17.04.2008

Aimé Césaire, Victor Hugo du 20° siècle



LA ROUE

La roue est la plus belle découverte de l'homme et la seule
il y a le soleil qui tourne
il y a la terre qui tourne
il y a ton visage qui tourne sur l'essieu de ton cou quand
tu pleures
mais vous minutes n 'enroulerez-vous pas sur la bobine à
vivre le sang lapé
l'art de souffrir aiguisé comme des moignons d'arbre par
les couteaux de l'hiver
la biche saoule de ne pas boire
qui me pose sur la margelle inattendue ton
visage de goélette démâtée
ton visage
comme un village endormi au fond d'un lac
et qui renaît au jour de l'herbe et de l'année
germe

Aimé Césaire 1913

15.04.2008

Pourquoi Sarkozy ? Pourquoi Berlusconi ?

Il y a moins d’une décennie, les partis dits de gauche étaient au pouvoir presque dans tous les pays d’Europe. Aujourd’hui où sont-ils ? Pourquoi cette débandade ?

Pourquoi Sarkozy ? Pourquoi Berlusconi ?

La réponse n’est pas à chercher dans le succès des recettes de la droite. S’ils avaient réussi, ça se saurait… Elle est à chercher dans le désert des propositions des partis de gauche.

Nous – la gauche – avons le cul entre deux chaises : on refuse (dans les mots !) l’économie de marché, mais on propose quoi à la place ? Les recettes bolcheviques ? Ne vaudrait-il pas mieux maîtriser cette économie de marché que nous ne pouvons, de toute façon, pas tuer. Y mettre un peu plus d’humanité, de justice, de solidarité ? Pareil pour la mondialisation. Elle nous gonfle mais que faire ? Elle est là, faut faire avec…

Les gauches européennes cesseront de prendre régulièrement la pipe face à des droites dures, cyniques, foncièrement inégalitaires, s’asseyant sur la justice et faisant un doigt d’honneur à la solidarité, lorsqu’elle s’entendront pour tenter de répondre, au niveau européen à ces questions :
— Comment humaniser l’inévitable mondialisation ?
— Comment aménager l’état-providence pour en assurer la survie ?
— Quelle forme doit prendre la social-démocratie dans un monde global où la classe ouvrière, autrefois hégémonique au niveau du nombre comme de l’organisation, a perdu la main ?
— Comment répondre à la concurrence sauvage de pays émergents énormes et inondant le monde de produits fabriqués par des quasi esclaves ?
— Comment arrêter la désindustrialisation galopante?

Chaque pays est dans une situation différente, avec une culture et une histoire différentes. Il est donc normal que les systèmes sociaux soient différents. De même qu'une cellule est pourvue d'une membrane pour maintenir les conditions nécessaires à son milieu intérieur, la seule manière pour un pays de sauvegarder son système social est d'établir des barrières douanières, pour équilibrer les conditions économiques différentes des pays d'où proviennent les produits importés.

Il n'existe donc que deux solutions pour mettre fin aux délocalisations et au déclin industriel des pays occidentaux: l'alignement des conditions sociales sur celles en vigueur dans les pays émergents, ou bien, le rétablissement des barrières douanières proportionnellement aux différences de salaires, de droits sociaux, et de législation environnementale. Qui osera vaincre ce tabou du rétablissement de barrières douanières ?

La période actuelle est le dernier moment pour agir. Il n'y aura en effet plus de retour en arrière possible lorsque les machines, les capitaux, et le savoir-faire seront partis ailleurs. Il sera également trop tard lorsque la capacité d'action des états (et donc des citoyens) aura été totalement neutralisée par les accords multilatéraux, les traités européens, les systèmes genre FMI, AMI, etc., et surtout, par l'effet conjugué de l'endettement (dont le remboursement représente déjà le quart des dépenses de l'état en France) et de la réduction des recettes de l'état, du fait de la désindustrialisation et de l'appauvrissement des salariés.

Ceci ne peut se faire qu’au niveau de l’Europe. Et par des partis de gauche. D’où l’urgence de la mise en place d’une internationale de gauche réaliste au niveau européen.

Est-ce vraiment utopique?




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Berluscozy et Sarkolusconi…


Qu’est-ce qui amène des peuples aussi civilisés, aussi démocratiques que l’Italie et la France a mettre au pouvoir des gens comme Berlusconi et Sarkozy ?

Difficile à comprendre…

On peut tout de même souligner, dans les deux cas, l’influence des télés « décervelantes » et de la presse pourrie qui abrutissent les populations ; l’individualisme forcené qui s’exprime mieux dans les valeurs de droite (fric, sécurité, peur de l’autre, etc.) que dans celles de gauche (justice, vivre ensemble, ouverture, etc.) ; mais surtout, en face, la désespérante nullité des programmes de la gauche, le vide abyssal des dirigeants de gauche qui passent leur temps a se déchirer.

En Italie, l’épisode Prodi, malgré les qualités indéniables de celui-ci, a buté sur l’impossibilité de faire travailler ensemble un éventail de sensibilité allant de l’extrême gauche au centre.

Leçon à tirer en France : on ne fera jamais travailler ensemble Besancenot et Bayrou, donc, arithmétiquement, la droite est au pouvoir in vitam eternam… Désespérant.

Pourtant les excès et les dérives de la mondialisation sauvage font se lever de nouveau, dans le monde, un besoin d’Etat, un besoin de réglementation, un besoin d’organisation planétaire que les partis de gauche seraient plus à même de mettre en œuvre que les droites.

A condition qu’ils sortent de leurs schémas du siècle dernier…



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14.04.2008

Otage-toi de là que je m’y mette !

Ce soir, ils vont arriver juste pour les JT de 20 h les fameux « otages » du bateau de luxe « libérés » par notre valeureuse armée françouaise ! On peut leur prévoir un accueil triomphal !

Mouais. C’est peut-être vrai mais cette histoire ressemble furieusement à une opération de communication menée par notre père protecteur à tous, j’ai nommé le Phénix de l’Elysée…(sera là ? sera pas là ce soir ?)

Tout y est : un superbe bateau blanc, des pirates somme toute bien gentils (z’ont tué ni maltraité personne), pas de passagers donc pas de panique à craindre (tiens, où ils étaient les passagers de ce voilier de luxe ?), un équipage aguerri, maître de ses nerfs, un capitaine beau gosse, héroïque, le dernier à quitter son barlu, une semaine de suspense savamment orchestrée, enfin un dénouement heureux, mettant en valeur la compétence de nos valeureux soldats et l’excellence de nos matériels, entièrement filmé en vidéo par l’armée, modèle « Apocalypse now », et le tout abondamment raconté, avec force détail, dans…le Figaro, le torchon de Dassault, le marchand d’armes !

Eh ! Oh ! Victor, depuis que tu t’es fait enfiler sur la magouille des moines soldats chinois, tu vois l’embrouille partout…

Mouais ! Y a quand même quelque chose de pas net dans cette (trop) belle histoire. Et qui tombe tellement à point pour redorer un peu le blason du « libérateur » naïf d’Ingrid…

Emeutes de la faim… Qui en est responsable et à qui profite le crime ?


La responsabilité est multiple : - démographie démentielle, - plus forte demande des nouvelles classes moyennes des pays émergents, - politiques agricoles de l’Europe et des Etats-Unis réduisant à néant les agricultures des pays du « tiers-monde » à coup de produits subventionnés, - politique du FMI, à la solde des banques et des multinationales occidentales, visant à imposer des agricultures d’exportation (arachide, café, cacao, etc.) au détriment des agricultures vivrières, - aberration du développement des « agro carburants », - activation de « l’arme agricole » par les Etats-Unis par l’action spéculative des fonds de pension investissant massivement des les matières premières agricoles, - complot orchestré par les multinationales de l’agroalimentaire pour imposer les OGM.

A qui profite les crime ?

Essentiellement aux fonds de pension spéculateurs érazuniens et aux multinationales de l’agroalimentaire et de la chimie phytosanitaire. Ce sont les mêmes tant ils sont liés.

Les fonds de pensions, secoués par l’affaire des « subprimes » étazuniennes, placent leurs énormes capitaux fluctuants sur les matières premières agricoles, blé, maïs, riz essentiellement. Ils achètent et gèlent ces matières premières pour en faire monter artificiellement les cours afin de multiplier leurs profits. Ils organisent ainsi la pénurie alimentaire mondiale.

Les multinationales agroalimentaires et semencières, étroitement liées à l’industrie chimique et financées par les fonds de pensions, orchestrent cette catastrophe alimentaire dans un but précis : imposer partout dans le monde les cultures OGM, et s’assurer ainsi une maîtrise sur la vie même de tous les Terriens par la privatisation du vivant.

CQFD

13.04.2008

Ne partez pas Monsieur Césaire


Partir.

Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères,
Je serais un homme-juif
Un homme-cafre
Un homme-hindou-de-Calcutta
Un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
On pouvait à n'importe quel moment le saisir, le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
Un homme-juif
Un homme-pogrom
Un chiot
Un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?

Aimé Césaire

12.04.2008

Les charognards qui saignent la Sécu.

Un problème grandissant complique la quadrature du cercle que représente le financement de la santé des Français: le rachat des cliniques privées en France par des fonds de pension étrangers, généralement étazuniens. Avec pour conséquences:

— Les cotisations de santé des Français, par l'intermédiaire de la Sécu, servent en partie à financer…les retraites de riches Californiens !

— Si la clinique n'est pas assez rentable elle est fermée ou revendue à bas prix, au détriment de toute logique de démographie de la santé. La seule logique de ces marchands de soupe qui parasitent la Sécu, c’est de faire du fric, beaucoup de fric.

— Les cliniques devant être rentables, elles ne traitent que des pathologies rentables, les autres (gérontologie, réanimation, maladies rares...) sont envoyées sur l'hôpital public, où là aussi une logique libérale est en train d'être appliquée, rendant la prise en charge correcte quasiment impossible. Si vous avez un panari, la clinique privé vous chouchoutera, vous gardera 25 heures pour pouvoir facturer deux jours à la Sécu…

A l'avenir, avec la nouvelle politique de santé, il est probable que les assurances de santé — que Bébéar et la clique des ultra libéraux rêvent de voir tomber dans le giron du privé — feront partie de grands fonds de pension internationaux avec une filiarisation des patients dans telle ou telle clinique appartenant aux groupes. Un patient non assuré ou exclu par son assurance verra ses chances de prise en charge correcte largement diminuer.

Comme aux Zuhéssa, quand vous vous présenterez à un établissement de santé, on ne vous demandera plus votre Carte Vitale mais…votre carte bleu. Et si elle n’est pas suffisamment chargé, à la porte !

Trois livres pour vous éclairer:

« Il risque de pleuvoir », d'Emmanuelle Heidsieck (Seuil)
« Le mythe du trou de la sécu », de Julien Duval (éditions Raisons d'agir).
« Les fossoyeurs », de Christian Lehmann (éditions Privé).

11.04.2008

VOILA LES MOINES QUI ONT CAUSE DES VIOLENCES A LHASSA




Comment la Chine fait de la désinformation...

Photo des militaires chinois s'apprêtant à revêtir des robes de bonzes....

Photo prise le 20 mars par l'Agence de communication de Grande Bretagne

Introduction : Les moines de Lhassa ont dit qu'ils étaient enfermés et n'étaient pour rien dans les manifs. Certains le savaient depuis le 20 grâce où cette photo prise dans des conditions de contrôle irréfutables (voir ci-dessous)

La photo est passée par l'Italie et revient vers nous. Nous espérons qu'elle franchira toutes les frontières et sera vue dans le monde entier.
A diffuser largement ! ils sont encore pire que ce que l'on pensait. Et pourtant on a de l'imagination !
Il faut faire vite, Yahoo filtre même nos messages en France !

Morano contre les familles nombreuses : « plus con que moi, tu meurs ! »


On savait qu’à la distribution de connerie, elle était devant, mais là, elle vient de faire fort. La stupidité à ce niveau est du domaine de l’art.

Explication de texte. La Nadine Morano, récente sous-ministre de je ne sais quoi, a l’intention de supprimer les cartes de réductions de la SNCF à l’usage des familles nombreuses.

Connerie gigogne :

- Si l’Etat (nos impôts), par ses administrations sociales « économise » ainsi 70 millions d’euros (sur le dos des moins favorisés, à comparer aux 15 milliards donnés chaque année, pour rien, aux plus riches), l’Etat actionnaire unique de la SNCF devra bien compenser (avec nos impôts) le manque à gagner de 70 millions de celle-ci si, comme elle l’a indiqué, elle « trouve d’autres formules pour maintenir la carte » !

- Comment vont voyager les familles nombreuses (3 enfants et plus) ? Dans de grosses bagnoles bouffeuses de pétrole et cracheuses de C02. Eh ! Borloo, ne te gratte pas les couilles comme ça en tournant le dos…

- Ces parents généreux de la pointe vont s’abstenir de mettre bas, foutant en l’air l’une des composantes les plus dynamiques de la France, sa démographie.

Sarko, Fillon, d’où vous l’avez sortie celle-là ? Si elle fait une portée, gardez m’en un pour ma collection de cons !

Spécimen rare, courageux, digne, lucide...bien qu'UMP!

Lettre de Jean-François Le Grand à Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat, le 4 avril 2008

« Monsieur le Président,

Je vous exprime mon indignation et ma révolte devant la déformation honteuse qui a été faite de mes propos.. !

« Actionner quelqu’un » n’est pas l’acheter et les lobbies - c’est leur rôle - cherchent en toute circonstance à actionner les décideurs, notamment législateurs dans le cadre des projets de loi quel qu’ils soient. Je n’ai jamais dit « achetés » mais « activés ». Le texte OGM présenté par le gouvernement reflétait très exactement la réflexion menée pendant le Grenelle par le Groupe de travail que j’ai présidé sur ce sujet. Les conclusions de ce groupe de travail ont été unanimes. Or, le texte voté par le Sénat, à l’issue de la première lecture, a modifié le projet de loi dans un sens plus favorable aux céréaliers et aux semenciers. Cette modification est le résultat de ce que j’appelle l’activation et rien d’autre.

Le Parlement est souverain en matière de vote de la loi, mais il n’est pas interdit à l’un de ses membres d’émettre des observations de l’ordre de celles que j’ai émises.

Il y a déformation de mes propos lorsque j’entends que l’on me qualifie d’anti-OGM. Je vous redis ce que je n’ai jamais cessé de dire sur les OGM et ma position est claire : oui à la recherche dans toutes les directions quand elle permet d’améliorer la santé humaine, donc oui à la recherche sur les organismes génétiquement modifiés. Par contre, avant d’envisager toute mise en culture de ces organismes, il est crucial de vérifier que la santé humaine comme la biodiversité ne sont pas mises en danger et nécessaire de s’interroger sur le supposé intérêt économique, si souvent avancé par certains. Cet intérêt économique est-il valable pour tous ou pour quelques-uns ? La question mérite d’être posée.

De même, je n’ai de cesse de faire accepter par le Groupe de travail, puis transposer dans la loi, un processus en trois étapes :

1ère étape : la parole est confisquée, soit par le tenants des OGM, soit par les opposants et c’est la raison pour laquelle j’ai tout fait pour que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant, cette connaissance, d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire.

2ème étape : organiser la gouvernance de cette connaissance : ce fut ma proposition de création d’une haute autorité permettant aux deux collèges, scientifique et sociétal, de se parler, de se comprendre et de sortir de leurs enfermements réciproques.

3ème étape : elle consistait à édicter, par la loi, les principes de cette gouvernance, principes qui ont été intégralement repris par le texte du gouvernement. Mon seul souci a été de redonner à un sujet éminemment passionnel la sérénité et l’objectivité qui me paraissaient être les seules valeurs capables de pacifier la société sur ce sujet.

Il vous est donc facile de comprendre que la position a été largement déformée. Que dire encore du reportage de la chaîne Public Sénat intitulé « Les dessous du la loi OGM » ?, présenté encore dimanche matin à 10h00 et dans lequel le rapporteur Jean Bizet dit, en parlant de moi et du fameux amendement que vous avez vous-même présenté, organisant une « présidence de la haute autorité » destinée à m’interdire toutes responsabilités dans ce domaine : « Il a été exécuté à 2h38 du matin… mais il bouge encore ».

Lorsque la haine et la méchanceté s’associent ainsi, j’éprouve un sentiment de mépris total du ou des auteurs pour lequels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris.

Je dois d’ailleurs vous signaler, à cet égard, que de très nombreux collègues de notre groupe UMP m’ont fait savoir qu’ils n’avaient pas vraiment saisi la portée de l’amendement susmentionné et qu’ils se désolidarisaient de la démarche. Certains d’entre eux m’ont même précisé qu’ils m’autorisaient, si besoin était, à faire connaître leur nom. Je remercie les uns et les autres de cette attitude.

Je pensais que ces techniques de caricature et de désinformation appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus.. ! Leur utilisation est sans doute en rapport avec des sentiments de rejet nourris à mon égard ; j’ignore les raisons profondes de ce rejet. Peut-être viennent-elles, pour l’essentiel, du fait que je me suis investi très fortement dans le processus du Grenelle et qu’aucuns en aient éprouvé du ressentiment.

Enfin, vous-même avez annoncé sur Publics Sénat que si je devais déposer des amendements en deuxième lecture, aucun d’entre eux ne serait retenu… ! Est-il nécessaire d’ajouter un commentaire ?

Quoi qu’il en soit, tout ceci enferme le Groupe UMP dans une incompréhension de plus en plus grande pour l’opinion publique. En me victimisant, vous vous écartez de l’essentiel et vous mettez à mal la crédibilité du groupe majoritaire. Au cas où vous auriez des doutes à cet égard, sachez que ce sont de nombreuses centaines de message de soutien que je reçois chaque jour. Mes messages viennent de tous horizons, milieux universitaires, scientifique, monde de l’entreprise et, ben sûr, de très nombreux citoyens.

Dans Public Sénat encore, j’ai cru comprendre, au cours de votre interview, que vous vouliez me faire « comparaître » devant vous-même, ou/et le bureau de l’UMP. Je vous éviterai d’en « rajouter » inutilement et ne comparaîtrai devant personne… ! En 26 ans de Sénat, au RPR d’abord, puis à l’UMP, je n’ai jamais vu un groupe agir de la sorte à l’égard d’un des membres. N’ajoutez pas de curieux effets de menton à une posture politique déjà tellement mal jugée !

Je continue d’espérer que mon parti saura redresser la situation, même si l’exercice paraît de plus en plus difficile.

Vous pourrez toujours prononcer mon exclusion si cela vous convient, mais sachez que je suis un homme libre et le resterai envers et contre tout. Ma conviction politique repose sur les valeurs gaullistes :

- le seul combat qui vaille est le combat pour l’homme et, dans cet esprit, pour moi, c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse, d’où mon regard extrêmement critique à l’égard du libéralisme, « solution à tous nos problèmes ».

- une autre valeur gaulliste est ce refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto… !

- l’exigence gaulliste oblige, lorsqu’il y a difficultés, à s’élever au-dessus de la mêlée : je pense que notre société, aujourd’hui, a plus besoin que jamais de vérité, de transparence, de franchise, éléments indispensables, pour retrouver la sérénité et une société pacifiée notamment eu égard aux espoirs suscités par la réflexion du Grenelle… !

« On l’a exécuté, mais il bouge encore »… ! Ma liberté de pensée, ma liberté de parole et, tout simplement la liberté qui est le fondement de la démocratie, continueront de « bouger encore », tout le temps que j’en aurai la force.

Je suis profondément blessé de voir tant de haine, de rancœur, de jalousie se focaliser contre moi, mais sachez que j’y puise plus de force, encore plus de détermination.

Je vous prie néanmoins, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-François Le Grand, sénateur de la Manche

[email protected]

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