05 janvier 2008

La Calmette, une belle circulade gardoise

Il y a peu de "circulades" dans le Gard : Montpezat, Souvignargues, Aigremont et La Calmette.
Les villages circulaires sont apparus à une période d'invasions successives et une construction circulaire évitait de se faire surprendre car dépourvue d'angles morts.

C'était aussi une technique d'arpentage fort utilisée car simple et efficace : il suffisait d'un piquet et d'une corde!

Peut-être aussi était-ce un symbolisme religieux (lire l'histoire des circulades de M. K. Pawlowski), l'idéologie médiévale est symbolisée par le cercle représentant la forme la plus pure, le symbole de l'infini et l'emblème de la force.
En principe, alors l'église ou temple figurait au centre. Il est trés probable que c'était le cas de La Calmette, mais on n'a pas trouvé trace d'un tel édifice pour l'instant.

La Calmette aurait plutôt une forme en "escargot" que faite de cercles successif, ce qui va dans le sens d'un arpentage "à la corde".





Trois chateaux existaient dans le village ( il y avait bien aprés la guerre 5 bistrots!, mais c'est une autre histoire), qui le sait aujourd'hui?
Le chateau d'André, situé au 5 à 9 rue de Valfons,
Le chateau de Valfons au 9 de la rue de la République,
et le chateau de la Tour du pin dont demeurent peu de vestiges au 29 et 31 du boulevard des remparts.

18 octobre 2007

« se conois qu’a tetat de lach de puta !"

Ma sœur de lait

A sa naissance, ma mère voyant la sienne se désespérer de ne pas avoir assez de lait, lui a dit : « je te la ferai téter un peu ! », et dés lors qu’ils tètent le même lait, les enfants deviennent frères ou sœur de lait, ce qui équivaut souvent à un lien de parenté (…) nous dit L. Chaleil dans « la mémoire du village ».

Combien de fois ma mère m'a-t-elle présenté cette jeune fille de mon âge en me disant « c'est ta sœur de lait ». Je crois bien qu'elle était un peu gênée quand on me la présentait ainsi. Mais cette chose-là était pourtant encore très fréquente à cette époque. On sortait de la guerre depuis quelques années seulement et malgré les progrès de l'alimentation des bébés, ce n'était pas toujours facile de trouver à nourrir son enfant, son « petitou », si la mère n'avait pas assez de lait ou qu'il n'était pas de bonne qualité.
C'est ce qui s'était passé.

Ma mère me nourrissait au sein et avait assez de lait pour deux, voilà pourquoi très jeune déjà je partageais avec une petite... et je me suis souvent demandé s'il n'aurait pas été légitime de lui demander, maintenant qu'elle était grande et « gironde » de me le rendre...mais bon ! Je galèje bien sûr.

Je trouve en tout cas très belle cette histoire qui montre la solidarité entre les gens d'un village. Certes, beaucoup de ces nourrices, souvent des « gavottes »,  se faisaient rémunérer. Il est vrai que la vie était rude et les revenus de la plupart à peine suffisants pour vivre. Cette aventure si j'ose dire, ne m'en émeut que plus, car je sais que mes parents étaient très pauvres mais il aurait été impensable pour ma mère de faire payer quoi que ce soit pour ce qui était un geste d'entraide naturel.
Ainsi, je suis le frère de lait d'une sœur de lait, complètement perdue de vue. J'en ai même oublié le nom et ça me désole un peu, mais qu'importe au fond. M'avoir laissé cette histoire, et m'en avoir appris le sens, est bien le plus important. J'espère qu'elle est toujours vivante et heureuse de vivre ma petite sœur de lait évanouie.

 « se conôis qu’a tetat de lach de puta !» (ça se voit qu’elle a tété un lait de pute) disait la vieille mécontente des positions politiques que prenait sa petite fille, laquelle avait été nourrie avec le sein d’une « sans religion ». Ca fait sourire aujourd’hui, mais que ça devait être dur à entendre alors.

25 août 2007

les rues de La Calmette 1 : tuilerie et rainettes

Il y a quelques années de là, aprés la guerre, s'ouvrait à La Calmette une "tuilerie" au pied de la colline du moulin à vent.
En ces temps-là, le village était encore assez loin.
Par contre l'argile était partout (les constructeurs du lotissement du moulin à vent en savent quelques choses au regard des fissures de leurs murs)! et la fabrique de tuiles allait bon train. Avec les bêtes on faisait "trouiller" la terre glaise, la pâte qu'on passait ensuite au four pour faire les tuiles.
La batisse dont on peut voir les ruines aujourd'hui lorsque l'on va se promener vers la manade du Simbeù était encore debout il y a une cinquantaine d'années.
Hélas, les tuiles s'avérèrent de piêtre qualité et poreuses. L'entreprise ferma ses portes.


Cependant, elle avait cresé un très grand trou dans le flanc nord-ouest de la colline pour en extraire l'argile la plus pure possible et l'eau bien sûr avait lentement pris sa place dans une belle mare.

Qui dit eau dit vie...et bientôt poussèrent mille plantes aquatiques et arbres...et bientôt de très nombreuses vies animales. La mare regorgeait d'insectes et autres espèces .Dès le mois de juin on pouvait observer l'acouplenent et la ponte des libellules, les petites nymphes, des centaines d'araignées qui tissaient leur toile dans les roseaux et les herbes, mais aussi parfois au fil de l'eau. Et surtout, chaque printemps, aux mois de mars-avril, des milliers de grenouilles, les raines ou rainettes, se rassemblaient pour s'accoupler. Les petits paquets gélatineux flottaient dans l'eau jusqu'à l'éclosion des têtards vers les mois de juin-juillet.
Et alors là mes amis, ceux qui habittaient de ce côté du village n'ont pas oublié, quel tintamarre! quel concert ! envoutant dans les chaudes soirées d'été, enivrant!


Voilà pourquoi se croisent à ce même endroit 3 rues : celle du moulin à vent bien sûr, noblesse oblige, avec celle de la tuilerie et celle des rainettes!
Hélas, le besoin des hommes de construire a mis fin à tout ce petit monde
...



 

on voit sur la photo l'actuel petit chemin qui mène au moulin à vent. Les ruines de la tuilerie sont sur la droite.

24 août 2007

curiosité historique au coeur de La Calmette

Régulièrement, je propose des petits aperçus historiques sur La Calmette qui j'espère vous interressent.


Aprés l'église "la cathédrale de la Gardonnenque" comme aimaient l'appeler les anciens aprés un vrai travail "de Romains" pour la construire en remplacement de l'ancienne église romane, la minoterie, la tuilerie, les élections de 1790, la misère de 1321, Marius, le premier soldat tué à la guerre de 14, etc.
je flânerai dans les rues et m'arreterai quelques fois pour vous dire ce que l'on sait d'un nom, d'une bâtisse, d'une histoire ...avant l'oublie
J'en ai plein mon sac comme on dit, mais j'espère bien que vous viendrez m'en conter d'autres, de ces histoires cucculentes que nos grands-pères racontaient!



Stèle à La Calmette (30)

Sculpture en pierre taillée gallo-romaine, utilisée pour la construction d'une riche maison (c'était tellement plus simple d'utiliser des pierres déjà taillée!) de belle dimension (h = 54 ; la = 56) que l'on peut admirer sur la facade de la maison de M. Fabre pour peu que l'on soit un peu attentif.

Cette "stèle" a fort heureusement été placée dans le mur avec sa face interne vers la rue, ce qui permet aujourd'hui de bien la voir et même d'en lire l'inscription latine.
Classé (liste objets classés MH) par la Direction du Patrimoine le 20 novembre 1940, on peut espèrer qu'il ne sera plus posible d'y toucher et qu'elle restera ainsi, même si elle appartient à une personne privée, à la disposition de tous.
On peut la voir au croisement de la route de Dions (rue de Valfons) , rue principale (rue de la République) et allées de Braune.

23 août 2007

I'a un tém qué trempa...

"I'a un tém qué trémpa...é un aoutré qué destrémpa"


Nos anciens avaient raison : ainsi va l'histoire...
Espérons que ça se vérifiera encore ...
Au fait, reconnaissez-vous les petits lascars assis sur les marches du chateau (à cette époque, c'était aussi l'école...)

je vous aide : il y a en haut : Chantal, Gisèle et  Regine, en bas : Patrice et Raymond !, des cousins cousines qui portent le même nom..

11 août 2007

La fête continue

bon les gars on l'attrape et aprés ?

bon... c'est bon là, vous tenez ?

mais mais lachez paaaaas puuuutaiaiaiaiaiannnn!

ooooohhh! punaise mais il vient sur moi !!!!!

mais qu'est que c'est tout ces bious ?

bon on va boire un coup et voir quelle paillote a gagné ?

des paillotes originales...

et le jury délibère :

Alors m'sieur le maire (décidément bien présent en cette période pré électorale...) difficile de choisir, n'est-ce pas ?

Bon allez le gagnant est choisi, allons boire un coup !

mais que de monde !

belle fête en vérité... et que ça continue

22 juillet 2007

Les pelharots

De temps en temps passaient dans le village des fataires, à la recherche de quelques vieux chiffons ou peaux de lapins. J’entend encore leur voix qui résonnait dans la rue :

« Fatas ! fatas ! veilhs ferres ! pels de lebra, pels de lapin ! »

 

Il y en avait un qui venait de Vezenobres, un grand et maigre qui gueulait « Allons, mesdames, videz vos greniers, vous ferez le bonheur du pauvre chiffonnier » et il chantait « fatas, fatas, pels de lebra, pels de lapin, lou fataire  es oun coquin ! » (chiffons, chiffons, peaux de lièvre, peaux de lapin, le chiffonnier est un coquin). On les craignait bien un peu, et les parents ne se génaient pas pour s’en servir quand on n’obéissait pas : on va te donner au fataire qui t’emportera dans son grand sac : « te vai  mestre dens sa saca e t’emporterà. Te veirem pas pis ». (il va te mettre dans son sac et t'emportera, on te verra plus)

On n’y croyait pas bien sûr, mais on s’en approchait pas trop près quand même.

Ces peaux de lapins que les paysans gardaient « empégués sur les murs, ils ne les trouvaient jamais à leur goût. Bien sûr, comme ça, ils donnaient pas cher (nous dit L. Chaleil dans son livre « la mémoire du village »).Et c’est vrai que de toute façon, c’était pas des gens bien riches, et ils allaient souvent de village en village sur leur seules jambes !

« Fatas ! fatas ! veilhs ferres ! pels de lebra, pels de lapin ! » « lou fataire es oun coquin »

 

NB. J’ai écrit fataire, mais bien sûr vous avez lu et prononcé « fataïre », pelharot vous avez dit « péillarot »… et lapin ou coquin : « lapiinn et coquiinn »...pas pis se dit pas peuss...

 

ah ce patois aimé de mes grands parents qui nous était "interdit"! C'était pourtant une belle langue, si imagée, surtout quand on se faisait engueuler et que grand-père nous menaçait de nous couper les oreilles en pointe...c'était si joli en patois!

01 juillet 2007

Arret sur image aprés six mois de blog

Je me suis lancé dans l’écriture d’un blog, je venais d’avoir 58 ans !

 Pas précisément pour parler de moi, ça n’en valait pas vraiment la peine, quoique…

mais plutôt pour parler de mon village, raconter ces belles histoires colorées que me racontaient mes grands parents et mes parents. Parce qu’ils venaient de nous quitter ? Parce que ma mémoire devenait de moins en moins précise ? parce que je voyais disparaître à grande vitesse ce passé que j’avais tant aimé, ce village si plein de vie qui s’enfonçait dans une aventure triste de village banlieue d’un Nîmes métropole aux allures d’ogresse .

medium_Norbert_Montbrun_et_René_Brochero_7.1938.JPG

Je n’ai jamais trouvé inintéressant le progrès et l’évolution des mœurs, et ce n’est pas vraiment la nostalgie qui m’anime, c’est plutôt le désir de faire encore vivre ce que ce village, avec ses histoires intimes, a de plus riche au cœur, convivialité, solidarité, etc. bref son âme !

J’espérais aussi, je l’espère toujours que mes histoires allaient m’en apportaient d’autres de la part des vieux Calmettois et Calmettoises qui me liraient. Des vieilles photos aussi.medium_mamie_x_versino_et_...JPG

Un blog ? Pourquoi ? plus aisé qu’un livre (me ferais-je tout à coup fainéant ?), plus agréable aussi à écrire car chaque jour on peut y venir, y parler et chaque jour on rencontre des échos à nos histoires… et c’est drôlement agréable. On a même l’impression, et n’est-ce qu’une impression de s’y faire des amis. En tout cas on réagit, pardon : je réagis comme avec de vrais amis. Pourquoi le plaisir de voir Norbert me mettre sur ses blogs amis m’a fait autant plaisir ? pourquoi ne plus m’y voir m’a autant peiné, même si je lui donnais raison par rapport à mes dernières notes… et Alexandra, Pierrot, Mathieu dont je ne partage pas les idées pourtant, Jean-Jacques, Marc…Natyot et ses poésies érotiques, Ginette, Ulysse, les Lolo’s, Gabrielle, Jeanne, Cali, etc. je ne peux qu’en oublier en leur demandant pardon d’avance ! Oui vraiment, entrer dans un blog c’est une véritable vie dont je ne soupçonnais pas l’impact.

Petit à petit et c’est d’ailleurs le piège, par jeu et par plaisir on a tendance à s’écarter de l’objectif premier pour parler répondre coller plus à l’actualité, surtout quand celle-ci devient brûlante comme au temps des élections… et me voilà devenu blog politique ! Midi Libre m’a mis deux fois à l’honneur et me voilà embarqué dans l’aventure. Non sans un certain plaisir, j’en conviens.

( A suivre)