17.05.2008

FRANCE / bonheur??

Salut Denis
Tu n'es plus instit, alors tu fais quoi maintenant, tu n'as pas encore l'âge de la retraite -
En tous cas, j'ai l'impression (d'après ton blog) que tu profites bien de la vie - Et tu as amplement raison, tu n'as pas l'air d'être stressé, ni compliqué - C'est vrai que tu ne nous montres peut-être que le bon coté des choses - Des choses qui font réver, ton joli chalet, ta belle région en France et tes séjours amoureux au Maroc - J'adore ton blog et je te félicite, continue et Samira est trés jolie -
Lily

Ecrit par : lily | 13.05.2008

bjr lily

Merci pour tes compliments a Samira et tes encouragements.
je reponds un peu plus en detail a ta note.
J'ai reçu des coups dans la vie et j'ai connu des echecs et des souffrances, comme tout un chacun, travail, divorce, enfants...
J ai fait le choix d ignorer au maximum tous les aspects negatifs de la vie, et g developpé un 6eme sens pour fuir les fâcheux... des fois ca marche.
et surtout j'essaye de m interesser a un maximum de choses et de gens interessants...
la peinture m'a permis de m occuper et de gagner mon independance morale et materielle...
J'ai une espece de devise, qui vaut ce qu'elle vaut "le bonheur est un choix"...
Une autre accessoirement, "nous apprenons plus de nos echecs que de nos succes".
Et une derniere, qui contredit un peu la première et que j attribue à Zorba le Grec : " Si la vie etait facile, elle serait sans interet..."
Amitiés

Ecrit par Denis le 16.5.2008

14.05.2008

ECOLE / le panda...

Panda du zoo de Pékin. Gestes lents et mesurés.
Tourner les pages du journal, qu’il ne prenait pas la peine de dissimuler (pratique pour recueillir les cendres de cigarettes, c'est la taille du bureau), lui demandait des efforts surhumains. Une bonne matinée pour lire le journal. Heureusement, restait le supplément jardin, pour l'après-midi.
Pas de chance, comme les espèces rares, il développait toutes sortes d’allergies… A la pluie, au soleil, au vent, aux insectes, à la confiture, à l'eau tiède...
Enfin, c'est plutôt l'éducation Nationale qui n’avait pas de chance. Et en premier lieu, ses collègues, qui devaient se repartir ses élèves.
Il lui suffisait de faire la rentrée de septembre et d’assurer quelques jours avant les vacances pour réactiver son salaire à plein temps. Pas folle la guêpe.
D’autant que lui était venue l’idée géniale de donner des cours particuliers pendant ses congés maladies... Aussi bizarre que cela puisse paraître, aucun texte ne s’y oppose...
Et fait curieux, bien qu'il profita financièrement du système et semblait le cautionner lors de ses rares états de services, ses propres enfants n'étaient pas scolarisés... Imaginez un jardinier qui refuserait de nourrir les siens avec les produits de son jardin ?!
Mais peut-être, dans son cas, n’avait il que trop raison de se méfier de l’enseignement...
Pour être honnête, il travaillait quelques heures... Sur une année, c'est pas lourd, mais ramené à son temps de présence, ça grimpe fort.
Le travail consistait à arracher une bande de papier « kraft », à la froisser violemment, (attention la crise cardiaque), à y écrire de la main gauche (pour donner l’illusion d’un travail d’enfant) les prénoms de ses élèves, (ça fait toujours plaisir aux mamans), d’y ajourer quelques fautes d’orthographes attendrissantes (comme si les enfants ne savaient pas écrire leur prénom) et de la coller au mur.
L’inconvénient, avec cette frise "tarte à la crème", c’est qu’elle ne pouvait pas servir l’année suivante, à moins de faire redoubler toute la classe...
Il ne m'aura cassé que cinq tonnes de sucre sur le dos. L’avantage avec les feignants lymphatiques (à opposer aux feignants teigneux), c’est que même nuire, leur coûte…

13.05.2008

ECOLE / la minimaliste...

Elle avait le bras gauche, très court et musclé. Elle y appuyait sa tête, qui était pourtant pas lourde.
Les tables étaient disposées en fer à cheval, elle au centre.
Sur chaque table, cinq ou six livres, un par matière. Chaque heure son livre et sa matière. Français, math, histoire, géo, sciences...
Les élèves étaient numérotés de un à vingt-quatre, dans le sens des aiguilles d'une montre. Chacun lisait un paragraphe, tournait la page et passait au suivant.
Et quand c'est fini, on change de livre et on recommence.
Pourquoi se compliquer la vie ? La terre tourne ainsi depuis des milliers d'années.
Et ça, jusqu'à cinq heures. Pardon, quatre heures. Faut déduire la "gym", qui n'était jamais qu'une longue "récré" d'une heure, transformée en dessin ou activité libre, les jours de pluie.
A cinq heures pile, la classe était vide, volets fermés. Les mouches volaient et la poussière se déposait comme si la pièce était abandonnée depuis des lustres ou que si peu de choses avaient dérangé leur danse aphone...
Un océan de simplicité.
Je l'ai jamais vue debout. C'est vrai qu'elle était pas grande, mais quand même, je saurai jamais sa taille.
Le pire qui put lui arriver, eut été de s'endormir et de tomber de sa chaise. Ca peut passer en accident de travail.
Élève ou instit, je serais mort d'ennui. Ça donne envie de grimper aux rideaux, de hurler comme un chien sous la lune...
Mais bon, ça l'a pas empêché de me casser quinze tonnes de sucre...
Je lui pardonne.
Je comprends la fragilité des lâches et des "joueurs petits bras".
Et puis, c'est grâce à des gens comme ça, que j'ai quitté le panier de crabes...

12.05.2008

ECOLE / mes psys

La seule porte de sortie pour quitter l'Education Nationale, fut, sur les conseils de mon Inspecteur, d'entamer une psychothérapie (on ne peut décemment renoncer à 3 mois de vacances que si on est "fou"), et qui s'est rapidement transformée en "Tour de France" départemental des psys agréés...
Petit glossaire...

Ma quatrième ou cinquième psy était une "Lacanienne".
On m'a expliqué plus tard. Concrètement, elle vous fixe sans dire un mot, autre que "bonjour" et "ça fait trente euros", pendant que vous vous tordez les doigts en regardant le plafond ou la pointe de vos souliers.
La salle d'attente aussi était Lacanienne, un réduit. J'imagine que c'était d'anciennes toilettes dont on avait retiré l'accessoire essentiel.
J'ai d'abord pris la désolation du lieu ; chaise branlante, papier triste, ampoule blafarde, fenêtre murée, lecture réduite à un seul prospectus gratuit des années soixante, pour de la radinerie.
En fait, je crois bien, que c'était une volonté de mettre le patient en condition.
Le mot patient ici, doit être pris dans son sens premier, de celui qui attend.
Car évidemment, faut attendre et dans ces conditions, l'invitation à rentrer dans le cabinet est vécue comme une libération. Prémisse supposée à une libération verbale. Imprécatoire ou confidentielle, c'est selon. L'essentiel étant d'accoucher.
Mais moi, c'est comme à la police, je décline mon identité, nom, prénom, date de naissance, je m'acquitte volontiers de la contribution sociale généralisée et des honoraires (remboursés au centime près par la Sécurité Sociale), mais je parle que si on me pose des questions.
Donc pour les Lacaniens, c'était "plié"...

11.05.2008

ECOLE / la croqueuse d hommes...

Je vais lui demander une gomme. C'est l'institutrice de la classe d'à côté.
Un peu grande, un peu célibataire, un peu coquette...
Je suis gêné de la solliciter pour un accessoire aussi anodin -néanmoins indispensable- qu'une gomme.
Je bredouille :
_ Excuse-moi de te déranger... Je voulais te demander... Si tu peux...
Elle me regarde aux anges... Elle file la garde de la classe au redoublant, qui a trois têtes de plus que les autres et m'entraîne dans la réserve.
_ Voilà, que je dis, c'est bête, mais je trouve plus ma gomme, est-ce que tu peux m'en prêter une ?
Le soufflé retombe, je la sens déconfite.
Mais bonne joueuse, en femme qui a l'habitude de recevoir des propositions, et s'oblige parfois à les refuser, elle soupire :
_ Ah! Je croyais que tu voulais sortir avec moi...
Je bafouille...
_ Non, non, je te jure...
Et sans écouter ma réponse, elle ajoute :
_ C'est bête, parce qu'en ce moment, je suis pas libre...
Sous entendu : "Retente ta chance dans une semaine, mon lapin..."
C'est comme à la boucherie, faut prendre un ticket et attendre son tour.
Je repars sans la gomme...

10.05.2008

ECOLE / les trois vies de l'enseignant

Il y a trois périodes dans la vie d'un enseignant.

* Les dix premières années, où il ne sait pas grand-chose et où il apprend.
On pourrait croire que ce sont les plus difficiles, et bien non. Même si Directeurs et Inspecteurs le regardent avec condescendance (enfin quelqu'un à se mettre sous la dent pour justifier leur pontifiant verbiage...). Mais s'il est modeste et fait amende honorable (ce qui ne fut jamais mon cas), ils sont enclins à lui pardonner ses faiblesses et lacunes...

* Les dix années suivantes, où il sait suffisamment de choses pour faire un travail intéressant et autonome, en oubliant les enseignements théoriques, abstraits, futiles et inutiles des grands pédagogues visionnaires et les circulaires pondues par des incapables instruits...
Ce sont les années les plus intéressantes.

* Et les dix dernières, où il se croit sorti d'affaire, pense maîtriser son sujet. Grave erreur ! C'est là que les ennuis qu'il ne soupçonnait pas, lui tombent sur la tête en catastrophe, comme les livres d'une bibliothèque.
Tout le monde s'y met pour lui faire croire qu'il ne sait rien, ne fait rien, ne maîtrise rien ; parents, enfants, collègues bien intentionnés (qui poussent l'orage sur lui, pour s'en éloigner), Inspecteurs, qui n'ayant généralement jamais enseigné, savent d'autant mieux que lui (selon l'adage, "la critique et facile, l'art est difficile"...).
Tout ce petit monde lui tombe dessus à bras raccourcis et s'en donne à coeur joie. Comme si, en critiquant, ils se donnaient l'illusion d'être bon...

C'est la technique du tabouret, on vous passe le tabouret et quand vous êtes dessus, on le retire brutalement...

ECOLE / Souvenirs / Préambule

Je n'ai jamais voulu parler de mes souvenirs d'école, c'était trop dur.
J'ai quitté l 'Education Nationale en catastrophe, j'ai sauté du train en marche.
"Courage fuyons" disait Napoléon (C'est bizarre que Napoléon ait dit ça...).

La dernière chose que j'aurais souhaité, eut été d'arriver à la retraite avec la médaille du mérite, ou pire les palmes académiques, ni même entouré de collègues chenus et blanchis sous le harnais pour un départ joyeux, émouvant, arrosé et combien tragique...

J'ai essayé de faire de mon mieux ce métier, que j'ai aimé, ça a pas été facile. Le reste ne m'intéresse pas.
Bien sûr, dans nos succès et nos échecs, il y va de notre responsabilité.
Mais c'est comme un champ de mines, quand la tentation vous prends de quitter les chemins ordonnés du savoir mécanisé, et que vous sautez sur une mine, à qui la faute ? A vous sans doute...

18.04.2008

ENFANCE / LA CHAISE DE MON PERE...

La chaise de mon père.
Mon père trônait en bout de table, impérial et réglementaire. Mieux valait se taire.
D'une main, il réglait le poste de TSF. Mais le poste était loin, il devait effectuer une rotation, décoller une fesse, puis les deux...
Difficile de savoir ce qui m'a pris. C'était dangereux, mais tellement drôle que je ne pus résister.
Pendant qu'il tripatouillait la radio, je crochetai habilement sa chaise pour l'attirer à moi.
La station réglée, mon père, satisfait et le coeur en paix, comme un homme qui va manger sa soupe en écoutant son émission politique préférée, qu'il assortissait de commentaires invariables et lapidaires du genre :"Ah, les cons:!", se laissa tomber lourdement sur la chaise, à mille lieux d'imaginer qu'elle avait disparu.
On vit soudain mon père, les yeux au ciel, s'engouffrer dans le vide sidéral, créé par l'éviction du siège papal, comme aspiré par la trappe diabolique d'une Commedia dell' Art
Dans un ultime réflexe, il tendit les bras à l'horizontal, comme à la parade. Un salut d'artiste du plus bel effet. Et s'arrêta net, le nez à hauteur de la table.
L'assiette effectua quelques joyeuses embardées excentriques et ovoïdes, comme celle d'un jongleur de cirque chinois.
La chute de l’assiette marqua la fin du spectacle et le début de la répression.
Mon père m'envoya sans préavis, en guise d'acompte pour solde de tous comptes, une formidable taloche, qui me fit valser de ma propre chaise.
Mais au regarde de l'outrage, c'était pas cher payé.
Peut-être, ne pouvait-il imaginer que mon audace s'exerça jusque là ? Que l'admettre, eut été admettre l'outrage ? Qu'aucune sanction n'était à la hauteur du délit et qu'il fallait se contenter de celle-ci ?
Mon père opta donc pour une manipulation fortuite. Ce qui arrangeait tout le monde.
La taloche avait été terrible, mais l'envie de rire fusait tant sous mes mains en coins, que j’avais peine à la dissimuler en pleurs saccadés...
Rideau.

09.04.2008

ECRIRE

*COMMENTAIRE DE LILY
Bonjour,
C’est pas facile d’écrire, ça peut prendre pas mal de temps -
je n’y arrive pas facilement, parfois ça vient quand même
Allonger sur une feuille sa vie, c’est la revivre un peu et se rendre compte du chemin parcouru et ça fait du bien -
Ecrire, faire partager ses voyages, ses tranches de vie, ses angoisses, ses bonheurs …
J’ai du mal à extérioriser mais j’aime lire la vie des gens, les regarder vivre, pour moi c’est s’intéresser à eux –
Mes filles diraient c’est du voyeurisme maman -
Moi, aussi j’ai vécu des moments inoubliables quand j’'étais toute jeunette,
des moments que mes filles ne revivraient pas, elles sont bien trop sages – Les enfants d’aujourd’hui sont souvent beaucoup plus calmes que leurs parents des années baba-cool (1975,76…je ne sais plus)
La mode était aux grandes chemises, petites lunettes rondes, j’en passe et des meilleurs …virées en 2CV…guitares et feux de camp…

*REPONSE DE DENIS
Bonjour Lily, permets moi ces quelques idées...

1) C'est important d'écrire, si tu as envie de le faire, tu dois le faire. Souvent, on n'ose pas, on a peur d'affronter le regard des autres. Mais nous sommes tous pareils avec nos fragilités, nos forces et nos faiblesses.
C'est "écrivant qu'on devient écriveron", disait Raymond Queneau.

2) Bien sûr que s'intéresser aux autres est une forme de non-égoïsme.
Nos enfants sont parfois exigeants avec nous, ils ont du mal à comprendre que leurs parents puissent avoir d'autres centres d'intérêts et satisfactions...
Oscar Wilde disait : "Nos enfants nous aiment, puis ils nous jugent et parfois ils nous pardonnent..."
Quant à tes gentilles filles, je te conseille de leur jouer un tour... Quand tu vas sur les blogs, prends des airs mystérieux et dis leur que c'est encore "bien pire et bien meilleur" que ce qu'elles imaginent...

3) Je vois que nous avons les mêmes souvenirs : lunettes rondes, deux-chevaux, guitare, feux de camp...

08.04.2008

ENTRER EN ECRITURE

Je suis entré en Écriture comme on entre en Religion. On est supposé faire voeux de pauvreté (c'est vrai que l'écriture rapporte rien, sauf des ennuis), voeux de chasteté (faut pas exagérer) et voeux d'obéissance (à ben ça, encore moins).
Mais bon, on sait ce qu'en furent ces voeux, notamment les deux premiers au cours des siècles et des siècles, amen.
Pour ceux que mes écrits sur les ECRIVAINS, barbent (j'ai senti une légère baisse d'intérêt au compteur), j'en ai bientôt fini avec eux, et je vais reprendre les récits sur mon adolescence et peut-être sur mes amours... (hum, hum...)

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