09 décembre 2007
poètes cévenols
Bien aimé la fin de ce petit poème lu dans "en Gardonnenque" (journal gratuit catholique dispo chez les commerçants) :
Per laissa queste messajé,
per lous quésé fisou à l'arjen
disié à la roundo, en riguèn :
"tant qué la bourso faî tintin,
toul ou moundés ès toun cousin
quan la bourso faî flafla
déngus mai té counéi pas"
pour laisser ce message, pour ceux qui se fient à l'argent, disait à la ronde, en riant :
"tant que la bourse fait tintin (est peine)
tous le monde est ton cousin
quand la bourse fait flafla (est vide)
personne ne te connaît plus"
C'est joli, non ? fait "tintin" et fait "flafla"
14:28 Publié dans langue occitane | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : occitan, patois
04 novembre 2007
"son toti d'ases"!
C'est tellement plus joli en patois ! Ca perd toute son agressivité pour devenir fleur de langage de chez nous, vous ne trouvez pas : son toti d'ases ! Je vous laisse deviner ?
C'était une des expressions favorites de nos aîeux, qui déjà trouvaient qu'on n'apprenait plus rien à l'école. Ils disaient qu'on allait "en récaguant"... "les jeunes font des "moulons" de fautes quand ils écrivent et ne savent plus calculer".
Aujourd'hui, c'est catastrophique de lire dans les blogs ou les forums les fautes d'orthographe et de style. Un jeune m'a demandé : mais qu'est-ce que tu faisais avant pour être si branché orthographe ? il devait me penser ancien prof ou instit'. Même pas. Mais s'il comprenait à quel point ce peut être un handicap dans la vie de tous les jours et encore plus dans la vie professionnelle, il comprendrait mon insistance. Il comprendrait à quel point savoir écrire et s'exprimer correctement peut être une chance d'accéder à une pensée juste et vive, à sa propre histoire, à la vraie richesse...
BHL disait à la TV hier soir ce magnifique poème de Victor Hugo sur les émeutes de banlieue où les jeunes avaient brûlé les livres d'une bibliothèque... expliquant à ces jeunes à quel point ces livres étaient essentiels, à quel point c'étaie un véritable crime, etc. magnifique poème sur la culture et la promotion sociale offerte à tous grâce aux livres... et finir le poème en faisant dire au jeune : "c'est sûrement vrai tout ce que vous dites, mais...je ne sais pas lire !"
Tous ceux qui regardaient ce soir là ont dû ressentir comme moi un frisson!
Son toti d'ases, aurais-je dit récemment ? et oui, j'ai un peu parfois la nostalgie de la sagesse de nos anciens qui s'exprimait si bien en patois pour parles de la sottise, parfois, des leurs.
16:02 Publié dans Histoire et traditions | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : patois, la calmette
28 septembre 2007
"Vai t'en cagua a la viha"
"Vai t'en cagua a la vinha" est une expression bien de chez nous, qui signifie en gros " va te faire voir ailleurs" mais dont le sens direct dit bien ce qu'il veut dire. (faites moi la grâce de ne pas avoir à traduire).
si l'envie vous en prenait à la maison, il y avait toujours le tas de fumier ou l'écurie, que les femmes en général préferaient parce que plus discret.
Mais il faut savoir que nos grands mères ne portaient pas de culottes sous leurs grandes robes et ça simplifiait bien souvent les choses... elles pissaient sans avoir à se baisser. (Ce fait était d'ailleurs déjà bien connu à la cour de Versailles). Cela simplifiait aussi d'autres pratiques que la promiscuité rendait parfois difficile dans les maisons...derriere les buissons, il suffisait de soulever sa robe !
Pour les besoins de la nuit, on avait dans toutes les chambres les "pots de chambre", le "colin", qu'on vidait le matin sur le tas de fumier, et parfois si le fumier en question était plus bas dans la cour, certains vidaient le pot directement par la fenêtre.
Pour les excréments plus solides, on allait souvent plus loin de la maison (souvent dans les vignes où on était assez bien caché) . Chacun avait son coin, son "pétoulier"!
Si par malheur un voisin indélicat versait le seau dans la cour ou une ruelle... et que qqun passait malencontreusement par là et le prenait sur la tête, ou trés prés, on disait qu'il s'était fait "cabucéller"...
un cabucel c'est un couvercle : tout en poésie notre patois !
Dans les années 30, arrive le "cagadou"... (à suivre)
22:35 Publié dans Histoire et traditions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : cagua la vinha, cabucel, patois, occitan, la calmette
20 août 2007
tira la ressa, l'aiga es bôna, lo vin es meilhor
C'était une chanson enfantine :
"tira la ressa , Joan Vidau
tira la ressa que siès lo pus naut
Laiga es böna, lo vin es meilhor,
tira la ressa, mon companhon."
et ne dites pas vin, hein ? ou je ne vous en sers plus, dites bien vïn'
(tire la scie Jean Vidal, tire la scie que tu es le plus haut. L'eau est bonne, le vin est meilleur, tire la scie mon compagnion)
17:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : patois, occitan, la calmette
patois ou occitan ?
Enfant, j'entendais mes grands parents parler patois. J'adorais ça mais ma grand-mère a tant pesté pour que mon grand père nous parle en français " tu vas les faire gronder à l'école !" ou "ils seront derniers, c'est ça que tu veux ? qu'on se moque d'eux ?"
Faut dire que l'institutrice l'aidait bien dans cette entreprise d'interdiction de parler patois. Que de punitions ont été infligées parce qu'on confondait certains mots ou employait des expressions typiques du patois. Je ne discutterais pas ici de l'utilité ou non d'avoir imposé une langue unique dans tout le pays, ça semble évident aujourd'hui... et pourtant, fallait-il faire disparaître cette langue pour autant ? bien sûr que non !
J'ai envie de dire le "patois" et non pas l'occitan. C'est notre patois que j'aimais, le reste n'est que querelle d'expert ou de nouveaux "nationalistes" en mal de langue. Certes c'est souvent employé avec un sens péjoratif, qui comme dit L. Chaleil, signifie "langue dégradée".
Moi, j'ai envie de dire que le patois c'est la langue. C'est celle qu'on parlait. Peu m'importe qu'il y avait des disparités apportées par nos paysans de parents... c'était dégrader ou enrichir ?
Bref, c'était la langue occitane, peut-être parfois avec quelques libertés dans les mots et expressions, mais qu'elle était belle à mes oreilles ! ces oreilles que mon grand-père voulait "couper en pointes" quand il était en colère contre nous .
Je continuerai à vous donner quelques expressions dans ma rubrique "langue accitane", mais de grâce prononcer bien :
lh se prononce ill ( palha : pailla), nh : gn ( castanha : castagna), o : op, ô : o, le "r" final n'est pas prononcé... et surtout, ttes les diphtongues sont prononcées : biou, c'est pas biou, mais "bio-ou" comme quand on appelle ohouh!
ok ? (ça c'est pas patois !)
16:02 Publié dans langue occitane | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : occitan, patois, la calmette



