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07.03.2008
CHAP.VI "DU QUOTIDIEN" (REDIF.)
1) HEAVY METAL
Rencontre avec une bande d'allumés qui font de la musique, du théâtre, qui fument des joints et boivent du vin sous la table.
Ils m'invitent. Ils sont jeunes, enjoués
Ils voudraient que tous les hommes soient frères.
Ils sont consternés que l'Europe mette tous les musulmans dans le même sac. Eux aussi ont peur des extrémistes.
L'un d'eux travaille dans un centre d"appel (qui fleurissent au Maroc), il me dit que certains européens croient que les marocains vivent dans des tentes en bordure du désert et se déplacent à dos de chameaux, (comme on nous l'apprenait à l'école il y a 40 ans...).
Alors qu'il fait partie d'un groupe de "heavy metal".
Ne me demandez pas ce que c'est, moi aussi j'habite dans une tente en Europe.
Remarquez bien qu'on m'a demandé un jour si on avait l'eau chaude en France. On est toujours le "plouc" de quelqu'un.
Le monde se divise en deux blocs, ceux qui ont l'eau chaude en hiver et ceux qui l'ont en été, disait Michel Blanc, dans "Viens chez moi, j’habite chez une copine.".
Il se divise aussi entre "les cons qui sont jamais sortis de leur pavillon de banlieue" et ceux qui sont ouverts aux autres.
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2) CHATS DU CHELLAH
Les cigognes et les chats sont les rois du Chellah.
Les cigognes ont choisi les arbres et les toits, les chats, les sols et les bois.
Les cigognes ont construit leur nids de branchages au sommet du minaret et des arbres morts, plus rigides et moins sensibles aux vibrations du vent.
Leur vol majestueux est une caresse du ciel.
Les chats ont investi les cours pavées et se prélassent au soleil en attendant la pitance que ne manquent pas de leur donner les touristes attendris.
Leur indifférence alanguie est une invitation à la sagesse.
Autant les chiens sont l'objet de suspicion et de méfiance et donc assez rares, autant les chats sont considérés avec bienveillance et occupent les rues et les jardins publics, s’étirant paresseusement au soleil ou à l'affût de déchets alimentaires.
Souvent maigres et n appartenant à personne, ils ont cette fonction sanitaire d'éliminer les rats et le souris qui pulluleraient au vu des déchets divers qui jonchent les rues de la médina, dans l'attente de leur ramassage chaque matin par les services de nettoyage...
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3) DE LA PLUIE ET DU CINEMA
La pluie est une bénédiction pour le Maroc.
Ces dix derniers jours sont déterminants pour l'agriculture qui est au bord de la sécheresse.
Mais c'est une pluie fine, pas suffisante, qui nous contraint juste à traîner au café...
Ah cette pluie qui me donne la nostalgie de mon enfance, des odeurs d'herbe verte, de bottes en caoutchouc et d'escargots...
Bien sûr on pourrait aussi aller au cinéma, mais les cinémas ont fait faillite au Maroc.
Les derniers films américains sont à 50 cents d'euros le DVD à la Médina, avant même qu'ils ne sortent en France.
Une honte !
Bien sûr, la bande son laisse parfois à désirer.
Vous pouvez entendre le type qui enregistre des centaines de DVD à la fois dans son appartement, jouer avec son chien ou parler à sa femme.
Ou le contraire, disait Coluche...
Vous cherchez désespérément la scène d'amour à l'écran, alors que l'acteur promène simplement son chien…
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4) DU DANGER DE S'ASSEOIR SOUS LES ARBRES...
A midi, on cherche un banc, à l'ombre de préférence, c'est pas du luxe.
Les rares bancs du parc sont occupés.
Au Maroc, les endroits pour s'asseoir ne sont pas légion. Une façon de limiter le séjour prolongé ou allongé des sans abris et des amoureux ?
Miracle, un banc est libre, bizarrement entouré d'une kyrielle de petits papiers moirés.
On s'assoit, la surprise ne tarde pas à venir.
Un couple de pigeon a élu domicile au dessus du banc. Ils roucoulent et défèquent à leur aise.
Un premier projectile me frôle le nez et vient s'étaler sur mon pantalon.
Vite on décampe. J'ai compris l'usage des petits papiers.
Et voilà que me revient, trente ans, plus tôt l'anecdote de ma première amie.
Une jeune hollandaise "Janis", je me rappelle son prénom, dont la langue m'était totalement étrangère, je veux parler de la fonction, pas de l'organe « labial ».
Au moment de l'embrasser, une fiente de pigeon vient s'étaler dans ses cheveux, grasse, crémeuse et filandreuse comme une huître perlière.
Que faire ?
1) Le lui dire ?
_ Mais je ne parlais fichtrement pas sa langue, qui est comme chacun sait un charabia guttural incompréhensible.
2) Enlever l'excrément avec mes doigts ?
_ Galant, mais pouah !
3) Ne rien dire et l'embrasser au risque de toucher ce résidu gluant ?
_ Beurk !
4) Renoncer au baiser ?
_ Que nenni !
Pour Janis, ne me demandez pas la suite, je me rappelle plus.
21:30 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


