturel et le verbe audacieux d'une bourgeoisie en plomberie médicale inculte et consumériste.
*Je suis membre fondateur, honoraire et bénévole du MPCNP (Mouvement Pour la Création des Néologismes Possibles).
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ECRIVAIN / RIMBAUD (selon moi)
RIMBAUD (Arthur 1854/1891. Poète français, vagabond, tendre, sarcastique et révolté):
* Ce qui me fascine chez Rimbaud, plus que son talent, c'est son côté radical et libertaire.
Au sommet de son art, il décide que la poésie ne l'intéresse plus, quitte tout et part à Harare.
Ce qui est plutôt (Ha)rare... (bof!)
* Cette photo d'adolescent sage qu'il ne fut pas est peut-être une des plus célèbres et des plus emblématiques de la littérature française.
* Impossible d'avoir son talent, alors j'ai pris son mauvais caractère.
Comme ceux qui aiment les "Stones" et qui gardent précieusement un vieux sandwich de Mike Jagger.
Même si des sandwichs de Mike, y'a guère... (rebof!)
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03.04.2008
LE DESTIN
Une différence entre les européens et les marocains, c’est que les marocains croient au destin.
Et que les occidentaux, à part quelques cartomanciennes ou chiromanciens*, n’y croient pas.
Tahar, m'explique que le destin, est un grand livre, où tout est écrit. Ce que vous ferez demain, dans trois mois, dans dix ans…
Il suffirait de tourner les pages pour tout savoir, mais on peut pas, faut attendre...
Alors que chez nous, demain, est un grand livre blanc. Les pages restent à écrire. "Demain sera ce que nous en ferons".
Si on croit au destin, on dit : « C’était écrit… Ça devait arriver… ».
Si on n'y croit pas, on dit : «J'ai fait con, ou c’est la faute au voisin, au patron, à la société... ». Ce qui est parfois vrai, parfois faux.
Tirez en les conclusions que vous voulez, mais ça explique tout et rien…
* Je croyais que les Chiromanciens étaient des romanciers chinois... On me dit que ce sont ceux qui lisent l'avenir dans les lignes de la main.
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DES
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02.04.2008
COMPOSTELLE / SAINT CIRQ LA POPIE
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JEU DE MOLLETS
Mollets :
A propos de mollets, deux particularités étranges chez les allemands :
1) Ils ne savent pas faire les oeufs "à la coque", juste "mollets"*
2) Avant de faire cuire un oeuf, ils percent finement la coquille avec une aiguille.
Ingrid, m'a assuré que c'est indispensable, sinon l'oeuf pouvait exploser.
Les oeufs allemands doivent être différents...
Moi, ça fait 30 ans que je fais cuire des oeufs, et aucun n'a encore explosé...
Sauf quand je l'ai mis dans le micro-onde, je vous conseille pas. Ça fait "shrapnel" (obus de mortier qui explose à hauteur d'homme en tournant et sifflant).
*J'ai bien essayé de faire un oeuf mollet, pour comprendre la culture allemande, mais c'est compliqué, faut une calculette. Si on prend 3 min pour un oeuf à la coque et 8 pour un oeuf dur, il faut d'abord faire l'addition, 8+3= 11 et ensuite diviser par 2. C'est long et ça tombe pas juste. ;-))
C'était la blague du jour... C'était ça ou un jeu de "mot laid".
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01.04.2008
C
De
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C13 COMPOSTELLE/Cahors, le pont
12:20 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2008
Mon "copine-car"
Modeste arrangement berbère sur un pilier de jardin près d'Agadir... C'est ça qu'est chouette, l'Art non commandité, non accrédité... Celui des petits paysans et des gens simples...
Je prépare mon départ. Je pars pas au Maroc.
Avec Samira on s’est disputé. Ne me demandez pas pourquoi. C’est la 25 ème fois en 3 mois (100% de ma faute et 100% de la sienne). C’est une fille honnête et intelligente, mais encore plus têtue que moi.
_ Je savais pas que c'était possible.
J’ai préparé mon fourgon. Mon « copine-car », comme disait Samira.
Je verse une larme, vraiment, c’était une fille bien.
_ Inch’Allah !
Le camping-car, est un phénomène qui explose, avec l’arrivée des « baby boomers » sur le marché du temps libre. Les anciens de 68 sont de grands voyageurs anticonformistes.
_ "Télé, mots-croisés, presse-purée", non merci…
Les gosses sont grands, on leur a payé des études, ils ont plus besoin de nous. Ils savent tout.
Les parents se voulaient anarchistes, les enfants rêvent d'être huissiers de justice... C'est le monde à l'envers, les adultes de maintenant, sont des adolescents instables et caractériels.
Autre raison de l’explosion du phénomène des « new travellers », déjà en marche en Australie et les pays anglo-saxons à régime de retraite variable, l’augmentation insensée du coût des loyers et des impôts locaux.
Alors ca va déménager, voyager en camping-car, vivre en mobile home...
Une façon de voter avec ses pieds, avec ses roues plutôt, contre la vie chère… et l’ennui qui nous guette, avec les stupides loisirs télévisés et la surconsommation comme consolation et alternative à la chute de la fraternité sociale…
Je pars, je vais écrire, photographier, peindre.
D'abord les vallée languedociennes, et puis la Catalogne et l'Aragon...
Et dès que je trouve un billet pas cher pour Cuba, je file avant que Fidel, ne casse sa pipe, pardon son cigare.
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C12 COMPOSTELLE/le cloître
Le Cloître de Moissac, un des plus beaux de France. Donc du Monde.
Notez l'alternance des colonnes simples et doubles (une fantaisie), les chapiteaux sculptés (tous différents) et les arcs brisés (bien que d'architecture romane).
Même si Moissac est une ville déprimante. Comme Rodez ou Mazamet... Je vais me faire des ennemis...
Alors, je vais vous dire, dans le genre petite ville du Sud de la France, j'aime Millau, Pèzenas, Saint-Jean-du-Gard, Anduze, Figeac, Castres, Condom, Moncuq... (les 3 dernières, c'est pas des gros mots).
Je m'étonne qu'il n'y ait pas un club des villes érotiques ou éronymiques, comme Condom, Loches, Bourg-Madame, Bourg-la-Reine, Trie-Sur-Baise... Voire Garges-les-Gon(z)esses.
_ Ginette me dit que bourrer, s'écrit avec deux "R"...
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30.03.2008
photo linge 2
09:30 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.03.2008
BIJOUX
21:55 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
P5 BOYCOTT et AMNESIE... 2
Très étonnante cette unanimité soudaine pour boycotter les Jeux Olympiques, ou du moins la cérémonie d'ouverture.
Non pas que j'approuve les chinois, ce sont d'affreux colonialistes, tortionnaires et réactionnaires.
Mais au moins il est permis de le dire...
C'est même de bon ton.
Ils nous ont d'ailleurs, astucieusement renvoyés dans les cordes avec nos émeutes de banlieues...
Je me souviens surtout, il y a peu, de la belle indignation de nos maîtres à penser
Lors du boycott par les pays arabes, du Salon du Livre à Paris...
Boycott, que je réprouve, bien que je comprenne leur exaspération.
Les sportifs, comme les écrivains, ne doivent pas être les otages de leur pays.
Mais comment ne pas être frappé par ce "deux poids, deux mesures" ?
Dès qu'il s'agit des pays arabes, ils ont toujours tord.
Un enfant palestinien vaut-il moins qu'un enfant tibétain ?
Et comment pourrons nous construire un monde juste si nous sommes injustes ?
14:10 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2008
E10 LA BOITE À CLOUS…
J’avais inventé une boite à clous.
Une simple boite en métal, remplie de billes, de cailloux et de clous, dont la fonction essentielle était de faire un bruit infernal, quand ma sœur écoutait « Cloclo » à la radio.
Claude François était l’Idole des jeunes. Elle en était raide dingue.
Elle aurait tué chien et chat, pour deux minutes de concert.
Chaque jour, à l’heure de « Salut Les Copains » l’émission phare des jeunes, elle m’expulsait de la maison, verrouillait les portes et collait l’oreille à la radio, pour une heure d’extase.
Je montais d’invraisemblables scénarios, complots et opérations commandos pour pénétrer dans la maison. J’étais pas à court d’astuces pourpour me glisser par le soupirail, crocheter les volets, grimper sur le toit et surgir au milieu du salon, avec ma boîte à clous, que j’agitais frénétiquement.
Provoquant l’hystérie de ma sœur, qui me poursuivait avec toutes sortes de projectiles, casseroles et balais, qu’elle balançait dans ma fuite désordonnée...
J’étais petit, elle était grande, mais je courais vite. Et je m’en tirais toujours.
Sauf le jour où…
J’ai confondu la porte du placard à balai avec celle du jardin par où m'échapper.
Ma sœur m’a cueilli sans difficulté, extirpé, et me tenant par par les pieds, m'a cogné la la tête au sol, me levant et me laissant retomber, avec application et méthode.
Je ne dois ma survie à l’arrivée inopinée de ma mère.
Mais j’en garde d'indéniables séquelles...
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E9 LE CANARI BLEU
Ma sœur avait acquis des canaris.
_ Des canaris à qui ? Me dit Ginette.
Un canari, c’est jaune, pas vert, pas bleu, pas rouge.
Or, un matin, j’ouvre la cage, en douce, pour caresser les canaris. Un canari ça se caresse pas, mais allez donc savoir…
Le mâle s’envole.
_ Où est le bien, où est le mal ?
La fenêtre était ouverte (ou bleue). Adieu canari !
Et moi, qui ris jaune.
Et "quand n'a ri jaune" (canari jaune), faut trouver une solution...
Je casse la tirelire et je file chez l’oiseleur.
Des bleus, des verts, des rouges, des gris, de toutes les couleurs… Mais des jaunes « walou ! ».
Pas grave, un petit bleu, me plait bien.
J’achète l'achète et le mets en cage avec le jaune.
Je me dis que si la femelle fait pas de différence, ma sœur y verra que du feu.
La femelle entre en transes.
Ma soeur aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.
Je lui explique que les canaris changent de couleur, quand ils sont amoureux.
_ Tu rougis bien toi, quand tu vois le grand Pagus, que je dis...
Ma soeur pique un phare et me fais signe de l'écraser devant ma mère. Je tiens mon argument.
_ D’ailleurs le jaune et le rouge, ça donne du bleu !
Pas vraiment, mais ça va mieux en le disant (et dix ans, c’était mon âge).
_ Et il y a des canaris bleus, comme des uri-noirs blancs... (bof!)
Enfin, elle m’a cru (ou fait semblant).
Restait, de temps à autre, pour donner de la crédibilité au "canari" amoureux (qui ne pouvait se reproduire, puisque d'espèce différente), à ajouter un oisillon dans le nid.
Un petit vert, un petit rouge, un petit gris…
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E8 LA CUISSE DU POULET
Comme tous les enfants, chaque samedi, on se battait pour la cuisse du poulet.
Ma soeur, d'autorité, piqua la cuisse dans le plat et la colla dans son assiette.
Puis, elle lâcha la fourchette et agrippa fermement l'assiette, en ricanant.
Je regardais impuissant et furieux, la cuisse dorée, qui fumait doucement et m'abandonnait.
De la colère, jaillit la lumière.
D'une main preste, j'attrape la cuisse, seule et désarmée au milieu de l'assiette, et je me sauve en courant.
Ma soeur, incrédule et stupéfaite, qui tient encore l'assiette, refusant sa défaite, comme si la cuisse ne pouvait s'en échapper...
"Le Corbeau et le Renard" Version "Travaux Pratiques".
Comme quoi, ce qu'on nous enseigne à l'école, n'est pas toujours inutile...
07:55 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
P4 QQUES IDEES POUR SURVIVRE...
C'est pas facile la vie, mais on apprend tous les jours.
Qu'est-ce qu'il faut pour vivre et être heureux ?
Je dirais en premier :
_ Une bonne dose d'humour...
Ensuite :
_ Ne dépendre (matériellement) de personne...
Et enfin :
_ Comprendre, apprendre, s'instruire, s'enrichir (intellectuellement s'entend)...
Je ne parle pas des buts de la vie qui sont d'aimer et d'être heureux, je parle de quelques règles simples pour se protéger...
Vous avez sans doute votre idée... Vous pouvez me la donner...
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24.03.2008
Atmosphère, atmosphère...
A Rabat, près de la Médina, au-dessus d'un ancien cinéma... J'aime cette architecture arabo-andalouse de pure invention néo-coloniale et l'atmosphère des cinémas d'avant guerre ; Quai des Brumes... Une partie ce Campagne... J'étais pas né bien sûr...
Jean Gabin et Michèle Morgan :
_T'as de beaux yeux tu sais...
Arletti et Michel Simon :
_ Atmosphère! Atmosphère! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?!
Louis Jouvet et idem :
_Vous avez dit Bizarre, comme c'est bizarre...
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Photo coucher de soleil
Ça n'a l'air de rien mais vous n'avez que quelques secondes pour saisir le soleil avant qu'il ne disparaisse...
Carla, une jeune Catalane d'une mission humanitaire au Maroc, qui m'a donné quelques conseils en photo, m'a appris et j 'y avais jamais pensé, qu'il était impossible de faire un coucher de soleil sur la mer en Catalogne et en Languedoc où j'habite. Car à l'est, il y a toujours des terres...
En Bretagne et sur l'atlantique, c'est possible.
14:05 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
COMPIL'/ENFANCE
Je réunis ici tous les textes qui concernent mon enfance. De courts récits d'évènements drôles, stupides, ou tragi-comiques dont je veux partager le souvenir avec qui voudra bien...
L'écriture est un lien, un lien qui nous unit...
L'écriture est une énergie, qui nous force à croire en la vie...
Alors j'écris, comme on parle, comme on rit, comme on crie...
10 LA BOITE A CLOUS
J’avais inventé une boite à clous.
Une simple boite en métal, remplie de billes, de cailloux et de clous, dont la fonction essentielle était de faire un bruit infernal, quand ma sœur écoutait « Cloclo » à la radio.
Claude François était l’Idole des jeunes. Elle en était raide dingue.
Elle aurait tué chien et chat, pour deux minutes de concert.
Chaque jour, à l’heure de « Salut Les Copains » l’émission phare des jeunes, elle m’expulsait de la maison, verrouillait les portes et collait l’oreille à la radio, pour une heure d’extase.
Je montais d’invraisemblables scénarios, complots et opérations commandos pour pénétrer dans la maison. J’étais pas à court d’astuces pourpour me glisser par le soupirail, crocheter les volets, grimper sur le toit et surgir au milieu du salon, avec ma boîte à clous, que j’agitais frénétiquement.
Provoquant l’hystérie de ma sœur, qui me poursuivait avec toutes sortes de projectiles, casseroles et balais, qu’elle balançait dans ma fuite désordonnée...
J’étais petit, elle était grande, mais je courais vite. Et je m’en tirais toujours.
Sauf le jour où…
J’ai confondu la porte du placard à balai avec celle du jardin par où m'échapper.
Ma sœur m’a cueilli sans difficulté, extirpé, et me tenant par par les pieds, m'a cogné la la tête au sol, me levant et me laissant retomber, avec application et méthode.
Je ne dois ma survie à l’arrivée inopinée de ma mère.
Mais j’en garde d'indéniables séquelles...
9 LE CANARI BLEU
Ma sœur avait acquis des canaris.
_ Des canaris à qui ? Me dit Ginette.
Un canari, c’est jaune, pas vert, pas bleu, pas rouge.
Or, un matin, j’ouvre la cage, en douce, pour caresser les canaris. Un canari ça se caresse pas, mais allez donc savoir…
Le mâle s’envole.
_ Où est le bien, où est le mal ?
La fenêtre était ouverte (ou bleue). Adieu canari !
Et moi, qui ris jaune.
Et "quand n'a ri jaune" (canari jaune), faut trouver une solution...
Je casse la tirelire et je file chez l’oiseleur.
Des bleus, des verts, des rouges, des gris, de toutes les couleurs… Mais des jaunes « walou ! ».
Pas grave, un petit bleu, me plait bien.
J’achète l'achète et le mets en cage avec le jaune.
Je me dis que si la femelle fait pas de différence, ma sœur y verra que du feu.
La femelle entre en transes.
Ma soeur aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.
Je lui explique que les canaris changent de couleur, quand ils sont amoureux.
_ Tu rougis bien toi, quand tu vois le grand Pagus, que je dis...
Ma soeur pique un phare et me fais signe de l'écraser devant ma mère. Je tiens mon argument.
_ D’ailleurs le jaune et le rouge, ça donne du bleu !
Pas vraiment, mais ça va mieux en le disant (et dix ans, c’était mon âge).
_ Et il y a des canaris bleus, comme des uri-noirs blancs... (bof!)
Enfin, elle m’a cru (ou fait semblant).
Restait, de temps à autre, pour donner de la crédibilité au "canari" amoureux (qui ne pouvait se reproduire, puisque d'espèce différente), à ajouter un oisillon dans le nid.
Un petit vert, un petit rouge, un petit gris…
8 LA CUISSE DU POULET
Comme tous les enfants, chaque samedi, on se battait pour la cuisse du poulet.
Ma soeur, d'autorité, piqua la cuisse dans le plat et la colla dans son assiette.
Puis, elle lâcha la fourchette et agrippa fermement l'assiette, en ricanant.
Je regardais impuissant et furieux, la cuisse dorée, qui fumait doucement et m'abandonnait.
De la colère, jaillit la lumière.
D'une main preste, j'attrape la cuisse, seule et désarmée au milieu de l'assiette, et je me sauve en courant.
Ma soeur, incrédule et stupéfaite, qui tient encore l'assiette, refusant sa défaite, comme si la cuisse ne pouvait s'en échapper...
"Le Corbeau et le Renard" Version "Travaux Pratiques".
Comme quoi, ce qu'on nous enseigne à l'école, n'est pas toujours inutile...
7 LA FILLE DE POCHE
Il y avait dans le grenier, un coin secret, où je stockais tout un attirail pour survivre aux pires calamités : Une mauvaise note à l’école, la colère subite de mes parents, une envie de fuguer…
Ou à la guerre nucléaire qui menaçait. Kennedy et Kroutchev en parlaient sérieusement, c’était au moment des ogives à Cuba.
Un matériel soigneusement ordonné et étiqueté : Sac à dos, tente, brodequins, pelle-bêche, échelle de corde, boussole, gamelles diverses… Récupéré de mon père, qui avait fait le "Monte Cassino", ou de l’armée américaine qui stationnait dans les parages.
Il me manquait seulement un objet, vu sur le catalogue de "Manu France", une magnifique scie de poche. Pas n’importe quelle scie, non, un objet magique !
Une scie comme un fil à couper le beurre, avec deux poignées et des dents -pas encore en tungstène-, mais qui permettaient (théoriquement) de débiter les troncs d’arbres et tout autre objet encombrant, que la forêt vierge placerait sur mon chemin, quand je serais en Afrique, comme Rimbaud, ou que la nature aurait repris ses droits après l'attaque nucléaire.
Voire construire une cabane et me chauffer l’hiver, quand le grand froid post cataclysmique aurait recouvert la planète.
Le seul problème, c'est que je zozotais.
Quel rapport me direz-vous ?
Et bien, chez moi, « Scie de poche » devenait « Fille de poche ».
Aussi, quand je suis allé à la quincaillerie du quartier et que j’ai commandé "une Fille de poche, pliante, avec des dents et des poignées pour aller dans la forêt ", le vendeur m'a fait répéter, et a froncé les sourcils...
Il a appelé mes parents et a déclaré qu’ici, c’était une maison sérieuse, et que j’étais trop jeune pour acheter une poupée gonflable ou tout autre objet pornographique, qui commençaient à faire leur apparition sur le marché et sous le manteau...
6 PREMIER BAISER
Mes parents avaient eu la bonne mauvaise idée de déménager.
D’une petite ville de province sage et timorée, je me suis retrouvé dans une banlieue ouvrière et délurée.
A la clé, Loulous* de banlieue balafrés, gainés de "Jean’S" noirs et blousons de cuir, banane Elvis, peigne, (on disait "crasseux") et « serpette » (couteau à lame recourbée) enclenchés dans la ceinture.
Et filles pas farouches.
C’était l’adolescence, et moi j avais un retard considérable, c’est tout juste si je savais dire un gros mot.
Mes nouveaux copains m’ont pris en main. Est-ce que j’avais seulement embrassé une fille ?
Devant mon air niais, ils ont organisé un rendez-vous.
La fille trouvait le "blondinet" (moi) acceptable et marrant. On a fait quelques pas et derrière le premier lampadaire, on s’est embrassé. Enfin, elle m’a embrassé.
Un « palot » d’enfer, avec une langue d'éléphant rose (la sienne), grosse comme un " chamallow", douce, chaude et vivante comme un petit animal, qui fouillait mon palais et me gratifia de son chewing-gum. Un délice !
L’entretien terminé, moi fier comme un pou.
Mais le lendemain, catastrophe ! Les copains qui rigolaient...
La fille, qui s’entraînait chaque jeudi, avait dit que je savais pas embrasser… "Que je mettais pas la langue".
La honte.
* Loulous : diminutif de "loubard" (Cf. l'Abbé Gilbert, le prêtre des loubards). C'est comme ça qu'on appelait les voyous, "racailles" et autres "caïras", dans les années soixante.
5 LE PISTOLET A BOUCHON
A la fête du village, j’avais acheté l’objet convoité, un pistolet à bouchon « Made in Japan ».
C’était l’époque où "l’Empire du Soleil Levant" se faisait la main, en inondant de quincaillerie, métal embouti et plastique coloré, les boutiques bons marchés.
Un pistolet qui expédiait des demi bouchons comme ceux d’un carafon, avec une amorce de poudre crachant une flamme jaune du plus bel effet.
Vous auriez pu vaguement assommer un pigeon complaisant, bien qu’une rumeur affirmât qu’un adolescent eut perdu un oeil.
Ma sœur rentrait de l’école à 6 heures, moi plus tôt.
J’ai verrouillé la porte et ouvert la fenêtre, par laquelle chacun sait qu'elle allait appeler.
Je me suis accroupi et j’ai attendu.
Ma sœur a hoché furieusement la poignée, pressentant un mauvais coup, et s’est avancé jusqu'à la fenêtre en vociférant.
Quand elle eut crié tout son saoul, j’ai bondi comme un diable, pistolet au poing. Et j’ai tiré...
Par dessus la tête certes, mais ma soeur était grande, c'est là son principal défaut.
Une explosion terrible, un nuage de fumée et les hurlements de ma sœur, qui porte les mains à son front, contenant les flots de sang bouillonnant, avant de s’écrouler sur un banc, en gémissant doucement, comme à l'agonie.
Ma sœur était une magnifique comédienne.
Impossible de savoir si elle avait perdu un œil, ou les deux...
Ou si le bouchon avait seulement traversé le cerveau, épargnant en slalomant, les organes vitaux.
J’avais plus le cœur à dire qu’elle avait un petit pois dans la tête et qu'il y avait de la place pour trois sacs de bouchons.
Au mieux ma sœur borgne. Moi au bagne.
Quand ma mère est arrivée (quelle est longue l’attente de la raclée...) ma sœur consentit à lever ses mains, précautionneusement, coagulées...
Mais au lieu d’un trou béant, elle ne portait au milieu du front, juste entre les yeux et de la taille d'un confetti, qu'une marque rouge, comme une indienne en sari…
Ce jour-là j’ai échappé au bagne. Pas aux beignes.
4 LE VELO DE MA SOEUR
Ma soeur avait reçu pour ses quinze ans, un vélo.
Un authentique ManuFrance. Indestructible, même en cas de guerre nucléaire qui menaçait.
Comble d'arrogance, il avait trois vitesses. Un avion, un vrai.
Au début ça démarrait mollement, puis on passait à la seconde et on sentait la machine monter en puissance, prendre son élan, vrombir.
A la troisième carrément, ca décollait, le vent vous fouettait la figure, un vrai délice ! L'extase.
J'étais Mermoz, Guillaumet...
Sauf que c'était le vélo de ma soeur et qu'elle me le prêtait rarement. Seulement quand je le lui volais.
Ce qui finissait en course poursuite et jet de savates...
Alors moi, fin, espiègle et sournois, je bricolais le dérailleur, qui restait bloqué sur la première vitesse.
Et dans la longue et plate ligne droite qui menait à notre maison, comme une chanson de Brel, je pouvais voir ma soeur, pédaler dans la semoule, la choucroute, mouliner en vain pour un résultat minable, une avancée dérisoire...
Ma soeur n'était pas dupe mais elle ne maniait pas la clef à molette et le tournevis, avec autant de dextérité et de vice que moi.
Alors elle échangeait une réparation contre un tour en vélo, qu'elle se dépêchait de réfuter une fois la réparation effectuée.
Les filles ça n'a pas de parole.
3 POURQUOI NOS ENFANTS ONT 2 MAINS GAUCHES...
Une cabane, c'est un rêve d'enfant.
Quand j'avais 12 ans, y avait pas de "Play Station", les Centres Commerciaux n'existaient pas, et de toutes façon, on n'avait pas d'argent.
Heureusement, on habitait, comme la moitié de la population, à la campagne ou à proximité.
Donc, on jouait dans les bois. Apparemment, y avait pas tous les dangers, crimes et délits qui guettent le enfants d'aujourd'hui, ou on n'en parlait pas.
Disons qu'ils n'avaient pas encore été inventés.
De toutes façons les enfants sont plus les mêmes. Vous prenez un gosse d'aujourd'hui, vous lui donnez un marteau, un arbre et des planches.
Et bien, s'il ne s'éclate pas les doigts, il va tomber de l'arbre et finir polytraumatisé.
Evidemment, les parents feront un procès à l'arbre et au marteau.
Voilà pourquoi nos enfants ont deux mains gauches...
2 MA PREMIERE CABANE
J'avais 4 ou 5 ans. Sous la table de la cuisine, avec deux chaises, ma soeur et une couverture, je faisais une tente, une "guitoune". Ma soeur faisait le pilier central.
Ma mère la traitait de "gourde", mais ma soeur par fierté, prétendait qu'elle y avait trouvé de l'intérêt.
J'ai appris plus tard, au Maroc que "guitoune" signifiait tente ou cabane. Mot marocain (ou berbère) comme "klebs" et "toubib", qu'on utilisait dans les cours d'école. Donc on parlait arabe sans le savoir...
On préparait d'invraisemblables scénarios avec du matériel hétéroclite (de la poêle à frire au râteau de jardin) pour s'échapper du domicile familial, partir à l'aventure...
Moi, j'avais tellement la frousse quand je devais seulement aller chercher une bouteille de vin à la cave, que je me demande comment j'aurais pu quitter la maison, fuguer.
Enfin, l'envie était là, on fantasmait, on rêvait d'un "au-delà merveilleux", de mondes parallèles.
Comme on ne connaissait pas encore le conditionnel, on utilisait pour parler et distinguer notre futur fantasmatique, de la routine quotidienne de notre univers confiné, la formule "on dit que..."
_ "On dit qu'on" a trouvé un avion et que je le pilote... "On dit que" c'est toi qui porte le sac...
Ma mère nous appelait d'ailleurs "Monsieur et Madame Ondiq".
_ Monsieur et madame "Ondiq", allez donc ranger vos chaussettes avant de goûter...
Les adultes avaient un imaginaire pauvre et restreint à l'époque des "Trente Glorieuses"(1)...
Tout pour le "Formica", le "Tergal", le "Teflon", le "Lycra"...
Pour Ginette (2), qui me demande à quelle heure est la manif', je précise que le "Lycra" est une fibre synthétique qui n'a rien à voir avec la "Licra" (Ligue contre le racisme...).
1 LES TRENTE GLORIEUSES
Je suis né pendant les "Trente Glorieuses". Un enfant du "baby-boom". On m'a rien demandé. En ces années d'après guerre et de paix retrouvée, les cinémas et les bals populaires affichaient complets. Alors vous pensez si les naissances allaient bon train.
Les "TRENTE GLORIEUSES" sont ces années de croissance continue, de 1945 à 1975, qui coïncident avec l'explosion démographique, le Baby-Boom, l'avènement de la jeunesse, une nouvelle culture et de nouveaux modes de pensée, "contestation, contraception, consommation...".
Si je devais résumer ces années, voilà comme un flash "spectral", ce que j'en dirais...
_ Le "Jazz", Boris Vian, Saint-Germain"...
_ Un Spoutnick, la chienne"Laïka, Gagarine...
_ Le scoubidou, le "Oula-up"...
_ Fançoise Sagan "Bonjour Tristesse"...
_ Le "Rock", Elvis, James Dean, le Lewis 501...
_ La guerre d'Algérie, "la chanson du déserteur"....
_ Jack Kérouac, "On the road", Les "Beatnicks"...
_ La Nationale 7, Saint-Trop', Le camping des "Flots bleus"...
_ On a marché sur la lune...
_ Bob Dylan, Angela Davis, le Viet-Nam, les manifs'...
_ Mai 68, les pavés, les matraques, la Fac...
_ Le Larzac, les communautés...
_ L'Europe en "auto-stop", Léo ferré...
_ les "Doors", Jimmy Hendricks, Janis Joplin, Woodstock...
_ Les drogues douces, les "Chemins de Katmandou...
_ Les "Autonomes", "La Bande à Baader", "les Brigades Rouges"...
_ Et "Cerise sur le gâteau, "la "parenthèses heureuse" de 1970 et 1980, entre contraception et sida, la liberté sexuelle...
Ces années folles, complètement inattendues, qui ont transformé le siècle et notre génération. Qui ont fait passer le monde occidental d'une société vivrière et laborieuse, à une société de communication et de consommation, où l'individuel et la recherche du plaisir ont remplacé les notions d'obéissance, de soumission et de sacrifice...
Qu'avons nous fait de nos vingt ans ?
"Non, rien de rien, je ne regrette rien.." chantait Edith Piaf...
11:15 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.03.2008
COMPIL'/CABANE
1. J'AI RETROUVE MA CABANE...
J'y viens quand je veux être seul ou avec quelques amis...
Rêver, penser, écouter de la musique, discuter...
2. LA TERRASSE
J'ai pensé ma cabane en terme de "développement durable" selon un concept très à la mode.
Rien que des matériaux de récupération, ici les chaises et la table trouvées sur un trottoir, ou recyclables (à 95%), que l'on peut brûler (bois) ou qui peuvent se dégrader (fer).
Le moins possible de plastique (même si il ne devrait pas y en avoir, mais bon faut pas être intégriste non plus), sauf quelques bidons d'eau et bacs.
Et quatre carreaux de verre pour les fenêtres.
3. MA CABANE / MES AMIS
Une cabane ça sert à inviter des amis, à manger et à boire aussi...
Une cabane, c'est le choix de la simplicité, le refus de l'inutile et du gaspillage, du "m'as-tu vu" et du "tout technologique".
Une cabane, c'est la volonté de retrouver les valeurs essentielles ; l'amitié, l'écoute du temps, du vent, le chant des oiseaux, le grésillement des cigales...
4. L'INTERIEUR
Quand on ouvre une cabane, c 'est comme une boîte, y a quelque chose à l intérieur.
Voilà ce qu'on voit en entrant, y a aussi des wc et une douche. Évidemment y a pas l'eau courante ni l'eau chaude et pas l'électricité.
5. CONSTRUCTION
Je vais vous montrer les photos des étapes de la construction de ma cabane...
_ La première étape, et pas la plus facile, c'est de tracer au sol un carré exact, eh oui essayez...
Si le carré est parfait, les deux diagonales doivent avoir la même longueur, se croiser en leur milieu et former un angle droit.
Il est plus facile de mesurer la distance entre les poteaux opposés que d'essayer de fabriquer un carré côté par côté.
_ Ensuite creusez quatre petites trous dans le sol pour placer la pointe des piquets.
Pas besoin qu'ils soient profonds, la cabane ne veut pas s'envoler. Ils servent surtout à compenser les différences de niveau pour que les piquet soient à la même hauteur.
_ Utiliser un niveau à bulle ou à eau (un long tuyau avec une éprouvette à chaque bout), mais il faut être deux.
_ Ensuite il faut relier entre eux les pieux pour les caler bien verticaux, car tant qu'il n'y a pas de triangulation, tout ça tombe ou vacille.
Ce qui est pas facile, surtout si on est seul.
J'étais seul du début à la fin de la construction. J'aime travailler seul, on peut penser à ce qu'on veut. Ca va aussi vite et personne vous contredit.
6. CONSTRUCTION
Ensuite il suffit de fixer des lambourdes entre les pieux et de poser dessus des chevrons espacés d'environs 60 cm.
Et surtout ne pas oublier de trianguler, par des jambes de forces qui renforcent la solidité des lambourdes et leur éviterons de fléchir sous le poids de la cabane, mais surtout qui confèrent à l'ensemble de la rigidité. Seul le triangle (et ses variantes, dièdre, pyramide...) est indéformable. Toutes les autres figures sont déformables.
7. CONSTRUCTION
Ensuite, il faut monter l'ossature de la cabane faite de chevrons et de lambourdes, en respectant les principes de verticalité et de triangulation, mais c'est plus facile puisque les niveaux sont établis et les distances aussi.
La cabane est un cube, pardon un parallélépipède de 3m sur 3m et de 2m de hauteur.
Soit 9m² de surface au sol plus une terrasse qui fait aussi 9m².
Que voilà un beau problème pour un enfant de CM !
1) Quel est le volume intérieur de la cabane ?
2) La douche et les wc occupant 1m² au sol et le lit mesurant 1,20m sur 2m. Combien reste -t-il de surface libre au sol ?
8. CONSTRUCTION
Après la charpente, dernière étape, l'habillage de la cabane.
Il suffit de visser (à la visseuse sans fil, je suis feignant) les planches de récupération rainurés en pin des landes, et de les emboîter.
Au plancher et au plafond, des dalles bouletées en "triply", que j'ai dû acheter, j'avais plus de planches.
Et sur le toit, des tôles de récup'.
Reste à faire la terrasse et à peindre l'ensemble.
Pour l'intérieur, un mobilier sommaire ; un lit coffre, un coin cuisine, un coin wc-douche, une étagère et une table de fortune.
Quatre petit carreaux coulissant dans les rainures du bois permettent l'aération.
Je me suis mis en tête de récupérer l'eau de pluie dans une citerne.
A l'extérieur, un barbecue, une balancelle, quelques billes de bois pour les sièges, une table sous la cabane et un hamac pour les beaux jours.
Pour méditer, fainéanter, apprendre à ne rien faire, (l'éloge de la paresse) et discuter interminablement avec ses amis ou simplement écouter le chant du vent dans les arbres... et humer la douceur de l'air...
9. BALANCELLE
Et la balancelle, comme prévu. Rien que de la récup., ça m'a pas coûte un cent (radin.com).
Quelques heures de travail quand même, précédées d'autant d'heures de cogitation et de dessin, mais ça j'adore.
Après il faut tester la balancelle pendant des heures, l'équilibrer de son poids, pour que le moindre souffle de vent ou la pression d'un orteil sur la bille de bois lui donne ce bercement, qui vous rappelle votre landau de votre enfance.
A droite, la citerne qui récupère l'eau de pluie. Mais ici en Minervois, il ne pleut pas parfois pendant trois mois, et en une heure, il vous tombe autant d'eau qu'en un mois chez les bretons.
10. POURQUOI NOS ENFANTS ONT 2 MAINS GAUCHES...
Une cabane, c'est un rêve d'enfant.
Quand j'avais 12 ans, y avait pas de "Play Station", les Centres Commerciaux n'existaient pas, et de toutes façon, on n'avait pas d'argent.
Heureusement, on habitait, comme la moitié de la population, à la campagne ou à proximité.
Donc, on jouait dans les bois. Apparemment, y avait pas tous les dangers, crimes et délits qui guettent le enfants d'aujourd'hui, ou on n'en parlait pas.
Disons qu'ils n'avaient pas encore été inventés.
De toutes façons les enfants sont plus les mêmes. Vous prenez un gosse d'aujourd'hui, vous lui donnez un marteau, un arbre et des planches.
Et bien, s'il ne s'éclate pas les doigts, il va tomber de l'arbre et finir polytraumatisé.
Evidemment, les parents feront un procès à l'arbre et au marteau.
Voilà pourquoi nos enfants ont deux mains gauches...
11. POURQUOI UN E CABANE PERCHEE ?
Sur le pourtour méditerranéen, les arbres sont généralement moins grands que dans le nord. Par ailleurs presque tous les oliviers du sud de la France ont gelé en 1956 (décimant totalement la production) et ne supporteraient pas le poids d'une cabane.
J'ai donc dû me résoudre à construire une cabane sur pilotis.
Le résultat est presque le même, quand je suis sur ma terrasse, j'ai le nez dans les arbres.
Et quand on est au sol, la cabane ne barre pas l'horizon, elle reste discrète parce que dissimulée par le feuillage.
Ma première cabane était au niveau du sol, des tas de bestioles indésirables, de celles que vous retrouvez dans vos chaussures ou votre lit, et qui font fuir nos amies et compagnes, s'y infiltraient.
Les plantes vivaces et le ronces réussissaient toujours à se frayer un passage entre le planches.
Maintenant je suis au sec.
Autre avantage, vous avez de l'ombre sous la cabane et vous êtes à l'abri en cas de pluie. D'où la table et le hamac.
12. LE CAMOUFLAGE
Pourquoi ma cabane est-elle en tenue de camouflage ?
Ça fait poste à l'affût, mirador, tir au pigeon, commando, béret vert...
Beaucoup de chose que j 'aime pas...
Ben moi, j'aimerais qu'elle soit jaune canari, bleu lavande, rouge lie de vin, vert jamaïcain...
Mais pour l'instant, j'ai taillé les arbres (oliviers) et la tempête et le givre m'en ont cassé quelques uns.
Donc je prefère par discrètion, l'intégrer, la fondre dans le paysage.
13. MA PREMIERE CABANE
J'avais 4 ou 5 ans. Sous la table de la cuisine, avec deux chaises, ma soeur et une couverture, je faisais une tente, une "guitoune". Ma soeur faisait le pilier central.
Ma mère la traitait de "gourde", mais ma soeur par fierté, prétendait qu'elle y avait trouvé de l'intérêt.
J'ai appris plus tard, au Maroc que "guitoune" signifiait tente ou cabane. Mot marocain (ou berbère) comme "klebs" et "toubib", qu'on utilisait dans les cours d'école. Donc on parlait arabe sans le savoir...
On préparait d'invraisemblables scénarios avec du matériel hétéroclite (de la poêle à frire au râteau de jardin) pour s'échapper du domicile familial, partir à l'aventure...
Moi, j'avais tellement la frousse quand je devais seulement aller chercher une bouteille de vin à la cave, que je me demande comment j'aurais pu quitter la maison, fuguer.
Enfin, l'envie était là, on fantasmait, on rêvait d'un "au-delà merveilleux", de mondes parallèles.
Comme on ne connaissait pas encore le conditionnel, on utilisait pour parler et distinguer notre futur fantasmatique, de la routine quotidienne de notre univers confiné, la formule "on dit que..."
_ "On dit qu'on" a trouvé un avion et que je le pilote... "On dit que" c'est toi qui porte le sac...
Ma mère nous appelait d'ailleurs "Monsieur et Madame Ondiq".
_ Monsieur et madame "Ondiq", allez donc ranger vos chaussettes avant de goûter...
Les adultes avaient un imaginaire pauvre et restreint à l'époque des "Trente Glorieuses"(1)...
Tout pour le "Formica", le "Tergal", le "Teflon", le "Lycra"...
Pour Ginette (2), qui me demande à quelle heure est la manif', je précise que le "Lycra" est une fibre synthétique qui n'a rien à voir avec la "Licra" (Ligue contre le racisme...).
(1) "Trente glorieuses" Voir note au-dessus.
(2) Voir "Ginette la française" dans "Des français et autres inconvénients" Note du 16-03-08).
14. MA MAISON
Ca c'est ma maison, que j 'ai construite tout seul. Mais comme j'ai subi un divorce, je vais en construire une autre, une maison ABCDE :
_ Autonome (utiliser les énergies douces, solaires, échapper aux factures EDF et Générale des Eaux...)
_ Bois (charpente et cloisins, matériaux chaud, agréable, naturel...)
_ Conviviale ( terrasse, patio, sauna, baies vitrées...)
_ Démontable (pour pas avoir un fil à la patte...)
_ Ecologique (dans la nature ou entourée d'arbres et de plantes...)
Je travaille sur le plan.
15. OLIVIER
Pas loin de ma cabane, un olivier en Minervois, rescapé du gel de 1956.
Celui-ci est probablement antérieur à la révolution française.
12:10 Publié dans Bricolage/Jardinage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
COMPIL' PHOTOS MAROC
22
Feu d'artifice végétal, asperges, échalas... au choix.
21Dans la série des palmiers un autre feu d'artifice végétal...
20
A Gérone, une sculpture à la gloire du livre, c'est sympa...
Et cette obélisque branquignole, comme un jeu de cubes qui va s'écrouler... Le mélange de l'enfance et de l'Histoire, au pays du Légo et des hiéroglyphes. Irréprochable...
19
Enfin des photos qui se passent de commentaires...
18
Notez la beauté du tronc d'arbre et celle du vieux mur d'ogive, et les restes de mosaïques et d'arabesques peintes. Toujours au Chellah.
Ça c'était hier, aujourd'hui, il pleut. La pluie est une bénédiction pour le Maroc. Ces dix derniers jours sont déterminants pour l'agriculture qui est au bord de la sécheresse.
Mais c'est une pluie fine, pas suffisante, qui nous contraint juste à traîner au lit et au café... Ca me rappelle cette blague, il n'y a que deux choses qu'on peut faire quand il pleut, et je n'aime pas jouer aux cartes.
Ah cette pluie qui me donne la nostalgie de mon enfance vosgienne : Des odeurs d'herbe verte, de bottes en caoutchouc et d'escargots...
Bien sûr on pourrait aussi aller au cinéma, mais les cinémas ont fait faillite au Maroc. Les derniers films américains sont à 50 cts d'euros le DVD à la Médina, avant même qu'ils ne sortent en salle. en France.
Une honte ;-)
Bien sûr, la& bande son laisse parfois à désirer. Vous pouvez entendre le type qui enregistre des centaines de DVD à la fois dans son appartement, faire la vaisselle, la conversation à sa femme. Ou pire encore.... Vous cherchez désespérément la scène d'amour à l'écran, alors que l'acteur promène simplement son chien.
17 Les cigognes et les chats sont les rois du Chellah.
Les cigognes ont choisi les arbres et les toits, les chats, les sols et les bois.
Les cigognes ont construit leur nids de branchages au sommet du minaret et des arbres morts, plus rigides et moins sensibles aux vibrations du vent.
Leur vol majestueux est une caresse du ciel.
Les chats ont investi les cours pavées et se prélassent au soleil en attendant la pitance que ne manquent pas de leur donner les touristes attendris.
Leur indifférence alanguie est une invitation à la sagesse.
16
Comptez les chats, ou les morceaux de chats. Moi j'en ai compté plus que d'heures dans une journée...
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Comment combattre le stress ?
Regardez ces chats-la du chellah couchés là !
Leur indifférence alanguie est une invitation à la sagesse...(bis repetita)
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Ça n'a pas l'air comme ca, c'est un peu le bazar sur la table, mais c'est bon et le patron est sympa.
Juste à côté de moi, la balance où il pèse le poisson.
C'est Samira qui prend la photo et qui m'a invité, on a fait un pari, elle a perdu... Faut jamais parier avec moi.
Samira est une fille très intelligente, quand on regarde un film, elle devine toujours la suite et me l'explique. Comme je suis mauvais perdant, je parie jamais sur les films. Mais je l'invite quand même au restau...
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Jardin des Oudayas un dimanche matin
Et la plage dimanche après-midi...
11
Ca, c'est quand on m'enerve...
Pas content ! Mon café Maure est fermé!
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J'ai pas encore la technique d'Alain Bordeau, voir son blog "bordeaualain", tres belles photos...
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Quelle est cette passion soudaine pour le linge qui sèche sur les terrasses, au premier rayons du printemps ?
La photographie vous conduit-elle là où vous ne vous y attendiez pas, à scruter et fouiller au détour de l'inconscient, les recoins de l'anodin ?
Est-ce du fétichisme, du voyeurisme photographique ?
Est-ce l'enfance qui nous revient ? Notre univers d'alors, horizon balayé par le linge que nos mamans étendaient aux balcons...
Rouge et jaune... En héraldique : "de Gueule et d'Or"...
Tristounet celui-là...
Comme des oriflammes...
La fenêtre me plait...
8
7
Au Maroc, les cimetières occupent souvent de vastes étendues, comme celui-ci à Rabat, en bord de mer.
6
LA VIE EN ROSE...
5
La Médina de Rabat où je vais effectuer mes derniers achats avant de rentrer en France...
Ca fait un mois que je suis là, je commence à connaître les commerçants et les habitués du quartier.
Rencontre et discussions au café du coin avec Moha. qui prépare l'agrégation de Lettres qui travaille toutes les nuits sur l'oeuvre de Giono...
Un peintre, qui a une galerie dans le quartier...
Wahid, qui n'arrête pas de vouloir me vendre le Maroc en pièces détachées...
Avec des étudiants diplômés sans travail qui manifestent tous les jours...
Ça fait peine à voir cette Jeunesse en quête d'avenir...
PS : Soyez sympas, vous qui me lisez, mettez moi un petit commentaire...
4
3 Amusantes ces cheminées
et du linge...
2
La citadelle des Oudayas plonge ses murailles dans la mer, à la pointe nord de Rabat, juste en face de la cité se Salé, dont elle est séparée par le fleuve Bouregreg.
L'estuaire est en cours d aménagement, un chantier pharaonique financé par les pays du Golfe. Un tunnel sous le fleuve, une Marina, des équipements hôteliers, un tramway dernier cri...
1
Carla, la jeune Catalane d'une mission humanitaire au Maroc, qui m 'a donné quelques conseils en photo, m'a appris et j 'y avais jamais pensé, qu'il était impossible de faire un coucher de soleil sur la mer en Catalogne et dans le sud de la France où j 'habite... Car à l'est, il y à toujours des terres.
En Bretagne et sur l'atlantique, c'est possible.
Ça n'a l'air de rien mais vous n'avez que quelques secondes pour saisir le soleil avant qu'il ne disparaisse...
11:40 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2008
COMPIL' / OPINIONS
P4 LAZARE
Lazare Ponticelli est mort.
La guerre de 14-18 est entrée dans l’histoire.
Quand j’étais gamin, il y avait encore des mutilés dans les rues, des tricycles à manivelle, des jambes de bois avec des embouts en caoutchouc, des oeils de verre, des visages écrabouillés, raccommodés comme des museaux de chien (on est bête quand on est gosse).
J’ai souvent entendu dire que c’était des histoires de vieux, d’anciens combattants.
Erreur ! Ces hommes étaient jeunes, très jeunes, quand ils sont partis à la guerre. Ceux qui trichaient sur leur âge, avaient seize ans. Des enfants.
Beaucoup se sont pressés au portillon, quelle folie les y a poussés ?
Pas forcément le patriotisme, ont répondu d’anciens combattants dans un reportage récent, plutôt la curiosité, l’esprit d’aventure, la fraternité...
Lazare est de ceux-là.
Cet homme est emblématique, il a eu la bonne idée de naître italien, de s'engager dans la légion et de se battre en France, avant de finir la guerre en Italie.
J'ai aimé la vie et je l'ai détestée.
L’horreur, c’est Nivelle qui envoie 200 000 hommes à la mort en quelques offensives inutiles par son obstination stupide et fatale.
On a fusillé de simples soldats pour moins que ça...
"Non, rien de rien, je ne regrette rien.." chantait Edith Piaf...
Moi, je suis du côté des insoumis, des fusillés pour l’exemple, de ceux qui ont fraternisé et mis la crosse en l’air. Lazare a fraternisé, son régiment a été lourdement sanctionné envoyé au casse-pipe, à une mort certaine, dont il est sorti indemne.
Ca me fait marrer quand je vois les militaires et les dignitaires lui rendre hommage... Récup! Récup!
Tout ce que le Pouvoir ne peux pas détruire, il le récupère...
Lazare voulait qu'on rendre hommage à ses camarades, à ces hommes simples qui sont morts dans une des plus terrible boucherie de l'histoire.
A tous ces bretons massacrés, envoyés en première ligne parce qu'illettrés...
Je rends hommage à ceux qui ont fraternisé;
Ils ont risqué leur vie ou sont mort pour la paix, la fraternité, contre le grand capitalisme et l'impérialisme.
Je me suis souvent assis aux pieds des monuments et dans les cimetières et j'ai vu les noms et les visages de ces hommes...
Jeunes, beaux, pleins de vie, d'espoirs, de rêves et d'absolu.
J'ai pensé aux fiancées qui les ont attendus...
J'ai pensé à toutes ces traces de vies, anéanties, stoppées par la mitraille...
A Henry Alain Fournier, disparu aux Eparges aux premiers jours de la guerre...
Moisson d'écrivains fauchée par le destin.
Est-il un plus grand crime que de tuer un poète, la seule différence entre l'homme et la bête ?
J'ai pensé à toutes ces filiations aspirées par le néant...
J'ai pensé aux coquelicots qui frémissent sous le vent du printemps... Et à ceux qui sont couchés, six pieds dessous...
J'ai pensé à ceux qui ne verront plus la vie et les saisons s'écouler, au rythme des moissons, des enfants qui rient, des femmes qui chantent...
J'ai pensé à l'absurdité de la vie et de la guerre.
Voilà un européen avant l’heure.
P3 LES CH'TIS
"Bienvenue chez les ch'tis". Biloute quel film !
Un pure moment d'émotion,
Un sketch permanent, orchestré comme une symphonie.
De la veine des "Visiteurs".
On rit on pleure.
Que de l'amitié et des clichés démontés.
Encore qu'il en ajoute autant qu'il en démonte...
Mais c'est tellement drôle !
Tous les acteurs sont tops.
Plus je vois Dany Boon, moins j'aime les énarques.
Les américains vont pas tarder à nous le piquer,
Pour faire un 'remake" entre Boston et le Kentucky.
Mais ça n'aura jamais la saveur du "Maroilles",
Ni le goût du "ch'ti jaune"...
P2 SURVIVRE
C'est pas facile la vie, mais on apprend tous les jours.
Qu'est-ce qu'il faut pour vivre et être heureux ?
Je dirais en premier :
_ Une bonne dose d'humour...
Ensuite :
_ Ne dépendre (matériellement) de personne...
Et enfin :
_ Comprendre, apprendre, s'instruire, s'enrichir (intellectuellement s'entend)...
Je ne parle pas des buts de la vie qui sont d'aimer et d'être heureux, je parle de quelques règles simples pour se protéger...
Vous avez sans doute votre idée... Vous pouvez me la donner...
P1 TRENTE GLORIEUSES
Les "Trente Glorieuses" sont les années de croissance continue, de 1945 à 1975, qui coïncident avec l'explosion démographique, le Baby-boom, l'avènement de la jeunesse, une nouvelle culture et de nouveaux modes de pensée, "contestation, contraception, consommation..." :
_ Le "Jazz", Boris Vian, Saint-Germain"...
_ Un Spoutnik, la chienne"Laïka, Gagarine...
_ Le scoubidou, le "Oula-up"...
_ Françoise Sagan "Bonjour Tristesse"...
_ Le "Rock", Elvis, James Dean, le Lewis 501...
_ La guerre d'Algérie, "la chanson du déserteur"....
_ Jack Kerouac, "On the road", Les "Beatniks"...
_ La Nationale 7, Saint Trop', Le camping des "Flots bleus"...
_ On a marché sur la lune...
_ Bob Dylan, Angéla Davis, le Viêt-Nam, les manifs'...
_ Mai 68, les pavés, les matraques, la Fac...
_ Le Larzac, les communautés...
_ L'Europe en "auto-stop", Léo ferré...
_ Les "Doors", Jimmy Hendricks, Janis Joplin, Woodstock...
_ Les drogues douces, les "Chemins de Katmandou...
_ Les "Autonomes", "La Bande à Baader", "les Brigades Rouges"...
_ Et "Cerise sur le gâteau, "la "parenthèses heureuse" de 1970 et 1980, entre contraception et sida, la liberté sexuelle...
Ces années folles, complètement inattendues, qui ont transformé le siècle et notre génération. Qui ont fait passer le monde occidental d'une société vivrière et laborieuse, à une société de communication et de consommation, où l'individuel et la recherche du plaisir ont remplacé les notions d'obéissance, de soumission et de sacrifice...
Qu'avons nous fait de nos vingt ans ?
Mais la bourgeoise et le gotha politique de l'époque, qui avaient planqué leurs rejetons dans l’artillerie, et dont certains, après avoir tué à peu près autant de soldats français par des erreurs de tir, n'ont jamais vu un soldat allemand et dormaient dans des draps blancs.
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21.03.2008
COMPIL'/ COMPOSTELLE
C1 LE PUY EN VELAY
Juste après mon divorce, j'ai fait le Chemin de Saint-Jacques.
Je suis parti du Puy-en Velay, un premier septembre. Il faisait beau.
C'est idiot à dire, mais dans le train qui me conduisait au Puy, "Le Cèvenol" qui longe l 'Allier et s'arrête à Langogne, j'en menais pas large.
Arrivé au Puy, j'ai fait le tour de la ville qui est fort agréable, avec ses curieuses églises et sa cathédrale perchées sur des pitons rocheux. En fait les cheminées de lave des volcans éteints et dissous (et dix sous, c'est pas cher ;-)).
J'ai bien vu errer dans les ruelles et discrètement dans la cathédrale de basalte noir, une jeune fille, que j'ai identifiée comme une allemande, à sa tenue fonctionnelle et sa façon de boire une bière à la terrasse d'un café...
Je suis allé à la salle paroissiale, où on nous a expliqué le "Chemin, servi un "kir" et donné une coquille Saint-Jacques en échange d'une obole.
Une bande de joyeux lascars, quadragènaires en goguette, qui avaiet prétendument fait le (Tour du?) Montblanc, promettaient d'avaller les étapes au rythme de 30 à 40 km par jour... On en reparlera....
Puis, je suis allé manger un boudin noir aux lentilles, spécialité du Velay, dans un resto de la vieille vieille, qui attendait les touristes comme le chat blasé attend les souris sans même lever un sourcil.
La nuit, j'ai fumé un cigare sur les marches de cathédrale (j'en avais pris dix, un par jour) et je suis allé me coucher dans une chambre borgne. C'était ça ou partager une chambre avec un irlandais bavard et caustique.
Le lendemain matin, j'ai zappé la messe de bénédiction, après des hésitations et je me suis mis en marche sous un temps maussade.
C2 LE DEPART
Donc le 2 septembre 2004 au matin, me voilà sur le Chemin.
Ça commence par une montée terrible, "à vous casser les pattes". Je m 'arrête et qu'est-ce que je vois ? Deux charmantes marcheuses qui se sont font porter en haut de la colline par un taxi.
_ Y a d'la triche.
Mais aussi, j'aperçois ma jeune allemande en bas de la côte, qui la gravit doucement.
Moi, pas bête, je ralentis le pas.
Soudain, en face, les lascars de la salle paroissiale, qui avaient quitté le Puy en même temps que moi et y retournent dare-dare, en me faisant de grands signes comme dans le film de Tati, "Les vacances de Monsieur Hulot". Vous savez les deux types qui se croisent avec des bidons d'essence vides...
Je leur demande s'ils ont oublié quelque chose.
_ Non! Ils me disent, on suit le chemin, on est dans le bon sens, c'est indiqué...
_ Impossible, que je leur dis, d'où on est, on voit le Puy. Sans doute quelqu'un qui a retourné une pancarte...
Mais y veulent pas en démordre.
Boussole et carte à l'appui, chacun essaye de convaincre l'autre (moi je cherche peut-être à gagner du temps pour laisser la jeune allemande me rattraper...).
Têtus comme des mules, ils poursuivent leur chemin. Je ne les reverrai que tard dans la nuit à l'étape du soir.
Une heure qu'ils sont partis et déjà perdus...
C3 LA RENCONTRE
Donc pas bête, je laisse la jeune allemande me dépasser, et quand elle est ma hauteur, je dis : "bonjour!".
Très fort, hein comme technique ?
Après on parle. Surtout moi. Elle, très calme et attentive. Elle me dira plus tard qu'elle n'était pas sûre de son français. Elle a tord, il est excellent.
Ah! Ces allemands ! Modestes, discrets, pointilleux dans l'effort...
Mais elle marche a un train d'enfer, pas moyen de flemmarder en chemin, de visiter le moindre petit lac de montagne...
Le chrono, la montre, l'étape...
Le lendemain finalement, je l'initierai au charme des petits chemins.
Ne vous méprenez pas, on est restés sages. Enfin dix jours...
Faut dire qu'elle était plus jeune que moi.
Et puis c'est pas l'esprit du chemin.
Et puis mon ex-femme m'avait dit que plus personne s'intéresserait à moi...
C4 GITES D'ETAPE
Le Chemin de Saint Jacques, c'est des petites auberges, des gîtes d'étapes, des monastères ou des prieurés qui ont ouvert des chambres et des dortoirs pour héberger les pèlerins.
Le repas du soirs et le petit-déjeuner sont généralement inclus, à des prix et qualités, qui varient du simple au triple.
Certains privilégient la convivialité, d'autres la rentabilité. Rien de nouveau sous le soleil de Satan.
Quelques communes mettent à la disposition des pèlerins les moins fortunés, une salle communale où ils peuvent manger et dormir.
De rares puristes et des "durs à cuire" dorment sous la tente ou à la belle étoile, mais le poids du sac est un handicap terrible.
"Voyagez léger" telle est la devise pratique du pèlerin.
Et puis les meilleurs moments de la journée sont ceux de l'étape du soir, quand crottés et fourbus, vous mettez les pieds sous la table, que le vin coule à flot, et que chacun raconte l'histoire de sa petite journée ou de sa vie...
Toutes les nationalités se côtoyent, avec un prédilection pour les retraités.
Ce doit être un grand pays que celui-là.
C5 DJEBEL TARIK
Le Chemin de Saint Jacques, c'est beaucoup de petites églises, des chapelles et leurs vitraux...
Ça, c'est Saint-Jacques avec son drôle de chapeau de brousse, relevé sur le devant, sa coquille Saint-Jacques, son bâton et sa gourde, une coloquinte creuse...
Le mythe de Saint-Jacques est une belle invention des croisés (une opération marketing, dirait-on aujourd'hui) pour drainer les ordres templiers et des millions de chrétiens en Castille, afin de contenir et repousser les infidèles. Les maures, qui avaient pris le contrôle de la péninsule (et qui y restèrent 700 ans) après le franchissement du détroit par le berbère Tarik (d'où le "Djebel Tarik", notre Gibraltar, ou plutôt celui des anglais, une épine dans le pied de l'Espagne contemporaine...)
Il y a des lieux comme ça qui font toujours parler d'eux...
C6 PIERRE SECHE
Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle :
Un hébergement de fortune, une "capitelle", un "mazet", un "cabanot", une "borie", un "clapas", selon la région où l 'on se trouve.
Abri de berger, remise de fortune, doublés d'une volonté d'optimiser les pierriers et le temps des hommes à la morte saison...
Les régions calcaires du sud de la France* sont fécondes de ce genre de construction.
Les pierres sont légèrement inclinées vers l'extérieur, "en écaille de poisson", aucune goutte d'eau ne rentre.
Pas de liant, pas de bois, juste des pierres sèches, la main et le "savoir faire" de l'homme...
De la belle ouvrage !
* Mais on en trouve également en Bourgogne et en Vendée, et pour les pays étrangers, en Irlande, Espagne, Crète, Malte, Palestine...
C7 BAIGNADE
Les débuts du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle du Puy-en-Velay à Figeac, sont très beaux et très durs.
Une succession de plateaux calcaires (des causses) entrecoupés de vallées profondes comme les parts d'un gros gâteau.
S'il y avait une passerelle, il suffirait de 10 minutes pour passer de l'un à l'autre. Mais il faut deux à trois heures de descente et autant pour remonter.
Quoi qu'on en dise la descente est plus mortelle, pour les talons, genoux, muscles et tendons, que la montée, qu'on ne peut de toutes façons avaler qu'à son rythme.
Tels le lièvre et la tortue, je vois nos quatre lascars de la salle paroissiale (lire Compostelle 1, plus bas) nous dépasser tonitruants (et même Tony truand), avec des bâtons de pèlerin énormes, usant leur salive et leur voix, gaspillant leurs efforts par des jets de pierres stupides et des moulinets...
Chaque jour qui suit, nous en laissera un à l'agonie au bord du Chemin. Tendinites violentes, inflammation aiguë, ampoules phare de Pouligen, chutes rocambolesques...
Une rivière en bas de la vallée. On transpire. Je propose à Ingrid*, (j'ai changé le prénom à sa demande), une petite pause.
On est en septembre, il fait beau, la plage de sable fin est déserte. Je prends mon maillot et je me baigne.
Ingrid, n'a pas de maillot.
Je me retourne, elle se baigne nue... Je fais semblant de pas voir.
On peut toujours dire que c'est une pratique courante en ex-RDA, où elle est juriste. Le régime communiste tolérait et encourageait le naturisme familial. C'était une liberté gratuite.
photo godillots
Notez les godillots avachis, juste à côté de Ingrid, oubliés sans doute par un pèlerin les pieds en sang...
C8 LA CASSE
Les pros du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle vous le diront, les premiers jours, tout le monde marche en chantant, nez au vent.
C’est le troisième, que ça casse.
A trois jours du départ, Saugues en Gévaudan, est probablement la ville de France, qui a la plus forte concentration de pharmaciens, de marchands d’espadrilles et de postiers.
L’équation est simple. Le pèlerin arrive les pieds en sang.
Il se traîne péniblement jusqu’à la pharmacie qui lui délivre des onguents.
Puis chez le marchand qui lui vend des espadrilles et se charge de réexpédier ses lourds brodequins à son domicile.
Et à la poste, il trouve des emballages pré timbrés pour se soulager du surplus et superflu :
Tente, réchaud, gamelle, jumelles, longue-vue sur pied, rations de survie, jerrycan, "doudounes", purificateur d’eau douce, GPS et balise Argos, cordes et mousquetons... Parfaitement inutiles sur le goudron et les chemins.
Que les imprudents impétrants et les impudents pénitents* ou leurs mamans, amies et mamies avaient bourré dans les sacs à dos.
C9 REPAS D ETAPE
Au soir du deuxième jour, Ingrid et moi, (prénom changé à sa demande) la jeune allemande avec qui je chemine sagement, on est (presque) frais comme des gardons. Rappelez-vous la baignade dans la rivière, le matin…
On a payé le troisième jour, comme les autres. Les rotules ont dégusté.
Si vous faites Compostelle, ne manquez pas à Saugues, une des meilleures adresses du Chemin, celle de Mme Martin. Elle vous accueillera comme des rois.
La nourriture est copieuse, l’ambiance familiale, le vin à volonté. Et même quand il n’y a plus de place à table ou à dormir, il y en a encore. Mme Martin ne laisse personne sur le chemin.
Le soir, au repas, un policier, en pull et jeans, d’une gentillesse et d’une drôlerie infinie. Et ses deux amies, infirmières psy, d’une grande humanité.
Les conversations vont bon train, le vin aussi.
Ingrid a les lunettes embuées et les joues rouges. Deux ou trois verres n’y sont pas étrangers. Je traduis pour elle, les conversations qui virent à l'argot des métiers.
Sa soif d’apprendre et notre soif tout court, font qu’on se retrouve tous les deux, à la fin du repas, la nuit sous les étoiles, un peu gris (ein bischen grau).
La suite demain, coquins...
C10 COMPO-STELES 1
Beaucoup de stèles et calvaires le long du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.
Une tradition veut qu'on ajoute un petit (ou gros) caillou sur la stèle et que l'on fasse un voeu. On en voit plusieurs au pied de cette croix. Les croix elles-mêmes ont parfois des formes bizarres et inexpliquées. L’influence des Croisés revenus de Terre Sainte n'y est sans doute pas étrangère.
COMPO-STELES 2
Concernant les nombreuses croix et stèles le long du Chemin de Saint-Jacques et plus généralement dans nos campagnes, plusieurs théories (qui ne sont pas contradictoires) s'affrontent :
* Les croix auraient été placées à la croisée des chemins pour servir de repères aux pèlerins, à une époque ou peu de gens savaient lire. Pas bête.
* C'était évidemment l'occasion d'exprimer sa piète, ou d'en rappeler la nécessité.
* Une théorie, veut que le christianisme éprouvant des difficultés à éradiquer les croyances druidiques (qui persistèrent dans les campagnes, longtemps après l'avènement du christianisme) aurait substitué ses croix, en lieu et place de stèles votives païennes (vieille technique de récupération idéologique).
* On trouve encore des traces du culte celtique dans certaines pratiques et croyances populaires, comme celles du gui, des Feux de la Saint-Jean, des potirons illuminés à la Toussaint, des guérisseurs, ou des "Rosières"...
* Les Rosières sont ces jeunes filles en âge de se marier, vierges (présumées) et désignées par la communauté villageoise, à l'orée du printemps, comme des modèles de vertu et de chasteté.
* Comment ne pas voir dans cette pratique, la survivance primitive de l'offrande sacrificielle d'une jeune vierge aux dieux pour les apaiser ?
* La coutume subsisterait dans quelques villages. Bien que nos jours, trouver une vierge au fin fond du Berry, relève d'un pari audacieux...
C11 SOUS LES ETOILES
On s'est retrouvé un peu "gris" devant l'auberge. C'était une pure coïncidence, car Ingrid a dit qu'elle allait se coucher et moi aussi.
Ça tombait bien, car j'avais pas su lui dire que j'aurais aimé me promener, avec elle, la nuit sous les étoiles.
On y était.
La nuit, quand on est deux, que tous les bars sont fermés, qu'est-ce qu'on fait ? On se promène, on écoute les bruits de la nuit...
Parfois les chapelles, les églises, les murailles, prennent des colorations particulières, sous les étoiles.
Alors on s'assoit, et on écoute. On écoute la voix de celui qui parle, et le silence de l'autre...
La voix prend des intonations étranges, c'est une musique qui en dit long...
Bien sûr, j'aurais pu l'embrasser, ça évite de parler...
Mais je ne l'ai pas fait, ce jour-là. Et pourtant, je crois qu'elle n'aurait pas refusé.
Tard dans la nuit, on est rentré.
Elle, dans sa petite chambre. Moi, dans la mienne, immense, avec un lit pour trois, comme on en faisait autrefois.
J'avais un peu bu, du mal à dormir. L'ivresse du chemin, l'ivresse tout court, et cette jeune fille qui me trottait dans la tête... Trop jeune pour moi.
Et cette phrase, de mon ex-femme, qui me tambourinait le cerveau " Plus personne ne voudra de toi..."
Alors, le lendemain, j'ai décidé de ne pas me réveiller, de la laisser partir, passer son chemin.
Lui laisser la possibilité de réduire à néant mes sentiments.
"Courage fuyons" disait Napoléon. Ou "la seule victoire en amour, c'est la fuite" (du même tonneau).
Car j'étais dans le doute, le doute le plus total...
Le soleil s'est levé... Un à un, les pèlerins ont quitté l'auberge. J'ai tiré la couverture et j'ai somnolé...
_ Trois petit coups, elle a frappé trois petits coups, au carreau...
* Ingrid, qui est trop modeste, ne veut pas que je mette des photos d'elle, elle me pardonnera, sur celle-là on la reconnaît pas.
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18.03.2008
Des cartables pour le Maroc
Reçu ce matin, à Radio Marseillette, par Stéphane, le très gentil et très professionnel animateur de l'émission "Fan du matin", pour parler de mes voyages au Maroc et du projet de descendre des cartables et des fournitures scolaires pour une école primaire des gorges du Dadès.
Et d'établir un échange de dessins et de photos entre cette école et une école française ou la section artistique et récréative d'une MJC.
L'émission sera retransmise demain ou dans qq jours sur le site internet de la radio : http://marseillettefm.com/
12:50 Publié dans Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2008
Radio locale
Youpee! J'ai franchi le cap des 100 visites par jour.
Bonjour à ma /mon fidèle de Saint-Aigan et de Chougoirand.
Demain je passe à la radio locale, RADIO MARSEILLETTE. Entre 10h et midi.
"FAN" l'animateur est un garçon très sympa. Il aime et connaît le Maroc.
On va parler de mes voyages, des livres que j'écris.
Et d'un projet : descendre des fournitures scolaires pour une école de l'Atlas, que j'ai visitée au hasard d'une marche dans la vallée du Dadès.
J'avais discuté avec les instits. Ils manquaient de fournitures.
Plus de 80 gamins pour deux classes, tous niveaux confondus. Des salles dépouillées. Des parents pas riches.
09:00 Publié dans Associations | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
16.03.2008
CHAP. VII "DES FRANCAIS ET AUTRES INCONVENIENTS..." (REDIF.)
1) GINETTE LA FRANÇAISE
Ginette a acheté un ryad à Marrakech, il y a quelques années.
Elle a fait des travaux de bon goût et m’assure que son prix a été multiplié par cinq. Je veux bien la croire.
lle me guide un temps dans La Médina. Je l’invite au restaurant « Toubkal » sur la place « Djemaa el Fna » (la place du destin), là ou on exécutait jadis les condamnés en exposant leur tête au soleil. C’est maintenant le lieu de rencontre des touristes branchés du monde entier. Une annexe des Champs Elysées.
Ginette était infirmière en chef, elle a 70 ans et en annonce 55 et demi (le demi, c’est pour faire vrai).
Elle a, des marocains une image pessimiste.
Elle m’assure qu’ils passent leur journée à la terrasse des cafés à regarder les filles «pas plus haut que le bas du dos».
Ce que je sais faire aussi.
Quant aux marocaines, elle me prévient -pour mon bien- qu’elles ne cherchent qu’à « plumer » les hommes (les européens évidemment).
En passant, elle me demande si je veux sortir avec elle.
Je décline poliment l’offre en prétextant une copine.
Elle m’accorde l’hospitalité pour une nuit ou deux. La chambre est magnifique. Je verrouille la porte par précaution.
Au petit-déjeuner, Ginette est révoltée par les hommes plus âgés qui sortent avec des femmes plus jeunes.
C’est une tradition au Maroc et une sale manie des européens. J'acquiesce prudemment.
Pas de chance, le lendemain, elle me croise au restaurant avec Leila.
J’invite Ginette à notre table. La grande fraternité des européens.
(Re) Pas de chance.
Leila me prend la main sous la table pour afficher une liaison que je souhaite sincèrement platonique. Vu son âge et le mien.
Manège qui n’échappe pas à l’œil exercé, médical et furieux de Ginette.
Moi amusé, confus…
Et soulagé quelques jours plus tard, quand je croise Ginette, inoculée et amoureuse, avec un jeune marocain.
Qui, évidemment, n’en veut pas à son argent…
2) LES FRANÇAIS DEBARQUENT
Quelques jours de vacances, les français débarquent au Maroc.
Moi j’suis pas vraiment en vacances, un français entre deux rives (Pas encore à la dérive).
Ils s’installent aux Oudayas, le café maure, et tout de suite ils sont chez eux.
Celui qui paye, le mari, le père ou le grand-père, selon les cas, explique le Maroc à ses affidés.
Il vient deux fois par an, mais il connaît tout. Il parle haut et fort comme un français à l‘étranger.
Une petite vendeuse de henné, qui dessine avec une seringue sans aiguille, des tatouages ethniques, motifs berbères sur les mains et les chevilles s’approche.
Elle propose des tatouages éphémères, motifs floraux et arabesques…
Une parisienne de la Défense, secrétaire au « Service Contentieux et Recouvrements » avec ça sur les mains, ça fait « papou, indigène, aborigène, musée des Art Premiers », tout ce que vous voulez, c'est tendance, ça fait « genre ».
Donc ma petite vendeuse, -elle fait sans doute vivre sa famille-, vient et annonce selon la technique des vendeurs berbères, que…
_ C‘est gratuit, juste pour le plaisir des yeux…
_ Mon œil !
Elle commence par la main et elle continue. Tout le corps si vous dites rien…
Evidemment, pour le prix, c’est un peu à la tête du client. S’il parle beau ou a un grand chapeau, c’est plus cher.
Donc, mon français, qui s’y entend, fait une démonstration d’éloquence et d’arnaque à ses petits enfants.
Il explique à la petite vendeuse, avec tact -il doit être enseignant comme moi-, que puisqu’elle a dit « gratuit» , ça doit être gratuit…
Au niveau de la logique, c’est imparable.
La pauvre fille ébahie jette les yeux au ciel…
_ Il a rien compris Cui-Là ! Elle a jamais dit ça…
_ Si ! Elle l’a dit… (le français)
_ Mais dans sa culture, ça veut dire autre chose… (moi, en sourdine, faux-cul et débineur à la table d'à côté).
Le type sauve son billet. La leçon finie, il regarde l’assemblée et conclut avec assurance :
_ C’est comme ça qu’il faut faire au Maroc, mes enfants.
Et me revient en mémoire « L’histoire du chat de ma sœur ».
Ma sœur, de la « Ligue de Protection des Oiseaux » sermonne son chat "Tibert", veule et gras comme un moine, chaque fois qu’il mange un oiseau.
Elle m‘assure qu‘il comprend la leçon et qu’il ne recommencera plus.
C'est pas le chat qu'il faut soigner...
3) SESAME OUVRE-TOI…
Discussion hallucinante avec Samira.
Elle me parle d'un ami français qui a rencontré une jeune marocaine.
Lui quarante ans, elle vingt. Rien que du normal.
Il l'épouse.
Elle lui impose cependant, pour d'obscures raisons qui tiennent à la tradition, de rester vierge jusqu'à son arrivée en France.
Elle obtient son passeport, ils prennent l'avion.
A peine débarqués à l'aéroport, et dans l'aéroport même, me dit Samira, la jeune femme disparaît.
Il ne la reverra jamais.
Bingo !
Elle a gagné le précieux sésame (la nationalité) et conservé sa virginité.
Qui est un bien aussi précieux que le passeport (ou presque).
Et lui qui n'arrive pas à mettre la main dessus pour divorcer.
Comme quoi, il faut toujours demander un petit acompte...
4) PETITS LANDRUS
Pour être honnête et pour faire plaisir à Samira qui me dit que l'histoire qu'elle m'a racontée "Sésame ouvre-toi" donne une image fausse et désagréable des marocaines, qui sont pour la plupart des filles honnêtes et sérieuses...
( je précise quand même que j'ai dit "histoire hallucinante", donc "exceptionnelle")
J’ajoute donc, et on me l’a raconté, qu'il existe également d'affreux "jojos", (français, belges, suisses...) qui abusent de la gentillesse et de l'hospitalité de familles marocaines pour passer des vacances à l'œil, aux frais de gens plus pauvres qu'eux.
Valse à trois temps :
1) Ils rencontrent une jeune fille marocaine sur Internet et lui font miroiter le mariage.
2) Ils viennent au Maroc, dans sa famille, se laissent inviter, dorloter et plus si affinités...
3) La veille des fiançailles, ou juste avant d'acheter la bague, ils disparaissent. Ce qui leur laisse deux à trois semaines de bon temps.
C'est une sale mentalité de petits profiteurs !
D'autant que beaucoup de famille marocaines, qui souhaitent un avenir meilleur pour leur fille, ont tendance à voir dans les européens des hommes gentils et honnêtes...
Petits "Landrus*", honte à vous !
Evidemment ce type d'escroquerie court le monde depuis longtemps.
Sauf qu'Internet et les "vols pas chers" l’ont multipliée.
*Landru est cet odieux personnage qui séduisait les femmes seules pour les dépouiller et les occire...
Et qui fut guillotiné.
5) INTERLOPE
Ginette (voir Ginette la française) qui connaît bien le petit monde interlope de Marrakech, m'a raconté cette histoire.
Noèmie a 50 ans, c'est une femme riche et élégante. Elle a un "York" (très) cher, et un mari très occupé.
Noèmie vient un mois par an dans la cité impériale.
Elle loue une chambre confortable dans le plus grand hôtel de la ville et un jeune marocain.
Oui, j'ai dit "un jeune marocain".
Elle loue un homme comme on loue une voiture. Jeune et vigoureux, jamais le même, elle change tous les ans.
Pourquoi se générait-elle ? Les hommes font de même avec les femmes, en France et dans le monde.
Avec elle, pas de promesses, pas de tralalas, elle veut du concret, du réel, du "live"...
Évidemment, elle est pas chiche, elle paye tout.
Et pas question de mariage. D'abord elle est déjà mariée et son mari lui convient très bien.
Juste un peu occupé et pas trop assidu...
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15.03.2008
merci a mes visiteurs
Je suis très heureux, vous êtes de plus en plus nombreux à me lire.
Je flirte avec les 100 visites par jours (sur le compteur interne des stats midiblog).
Le compteur en haut de ma page n'affiche que ceux qui acceptent les cookies et leur pays d'origine.
Je sais pas si c'est beaucoup, mais j'ai commencé avec bien moins que ça.
Je reconnais certains habitués. Je remercie entre autres ma/mon fidèle de Sain-Aignan.
J'ai noué quelques amitiés virtuelles, peut-être un jour aurais-je l'occasion et le plaisir de les inviter dans ma cabane ou leur rendre visite, comme Marie-Helène qui a une restau à Nîmes ou je viendrai en "loucedem" (en douce, sans me faire connaître).
Je suis heureux mais j'ai une petite curiosité, presque tous mes amis visiteurs sont silencieux... On a parfois l'impression d'être derrière une vitre sans teint... Vous savez dans les films policiers américains.
Peut-être même que j'en énerve quelques uns ;-))
Alors si vous voulez me donner un petit bonjour, me dire ce qui vous plaît ou pas, soyez sympa laissez moi un commentaire. Je sais que le procédure est un peu complexe, mais il suffit d'essayer.
Et pour nos amis étrangers que le français, cette langue inutilement difficile rebute, ne vous inquiétez pas, je suis un ancien dyslexique mal soigné et j'adore faire une petite faute "d'ortaugaffe" de temps en temps.
Denis
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14.03.2008
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13.03.2008
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12.03.2008
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12:25 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.03.2008
Merci Merise*
_ Tu sais essayer d'être heureux et de sourire à la vie, c'est montrer les dents au destin pour le tenir à distance ou tenter de le faire reculer... ( c'est écrit dans le célèbre salon de thé " La Comèdie" à Rabat )
_ J'ai habité 7 ans dans le Luberon, à Cavaillon, c'est une très belle région.
_ Tu as raison il faut dire Luberon et non Lubéron (comme les parisiens, si tu veux pas te faire assassiner par les gens du coin ;-))
_ L'oeuvre du Facteur Cheval, c'est vraiment sympa, ce type était simplement génial,
_ Quant au rallye 4L, je crois bien que j 'en ai vu quelqu'unes au Maroc.
Gros bisous et bon séjour dans le Luberon... et ses parfums de garrigue !
Denis
*Merise, c'est comme la mer et les cerises, c 'est beau.
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07.03.2008
CHAP.VI "DU QUOTIDIEN" (REDIF.)
1) HEAVY METAL
Rencontre avec une bande d'allumés qui font de la musique, du théâtre, qui fument des joints et boivent du vin sous la table.
Ils m'invitent. Ils sont jeunes, enjoués
Ils voudraient que tous les hommes soient frères.
Ils sont consternés que l'Europe mette tous les musulmans dans le même sac. Eux aussi ont peur des extrémistes.
L'un d'eux travaille dans un centre d"appel (qui fleurissent au Maroc), il me dit que certains européens croient que les marocains vivent dans des tentes en bordure du désert et se déplacent à dos de chameaux, (comme on nous l'apprenait à l'école il y a 40 ans...).
Alors qu'il fait partie d'un groupe de "heavy metal".
Ne me demandez pas ce que c'est, moi aussi j'habite dans une tente en Europe.
Remarquez bien qu'on m'a demandé un jour si on avait l'eau chaude en France. On est toujours le "plouc" de quelqu'un.
Le monde se divise en deux blocs, ceux qui ont l'eau chaude en hiver et ceux qui l'ont en été, disait Michel Blanc, dans "Viens chez moi, j’habite chez une copine.".
Il se divise aussi entre "les cons qui sont jamais sortis de leur pavillon de banlieue" et ceux qui sont ouverts aux autres.
**************************
2) CHATS DU CHELLAH
Les cigognes et les chats sont les rois du Chellah.
Les cigognes ont choisi les arbres et les toits, les chats, les sols et les bois.
Les cigognes ont construit leur nids de branchages au sommet du minaret et des arbres morts, plus rigides et moins sensibles aux vibrations du vent.
Leur vol majestueux est une caresse du ciel.
Les chats ont investi les cours pavées et se prélassent au soleil en attendant la pitance que ne manquent pas de leur donner les touristes attendris.
Leur indifférence alanguie est une invitation à la sagesse.
Autant les chiens sont l'objet de suspicion et de méfiance et donc assez rares, autant les chats sont considérés avec bienveillance et occupent les rues et les jardins publics, s’étirant paresseusement au soleil ou à l'affût de déchets alimentaires.
Souvent maigres et n appartenant à personne, ils ont cette fonction sanitaire d'éliminer les rats et le souris qui pulluleraient au vu des déchets divers qui jonchent les rues de la médina, dans l'attente de leur ramassage chaque matin par les services de nettoyage...
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3) DE LA PLUIE ET DU CINEMA
La pluie est une bénédiction pour le Maroc.
Ces dix derniers jours sont déterminants pour l'agriculture qui est au bord de la sécheresse.
Mais c'est une pluie fine, pas suffisante, qui nous contraint juste à traîner au café...
Ah cette pluie qui me donne la nostalgie de mon enfance, des odeurs d'herbe verte, de bottes en caoutchouc et d'escargots...
Bien sûr on pourrait aussi aller au cinéma, mais les cinémas ont fait faillite au Maroc.
Les derniers films américains sont à 50 cents d'euros le DVD à la Médina, avant même qu'ils ne sortent en France.
Une honte !
Bien sûr, la bande son laisse parfois à désirer.
Vous pouvez entendre le type qui enregistre des centaines de DVD à la fois dans son appartement, jouer avec son chien ou parler à sa femme.
Ou le contraire, disait Coluche...
Vous cherchez désespérément la scène d'amour à l'écran, alors que l'acteur promène simplement son chien…
**********************************************
4) DU DANGER DE S'ASSEOIR SOUS LES ARBRES...
A midi, on cherche un banc, à l'ombre de préférence, c'est pas du luxe.
Les rares bancs du parc sont occupés.
Au Maroc, les endroits pour s'asseoir ne sont pas légion. Une façon de limiter le séjour prolongé ou allongé des sans abris et des amoureux ?
Miracle, un banc est libre, bizarrement entouré d'une kyrielle de petits papiers moirés.
On s'assoit, la surprise ne tarde pas à venir.
Un couple de pigeon a élu domicile au dessus du banc. Ils roucoulent et défèquent à leur aise.
Un premier projectile me frôle le nez et vient s'étaler sur mon pantalon.
Vite on décampe. J'ai compris l'usage des petits papiers.
Et voilà que me revient, trente ans, plus tôt l'anecdote de ma première amie.
Une jeune hollandaise "Janis", je me rappelle son prénom, dont la langue m'était totalement étrangère, je veux parler de la fonction, pas de l'organe « labial ».
Au moment de l'embrasser, une fiente de pigeon vient s'étaler dans ses cheveux, grasse, crémeuse et filandreuse comme une huître perlière.
Que faire ?
1) Le lui dire ?
_ Mais je ne parlais fichtrement pas sa langue, qui est comme chacun sait un charabia guttural incompréhensible.
2) Enlever l'excrément avec mes doigts ?
_ Galant, mais pouah !
3) Ne rien dire et l'embrasser au risque de toucher ce résidu gluant ?
_ Beurk !
4) Renoncer au baiser ?
_ Que nenni !
Pour Janis, ne me demandez pas la suite, je me rappelle plus.
21:30 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quel froid de canard !
Donc hier, à Gérone, j 'ai dormi à l'Auberge de Jeunesse.
Si, si ! Ils acceptent les gens de mon âge...
Discussion sympa avec 3 japonais et 2 finlandais qui buvaient de la sangria dans des pots de yaourts et fumaient un gros cigare cubain qu'ils faisaient circuler comme un joint...
L' Auberge (19 euros) est très propre, douche, petit déjeuner à volonté, accès internet...
J'aime Gérone, ville soignée, centre historique où il fait bon flâner, bars à vins et à Tapas, cité étudiante où les jeunes circulent à vélo et discutent au coin des rues, librairies catalanes, galeries d'art, Centres culturels et boutiques de fringues branchées, syndicat d'initiatives compétant, serviable et ouvert tard dans la nuit, bornes informatiques...
Même si on apprécie le Maroc pour diverses et toutes autres raisons, comment ne pas être sensible au choc culturel quand on remet les pieds en Europe ?
Je crois que la France devrait être vigilante quand même, parce que au niveau de la culture et des infrastructures, dans les petites villes de province, la Catalogne fait tellement mieux...
16:30 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.03.2008
Et un dernier regard sur la citadelle
23:34 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Gerone le retour
Mon avion a atterri a Gerone ou je passe la nuit. Il fait plus froid qu a Fes. Mais Gerone est vraiment une ville tres sympa. Ca fait un mois que j ai pas mange de saucisson ni bu de vin... alors je me soigne...
21:42 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
CHAP.V "DE LA P0LlCE ET DU COMMERCE" (REDIF.)
1) C0RRUPTION ORDINAIRE
Un petit vendeur qui étale ses merveilles sur le trottoir ; costumes, cravates, chaussures et chemises comme des dizaines d'autres au coin de la rue.
Passe un policier qui rentre chez lui. La discussion s'engage, le ton monte. Il est 9h30, il aurait dû plier bagages depuis une demi-heure.
Le policier repart avec des pulls, chemises et chaussures de sports pour ses enfants. Autant qu'il peut en prendre sous les bras.
Le petit vendeur vocifère et plie bagage.
Demain, il fermera à l'heure.
**********************
2) DE LA CONTREFAÇON
Le plus difficile au Maroc n’est pas de trouver des objets de contrefaçons, mais des originaux de marques authentiques.
Vêtements, ceintures, chaussures, “Jeans”, en passant par les sacs à mains, lunettes, montres, téléphones, appareils photos, films, DVD, parfums, médicaments…
Tout est contrefait, tout se vend.
Avant même que les films américains ne sortent en France, vous les trouvez à l'étalage, pour dix dirhams (moins d'un euros).
Même les policiers se pressent pour acquérir des dernières nouveautés.
Et ne vous avisez pas de demander à un marchand de la Médina si son blouson « Diesel » cuir, cousu, brodé est authentique… ou à un petit vendeur à la sauvette, si sa montre « Breitling » est fausse…
Ils vous répondront d’un air offusqué, que c’est une « vraie Copie ! »
Au Maroc, la contrefaçon est un «Must».
Ce qui permet aux belles, jeunes et pauvres rabaties, marrakchies ou casaouites d’être si élégantes.
Ont-elles le sentiment de voler les grandes les grandes Maisons ?
Certainement pas ! De toutes façons, elles ne pourraient s’acheter les produits de marque au prix qu’ils coûtent.
Maintenant soyons clairs, il y a deux sortes de contrefaçons.
La contrefaçon de qualité, qui est (presque) le même produit que l’original, disons pour prendre un exemple, un sac “Vuitton”, en cuir, de qualité, soigné et ouvragé, fabriqué en Chine, parfois dans la même usine que l’original.
Et l’autre, une vague imitation en plastique collé, importé de Vintimille par « container ».
Au niveau du prix c’est simple, le produit contrefait de qualité coûte environ la moitié du prix de l’original et la contrefaçon bas de gamme, le dixième.
************************
3) P0LlCE (pas) DE QUARTIER
Visite d’une exposition de peinture à l'Ecole des Beaux-Arts de Casablanca avec Nassima.
On fait quelque pas sur le trottoir.
Une guérite de policiers, comme il y en a des dizaines à Casa.
Un policier sort et nous interpelle, l’air méchant. Nous voilà dans la guérite.
Il prend nos papiers.
Un européen avec une marocaine, visiblement il ne supporte pas.
Et pourtant, on se tenait même pas la main. On parlait sagement, c’est tout.
Je comprends assez rapidement ce qu’il veut.
De l’argent.
Evidemment il ne demandera pas, c’est à nous de proposer.
Je propose rien.
On peut rester trois heures comme ça, moi assis bêtement sur une chaise, je suis un européen, un touriste, ils me ménagent.
Mais pour Nassima, c’est en français et arable dialectal, qu’elle me traduira après, les insultes, les insinuations, les obscénités et les propositions sexuelles.
Il menace de faire venir un médecin pour vérifier sa virginité.
En quoi ça le regarde ?
Et pourtant il parait que c’est permis.
Moi, tout ce que je sais c’est qu’on se connaît à peine et que cette fille est gentille et sérieuse.
Il menace de prévenir sa famille, de la ficher comme prostituée.
Et il lui fait des propositions...
Si elle accepte de le revoir, il classe l’affaire...
Quelle affaire ?
Il établit des comparaisons anatomiques à son avantage. Lui il est circoncis, ce serait meilleur…
J’en doute, un homme qui est obligé d’user de telles méthodes pour séduire une fille, doit être un piètre amant.
Nassima pleure.
Je donne 200 dirhams, que ce type ne mérite pas.
Ou peut-être, c’est tout ce qu’il mérite, tout ce qu’il vaut, pour ce qu’il est capable de faire.
S’il espère traverser la vie avec cette seule ambition, soutirer de l’argent par jalousie sexuelle et en profitant de son statut...
Sorti de là, je veux aller au tribunal.
Je téléphone à quelques contacts marocains avisés, dont une amie juriste.
La réponse est toujours la même : "Ca sert à rien, tu vas attendre trois heures, ils t’écouteront poliment, te donneront un rendez-vous dans trois mois et comme tu as payé (fusse pour l’honneur et la tranquillité d'une jeune fille, qui pourrait faire autrement ?) Et on dira que c’est de ta faute.
Je payerai plus.
********************
4) PASSAGE EN D0UANE
La veille d'un retour en France, je perds mes indispensables lunettes de soleil. Par cette lumière aveuglante, pas moyen de vivre sans.
Un petit vendeur de rue m’en propose à trente dirhams ( trois euros).
Des copies de « Rayban », contrefaçon outrageuse, avec un logo énorme.
Même un enfant de quatre ans se laisserait pas prendre. Mais pas le choix, que de fausses griffes.
Les contrôles sont systématiques à l’arrivée des vols en provenance du Maroc.
_ Pas de soucis ! Je les jetterai avant la fouille... Que je me dis.
Le passage en douane arrive.
Je cherche fébrilement mes fausses Rayban pour les jeter. Je risque une amende salée.
Impossible de mettre la main dessus…
C’est mon tour, le douanier m’inspecte de la tête aux pieds et me demande ce que j’ai à déclarer.
_ Rien… Je dis, l'air faux comme une jeton.
Je sais pas mentir, même aux cartes.
Il me laisse passer sceptique.
Je pose la main sur mon front pour éponger un peu de transpiration, et qu’est-ce que je trouve ?
Mes fausses « Rayban » !
********************
08:00 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.03.2008
5 photo Médina rabat
5
La Médina de Rabat où je vais effectuer mes derniers achats avant de rentrer en France...
Ca fait un mois que je suis là, je commence à connaître les commerçants et les habitués du quartier.
Rencontre et discussions au café du coin avec Moha. qui prépare l'agrégation de Lettres qui travaille toutes les nuits sur l'oeuvre de Giono...
Un peintre, qui a une galerie dans le quartier...
Wahid, qui n'arrête pas de vouloir me vendre le Maroc en pièces détachées...
Avec des étudiants diplômés sans travail qui manifestent tous les jours...
Ça fait peine à voir cette Jeunesse en quête d'avenir...
PS : Soyez sympas, vous qui me lisez, mettez moi un petit commentaire...
16:00 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
CHAP. IV "DU MARIAGE ET DES FEMMES" (REDIF.)
2) DES ESPECES DIFFERENTES
En Europe, les femmes sont des hommes comme les autres. Au Maroc, les hommes et les femmes sont deux espèces différentes.
Comme le cheval et la vache.
_ J'ai dit une bêtise ?
Personne n'a dit du mal des vaches...
_ Bon, disons le putois et l'hermine, le phacochère et la gazelle...
_ Ça va, comme ça ?
Au Maroc, il y a des choses que les hommes peuvent faire et pas les femmes, m'explique Samira.
_ Comme s'allonger sur un banc, dans l'herbe ou sur une plage…
Pour ne pas offrir son corps au regard concupiscent des hommes...
_ Les femmes ne sont pas concupiscentes ? Mauvaise nouvelle!
_ Ou se baigner sans porter un tee-shirt qui descende jusqu'au bas du dos, voire toute habillée...
Exception faite pour les riches, les dévergondées et les européennes, qui comme chacun sait...
Moi je sais rien, j'suis là pour apprendre.
**************************
3) HORLOGES BIOLOGIQUES
Au Maroc, les hommes et les femmes fonctionnent selon deux horloges différentes.
Celle des femmes fonctionne comme un compte à rebours. Elle est dotée au départ d'un capital temps séduction qui s'égraine au fil des ans.
Celle des hommes fonctionne comme une horloge normale. Elle additionne les heures qu’elle capitalise.
Les femmes sont au maximum de leur séduction entre 20 et 40 ans.
Les hommes au maximum de leur réussite sociale entre 40 et 60 ans.
C'est pourquoi, au Maroc, les hommes mûrs et les femmes jeunes ont vocation à se rencontrer. Lorsque le capital séduction réussite de chacun d’eux est à son maximum.
************************
4) MARIAGE MAROCAIN
Eté 2007. Rencontre avec Zelma à l'Institut Français d'Agadir.
Les Instituts Français sont des merveilles. Ils maintiennent haut et fort la culture française à l'étranger;
Zelma est doctorante en Droit et en Economie. Elle jouit d'un statut et d'un salaire confortable.
Sa famille habite, malgré sa réussite sociale fulgurante, au bord du désert. Quelque chose comme des sahraouis avec des traditions bien ancrées.
Je farfouille dans les livres et la presse française. Elle m'aborde. La discussion s'installe.
Elle m'invite à boire un verre à la cafétéria, et me laisse payer.
Le soir, elle m'invite à manger, et me laisse payer.
Le lendemain, rebelote .
Au troisième jour, elle me propose le mariage et fixe les conditions avec une rigueur d'ouléma.
Le mariage est traditionnellement un contrat entre deux familles au Maroc.
Je l'écoute curieux et amusé, la liste est longue. Un inventaire à la « Prévert ».
Je dois acheter la maison -ou l'appartement au choix-, le mobilier et l'électroménager...
Les factures, assurances, taxes, impôts, c'est pour moi... La voiture, l'essence, l'entretien, idem...
Je paye évidemment la nourriture, les vacances, le restaurant...
J'en oublie...
Disons je paye tout.
Je risque une question.
_ Qu'est-ce qu'elle compte faire avec son salaire (confortable) ?
Elle me répond avec candeur, que c'est son argent de poche, et avec une logique de Docteur en Economie, que ce qu'elle s'achètera en parfum et bijoux, c'est autant que je n'aurais pas à dépenser...
Evidemment vu sous cet angle, c'est tout bénéfice.
Elle ajoute avec cynisme, que l'avantage, c'est que tout ce que je payerai sera à moi.
Mais elle ne sait pas que je sais, mais moi, je sais qu'elle sait (puisqu'elle est diplômée en droit), que la "moudawana", (la nouvelle loi qui régit le mariage au Maroc) oblige au partage égal des biens en cas de divorce.
_ Ah, dit-elle, j'allais oublier, la dot...
Et bien la dot, ça commence à 50 euros, (je respire, hélas pas longtemps...)
_Mais pour moi, Zelma, princesse du désert, c'est au moins 2000 euros... Je les vaux bien, non ?
Comme je suis pas un goujat, j'acquiesce.
Elle me donne deux jours pour réfléchir.
C'est deux jours de trop. Je lui envoie un texto :
_ Zelma, il n'est pas dans mes habitudes d'acheter une femme..."
************************************
5) DE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
Combien de fois ai-je entendu cette histoire?
Une jeune fille se lève, tôt le matin, pour travailler, gagner de quoi nourrir ses frères et soeurs, et parfois ses parents. Ou poursuivre ses études dans l'espoir d'un avenir meilleur.
Dans une rue sombre ou déserte, deux ou trois mauvais garçons la guettent, lui placent le couteau sous la gorge et menacent de lui taillader la joue et de la défigurer.
Ils lui prennent son portable, son argent et ses papiers.
Cette agression est hélas banale, même si, de jour, les rues du Maroc sont plus sûres que celles de la plupart des villes de France, vu la densité des policiers en uniforme, en civil et la solidarité des marocains.
Mais il ne faut pas s'y tromper, cette violence, faite aux femmes, souvent des jeunes filles, ne s'exerce pas dans le seul but de s'approprier leurs maigres biens.
Cette violence représente un caractère symbolique bien plus profond.
Car quelles sont ces filles, ces femmes, qui osent se promener cheveux libres ou voilées, sans mari, sans frère, ni père, seules dans les rues, si tôt ou si tard !?
Ces femmes qui bravent le regard des hommes, qui font fi des propositions ou des insultes qui fusent sur leur passage, qui refusent le destin de soumission millénaire qui leur est dévolu ?
Alors que les soeurs de ces pauvres garçons sont cloîtrées à la maison, destinées à reproduire l'avenir de leur mère.
Ces jeunes filles qui travaillent, qui étudient sont un affront à la tradition, un affront à la virginité, cette qui est l’obsession des petits voyous, sans travail, sans avenir, sans instruction, ancrés dans leur misère et leur ignorance.
*************************
6) SCENE DE MENAGE
Scène de ménage au coin de la rue à Rabat Hassan.
Un attroupement se forme. Personne ne veut perdre une miette du spectacle.
Un couple s’engueule. Le type en reçoit des vertes et des pas mûres.
Deux voisines traduisent pour moi, en léger différé, comme quand on écoute un discours de Sarkozy sur deux chaînes à la fois.
Sauf que c’est pas du Sarkozy, pas du fleuret moucheté. C’est des répliques à la « Audiard », du Pagnol, rue Ben Abdellah. En arabe dialectal aux sonorités riches et gutturales.
Samira et moi on prend des notes, pour enrichir notre répertoire...
Les marocaines ont un tempérament de feu, pour le meilleur comme pour le pire.
Tout y passe, ses défauts, ses retards, ses chaussettes…
On va bientôt apprendre ses contre performances…
Je décroche.
**********************************
7) DEUX DESTINS DE FEMMES
Ça pas loupé, comme on avait pris des notes, Samira et moi, on s’est disputé (voir scène de ménage).
Faut dire qu’on n’est pas des faciles tous les deux. Surtout moi.
Samira a deux qualités : Honnête et courageuse.
Et deux défauts : Têtue.
_ Et l’autre défaut ?
_ Ben têtue…
Trois jours de célibat, ça fait de mal à personne.
C’est un peu comme un ramadan affectif, ça purifie le corps et l’esprit.
Mais trois jours c’est long. J’ouvre mon MSN, vous savez le truc où on est en relation avec ses amis dans le monde entier.
Et « bang! » coup sur coup, en pleine figure, comme un boomerang, deux vieilles connaissances :
Wafaa, grande fille brune, sûre d’elle et ambitieuse.
Et Rabirahim, danseuse orientale (traduisez strip-teaseuse)
Toutes les deux ont éclaté le carcan de leur destinée.
Elles ont quitté le Maroc. Le rêve de milliers de marocains se conjugue à l’étranger.
Wafaa est à Washington.
Elle m’envoie des photos.
C’est une belle et grande américaine, lunettes de star, “santiag” en “croco”, le buste en avant, fière et arrogante.
Rabirahim est à Abou Dhabi.
Que diable est-elle allée faire dans cette galère ?
Je l‘imagine dans un bordel du Golfe, pour hommes d’affaires, gras, onctueux, riches et bagousés.
Dont certaines des bagues pourraient racheter la dette d‘un pays du Thiers Monde.
Deux destins de femmes, deux marocaines, dont seule une petite différence a fait basculer le destin.
Cette différence ?
Pas leur quartier, car les mains écartées, je pouvais toucher les murs des ruelles encombrées de débris, fils électriques et tuyaux courants à même le sol, quand j’allais boire le thé chez leur parents sur les sofas propres du salon.
Non, la différence, c’est quelques années d’études pour l‘une, et un père absent pour l’autre.
Et deux destins qui basculent.
L’une en Amérique.
L’autre à Abou Dhabi.
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04.03.2008
CHAP. III "FETES ET TRADITIONS" (REDIF.)
III FETES ET TRADITIONS
1) DE LA CHARITE AU MAROC
Au Maroc, la charité est séculaire comme la misère.
Donner aux pauvres est d'ailleurs un des cinq piliers de l'islam.
Il y a des mendiants à chaque coin de rue, des handicapés et des difformités comme s'il en pleuvait :
Des moignons de bras comme des cactus..
Des jambes comme des lianes, des pieds déformés, violets, pachydermiques...
Des estropiés avec des morceaux de pneus sous les genoux...
On se demande si les pays d’Afrique n'ont pas inventé des maladies que nous ignorons.
C’est le Moyen-âge à notre porte, la Cour des Miracles.
Mais comment ne pas voir ces pauvres femmes enfouies dans leur misère, qui tendent humblement la main pour quelques dirhams ?
Et si c'était nos mères, nos grand-mères ? Après une vie de labeur et de soumission, finir ainsi, tapie à l'ombre d'un palmier, oubliée de tous...
N'est-ce pas le comble de l’injustice ?
Et ces jeunes mères, belles de leur visage du désert, enturbannées du bleu des touaregs, que le destin a jeté sur les chemins et des paillasses sales au coin des rues avec des enfants beaux et barbouillés comme des anges déchus ?
Tant de misère ! Impossible de donner à tout le monde, impossible de ne pas donner.
D'ailleurs, tout le monde donne au Maroc, même les jeunes, même les riches.
Et parfois les touristes...
Avant, je donnais au premier mendiant du matin et au dernier du soir. Maintenant, je donne souvent, régulièrement.
D’ailleurs ce don est salvateur.
C'est un peu comme la confession chez les chrétiens, ça permet de laver les petits péchés de la journée.
2) LA FETE DU MOUTON
L’Aïd el Kabîr, c’est la grande fête.
On m’avait prévenu, tout serait fermé.
Dans Rabat, la capitale, je tourne en rond comme une âme en peine, quasi seul dans les rues.
Même les clochards sont de la fête.
En plus, il pleut. Foin d’une balade en bord de mer, seul face à la houle, héros solitaire.
Et pas l’ombre d’un croissant. Tout juste un bar d’hôtel terne et grisâtre où les huit ou dix célibataires, sans famille à Rabat, sirotent tristement leur café.
A midi, sauvé ! Mac Do ouvre ses portes. L’Amérique a parfois du bon.
Mais pour conjurer le grand Satan, je prends un « Mac Arabia ».
Depuis une semaine on sentait l’affaire venir.
Samira, retenue dans sa famille pour l'occasion, m’avait prévenu : « Remplis ton frigo ».
On n’écoute jamais assez les femmes.
Tout un petit bizness se mettait en place :
Des hachoirs et tranchoirs de toutes tailles…
Des billots en bois pour découper les quartiers de viande… Des affûteurs au coin des rues avec leur pierre ovoïde et des lames fines comme des rasoirs…
Des doses de charbons de bois soigneusement ensachée…
Des cordelettes pour ficeler la bête…
Des bottes de foin en rations de trois jours, le mouton ne devant pas survivre au-delà...
Et enfin les braves bêtes, qui débarquent en masse de la montagne, dans des camionnettes à plateau, avec leurs cornes tarabiscotées comme des croissants…
Qui vous regardent de leurs gros yeux doux, fendus d’un croissant de lune...
Egarées, effarées sur le bitume des villes, à mille lieues de leurs collines arides.
Ficelées, portées, traînées, escortées, acclamées par une cohorte des gamins joyeux...
Et cajolés sur les balcon et les terrasses des maisons, avant d’être égorgés...
Photo de famille avec les enfants à califourchon sur le mouton, ils l’embrassent, lui tirent les oreilles.
On l’aime bien, on lui parle.
Car selon la tradition, le mouton sacrifié ira directement au paradis, avec âme, pattes et laine, entièrement reconstitué.
Mais ce matin, c’est le grand jour. La famille au complet assiste à l'événement.
Pour être un homme, il faut voir et savoir égorger le mouton. Et l’égorgeur doit être un saint homme, faire ses cinq prières.
Cette tradition, réminiscence du sacrifice d‘Abraham, réservée à ceux qui en ont les moyens, est l’occasion du partage : Trois parts, une pour la famille, une pour les voisins, une pour les pauvres.
Nos grands-pères égorgeaient de même le cochon, soigneusement, poliment, avec respect...
Vers midi, je croise quelques égorgeurs à domicile, couteaux luisant à la ceinture et laine sur l’épaule.
Au fenêtre des cours intérieurs, des peaux grasses et fumantes...
Au centre ville, un caniveau, et des flaques d’eau rougies du sang des bêtes égorgés qui se mêle à la pluie...
Une fumée âcre flotte sur la Médina, les têtes et les pattes carbonisent sur des barbecues de fortune.
Tout un bric-à-brac de planches vermoulues, chevrons cloutés, cartons, sacs en plastique, achève de se consumer à même la rue.
Quelques femmes enlacent les boyaux vides et nettoyés autour de leur bras comme des cordelettes de laine à carder...
C’était la fête du mouton. La grande fête des musulmans. L’Aïd el Kabîr.
3) JOYEUX NOEL
Il flotte comme un air de printemps sur Rabat en ce 24 décembre,veille de Noël.
M'identifiant aisément comme un européen, un « roumi » un chrétien, de nombreux marocains me souhaitent un "Bon Noël" d'un signe de la main et en souriant.
Alors que Noël ne signifie absolument rien pour eux et ne figure pas à leur calendrier liturgique.
Combien sommes nous a avoir jamais souhaité une bonne fête, pour le Ramadan ou l’Aid el Kébir, à un musulman ?
4) MES VŒUX DU MAROC
Je souhaite à tous un bon Noël de Paix et d'Espoir.
Je pense à cette phrase :
" Le bonheur, c'est avoir quelqu'un à aimer, quelque chose à faire et un peu d'espoir pour le lendemain".
Et je pense à ceux qui sont seuls…
Aux clochards, qui passeront peut-être quand même un bon Noël, sous les ponts de Paris, avec un peu de vin qui réchauffe le coeur, un feu de bois et des copains…
Aux prostituées, qui devront travailler ce soir pour des hommes aussi seuls et malheureux qu'elles...
Aux chrétiens palestiniens, privés de terre et de pays…
A tous les exclus, à tous ceux qui souffrent, pour qu'ils aient un avenir meilleur...
5) L’AN 1429…
Ce matin, au kiosque du coin, tout le monde achète son calendrier.
1429 ! J'en crois pas mes yeux... Tous les calendriers indiquent 1429 !
Un "flip back" monumental, un "salto arrière dans l'espace temps !
_ Ah, les cons ! Ca y est, ils ont fait sauter la planète, ils ont détraqué le temps ! Cassé l’horloge chrono biologique avec leur effet de serre, leur couche d'ozone, la flambée de l'immobilier ! Que je me dis… Ca devait arriver.
Finalement, ça m'étonne pas ! Hier soir déjà, on est au mois de janvier que je sache, on entendait les oiseaux chanter comme en été. J'ai laissé la fenêtre ouverte,
1429 ! Christophe Colomb a pas encore découvert l'Amérique...
Finalement, c'est pas désagréable, les croissants sont bons, les filles aussi jolies.
Qu'est-ce qu'il nous manque ?
_ Tiens y avait déjà des téléphones portables ? Bizarre ça... Faudra que je vérifie.
Je viens de recharger le mien, ce serait trop bête, 200 dirhams de fichu !
Je fouille dans ma poche... un billet d'avion pour 2008...
Ça va faire long l’attente, cinq siècles plus deux heures à l'embarquement...
_ Bonne année me disent les marocains ?!
_ Ca y est ! J’y suis…1429 ! L’Egire qui débute le calendrier musulman!
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