13.04.2008

Bulletin n°106

Le numéro 106 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début avril 2008. En voici le sommaire :

- Le mot du Président
- Archéologie : les fouilles de l'équipe de Samuel Longepierre à Saint Quentin la Poterie
- La mosaïque de Penthée
- Petit patrimoine
- Le vieux Remoulins
- Histoire de l'Uzège : aspects du Protestantisme en basse Gardonnenque




La publication de la revue est assurée par CHABERT Christiane, Vice Présidente.

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

06.04.2008

Li merle d'Uzès / Les merles d'uzès

Le patrimoine écrit doit être protégé et valorisé au même titre que le bâti. C’est le sens de la démarche que met en oeuvre Histoire et Civilisation de l’Uzège en publiant les livres présentés dans ce blog :
- Lou parage d’Usès / Le pays d’Uzès, recueil de poèmes du félibre Albert Roux
- Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave recueillis par Albert Ratz (voir bulletin de souscription).
Cette action n’a pu se concrétiser que grâce au concours de Lucie Editions (Directeur Yannick Breton) qui a accepté d’éditer ces ouvrages dans la Collection Patrimoine.
D'autres auteurs comme Emile Brunet, Jules Couderc ou Alfred Méric qui ont écrit au début du XXème siècle, mériteraient d'être mieux connus du public. Le travail ne fait que commencer et doit se poursuivre avec toutes les bonnes volontés afin que le patrimoine littéraire de l'Uzège se perpétue dans le temps.

Pour illustrer à la fois, le félibrige (cher à Albert Roux), les historiettes (mémoire de l'imagination populaire) et Uzès (riche de son passé), je propose la lecture de ce récit de Frédéric Mistral intitulé :

LI MERLE D’UZES

Un matin, au marcat d'Uzès, la femo d'un aucelaire avié mes en vèndo un gabiado de merle.
Un matin au marché d’Uzès, la femme d’un oiseleur avait mis en vente tous les merles contenus dans une cage.
Moussu Bretoun, - un farceiaire, - venguè à passa davans la marchandiso :
Monsieur Breton – Un farceur – vint à passer devant cette marchandise :
- Tè! vaqui de bèu merle ! ... Quau saup quant li vènd !
- Tiens, voilà de beaux merles ! Qui sait combien elle les vend ?
- Quant li vènde, Moussu ? ... Oh! tenès, pas que vint sòu.
- Combien je les vends, Monsieur ? ...oh ! tenez, pas plus de vingt sous.
- Vint sòu ? aco 's pas car, diguè Moussu Bretoun, e subre-tout s'es de merle d'Uzès.
- Vingt sous ? ce n’est pas cher, dit Monsieur Breton et surtout si se sont des merles d’Uzès.
- Coume d'Uzès! adounc fai l'auceliero, de tout segur es de merle d'Uzès ...
- Comment d’Uzès ! alors donc fait l’oiselière, bien sûr, ce sont des merles d’Uzès...
- La femo, vès, fasès bèn atencioun : vous demande se soun d'Uzès ...
-La femme, faites bien attention : je vous demande s’ils sont bien d’Uzès ...
- Moussu, poudès coumta que soun d'Uzès. Moun ome, vous responde, lis a tòuti cassa dins lou terraire ...
- Monsieur, vous pouvez être sur qu’ils sont d’Uzès. Mon mari, je vous assure, il les a tous chassé dans la région.
- Oh ! dòu rèsto, se soun d'Uzès o noun, acò sara lèu vist. Vous n'en vau croumpa un ;
- Oh ! qu’ils soient d’Uzès ou non, ce sera vite vu. Je vais vous en acheter un ;
e, s'es d'aquéli que vourriéu, s'es un merle d'Uzès, ièu vous li croumpe tòuti ... Vaqui vint 'sòu.
et, c’est celui là que je voudrais, si c’est un merle d’Uzès je vous les achète tous... Voici vingt sous
E l'auceliero duerb la gàbi. Moussu Bretoun pren un di merle, e'm'acò, adrechamen, tout en lou masentant e fasènt semblant de rèn, fai avala à l'aucèu uno peceto d'or.
Et l’oiselière ouvre la cage. Monsieur Breton prend un des merles, alors, adroitement, tout en le maintenant et faisant semblant de rien, il lui fait avaler une piécette d’or.
- En efèt, dis, a bèn tout l’èr d'èstre d'Uzès... Mais 1'anan encaro miéus vèire.
- En effet, dit il, il a bien l’air d’être d’Uzès... Mais nous allons encore mieux le voir.
E jito au sòu lou pauvre merle. Quand l'a tua, lou duerb emé soun coutèu, e, - vesès lou cop de tèms, - dins lou gava ié trovo uno peceto de dès franc!
Et il jette au sol le pauvre merle. Quand il l’eut tué, il l’ouvre avec son couteau et, miracle, dans son estomac il trouve une piécette de dix francs !
- Aquéu es bèn d'Uzès, dis, vaqui lou louvidor.
- Celui là est bien d’Uzès, dit il, voilà un louis d’or.
E l'empocho... La marchando, councevès, èro aqui, esbalauvido.
Il l’empoche…La marchande, vous vous en doutez, en resta bouche bée.
- Eh ! bèn coumaire, parèis que soun d'Uzès...
- Eh bien, ma chère, il parait qu’ils sont d’Uzès...
An ! sias pas messourguiero. A vint sòu, vous li prendrai tòuti.
Allons, vous n’êtes pas menteuse. A vingt sous, je vous les prendrai tous.
Mai l'auceliero, alor :
Mais l’oisellière, alors :
- Escusas, noun ! ... Moussu, aro que ié sounge, me lis an retengu, pode pas n'en mai n’en vèndre... Nàni, vesès, vous n'en vènde plus gens...
- Excusez, non ! ... Monsieur, maintenant que j’y pense, on me les a retenu, je ne peux pas en vendre davantage...Non, voyez, je ne vous en vend plus....
- Sara coume voudrés, Moussu Bretoun respond.
- Ce sera comme vous voudrez, répond Monsieur Breton
Sèmblo, pamems, que quand avès fa 'n pache...
Il me semble tout de même, que nous avons passé un accord...
Mai sènso l'escouta, esperdudo, abrasamado, deja la femo avié pres la gàbi e vira lou cantoun.
Mais sans l’écouter, éperdue, embarrassée, déjà la femme avait pris la cage et s’était enfui du lieu.
A la proumiero androuno ounte se trouvè soulo, s'arrestè.
A la première ruelle où elle se trouva seule, elle s’arrêta.
- Un pau vèire, dis, se soun touti d'Uzès... E moun viedase d’ome que sabié pancaro acô ! ...
Je vais un peu voir s’ils sont tous d’Uzès...Et mon imbécile d’homme que ne savait pas encore cela !...
Afeciounado, aganto un di merle, 1'estrang1o vitamen, ié crèbo lou gava' mé si cisèu... Mai de peceto d'or, bernico !
Avec engouement, elle attrape un des merles, l’étrangle promptement, lui crève l’estomac avec ses ciseaux.... Mais de piécette d’or, rien !
- Tu, dis, siès pas d'Uzès, coudoun !
- Toi, dis moi, tu n’es pas d’Uzès, couillon !
Afiscado que mai, n'escano un autre, ié tranco lou peirié... Mai de peceto, bst ! pas mai que sus lou nas.
Plus empressée que jamais, elle en étrangla un autre, et lui trancha l’estomac...Mais des piécettes, bernique ! pas plus que sur le nez.
- Tu, siés mai pas d'Uzès, dis, au diable !
- Toi aussi, tu n’es pas d’Uzès, dit elle, va au diable !
Alucrido, zôu mai, estoufo un autre aucèu, i' esfato lou gresié... Mais de rousseto, nado! n'i'a pas cap !
Intéressé, à nouveau, elle éttouffe un autre oiseau, et lui met le gésier en morceaux...Mais des pièces d’or, aucune ! Il n’y en a point !
- Avalisco !
- Au diable !
E ansin, à-de-rèng, la bono femo aferounado tuè touti li merle, fin que d'un. E quand aguè tout mourfi e que veguè, doulènto, aquéu massacre d'aucelun :
Ainsi, au fur et à mesure, la bonne femme toute excitée tuait tous les merles jusqu’au dernier. Et quand elle eut tout tué et qu’elle vit, affligée, ce massacre d’oiseaux :
- Ai! Lasseto ! diguè, se fau pas èstre malurouso !
- Hélas ! Pauvrette ! dit elle, s’il ne faut pas être malheureux !
Sus touto la gabiado n'i’en avié qu'un d'Uzès, e vau lou vèndre per vint sòu ! !
Sur toute la cage, il n’y en avait qu’un d’Uzès et je vais le vendre pour vingt sous !!
Moussu Bretoun èro eilalin que se tenié li costo.
Monsieur Breton était là bas au loin qui se tenait les côtes.

Frédéric MISTRAL

Ce récit a été publié dans l'Armana. Prouvençau de 1867. Il est extrait de l'ouvrage :
"Les contes provençaux : contes, récits, fabliaux, sornettes de ma mère l'oie, légendes, facéties, devis divers."
Cette œuvre de F. Mistral est disponible dans son intégralité sur le site Gallica (Bibliothèque nationale de France)

Frédéric Mistral est venu présider les fêtes félibréennes qui se sont déroulées à Uzès en août 1892.
Traduction Bernard MALZAC avec la collaboration d’André POTIN

05.04.2008

Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave

Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication écrite par Albert RATZ qui s’intitule :


Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.



Entre 1984 et 2004, certains membres de l’association Histoire et Civilisation de l’Uzège ont recueilli diverses légendes, fables, croyances et historiettes qui se sont transmises de génération en génération.
La banalisation des moyens de communication, d'information modernes tels la télévision, la radio, le téléphone cellulaire, internet, etc. sont autant d'éléments qui participent de la disparition de la transmission traditionnelle orale.
Ce petit patrimoine méritait d’être sauvé de l’oubli. Il est le modeste trésor des ferveurs et des angoisses, de l’imaginaire débridé, de la dérision et de l’humour qui ont tant aidé à vivre nos ancêtres, un modeste trésor qu’enveloppe le mystère de l’anonymat et de l’intemporel.
Albert Ratz s’est attaché à rassembler tous ces textes et les présenter dans cet ouvrage.

La sortie du livre publié en collaboration avec LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine est prévue le 20 avril 2008.

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BULLETIN DE SOUSCRIPTION

A paraître le 20 avril 2008

Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.

Nom – Prénom :

Adresse :

Nombre d’exemplaires : X 8 euros (1) =
Frais d’envoi - 1 ex : 2.60 euros – 2 ou 3 ex : 3,40 euros - jusqu’à 6 ex : 4,20 euros.

Total :

Chèque à établir à l’ordre de : H.C.U

A adresser à : Mme Nicole Jourdan
Chemin de Trinquelaïgues
Quartier Mayac
30700 UZÈS

(1) Au terme de la souscription (date de la parution) le prix du livre sera fixé à 10 € l’exemplaire.

29.03.2008

La Mosaïque de Penthée

Durant l'année 2007, les archéologues (1) de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) ont réalisé un chantier de fouilles situé sur le boulevard Jean Jaurès à Nîmes. Lors de cette intervention, ils ont mis au jour en juin, deux mosaïques datant du IIème siècle après JC. Compte tenu de leur grand intérêt, il a été décidé de permettre au public d’assister à la phase finale de la restauration de celle qui présente l' iconographie la plus élaborée et qui est la mieux conservée.



Vue d'ensemble de la mosaïque.jpg




C’est cette visite, commentée par Mme Raffaella Gafa-Piskorz, guide conférencière, qu’un groupe d’adhérents de l’association a effectuée le dimanche 9 mars 2008 (2).
Les premiers panneaux qui accompagnent l’exposition, sont consacrés à la présentation du contexte archéologique dans lequel a eu lieu cette découverte :

Une première planche resitue l’évolution des limites de la ville (voir carte) à travers le temps et précise son importance à l’époque romaine. L’enceinte qui entourait la cité sur plus de 6 kms de longueur, englobait le site du chantier de fouilles.
Ensuite, une explication de l’environnement et de l’organisation architecturale des bâtiments mis au jour, permet de resituer la découverte des mosaïques dans deux pièces d'une même habitation, sans doute celle d'un riche notable romain.
Après cette phase très documentée, notre guide nous indique les différentes étapes et techniques (découpe de la mosaïque en 13 panneaux de 3 m2) qui ont été nécessaires pour déplacer les mosaïques de leur lieu d’origine jusqu’à cette présentation dans la chapelle des Jésuites. La restauration (3) a commencé par une séquence de nettoyage de surface avec consolidation des tesselles les plus fragiles. Puis, un encollage composé de différentes strates de textiles (gaze de coton et toile de chanvre) fixées par un adhésif, a été mis en place afin de maintenir la cohésion de la surface du tessellatum (l'assemblage de tesselles de pierres uniformes) avant son retournement. Lors de la deuxième phase, il a été procédé au retrait du support de ciment armé et à son remplacement par un nouveau support en nid d’aluminium. La troisième et dernière phase consiste au retrait de l’encollage de surface, suivi d’un nettoyage fin, puis d’un long et méticuleux travail de réintégration des lacunes. L’objectif de cette restauration n’est pas de rendre quasi neuves les mosaïques comme cela pouvait se faire encore au siècle dernier où on les faisait briller, mais plutôt d’en conserver le plus possible l’authenticité avec les usures et la patine du temps. (4)
La mosaïque présentée au public, jugée exceptionnelle, couvre environ 35 m2 et se compose d'une série complexe de médaillons accueillant chacun un personnage, et illustrant un épisode du cycle dionysiaque (présence de ménades - femmes qui se consacrent au culte de Dionysos- et de masques de théâtre).
L’iconographie générale de la mosaïque se rapporte au dieu Dionysos. Les masques de théâtre incarnent la tragédie et la comédie que préside le dieu aux fêtes. L’association des quatre saisons à Dionysos est un thème classique de la vie renaissante. Les Ménades ou Bacchantes chez les Romains, sont « les femmes possédées » du dieu entourent la scène principale. Des oiseaux (canards, perruches, perdrix et huppes) et les têtes de divinités Pan et Silène complètent la composition de cette mosaïque.
Pour ce qui concerne la scène centrale, la première interprétation était basée sur une illustration du combat des dieux contre les géants où Dionysos terrassait de son thyrse le géant Eurytos. Après une étude approfondie, un autre épisode de la légende de Dionysos a été retenu : le châtiment de Penthée et Agavé qui a été porté à la scène par Euripide dans « les Bacchantes ».

Oiseaux, masques, saisons personnifiiées entourant la scène centrale.jpg
Dans la mythologie grecque, Penthée (en grec ancien « la douleur, le chagrin »), fils d'Échion et d'Agavé (fille de Cadmos), est roi de Thèbes. Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s'oppose à l'introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Il résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, entraîne les femmes de la cité à sa suite et les emmène dans la forêt sur les pentes du mont Cithéron, où elles se livrent au culte orgiaque de Dionysos. Parmi elles se trouve Agavé, la mère du roi Penthée tante de Dionysos. Penthée travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades le prennent pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse (5)croyant que c'est celle d'un lion.
Le meutre de Penthée par Agavé, sa mère.jpg
La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite de Cadmos et la victoire de Dionysos.
La représentation du meurtre de Penthée en mosaïque est la seule connue à ce jour dans le monde romain, seule une peinture murale de Pompéi présente une scène similaire.
Pompéi - Villa des Mystères - Meutre de Penthée.jpg
La mosaïque sera visible à la Chapelle des Jésuites jusqu’au 30 mars 2008, ensuite elle sera présentée dans la salle d'exposition temporaire du musée archéologique.
Une visite à faire absolument.

Compte rendu réalisé à partir des commentaires de Mme Raffaella Gafa-Piskorz.

(1) Sous la direction de Jean Yves Breuil
(2) Visite également ouverte au public qui était nombreux ce jour là.
(3) Atelier spécialisé "Mosaïques SARL" de Loupian sous la direction de Raymond Rogliano
(4) Propos de Dominique Darde, Conservateur du Musée Archéologique. Vivre Nîmes Février 2008.
(5) Bâton en bois de cornouiller, orné de feuilles de lierre et surmonté d'une pomme de pin. C’est l’attribut de Dionysos

17.03.2008

La revue de presse

La presse continue à s'intéresser à la publication de l'ouvrage consacré à Albert Roux : Lou parage d'Usès/Le pays d'Uzès, contrairement à certaines librairies ou autres dépositaires de presse d'Uzès qui ont refusé d'en assurer la diffusion...
L'association remercie tous ceux qui ont accepté de le présenter au public.

Li nouvello de Prouvènço a consacré une page à Albert Roux Lou pouèto dou parage d'Usès. Cette revue mensuelle est destinée à relayer l’action culturelle des Pays d’Oc et des Associations Parlaren. Les associations "Parlaren" sont les continuatrices du Mouvement Parlaren, fondé en 1975 par André Ariès. On dénombre actuellement vingt-deux associations qui regroupent 1700 adhérents et militants au niveau de communes, de pays ou de départements. Une fédération départementale ou une association départementale existent dans les Alpes (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes), les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Var et le Vaucluse. (Information extraite du site Lou pourtau de la culturo pouvençalo)

Remarque : les auteurs des articles se nomment respectivement Jean Claude Roux pour Li Nouvello de Prouvènço et Jacques Roux pour Midi Libre....






Midi Libre du jeudi 28 février 2008.jpg









Li nouvello de Pouvènço 25 février 2008.jpg









Midi Libre du samedi 15 mars 2008.jpg

01.03.2008

Ces monuments disparus

La Statue du Vice Amiral de Brueys

Des cartes postales du début du XXème siècle (patrimoine photographique) et un écrit en Langue d'oc de Léon Alègre, peintre archéologue de Bagnols sur Cèze, nous font revivre la statue du Vice-amiral BRUEYS qui trônait sur la promenade des Marronniers. Mais qui était donc ce personnage ?

L’AMIRAU BRUEYS

Lou 20 d’óutobre 1861, la poupulacioun d’Uzès a saluda de sis aclamacioun l’estatuo de brounze dóu Comte de Brueys, na en Uzès (1760)*, vice-amirau, coumandant de la floto que pourté l’armado franceso en Egito, tua au coumbat d’Aboukir (1798).
Sousprés pèr lis Anglés coumanda pèr Nelson, l’Amirau Brueys se bategué coume un lioun ; mourtalamen blessa, si cambarado lou voulien empourta foro dóu chaple : - « Un amirau francés, respondegué, déu mouri sus soun banc de quart !» E mourigué uno passado après, un boulet de canoun enlevè soun cadabre, e soun veisséu se préfoundé, au crid : Vivo la Republico !
M. lou Baroun de Fontarèche, pichot-nebout e eiritié de la véuso de Brueys, a paga largamen li frès de l’estatuo, qu’es de Duret (de l’Estitut) *; e l’estatuo, forço bello, rènd bèn l’entousiasme d’aquelo noble vèuso, quavans que de mouri disiè à l’estatuaire, en parlant de soun eros : « Fasès-me lou bèu coume un fièu d’Uzès, fér coumo un enfant dóu miejour. »

Bagnóu (Gard) LEON ALEGRE (1)


Traduction

L’AMIRAL BRUEYS

Le 20 octobre 1861, la population d’Uzès a salué de ses applaudissements la statue de bronze du Comte de Brueys, né à Uzès (1760), vice-amiral, commandant la flotte qui emmena l’armée française en Egypte, et tuait au combat d’Aboukir (1798).
Surpris par les Anglais commandés par Nelson, l’Amiral Brueys se battit comme un lion ; mortellement blessé, ses compagnons voulaient l’emporter loin du carnage : - « Un amiral français, répondit il, doit mourir sur son banc de quart ! » Et un instant après il mourut, un boulet de canon enleva son cadavre, et son vaisseau s’engloutit au cri de : Vive la République !
M. le Baron de Fontarèche, petit neveu et héritier de la veuve de Brueys, a amplement participé aux frais de la statue, qu’a réalisé Duret (de l’Institut) et la statue, fort belle, rend bien l’enthousiasme de cette noble veuve, qui avant de mourir disait au sculpteur, en parlant de son héro : « Faites moi le beau comme un fils d’Uzès, fier comme un enfant du Midi. »
Bagnols (Gard) LEON ALEGRE


Notes :
* Léon Allègre commet une erreur sur la date de naissance de Comte de Brueys mais peut être est ce une faute d’imprimerie ?
* Institut de France réunissant depuis 1795, cinq académies.

(1) Archéologue et peintre qui fut également, au XIXème siècle le fondateur et le conservateur de la Bibliothèque Musée de Bagnols-sur-Cèze (1869).

Texte extrait de l’Armana Prouvençau pèr lou bèl an de Diéu 1862
AD Gard 43 - J – 16/1 Fonds Gaussen
Traduction B.Malzac



Statue Amiral de Brueys - 1909




François Paul de BRUEYS d'Aigaliers, Vice Amiral (1753 -1798)
Le Comte François Paul de BRUEYS d'Aigaliers est né le 12 février 1753 à Uzès (paroisse de Saint Julien). Il est le fils du Baron François Gabriel de BRUEYS d'Aigaliers, Capitaine au régiment de Forez, Chevalier de Saint-Louis et de Marie de VIVET de Servezan.
Il fit ses études à Beaucaire puis Uzès et s’engagea dans la Marine à l'âge de 13 ans. Il partit au Levant (Syrie, Liban, Iran) comme volontaire sur le vaisseau le Protecteur.
Le 29 mai 1785, il épousa à Port-Royal de la Martinique, Marie Anne AUBIN de Bellevue dont il eut 3 enfants.
Ensuite, il devint Lieutenant de la Marine royale sous l'Ancien Régime et participa à la guerre
d'indépendance des Etats-Unis.
Au commencement de la révolution, quoique noble, il n'émigra pas, et, fut promu Capitaine de vaisseau à la fin de 1792. Il eut le commandement d'un vaisseau qui fit partie de l'escadre conduite par le Contre-amiral Truguet (commande les forces navales de la Méditerranée) sur les côtes de Naples et de Sardaigne.
Frappé par la loi qui excluait les nobles des emplois civils et militaires, il est destitué en 1793. Il fut rappelé sous le ministère de Truguet. (Ministre de la Marine et des Colonies du Directoire du 4 novembre 1795 au 15 juillet 1797) et réintégré en 1795. Il est nommé Major Général sous le commandement de l’Amiral Justin Bonaventure Morard de Galles pendant l'expédition d'Irlande en 1796.
Promu Contre-amiral en novembre 1796, Truguet lui donna l'ordre d'aller croiser dans l'Adriatique, mais lorsqu'il arriva à Venise, la paix avec l’Autriche avait été conclue (Traité de paix de Campo Formio signé le 17 octobre 1797). De ce fait, il fit voile vers les îles Ioniennes, et fut obligé, pour y rester un certain temps, d'avoir recours à Ali Pacha de Janina (fut le gouverneur de la région de l'Épire pour le compte de l'Empire ottoman). Il s'empara des îles ioniennes et des navires vénitiens mouillés à Corfou puis retourna à Toulon.





Statue Amiral de Brueys - 1913





Napoléon Bonaparte le remarqua et le nomma Commandant en chef de la flotte (194 navires et 19.000 hommes) destinée à transporter l'Expédition d'Égypte (de 1798 à 1801).
A la suite de la prise de Malte, il se dirigea vers Alexandrie et après avoir échappé presque par miracle à la poursuite de Nelson., il arriva dans la rade d'Aboukir le 2 juillet 1798 (baie située à 23 Kms au nord-est d'Alexandrie).
L’amiral Brueys, sachant qu’il allait être attaqué avait choisi cette position car il pensait que ses équipages réduits et peu expérimentés avaient de meilleures chances dans la rade qu’en pleine mer. Napoléon, avec son grand bon sens habituel, pressentant que Brueys ne pourrait résister à Nelson, lui avait dépêché une estafette avec l’ordre de se réfugier à Corfou. Hélas ! le capitaine porteur de la missive fut intercepté et tué en cours de route.
Horatio Nelson qui commandait la flotte britannique l'attaqua dans la rade d'Aboukir, le 1er août 1798. Le combat fut terrible, mais la victoire se décida pour les Anglais. Dès lors Brueys ne chercha plus que la mort. Atteint de deux blessures, il ne voulut pas descendre pour se faire soigner : Un amiral français, dit-il, doit mourir sur son banc de quart. Brueys est tué à sa troisième blessure avant que n’explose son grand vaisseau amiral, L’Orient (118 canons).

En tant que marin d'Empire, son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris.

Sa veuve de l'amiral mourut à Saint Chaptes à l'âge de 92 ans le 26 mars 1859 laissant pour héritier le baron de Fontarèche petit-neveu de l'amiral son mari.




Statue Amiral de Brueys - 1915





La Statue
La statue, aujourd’hui disparue, est l’œuvre du sculpteur Duret Francisque Joseph (La Force civile – La force militaire au Dôme et l’église Saint-Louis des Invalides). Elle était posée sur un socle en pierre mouluré à emmarchement de plan carré et implantée sur la promenade des Marronniers. Elle représentait le Vice amiral, Comte de Brueys, près d' une ancre de marine ; avec des palmes, des guirlandes, des vagues sculptées sur le socle, et d’une hauteur de 7 mètres.
L’inscription était une dédicace gravée sur la face principale du socle, ainsi résumé : Au Vice amiral comte de Brueys né à Uzès en 1753 mort à Aboukir en 1798
Ce monument a été érigé à l'initiative de Marie de VIVET de Servezan, veuve de Brueys et avec la proposition du conseil municipal d’Uzès de mai 1857. L’inauguration eut lieu le 20 octobre 1861.
C’est en mars 1942 que l’enlèvement de la statue fut ordonné par ordre préfectoral du 23 janvier 1942. Cette décision a été prise dans le cadre de la réquisition des métaux non ferreux : en 1941, le ministère de la Production et de l’Industrie réquisitionne et récupère les métaux non ferreux pour les besoins de l’industrie française. Ensuite, elle a été stockée Béziers, aux établissements Valette et Rouanet, avec sursis de quinze jours avant sa destruction afin que la ville d’Uzès puisse faire réaliser à ses frais un moulage.
Actuellement, la face principale du socle avec dédicace a été placée sur l’escalier monumental qui permet d'accéder à la Cathédrale.

Statue Amiral de Brueys.jpg
Inauguration de la statue le 20 octobre 1862 par M. Chabanon, maire d'Uzès

Sources :
- Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 par Charles Mullié.
- Généalogie de Mike Morice.
- Service régional de l'inventaire Languedoc-Roussillon.

16.02.2008

CAHIER N° 1 - LES MASETS

Après avoir fait l'étude des lavoirs et des capitelles ( bulletin spécial et vidéo), Histoire et Civilisation de l'Uzège a entrepris, depuis 2005, l'étude des masets avec une équipe de la section « Petit Patrimoine» élargie. Pour le premier cahier que nous vous présentons ici, 70 masets ont été étudiés dans leur architecture, avec la plus grande attention.
Le but n'était pas de faire l'inventaire exhaustif de ce patrimoine. Cela semble difficile aujourd'hui: Trop de masets sont inclus dans des propriétés fermées la plus grande partie de l'année; trop de masets sont transformés en résidences secondaires, illisibles aujourd'hui en tant que masets, (sauf quelques heureuses exceptions que nous mentionnerons).
Enfin, depuis une dizaine d'années, trop de masets ont été entièrement démontés pour servir de matériau à des bâtiments neufs. L'inventaire 2007 ne serait alors qu'un bien pâle reflet de l'abondance de ces édifices ayant réellement existés!



SOMMAIRE

Introduction
-Pourquoi cette étude.
-Les formes et les dimensions.

L'architecture des masets
- La toiture Les murs.
-Les ouvertures

Annexe 1
-Les inscriptions
-A l'intérieur du maset : Aménagements: niches, mangeoires pour les bêtes, cheminées ...
-L'environnement des masets : Puits, citernes, bassins
-Maset ou petite métairie?

Annexe2
-Rénover son maset soi-même: mode d'emploi

14.02.2008

Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès

Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une publication consacrée au poète félibre de Sanilhac, Albert ROUX




Albert Roux (1871 – 1935). Né à Sanilhac, il n’a quitté son village qu’entre 1915 et 1918. Tout au long de sa vie, il a écrit des œuvres qui font maintenant partie du patrimoine littéraire de l’Uzège.
Après celui paru en 1985, cet ouvrage marque une nouvelle étape dans la redécouverte d’une production abondante et variée. Les poèmes ici rassemblés ont été inspirés par ce « pays » qu’il a passionnément aimé. Grâce à A. Roux, le lecteur retrouvera l’animation de la foire de la Saint-Firmin. Il parcourra aussi le territoire uzégeois aux innombrables curiosités naturelles. Il fera connaissance avec, entre autres, Ulysse Dumas, l’archéologue de Baron, ou Louis Pautex qui participa aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912.
Une riche iconographie accompagne, éclaire et complète les textes. Les cartes postales de l’époque restituent les lieux et les gens tels qu’ils apparaissaient aux yeux du poète. Au-delà de leur intérêt littéraire ces écrits constituent des documents ethnographiques de première importance pour la compréhension de l’histoire locale.

Présentation, traduction, notes et commentaires de Bernard MALZAC et Jean-Bernard VAZEILLELivre publié avec la collaboration de LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine

Prix de livre : 10 € + frais d'envoi (1 ex : 2.60 € – 2 ou 3 ex : 3,40 € - jusqu’à 6 ex : 4,20 €)

Pour toute commande, écrivez à : [email protected]

11.02.2008

La revue de presse

Cette semaine, Histoire et Civilisation de l'Uzège a eu les honneurs de la presse à travers deux événements : la sortie de la revue consacrée aux activités de l'association (voir article précédent) et la présentation du livre sur Albert Roux faite à Sanilhac en présence de Denis Bouad, Conseiller Général du canton, Président de la commission culturelle du département qui a participé à l'édition de l'ouvrage et Bernard Comte, maire de Sanilhac-Sagriès qui nous a accueilli dans sa commune.
Merci à la presse locale.

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Le Républicain du vendredi 8 février 2008.jpg

09.02.2008

LUCIE EDITIONS

Lucie Editions lance une nouvelle collection consacrée au Patrimoine avec la sortie d'un premier ouvrage sur les écrits du poète félibre Albert Roux : "Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès" que nous avons publié récemment. Cette collection devrait permettre à tous les passionnés de patrimoine (bâti, écrit....) de pouvoir faire connaître leurs recherches et leurs travaux. Cette jeune maison d'édition (voir article) dévelloppe plusieurs autres domaines : la céramique, l'architecture,etc. Midi Libre leur a consacré un article dans son édition du vendredi 1er février 2008.



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