14.04.2008

Emeutes de la faim… Qui en est responsable et à qui profite le crime ?


La responsabilité est multiple : - démographie démentielle, - plus forte demande des nouvelles classes moyennes des pays émergents, - politiques agricoles de l’Europe et des Etats-Unis réduisant à néant les agricultures des pays du « tiers-monde » à coup de produits subventionnés, - politique du FMI, à la solde des banques et des multinationales occidentales, visant à imposer des agricultures d’exportation (arachide, café, cacao, etc.) au détriment des agricultures vivrières, - aberration du développement des « agro carburants », - activation de « l’arme agricole » par les Etats-Unis par l’action spéculative des fonds de pension investissant massivement des les matières premières agricoles, - complot orchestré par les multinationales de l’agroalimentaire pour imposer les OGM.

A qui profite les crime ?

Essentiellement aux fonds de pension spéculateurs érazuniens et aux multinationales de l’agroalimentaire et de la chimie phytosanitaire. Ce sont les mêmes tant ils sont liés.

Les fonds de pensions, secoués par l’affaire des « subprimes » étazuniennes, placent leurs énormes capitaux fluctuants sur les matières premières agricoles, blé, maïs, riz essentiellement. Ils achètent et gèlent ces matières premières pour en faire monter artificiellement les cours afin de multiplier leurs profits. Ils organisent ainsi la pénurie alimentaire mondiale.

Les multinationales agroalimentaires et semencières, étroitement liées à l’industrie chimique et financées par les fonds de pensions, orchestrent cette catastrophe alimentaire dans un but précis : imposer partout dans le monde les cultures OGM, et s’assurer ainsi une maîtrise sur la vie même de tous les Terriens par la privatisation du vivant.

CQFD

02.04.2008

OGM : cocu Borloo ?


Il était pathétique dans ses explications emberlificotés. Il m’a presque fait de la peine, Borloo, questionné sans ménagement par les journalistes de France-Inter sur le devenir de sa loi concernant les OGM. Il a même reconnu qu’elle était dénaturé par les sénateurs et a affirmé sa volonté de tenter d’imposer sa première mouture. Mouais… On verra.

Ce doute est conforté par les paroles sans langue de bois signé dans Le Monde (voir son article dans une note précédente) par le député UMP François Grosdidier :

« Certains ont fait main basse sur l'UMP afin de défendre des intérêts mercantiles, "ripolinés" pour les rendre sympathiques : on a parlé de l'avenir de la science, de celui de la recherche... La force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale. Il fallait voir la violence des réactions de Bernard Accoyer (président de l'Assemblée nationale) et d'autres au lendemain de l'avis rendu par le Comité de préfiguration. Il suffit de comparer les argumentaires des uns et des autres - identiques - pour comprendre l'origine de leur colère. Ils ont été actionnés. J'ai été approché par Monsanto, et j'ai refusé de leur parler. Je veux rester libre. »

23.03.2008

Gloire aux buveurs de vin, mes frères !



Moi, buveur de vin, fondateur de la Chorale des Côtes-du-Rhône, fondateur de Buveurs sans Frontières, initiateur des Bistrots du Cœur, je pousse ce coup de gueule contre les pisse-froid, les peine-à-jouir, les buveurs d’eau, les rabat-joie qui nous gonflent les aliboffis avec leurs dégueulis verbal ou écrit. Dans les journaux, ce matin, on retrouve cette offensive des interdiseurs de tous bords contre le vin.

Le vin est création, celle du vigneron, ce poète de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux fait naître le nectar préféré des dieux. Cet humaniste qui offre à ses prochains le moyen d'approcher la Lumière divine. Ce faiseur de vie dont la sueur féconde les entrailles de la terre.

Le Vin, ce dieu végétal qui prodigue généreusement à l'Homme la vigueur et l'esprit, l'humour et l'amour. Ce rassembleur qui rapproche en une communion dionysiaque les puissants et les humbles. Ce sésame du désir et du plaisir qui nous ouvre en chantant le cœur et le piège à bonheur de nos belles compagnes.

Baudelaire a dit : "N'est-il pas raisonnable de penser que les gens qui ne boivent jamais de vin, naïfs ou systématiques, sont des imbéciles ou des hypocrites; des imbéciles, c'est-à-dire des hommes ne connaissant ni l'humanité ni la nature, des artistes repoussant les moyens traditionnels de l'art; des ouvriers blasphémant la méca-nique; - des hypocrites, c'est-à-dire des gourmands hon-teux, des fanfarons de sobriété, buvant en cachette quelque vin occulte? Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables."


Omar Khayam : « Bois du vin… C’est lui la vie éternelle.
C’est le trésor qui t’est resté des jours de ta jeunesse. La saison des roses et du vins, et des compagnons ivres !
Sois heureux un instant, cet instant, c’est ta vie. »


A côté de ces illustres Buveurs, moi, à mon humble niveau je dis en levant mon verre :


Gloire, gloire aux vins de la Vallée du Rhône
Superbes joyaux de l’ardeur vigneronne
Gloire à nous mes frères, les buveurs de vin
Sans qui tous ces gens travailleraient pour rien

Gloire au vigneron, il nous désaltère
Sa sueur féconde les entrailles de la terre
Paysan sacré qui crée le sang de dieu
D’arides cailloux, il fait du vin, Mordieu

Gloire à la futaille, aux tonneaux, aux barriques
Qui gardent et mûrissent des nectars uniques,
Leur ventre est sacré, leur ventre est divin
Car c’est lui qui enfante les meilleurs vins.

Gloire à la bouteille, dont la belle panse
Oblongue ou ventrue est une récompense
Du Jéroboam au Mathusalem
Du vin est dedans et c’est pour ça qu’on l’aime

Gloire à toi, bouchon, gardien d’éternité,
Toujours au contact du vin enchanté
On t’aime beaucoup, surtout quand tu pètes
Car tu donnes alors le signal de la fête

Gloire à vous hanaps, calices, tastevin
Coupes, flûtes, gots, verres cristallins
Derniers traits d’union entre l’homme et le vin
Soyez les écrins de nos nectars divins


A la vôtre !







Plat de Pâques: La Gardiane camarguaise

Eh! Vous n'en avez pas marre de toujours bouffer, pour les bringues de Pâques, le sempiternel gigot d'agneau ou de chevreau?
Faîtes plutôt un plat rugueux, solide mais succulent, un plat qui te donne des cojones. On le mange en ce moment à Arles, à la Feria (je sais pas si ça va plaire à Zorgole!).

Ce plat, c'est:

e758e6186a6e405c3eb1635a51d98ebc.jpg


La gardiane camarguaise

Tout Provençal se doit, au moins une fois l'an,
D'aller se ressourcer, reprendre son élan,
De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue
Dans l'eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.
Terres demi noyées, secouées de mistral
- Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d'air magistral - -
Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,
Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.
Terres où le soleil fait naître des mirages,
Terre où le sol et l'onde hésitent leur partage,
Terres de solitude, rivages de naufrage,
Qui mesurent les hommes à l'aune du courage.
Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,
Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants
Du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens
Des tamaris en fleurs d'où s'envolent soudain
Des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains,
Royaume incontesté des flamands africains.
Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,
Où Mitrhra règne en dieu depuis le fond des âges.
Il faut voir la Camargue lorsque 1 'hiver l'étreint
Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,
Lorsque les Camarguais déplacent la manade:
Des milliers taureaux menés en cavalcade.
Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures
Défile l'infernal troupeau de minotaures,
Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes
Remplissent la contrée d'une clameur géante.
Taureaux dont les meilleurs combattront dans l'arène
Face aux hommes, mains nus, que leur fierté entraîne
Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde
Et les yeux d'une belle, ils défient la Camarde!
Certains de ces taureaux, à l'ardeur légendaire,
Adulées tels des dieux par la gent populaire,
Sont enterrés debout et ont leur mausolée,
Comme le grand Goya (1), l'immense Sanglier (2).
Ceux qui n'ont pas le sang pour les j eux et la gloire
Termineront leur vie dans une rôtissoire,
Car en mangeant Mytrhra, les Provençaux dévorent,
Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.
Cette hostie des gardians s'appelle "La gardiane".
— Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes?
— Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes
Que c'est un plat sacré, et qu'il en vaut la peine.
Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses
Dans le l'huile d'olive. Rajoute avec largesse
Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.
Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.
Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,
Dispose quelques couennes, de porc évidemment,
Sur lesquelles tu places une première tranche.
Couvre avec de l'oignon et de l'ail effilés,
Carottes en rondelles et du persil en branche,
Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.
Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,
Zeste d'orange séché, girofle, laurier, thym,
Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,
Du Costières de Nîmes, rouge carabiné.
Met ta marmite au four, fermée soigneusement,
Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.
Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,
Découvre-le sur table, et accompagne-le
D'une jatte fumante de long riz camarguais.
Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.
Mais attention, petit, le riz est un plat riche,
N'en fais pas - c'est courant - de la colle d'affiche.
Pour qu'il ne colle pas, tu dois bien le laver,
C'est donc tout l'amidon qu'il te faut enlever.
Dans une jatte creuse ou un plat similaire,
Tu frottes entre tes mains le riz dans de l'eau claire,
Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,
Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis:
Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,
Comme les Espagnols, comme les Catalans,
Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,
Surtout pas comme les Français de métropole!
À Saïgon ou Vientiane, à Pnom Pen ou... Paris
C'est deux mesures d'eau par mesure de riz,
Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,
Si ça attache au fond, tu n'en fais pas un drame,
Tu ne sales pas l'eau, tu ne remues jamais,
Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.
Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,
Tu fais bouillir ton riz dans de l'eau, plusieurs litres,
Légèrement salée. Quand c'est cuit tu égouttes,
Puis tu réserves au chaud, du beurre tu ajoutes.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

Jean-Victor Joubert
in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s - Le Grand Bramaïre

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kilo d'oignons paille émincés, - 2 têtes d'ail éplu-chées et également émincées, - 1 kilo de carottes découpées en rondel-les, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d'huile d'olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles bran-ches de thym frais, - 1 zeste d'écorce d'orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.

Les vins conseillés:

La gardianne est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières de Nîmes, comme
les Gallician font parfaitement l'affaire. Mais on l'accompagnera éga-lement avec bonheur d'un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d'un Croze-Hermitage, d'un Vacqueyras, d'un Gigondas, d'un Lirac ou d'un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Mi-nervois, Fitou, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.

(1) (2) "Goya ", "Sanglier": noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l'entrée de Le Cailar, en Camargue.


16.03.2008

VOTEZ! puis allez manger...des sardines par exemple!

043fcc6072720df41065962d914c561e.jpgIl fait un temps superbe - en tout cas ici, en Provence. Alors il faut ALLER VOTER tôt ce matin, de façon à avoir sa journée pour glander selon ses penchants. Quel bonheur de glander!
Tè! Moi, je vais te me faire un plataras de sardines à s'en faire péter l'embourigue!


Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde
Pour tenter d'échapper à la dent furibonde
De quelque carnassier montant des eaux profondes
Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...
C'est la reine des mers! Succulente et divine,
Pas la langouste, non. Simplement la sardine!
Sa réelle fonction, sa vie, son aventure
Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!
Les poissons s'en délectent, 1 'homme la met en boite,
Lui fait boucher le port si la passe est étroite...
Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement
Que chaque Provençal est un peu son amant.
Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,
Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.
Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,
Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque
Par la roideur arquée du petit corps luisant.
Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.
Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,
Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,
Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"
C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.
Un bon coup de muscat met les convives à l'aIse
Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.
Sur un bout de grillage il range les sardines,
Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.
Les poissons sur la grille sont posés sur le feu
Puis retournés après une minute ou deux.
Sur un grand plateau rond, au milieu de la table
Calée par des galets pour qu'elle reste stable,
Le Pégot sert en vrac sa première tournée
Puis remet sur le feu la prochaine fournée.
Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,
On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.
D'une pression du doigt on enlève la peau
Libérant les filets odorants et bien chauds,
La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,
La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !
On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"
Mais c'est tellement bon! vous n'avez pas idée.
Avec les dents du haut, on bloque la sardine,
La mâchoire du bas, retroussant les babines
Fort délicatement détache le filet
Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.
Sous le pin parasol où s'aiment les cigales
Montent les petits bruits des gens qui se régalent.
Ca fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"
C'est toute la marée, plus un goût de charbon.
Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,
De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,
On parle avec les mains, on sort la galéjade
Et la journée se passe en franche rigolade.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.
En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos-tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.
En vins du Languedoc blancs Picpoul de Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.
En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de--Provence et des Coteaux varois.

28.02.2008

BON APPETIT ! BEEUUURRRKKK !!!!!



BBEEEUUURRRKKK !!! Cliquez, sur BBeeuurrkk et vous verrez (ou vous dégueulerez!)

20.01.2008

GASTRONOMIE DU DIMANCHE


Les pieds-et-paquets du père Bonnefille

Mon voisin s'appelle Bonnefille.
Bien joli nom pour un voisin!
C'est un aimable et joyeux drille
Amoureux du jus de raisin,
Surtout quand Bacchus le divin
Subtilement en fait du vin.
Sa trogne rouge de Silène
Portée haut par plus d'un quintal
De bonne viande épicurienne
Resplendit d'un bonheur total
Lorsqu'il sert à ses invités
De succulentes assiettées
D'un plat qu'on ne peut oublier:
Ses pieds et paquets marseillais.


Écoute bien, petit, et débouche une quille,
La subtile recette du père Bonnefille.
À moins que vous n'ayez des façons de puriste
Demandez au boucher de vous confectionner
Les délicats paquets avec ses doigts d'artiste
Sinon vous risquez fort d'y passer la journée...
Mais pour votre gouverne, en voici le principe:
Il faut emprisonner dans un carré de tripe
Large de quatre doigts, une portion de farce
Faite de boyau gras et de petit-salé,
D'ail frais et de persil, bien poivrée et salée
Et hachée à la main de manière efficace.
En repliant trois pointes on fabrique une poche
Serrée pour éviter que la farce bavoche
Puis on passe le tout dans une boutonnière
De la dernière pointe. Tout est dans la manière !
Quand aux pieds, prenez-les de moutons ou d'agneaux,
Refendez-les en long, d'un coup sur le billot,
Blanchissez cinq minutes dans de l'eau vinaigrée
Puis rincez, égouttez, réservez et couvrez.
Faites alors revenir, jusqu'au premier roussi
Deux oignons émincés, carotte, ail et persil,
Ajoutez un bouquet garni, bien entendu,
Dans un hecto de lard auparavant fondu.
Deux bonnes cuillerées de coulis de tomates,
Deux verres de vin blanc sur tous ces aromates,
Puis vous laissez réduire, doucement, en tournant
Tout en vous humectant d'un bon gorge on de blanc.
Au fond d'une cocotte ou autre plat idoine
Mais profond et en fonte, disposez une couenne
Sur laquelle vous rangez soigneusement les pieds
Ainsi que les paquets. Faites moitié-moitié.
Une couche de votre précédent appareil,
Sel, poivre du moulin. Recommencez pareil
En couches successives, puis mettez au dessus
Un demi-pied de veau, bien moelleux et ossu,
Quatre clous de girofle piqués dans un oignon,
Puis mouillez de vin blanc allongé de bouillon.
Le père Bonnefille les fait cuire en deux fois:
Trois heures au moins la veille du jour où il reçoit,
Il laisse refroidir, et dégraisse au besoin,
Puis cuit trois heures encor, doucement, avec soin,
Le jour de réception. Il faut voir son sourire
D'épicurien heureux, lorsque sans plus mot dire
Il apporte son plat fumant et odorant.
C'est un feu d'artifices de parfums attirants,
De fragrances subtiles, de délicats arômes
Sublimés par un verre de bon Côtes-du-Rhône.
En accompagnement, quelques pommes vapeur
Écrasées dans le jus prendront belle saveur.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance
Qui naissent au soleil en terres de Provence.

Ingrédients et proportions pour six personnes:
- Comptez 6 paquets par personnes, soit 36 paquets à commander à vo-tre boucher. Allez, disons une quarantaine; - 3 pieds par personnes, soit 18, disons 20 pieds d'agneaux, - 1 pied de veau, - 1 large couenne de cochon, - 1 hecto de lard à fondre, - 2 gros oignons émincés, - 1 demi- kilo de carottes émincées, - 6 gousses d'ail écrasées, - 3 branches de persil plat haché, - 1 verre de vinaigre, - 1 bouquet garni, - 2 ou 3 cuille-rées à soupe de coulis de tomates, - 1 bouteille de vin blanc, - 2 cuillerées à soupe de sel fin, - poivre du moulin en abondance, - 1 oignon entier piqué de 3 clous de girofle, - 1 demi-litre de bouillon de viande, - 1 kilo et demi de pommes de terre (à cuire séparément à la vapeur).

Les vins conseillés:
Les Côtes-du-Rhône Villages rouge accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-Ies-Vignes, Villedieu, Visan, Beaumes--de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Hilaire-d'Ozilhan.
En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.
En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

31.12.2007

Pour une réveillon d’enfer, dois-je laisser Lucie faire ? Satan l’habite…



Je retrouvais Lucie avec grande émotion
Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension.
Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église
Communiant corps et âme dans son ombre propice.

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu
Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu
Disant à Lucifer : « Laisse-moi ces deux-là,
Un amour aussi beau, c’est un apostolat ! »

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles
A pour moi la saveur troublante des dentelles.
Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas
Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,
Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?


Les pieds de cochon comme chez Lucifer

— Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !
Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.
Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,
Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.
— D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes
Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes
Qui découvrent la vie et se sucent la poire,
Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.
— Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,
Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,
Puis je vais te donner une étrange recette
Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.
Bon marché, délicieux, très faciles à faire,
C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».
Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux
Ou plus selon le nombre de tes commensaux,
Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon
Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.
Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante
Afin de parfumer et d’attendrir la viande.
Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :
Il te faut préparer ta bonne sauce verte.
Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,
Oseille, basilic, estragon et sarriette,
Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,
Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.
Réserve et fais confire quelques oignons hachés
Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,
Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,
Puis pense un peu à toi et débouche un litron.
Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,
Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.
Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les
Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,
Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,
Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !
Dans un plat de service, mets tes oignons en lit
Dispose par dessus tes pieds fort embellis,
Entoure l’appareil avec ta sauce verte.
Au moment de servir, d’un coup de pince experte
Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,
Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.
Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

Les vins conseillés:

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.
La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San-gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.
Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

Jean-Victor Joubert de Mairdre

Ode à Marcel, prince de l’Huître



Gloire à toi, Ô Marcel Sual
Maitre incontesté des étals
Où se prélassent langoureusement les huîtres
Qui te valent aujourd’hui ce titre
De Champion du beau pays de France.
Qu’elles soient de Bouzigues, qu’elles soient de la Rance,
Qu’elles soient de Marennes, qu’elles soient d’Arcachon
Toi, tu les ouvres toutes à l’heure du mâchon.
Aucune ne résiste à la caresse experte
De tes doigts de velours, des doigts de sage-femme
Prolongés par l’éclat priapal de la lame
Qui nous les livrera ouvertes et offertes,
Ce soir où elles règneront
Sur tous les réveillons.
Gloire à toi, Ô Marcel,
Ton regard étincelle
De l’éclat souverain des Maîtres et des Sages
Tu transcendes pour nous l’esprit des Coquillages.



Jean-Victor Joubert de Mairdre

23.12.2007

Gloire aux cochons!



Ami Cochon, mon frère.


Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,
Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice
Fournit à nos repas fricassées et saucisses.(bis)
Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,
Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,
Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche
Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.(bis)
Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,
Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
En humant les parfums montant de la daubière
Où mijote à feu doux dans du Côtes-du-Rhône
Les morceaux succulents que ton trépas nous donne.(bis)
Merci pour ton échine et ton filet mignon,
Merci pour ton jésus et pour tes saucissons.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère
Fidèle compagnon des sorties rabassières
Où dans les bois de chêne, ton odorat subtil
Te fait trouver les truffes de décembre à avril. (bis)
Merci pour ton regard espiègle et rigolard,
Pour ton grand appétit, pour tes chants, pour ton lard.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Car toi seul assouvit nos passions charcutières,
Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,
Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs. (bis)
Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,
Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère. (bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère
Car ta réputation excite les rosières
Idol’ des sautopafs et terreur des cocus
Tu portes le flambeau de ceux qui aim’ le cul. (bis)
Merci pour les tétons et pour les rondes fesses
Pour les peaux satinées appelant les caresses.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Toutes les notes