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23.03.2008

COMPIL'/CABANE

1. J'AI RETROUVE MA CABANE...

J'y viens quand je veux être seul ou avec quelques amis...
Rêver, penser, écouter de la musique, discuter...



2. LA TERRASSE

J'ai pensé ma cabane en terme de "développement durable" selon un concept très à la mode.
Rien que des matériaux de récupération, ici les chaises et la table trouvées sur un trottoir, ou recyclables (à 95%), que l'on peut brûler (bois) ou qui peuvent se dégrader (fer).
Le moins possible de plastique (même si il ne devrait pas y en avoir, mais bon faut pas être intégriste non plus), sauf quelques bidons d'eau et bacs.
Et quatre carreaux de verre pour les fenêtres.


3. MA CABANE / MES AMIS

Une cabane ça sert à inviter des amis, à manger et à boire aussi...
Une cabane, c'est le choix de la simplicité, le refus de l'inutile et du gaspillage, du "m'as-tu vu" et du "tout technologique".
Une cabane, c'est la volonté de retrouver les valeurs essentielles ; l'amitié, l'écoute du temps, du vent, le chant des oiseaux, le grésillement des cigales...


4. L'INTERIEUR

Quand on ouvre une cabane, c 'est comme une boîte, y a quelque chose à l intérieur.
Voilà ce qu'on voit en entrant, y a aussi des wc et une douche. Évidemment y a pas l'eau courante ni l'eau chaude et pas l'électricité.


5. CONSTRUCTION

Je vais vous montrer les photos des étapes de la construction de ma cabane...
_ La première étape, et pas la plus facile, c'est de tracer au sol un carré exact, eh oui essayez...
Si le carré est parfait, les deux diagonales doivent avoir la même longueur, se croiser en leur milieu et former un angle droit.
Il est plus facile de mesurer la distance entre les poteaux opposés que d'essayer de fabriquer un carré côté par côté.
_ Ensuite creusez quatre petites trous dans le sol pour placer la pointe des piquets.
Pas besoin qu'ils soient profonds, la cabane ne veut pas s'envoler. Ils servent surtout à compenser les différences de niveau pour que les piquet soient à la même hauteur.
_ Utiliser un niveau à bulle ou à eau (un long tuyau avec une éprouvette à chaque bout), mais il faut être deux.
_ Ensuite il faut relier entre eux les pieux pour les caler bien verticaux, car tant qu'il n'y a pas de triangulation, tout ça tombe ou vacille.
Ce qui est pas facile, surtout si on est seul.
J'étais seul du début à la fin de la construction. J'aime travailler seul, on peut penser à ce qu'on veut. Ca va aussi vite et personne vous contredit.


6. CONSTRUCTION

Ensuite il suffit de fixer des lambourdes entre les pieux et de poser dessus des chevrons espacés d'environs 60 cm.
Et surtout ne pas oublier de trianguler, par des jambes de forces qui renforcent la solidité des lambourdes et leur éviterons de fléchir sous le poids de la cabane, mais surtout qui confèrent à l'ensemble de la rigidité. Seul le triangle (et ses variantes, dièdre, pyramide...) est indéformable. Toutes les autres figures sont déformables.


7. CONSTRUCTION

Ensuite, il faut monter l'ossature de la cabane faite de chevrons et de lambourdes, en respectant les principes de verticalité et de triangulation, mais c'est plus facile puisque les niveaux sont établis et les distances aussi.
La cabane est un cube, pardon un parallélépipède de 3m sur 3m et de 2m de hauteur.
Soit 9m² de surface au sol plus une terrasse qui fait aussi 9m².
Que voilà un beau problème pour un enfant de CM !
1) Quel est le volume intérieur de la cabane ?
2) La douche et les wc occupant 1m² au sol et le lit mesurant 1,20m sur 2m. Combien reste -t-il de surface libre au sol ?


8. CONSTRUCTION

Après la charpente, dernière étape, l'habillage de la cabane.
Il suffit de visser (à la visseuse sans fil, je suis feignant) les planches de récupération rainurés en pin des landes, et de les emboîter.
Au plancher et au plafond, des dalles bouletées en "triply", que j'ai dû acheter, j'avais plus de planches.
Et sur le toit, des tôles de récup'.
Reste à faire la terrasse et à peindre l'ensemble.
Pour l'intérieur, un mobilier sommaire ; un lit coffre, un coin cuisine, un coin wc-douche, une étagère et une table de fortune.
Quatre petit carreaux coulissant dans les rainures du bois permettent l'aération.
Je me suis mis en tête de récupérer l'eau de pluie dans une citerne.
A l'extérieur, un barbecue, une balancelle, quelques billes de bois pour les sièges, une table sous la cabane et un hamac pour les beaux jours.
Pour méditer, fainéanter, apprendre à ne rien faire, (l'éloge de la paresse) et discuter interminablement avec ses amis ou simplement écouter le chant du vent dans les arbres... et humer la douceur de l'air...


9. BALANCELLE

Et la balancelle, comme prévu. Rien que de la récup., ça m'a pas coûte un cent (radin.com).
Quelques heures de travail quand même, précédées d'autant d'heures de cogitation et de dessin, mais ça j'adore.
Après il faut tester la balancelle pendant des heures, l'équilibrer de son poids, pour que le moindre souffle de vent ou la pression d'un orteil sur la bille de bois lui donne ce bercement, qui vous rappelle votre landau de votre enfance.
A droite, la citerne qui récupère l'eau de pluie. Mais ici en Minervois, il ne pleut pas parfois pendant trois mois, et en une heure, il vous tombe autant d'eau qu'en un mois chez les bretons.


10. POURQUOI NOS ENFANTS ONT 2 MAINS GAUCHES...

Une cabane, c'est un rêve d'enfant.
Quand j'avais 12 ans, y avait pas de "Play Station", les Centres Commerciaux n'existaient pas, et de toutes façon, on n'avait pas d'argent.
Heureusement, on habitait, comme la moitié de la population, à la campagne ou à proximité.
Donc, on jouait dans les bois. Apparemment, y avait pas tous les dangers, crimes et délits qui guettent le enfants d'aujourd'hui, ou on n'en parlait pas.
Disons qu'ils n'avaient pas encore été inventés.
De toutes façons les enfants sont plus les mêmes. Vous prenez un gosse d'aujourd'hui, vous lui donnez un marteau, un arbre et des planches.
Et bien, s'il ne s'éclate pas les doigts, il va tomber de l'arbre et finir polytraumatisé.
Evidemment, les parents feront un procès à l'arbre et au marteau.
Voilà pourquoi nos enfants ont deux mains gauches...

11. POURQUOI UN E CABANE PERCHEE ?


Sur le pourtour méditerranéen, les arbres sont généralement moins grands que dans le nord. Par ailleurs presque tous les oliviers du sud de la France ont gelé en 1956 (décimant totalement la production) et ne supporteraient pas le poids d'une cabane.
J'ai donc dû me résoudre à construire une cabane sur pilotis.
Le résultat est presque le même, quand je suis sur ma terrasse, j'ai le nez dans les arbres.
Et quand on est au sol, la cabane ne barre pas l'horizon, elle reste discrète parce que dissimulée par le feuillage.
Ma première cabane était au niveau du sol, des tas de bestioles indésirables, de celles que vous retrouvez dans vos chaussures ou votre lit, et qui font fuir nos amies et compagnes, s'y infiltraient.
Les plantes vivaces et le ronces réussissaient toujours à se frayer un passage entre le planches.
Maintenant je suis au sec.
Autre avantage, vous avez de l'ombre sous la cabane et vous êtes à l'abri en cas de pluie. D'où la table et le hamac.

12. LE CAMOUFLAGE

Pourquoi ma cabane est-elle en tenue de camouflage ?
Ça fait poste à l'affût, mirador, tir au pigeon, commando, béret vert...
Beaucoup de chose que j 'aime pas...
Ben moi, j'aimerais qu'elle soit jaune canari, bleu lavande, rouge lie de vin, vert jamaïcain...
Mais pour l'instant, j'ai taillé les arbres (oliviers) et la tempête et le givre m'en ont cassé quelques uns.
Donc je prefère par discrètion, l'intégrer, la fondre dans le paysage.


13. MA PREMIERE CABANE

J'avais 4 ou 5 ans. Sous la table de la cuisine, avec deux chaises, ma soeur et une couverture, je faisais une tente, une "guitoune". Ma soeur faisait le pilier central.
Ma mère la traitait de "gourde", mais ma soeur par fierté, prétendait qu'elle y avait trouvé de l'intérêt.
J'ai appris plus tard, au Maroc que "guitoune" signifiait tente ou cabane. Mot marocain (ou berbère) comme "klebs" et "toubib", qu'on utilisait dans les cours d'école. Donc on parlait arabe sans le savoir...
On préparait d'invraisemblables scénarios avec du matériel hétéroclite (de la poêle à frire au râteau de jardin) pour s'échapper du domicile familial, partir à l'aventure...
Moi, j'avais tellement la frousse quand je devais seulement aller chercher une bouteille de vin à la cave, que je me demande comment j'aurais pu quitter la maison, fuguer.
Enfin, l'envie était là, on fantasmait, on rêvait d'un "au-delà merveilleux", de mondes parallèles.
Comme on ne connaissait pas encore le conditionnel, on utilisait pour parler et distinguer notre futur fantasmatique, de la routine quotidienne de notre univers confiné, la formule "on dit que..."
_ "On dit qu'on" a trouvé un avion et que je le pilote... "On dit que" c'est toi qui porte le sac...
Ma mère nous appelait d'ailleurs "Monsieur et Madame Ondiq".
_ Monsieur et madame "Ondiq", allez donc ranger vos chaussettes avant de goûter...
Les adultes avaient un imaginaire pauvre et restreint à l'époque des "Trente Glorieuses"(1)...
Tout pour le "Formica", le "Tergal", le "Teflon", le "Lycra"...
Pour Ginette (2), qui me demande à quelle heure est la manif', je précise que le "Lycra" est une fibre synthétique qui n'a rien à voir avec la "Licra" (Ligue contre le racisme...).

(1) "Trente glorieuses" Voir note au-dessus.
(2) Voir "Ginette la française" dans "Des français et autres inconvénients" Note du 16-03-08).

14. MA MAISON


Ca c'est ma maison, que j 'ai construite tout seul. Mais comme j'ai subi un divorce, je vais en construire une autre, une maison ABCDE :
_ Autonome (utiliser les énergies douces, solaires, échapper aux factures EDF et Générale des Eaux...)
_ Bois (charpente et cloisins, matériaux chaud, agréable, naturel...)
_ Conviviale ( terrasse, patio, sauna, baies vitrées...)
_ Démontable (pour pas avoir un fil à la patte...)
_ Ecologique (dans la nature ou entourée d'arbres et de plantes...)
Je travaille sur le plan.

15. OLIVIER

Pas loin de ma cabane, un olivier en Minervois, rescapé du gel de 1956.
Celui-ci est probablement antérieur à la révolution française.