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16.03.2008
CHAP. VII "DES FRANCAIS ET AUTRES INCONVENIENTS..." (REDIF.)
1) GINETTE LA FRANÇAISE
Ginette a acheté un ryad à Marrakech, il y a quelques années.
Elle a fait des travaux de bon goût et m’assure que son prix a été multiplié par cinq. Je veux bien la croire.
lle me guide un temps dans La Médina. Je l’invite au restaurant « Toubkal » sur la place « Djemaa el Fna » (la place du destin), là ou on exécutait jadis les condamnés en exposant leur tête au soleil. C’est maintenant le lieu de rencontre des touristes branchés du monde entier. Une annexe des Champs Elysées.
Ginette était infirmière en chef, elle a 70 ans et en annonce 55 et demi (le demi, c’est pour faire vrai).
Elle a, des marocains une image pessimiste.
Elle m’assure qu’ils passent leur journée à la terrasse des cafés à regarder les filles «pas plus haut que le bas du dos».
Ce que je sais faire aussi.
Quant aux marocaines, elle me prévient -pour mon bien- qu’elles ne cherchent qu’à « plumer » les hommes (les européens évidemment).
En passant, elle me demande si je veux sortir avec elle.
Je décline poliment l’offre en prétextant une copine.
Elle m’accorde l’hospitalité pour une nuit ou deux. La chambre est magnifique. Je verrouille la porte par précaution.
Au petit-déjeuner, Ginette est révoltée par les hommes plus âgés qui sortent avec des femmes plus jeunes.
C’est une tradition au Maroc et une sale manie des européens. J'acquiesce prudemment.
Pas de chance, le lendemain, elle me croise au restaurant avec Leila.
J’invite Ginette à notre table. La grande fraternité des européens.
(Re) Pas de chance.
Leila me prend la main sous la table pour afficher une liaison que je souhaite sincèrement platonique. Vu son âge et le mien.
Manège qui n’échappe pas à l’œil exercé, médical et furieux de Ginette.
Moi amusé, confus…
Et soulagé quelques jours plus tard, quand je croise Ginette, inoculée et amoureuse, avec un jeune marocain.
Qui, évidemment, n’en veut pas à son argent…
2) LES FRANÇAIS DEBARQUENT
Quelques jours de vacances, les français débarquent au Maroc.
Moi j’suis pas vraiment en vacances, un français entre deux rives (Pas encore à la dérive).
Ils s’installent aux Oudayas, le café maure, et tout de suite ils sont chez eux.
Celui qui paye, le mari, le père ou le grand-père, selon les cas, explique le Maroc à ses affidés.
Il vient deux fois par an, mais il connaît tout. Il parle haut et fort comme un français à l‘étranger.
Une petite vendeuse de henné, qui dessine avec une seringue sans aiguille, des tatouages ethniques, motifs berbères sur les mains et les chevilles s’approche.
Elle propose des tatouages éphémères, motifs floraux et arabesques…
Une parisienne de la Défense, secrétaire au « Service Contentieux et Recouvrements » avec ça sur les mains, ça fait « papou, indigène, aborigène, musée des Art Premiers », tout ce que vous voulez, c'est tendance, ça fait « genre ».
Donc ma petite vendeuse, -elle fait sans doute vivre sa famille-, vient et annonce selon la technique des vendeurs berbères, que…
_ C‘est gratuit, juste pour le plaisir des yeux…
_ Mon œil !
Elle commence par la main et elle continue. Tout le corps si vous dites rien…
Evidemment, pour le prix, c’est un peu à la tête du client. S’il parle beau ou a un grand chapeau, c’est plus cher.
Donc, mon français, qui s’y entend, fait une démonstration d’éloquence et d’arnaque à ses petits enfants.
Il explique à la petite vendeuse, avec tact -il doit être enseignant comme moi-, que puisqu’elle a dit « gratuit» , ça doit être gratuit…
Au niveau de la logique, c’est imparable.
La pauvre fille ébahie jette les yeux au ciel…
_ Il a rien compris Cui-Là ! Elle a jamais dit ça…
_ Si ! Elle l’a dit… (le français)
_ Mais dans sa culture, ça veut dire autre chose… (moi, en sourdine, faux-cul et débineur à la table d'à côté).
Le type sauve son billet. La leçon finie, il regarde l’assemblée et conclut avec assurance :
_ C’est comme ça qu’il faut faire au Maroc, mes enfants.
Et me revient en mémoire « L’histoire du chat de ma sœur ».
Ma sœur, de la « Ligue de Protection des Oiseaux » sermonne son chat "Tibert", veule et gras comme un moine, chaque fois qu’il mange un oiseau.
Elle m‘assure qu‘il comprend la leçon et qu’il ne recommencera plus.
C'est pas le chat qu'il faut soigner...
3) SESAME OUVRE-TOI…
Discussion hallucinante avec Samira.
Elle me parle d'un ami français qui a rencontré une jeune marocaine.
Lui quarante ans, elle vingt. Rien que du normal.
Il l'épouse.
Elle lui impose cependant, pour d'obscures raisons qui tiennent à la tradition, de rester vierge jusqu'à son arrivée en France.
Elle obtient son passeport, ils prennent l'avion.
A peine débarqués à l'aéroport, et dans l'aéroport même, me dit Samira, la jeune femme disparaît.
Il ne la reverra jamais.
Bingo !
Elle a gagné le précieux sésame (la nationalité) et conservé sa virginité.
Qui est un bien aussi précieux que le passeport (ou presque).
Et lui qui n'arrive pas à mettre la main dessus pour divorcer.
Comme quoi, il faut toujours demander un petit acompte...
4) PETITS LANDRUS
Pour être honnête et pour faire plaisir à Samira qui me dit que l'histoire qu'elle m'a racontée "Sésame ouvre-toi" donne une image fausse et désagréable des marocaines, qui sont pour la plupart des filles honnêtes et sérieuses...
( je précise quand même que j'ai dit "histoire hallucinante", donc "exceptionnelle")
J’ajoute donc, et on me l’a raconté, qu'il existe également d'affreux "jojos", (français, belges, suisses...) qui abusent de la gentillesse et de l'hospitalité de familles marocaines pour passer des vacances à l'œil, aux frais de gens plus pauvres qu'eux.
Valse à trois temps :
1) Ils rencontrent une jeune fille marocaine sur Internet et lui font miroiter le mariage.
2) Ils viennent au Maroc, dans sa famille, se laissent inviter, dorloter et plus si affinités...
3) La veille des fiançailles, ou juste avant d'acheter la bague, ils disparaissent. Ce qui leur laisse deux à trois semaines de bon temps.
C'est une sale mentalité de petits profiteurs !
D'autant que beaucoup de famille marocaines, qui souhaitent un avenir meilleur pour leur fille, ont tendance à voir dans les européens des hommes gentils et honnêtes...
Petits "Landrus*", honte à vous !
Evidemment ce type d'escroquerie court le monde depuis longtemps.
Sauf qu'Internet et les "vols pas chers" l’ont multipliée.
*Landru est cet odieux personnage qui séduisait les femmes seules pour les dépouiller et les occire...
Et qui fut guillotiné.
5) INTERLOPE
Ginette (voir Ginette la française) qui connaît bien le petit monde interlope de Marrakech, m'a raconté cette histoire.
Noèmie a 50 ans, c'est une femme riche et élégante. Elle a un "York" (très) cher, et un mari très occupé.
Noèmie vient un mois par an dans la cité impériale.
Elle loue une chambre confortable dans le plus grand hôtel de la ville et un jeune marocain.
Oui, j'ai dit "un jeune marocain".
Elle loue un homme comme on loue une voiture. Jeune et vigoureux, jamais le même, elle change tous les ans.
Pourquoi se générait-elle ? Les hommes font de même avec les femmes, en France et dans le monde.
Avec elle, pas de promesses, pas de tralalas, elle veut du concret, du réel, du "live"...
Évidemment, elle est pas chiche, elle paye tout.
Et pas question de mariage. D'abord elle est déjà mariée et son mari lui convient très bien.
Juste un peu occupé et pas trop assidu...
08:50 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


