histoire à inventer saison 2 un nouveau roman à écrire ensemble, où chacun invente son personnage http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/ Sat, 12 Apr 2008 20:10:13 +0200 midiblogs.com All Rights Reserved http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/03/19/une-note-toute-en-fraicheur.html Une note toute fraiche http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/03/19/une-note-toute-en-fraicheur.html [email protected] (doro) Photos/Dessins Sat, 14 Apr 2007 17:50:27 +0200 <p>Histoire à inventer, à partir du dessin trouvé sur le blog de Diego <a href="http://diegomo.midiblogs.com/" title="Diego Mo">diegomo.midiblogs.com</a> et <a rel="nofollow" target="_blank" href="http://diegomo.over-blog.fr/">http://diegomo.over-blog.fr</a></p> <p>Un jeu avec la petite musique des mots, si cela vous chante, autour d'une jolie note verte et encore pleine de la fraicheur matinale...</p> <p align="right"> </p> <p align="right"><font color="#009933">La note noire était encore toute émue...<br /> Elle se haussa haut sur la pointe de ses croches,<br /> Cherchant la blanche note si vite disparue,<br /> sa compagne d'un temps qui lui parait si proche...</font></p> <p><font color="#000000">Au fond, dans la pénombre de la salle, près des épaisses tentures rouges de la scène, se tenait un vieux trompétiste ronchon.<br /> Tapotant du pied sur le plancher, le bougon arborait son instrument tel un tromblon.<br /> "Yeah man, give me a "A", give me a "B", come'on baby give me a "C" and now give me a "D", yeah baby, that's good".<br /> La note hésitait.<br /> Mais l'évocation du nom de ses partenaires par le trompétiste ronchon la faisait se tortiller.<br /> Ce type là avait indiscutablement le swing dans la peau.<br /> Il le savait et il en jouait.<br /> Elle, avait un beau petit brin de voix.<br /> On le lui avait maintes fois répété.<br /> Alors pourquoi s'en priver ?<br /> Hein, après tout !!!<br /> Cela n'engageait à rien ...</font></p> <p><font color="#000000"><b>L</b>es spectateurs médusés par cette musique faisaient silence pour écouter la magie des notes sortir du rideau.</font></p> <p align="right"><font color="#339933">ELLe avait besoin d'air<br /> Et vers les paturages<br /> elle s'est envolée en restant là, bien sage</font></p> <div align="right"></div> <p align="right"><font color="#339933">Le temps de respirer</font></p> <p align="right"><font color="#339933">En attendant l'hommage<br /> d'une ronde joufflue<br /> qui tournera la page.</font></p> <p align="right"><font color="#009933">Et pendant ce temps là<br /> le régiment des croches<br /> bien attachées entre elles<br /> par un tempo rapide<br /> donnent le mouvement...<br /> et la petite note<br /> ne sachant plus très bien pourquoi elle était là<br /> se met hors de portée<br /> Qu'on ne l'écrase pas...</font></p> <p align="left">Bémol.<br /> Dissonance.<br /> Silence.<br /> Blanche pointée.<br /> Repartir<br /> sans frémir<br /> et surgir<br /> d'un jazz amusé.<br /> Gai.<br /> Ouap<br /> diouap<br /> doubidiouap<br /> dououap<br /> hé !</p> <p align="left">Yeah !<br /> Des Trémolos dans la voix.<br /> Trop dur !<br /> Trop intime (...)<br /> Le trompettiste monte alors d'un octave.<br /> Une larme perle sur la cymbale de Jim.<br /> A la basse, Billy prend le relais.<br /> Solo...<br /> Ses doigts tambourinent le manche.<br /> Put'ain, comment qu'il a su !<br /> Jim s'interroge. Puis abandonne.<br /> Qu'importe après tout !<br /> L'essentiel c'est qu'il ait fait signe.<br /> Qu'il lait su.<br /> "Com'one baby. And now; give me a "F ".<br /> Allait-il, comme ça, indéfiniment, effeuiller toutes les lettres de l'alphabet ???<br /> ...<br /> Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,Poum-poum-tchak, poum-poum-tchak,</p> <p align="center">diouap<br /> Poum-poum-tchak,<br /> didiou ap<br /> Poum-poum-tchak,<br /> dibididoudidoudiou<br /> ouap<br /> Poum-poum<br /> ouuuaaaaa aa a (a) a ap</p> <p align="left">Cette fois c'est au tour de Jef.<br /> C'est à lui de faire le break.<br /> C'est son set à lui.<br /> Et à personne d'autre.<br /> A lui !<br /> Lui et lui seul<br /> Il cligne un oeil.<br /> Puis deux.<br /> Pense à Janis.<br /> ("Hey baby, don't you know how i love you ?")<br /> Humecte ses lèvre.<br /> Jette un regard complice en direction du batteur et du bassiste.<br /> Attend le signe.<br /> Se saisit de l'embout de son sax.<br /> Prend sa respiration.<br /> Gonfle le joues.<br /> Et bascule dans le vide.<br /> Seul.<br /> Seul sur scène.<br /> Seul avec ses notes.<br /> Seul pour une minute trente d'une plongée en apnée,<br /> là-bas, dans les tréfonds de l'âme, aux confins de l'inaccessible royaume alchimique de la note philosophale....<br /></p> <p align="right"><br />  </p> <p><a target="_blank" href="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_notevertediego.JPG"><img src="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_notevertediego.JPG" alt="medium_notevertediego.JPG" style="float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; border-width: 0pt" /></a></p> http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/03/26/doro-version-4-0.html Doro version 4.0 http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/03/26/doro-version-4-0.html [email protected] (doro) Mon, 26 Mar 2007 15:11:14 +0200 <p>Quels changements depuis hier ? Trois fois rien finalement... Pas une ride de plus, pas plus de cheveux blancs, pas moins d'envie... 40, 30, 50... quelle importance ? Si, cette journée en a une, les petites attentions des ami(e)s, les sms, coups de fil, coupe de champagne de midi, etc... Mais finalement, là non plus, pas de changements. Vous êtes toujours là auprès de moi, jours avec, jours sans, merci à vous d'exister, comme me le dit une très proche amie... Bises</p> http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/02/25/la-belle-d-apres-un-dessin-de-diego.html La belle, d'après un dessin de Diego http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/02/25/la-belle-d-apres-un-dessin-de-diego.html [email protected] (doro) Photos/Dessins Mon, 19 Mar 2007 16:58:37 +0100 <p><b><font color="#330099">Un mot, un poème, une histoire ?</font></b></p> <p>La belle avait un grand problème...<br /> elle ne se trouvait pas jolie !<br /> Comment faire ? Elle veut qu'on l'aime...<br /> Je dois maigrir, s'est-elle dit<br /> bientôt AVRIL... les catalogues,<br /> les cures de ceci, de cela,<br /> mais avant tout comme prologue<br /> plusieurs kilos à perdre là !</p> <p>La belle entendait le prince,<br /> pas bête mais un peu Mirô;<br /> comme le peintre,<br /> On regarde<br /> et on peint après,<br /> sans l'influence des canons de beauté.<br /> juste avec le coeur,<br /> dessiner la destinée de sa dulcinée.</p> <p>La belle hausse le sourcil,<br /> virgule brune sur son regard azur.<br /> Elle s'interroge, le prince miro oubliera-t-il ses kilos ? Elle tourne, se retourne, taciturne, l'oeil fixé sur son image que le miroir lui renvoie en pleine face.</p> <p align="right">En off, <b>de Zygo</b>, l'auteur d'un blog très particulier <a href="http://journeedelameuf.midiblogs.com/">http://journeedelameuf.midiblogs.com</a>  :</p> <p align="right">allait-elle se faire lypo sucer ? En général c'est elle qui suce l'hyppo, oui elle travaille au zoo !</p> <p align="left">Et la belle d'évoquer tous les régimes déjà tenté</p> <p align="left">régime au yaourt</p> <p align="left">régime d'amour régime musclé<br /> et édulcoré...<br /> <br /> Pourquoi se priver vu le résultat ?</p> <p align="left">Tiens, liposuccion ?</p> <p align="left">Si j'essayais ça<br /> Mais la bonne adresse<br /> oui, une rime en fesses...<br /> qui la donnera<br /> c'est très délicat !</p> <p align="left">Personne n'osa<br /> donner un conseil<br /> tu n'y pense pas<br /> faire un truc pareil !<br /> Très dubitative<br /> devant ces esquives<br /> mais il fallait bien<br /> trouver un moyen.<br /> Solidarité des femmes " étoffées "<br /> sur le blog peut-être ?<br /> On l'envoya paître...<br /> trop de choses à faire<br /> futilité ... car en ce moment<br /> à l'ordre du jour c'est le changement<br /> Fillette, fillette si tu t'imagines...<br /> Non elle n'imaginait pas les bourrelets étaient bien là Dans 3 mois ce sera l'été<br /> et le prince va la quitter...<br /> Allons, la belle ne pleure pas et pour le 8 Mars encore un combat !!!</p> <p>Elle décida d'arrêter les plats<br /> peut-être même de faire du sport...<br /> Son prince, elle va le mettre à plat,<br /> et s'occuper de son sort !</p> <p>Elle monte au grenier, ouvre la malle aux trésors,</p> <p>Retrouve cette belle robe rouge à pois et dentelle façon or</p> <p>S'habille et attrape la paire de castagnettes</p> <p>et hop, la voici en train de danser à en perdre la tête...</p> <p>Off : - Frouuuu, frouuuuu - Tchik y tckik aye-aye - Ouuuuf, ouuuuffff.</p> <p> </p> <p>Depuis qu'elle a mis le prince à plat...</p> <p>la belle s'ennuie et recommence à se faire des petits plats.<br /></p> <p align="left"><br />  </p> <p><a href="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_labelledediego.jpg" target="_blank"><img src="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_labelledediego.jpg" alt="medium_labelledediego.jpg" style="border-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left" /></a></p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/01/07/la-toile.html Drôle d'histoire de parapluie... http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/01/07/la-toile.html [email protected] (doro) Photos/Dessins Sat, 24 Feb 2007 10:37:19 +0100 <p><strong><font color="#CC0066">Intitulé simplement vieux dessin, une toile de Diego : Toile ? Parapluie ? Sécurité routière ?</font></strong></p> <p><strong><font color="#990099">PRELUDE</font></strong></p> <p>Ginette accelère le pas. Il pleut fort, elle a perdu son parapluie. Elle marmonne : "Ce n'est pas très original mais j'ai fait ma mise en plis !"<br /> Elle jette un regard circulaire, et se dit "Ma petite mère, il faut trouver et rapido un abri pour éviter l'eau !"<br /> Elle jette un deuxième regard circulaire et aperçoit une amie très chère qui se bat contre le vent, son parapluie se retournant...</p> <p align="right"><em>OFF : Un passant en maugréant : On aurait cru une parabole et moi j'ai la gaule. Satanée pluie de janvier, elle nous gèle les pieds...</em></p> <p>Elle aborde son amie : "Adieu mes frisottis<br /> à courir sous la pluie<br /> Contretemps<br /> vend tes baleines !<br /> Fini le parapluie !<br /> Chocolat chaud sans peine<br /> Ha mon amie mon amie<br /> allons nous sécher !"<br /></p> <p align="center"><strong><font color="#990099">CHANSONNETTE...</font></strong></p> <p align="center">et la tête<br /> et la tête<br /> et les pieds<br /> et les pieds<br /> O baleines, coquines baleines !</p> <p> </p> <p>A la fenêtre d'un 2 pièces, vue sur cour, un homme allume une cigarette. Il se retourne vers sa compagne :</p> <p>"La ville est triste sous la pluie...<br /> Encore une belle journée<br /> pour les sinistres parapluies !<br /> Dormons, bébé..."</p> <p><strong><font color="#990099">GENERIQUE</font></strong></p> <p><strong><font color="#990099">DEBUT DU CLIP</font></strong></p> <p>Dans la rue, une chevrolet passe alors à toute vitesse.</p> <p>- "Oh yé my baybé, sing-swing on the rain my babe" !<br /> <br /> L'homme à l'imper mastic tourne le bouton de l'autoradio, met le cligno, se gare en double file devant un drogstore, éteint le contact et sort précipitemment de sa Chevrolet en claquant la porte.<br /> Sur le pare-brise de la belle américaine, la pluie joue des claquettes à la manière de Nougaro. Mais avec un accent toulousain qu'avait assurément rien d'Californien.<br /> "Put'..."<br /> "Fuck'... that rain", maugrée l'homme en ressortant du drogstore un péproque on the rock, a rock'in' péproque à la main.<br /> Il jette son feutre gris sur la banquette arrière, peste une nouvelle fois contre la pluie qui redouble de violence, démarre en trombe et remet la radio.<br /> Sur Brodway FM, 104.5, Leslie Drinkie chante l'un des ses premiers blues.<br /> "Oyé my baybé. Don't leave me, my babe. Don't you know I love you my Babe"...<br /> "Oyé, oyé my baybé", reprend l'homme à l'imper mastic, beuglant à tue-tête, en fonçant à fond la caisse sur le périph.</p> <p>La chevrolet passe sur une énorme flaque, des gerbes d'eau éclaboussent le troittoir. Il antonne avec une voix de crooner : "A quoi, planning, je te tiens ? Libre. Je suis libre de tout engagement. A quoi planning, dates heures rendez-vous, bouclage, haha, je n'ai plus l'âge, je retraite and co...<br /> Don't you know, don't leave me<br /> I love you my new life<br /> my baby<br /> A quoi, planning régit-il nos vies ? Oh Yé"</p> <p>Sur la bande FM, l'émission "Jazz in your life" animé par de Jeremy Stingways repasse pour la énième fois l'intro du Quintet "Summerland in coton fields" primé aux derniers Grammy Awards de L.-A.<br /> Et soudain : l'homme à l'imper mastic comprend tout.<br /> Là, sur le périph.<br /> Et oui ! - Car n'y a-t-il pas un début à tout, finalement - , se surprend-t-il à énoncer à voix haute en mâchouillant un bâton de réglisse, là sous la pluie.<br /> Oui, l'homme à l'imper mastic comprend tout.<br /> Là, sur la 4 voies ruisselante.<br /> Là, en feuilletant les pages de son planning agenda dégoté une heure plus tôt dans une grande librairie de la 666 ème rue.<br /> Là, en repensant à sa vie.<br /> Là, en se remémorant son âge...<br /> ...Sa vie, son âge, sa retraite...<br /> Mais comment diable n'y avait-il pas pensé plutôt ?<br /> Elle était là, la clé de l'énigme qui lui taraudait l'esprit depuis plusieurs jours.<br /> Lui qui n'énonçait tout ça qu'au passé.<br /> Simple, composé, imparfait.<br /> Certes, mais au passé tout de même.<br /> Et oui !<br /> Enfin, il comprend tout tout.<br /> "Prends moi tout ça au présent mon gars. Laisse tomber ton foutu passé. Aujourd'hui t'es un homme neuf. Alors : profite."..</p> <p><strong><font color="#990099">Moment intemporel...</font></strong></p> <p>Il zappe sur son auto-radio et tombe sur FIP FM :</p> <p>Une voix suave murmure "Le présent est à toi et le futur est là<br /> il est toujours présent, même imparfait tu vois<br /> et ce passé si simple ne le méprise pas<br /> ce n'est qu'indicatif mais il a fait pour toi<br /> un travail merveilleux et unique<br /> elle est là...."</p> <p><strong><font color="#990099">Retour vers la réalité...</font></strong></p> <p>La flaque.<br /> Zwiiiiiiit<br /> Le matelas d'eau<br /> Oye oye oye<br /> Ne pas freiner...</p> <p>Au même moment, flash Pub à la Radio<br /> Good Year !<br /> Les pneus de l'année.<br /> Bonne année avec Good Year.</p> <p><strong><font color="#990099">FIN DU CLIP</font></strong></p> <p>L'homme à l'imper mastic perd le contrôle. Au moment où il comprend enfin comment il va prendre en main sa vie, son bonheur, son avenir, il part dans le décor, ne maîtrise plus sa chevrolet ruisselante, à cause d'une flaque d'eau, il glisse, virevolte, décolle, s'envole...</p> <p><em> Ce film vous était présenté par la sécurité routière. Sur la route, en cas de pluie, j'adapte ma vitesse !</em></p> <p><strong><font color="#990099">Les lumières de la salle s'allument.</font></strong></p> <p>Ernest Dupneu se lève. Enjambe les gobelets de popcorn. Glisse sur un emballage de Miko en pestant. Salue l'ouvreuse. Rajuste son pardessus en remontant haut le col de sa gabardine marine. Puis, disparaît dans la nuit blafarde.<br /> Une heure durant il y a cru.<br /> C'était lui, l'homme à l'imper mastic. Lui ; le Humphrey Beaugosse du film. Oui ; une heure durant, il y a cru.<br /> Jusqu'à ce que cette foutue flaque...<br /> Ben oui ! Mais il le savait, pourtant, qu'en cas de pluie il fallait qu'il adapte sa vitesse.<br /> C'est pas pour rien, d'ailleurs, qu'il n'a jamais passé le permis et qu'il se déplace toujours à pied pour se rendre au Ciné Rex de son quartier...</p> <p>Derrière la fenêtre du deux pièces vue sur cour, la compagne brune en peignoir blanc croque une pomme rouge. Le regard perdu et le coeur heureux.<br /> Puis s'écroule et meurt au moment précis où Ginette, déposée par un tac, repue d'un copieux tagine préparé par son amie que vous m'en direz des nouvelles, s'aperçoit bonne mère qu'elle a égaré ses clés et ne peut franchir le seuil de l'immeuble !</p> <p><strong><font color="#990099">"Ben m.... alors !<br /> Tu m'en diras tant..." marmonne-t-elle... "ADIEU tagine...."</font></strong></p> <p>Et il pleuvait toujours... que faire dans ce cas ? se demande Ginette. Il est 23h35 au bas de l'immeuble. La rue, toujours en travaux. Bétonnière et barramines sont rangées sur les palissades métalliques, lances tournées vers la pleine lune qui éclaire le métal devenu scintillant. Ginette sourit à ce tableau urbain et à son insouciance, son étourderie. Pas de clés ? Pas de clés ! Aux vues de l'interphone et des rapports courtois qu'elle entretient avec ses voisins, de bonne éducation, elle se refuse de déranger. Elle ouvre et ferme le parapluie que lui a prêté son amie. Toujours, sa réflexion passe par la manipulation d'objet. Ce soir, être mouillée l'enchante. Elle n'a pas froid. Malgré les circonstances, elle ressent une espèce d'euphorie. Oeuf au riz, plaisante t-elle, et lève les yeux au ciel, se moquant d'elle-même. Elle adore se faire des blagues. Son regard est arrêté par une masse claire, portée sur la barrière de l'avant dernière terrasse, celle du couple qui vient d'aménager. Ginette recule d'un pas vif, hurle noon dans sa tête. Voit voler un peignoir, sa ceinture, la femme bringbalée. R'ouvre son parapluie anticipant l'effet souhaitant que non non, ce n'est qu'un mauvais rêve, entend l'impact lourd chaudement émietté et sent l'odeur du sang qui coule sur le fer et se répand doucement sur les graviers mouillés.</p> <p><strong><font color="#990099">Ben m.... alors !<br /> Tu m'en diras tant...<br /> Pourquoi j'ai voulu rentrer ?</font></strong></p> <p>Pourquoi ne pas avoir accepté le dernier petit verre de l'excellent rosé, ou repris du tagine ?<br /> Agissant au souvenir de ses peurs d'enfant, elle se signe de croix et implore à l'aide puis se ressaisit. Ferme les yeux et le parapluie maculé, aarghhh qu'elle jette, en réflexe, sur la tête désolidarisée du beau corps qui fut.<br /> Alouette, gentille alouette, alouette, je te plumerai. Ginette s'interdit de continuer sa comptine frustrant son témoin intérieur, positif en toute circonstance.<br /> Sans un cri, le fracas n'a alerté personne. Aucune lumière allumée au devant de l'immeuble. Août l'a déserté. La pluie redouble.<br /> 23h39. Dans une minute Le Grand Ciné Rex lâchera ses derniers spectateurs.</p> <p><strong><font color="#990099">S'enfuir... laissant là le pauvre corps démantelé... ? !</font></strong></p> <p>A ce moment là, les idées se bousculent ou se paralysent. Il faut faire quelque chose ! Elle aperçoit soudain un homme pas très net, chapeau humprey BOGGART, IMPER MASTIC.. que fait-il là , est-ce l'assassin ? C'est alors que l'affaire se corse (si l'on peut dire). Une voiture de police surgit, les phares puissants éclairent la scène : la femme brune ensanglantée à côté de sa tête, le parapluie dégoulinant du sang de la victime, Ginette tétanisée et BOGGART qui détale, les spectateurs du cinéma qui s'attroupent... Et c'est alors, oui ALORS que commence la partie de CLUEDO.</p> <p><strong><font color="#990099">Dialogue...</font></strong></p> <p>Dring, dring, dring, dring.....<br /> (...)<br /> Dring-dring insistant.<br /> (...)<br /> Driiiiiiiig, driiiiiiiiig de plus en plus insistant.<br /> (...)<br /> Puis enfin<br /> (...)<br /> - Allo, oui, j'écoute !<br /> - Allo ?<br /> - Oui Allo !<br /> - Heu...<br /> - Bonsoir, inspecteur Moutarde à l'appareil.<br /> - Heu...<br /> - Mais quoi heu, b... vous avez vu quelle heure il est ?<br /> - Ben non, justement.<br /> - Trois heures cinquante-huit du matin. C'est pas une heure, ça. Oui, bon donc alors j'écoute...</p> <p>- Quoi ! KOUA ? ! Ca c'est passé entre vintetroizeuresh30 et 24h et c'est que MAINNANT QUE VOUS M'APPLEZ ?<br /> L'inspecteur Moutarde (de la famille des Brassicacées) ne supporte pas l'incompétence. Variablement, son courroux alterne entre le rajout ou la suppression de syllabes. Mais apprendre à l'instant qu'une femme s'est suicidée avec une pomme empoisonnée dont on a retrouvé le morceau et aussi en sautant du 5ème le laisse perplexe sur l'évaluation et la note à donner en fin d'année au fonctionnaire porteur de la nouvelle. Le pressentant émotif à l'extrême, il se radoucit demande et reprend les réponses sur un ton monocorde :<br /> - "Pourquoi est-ce vous qui m'appelez ? Il y a tant de morceaux que ça ? Il y a des témoins ? Une mais elle sait pas ? Elle sait pas quoi ? Vous me dites que le témoin femme a vu mais ne sait pas. D'accord. J'arrive. Qui a fait les photos ?"</p> <p><strong><font color="#990099">Parapluie, tagine, cauchemar, interrogatoire...</font></strong></p> <p>Ginette, tirant son parapluie à roulettes dans les locaux de la PJ revisionne en son for intérieur le sublime tagine préparé par son amie. Puis les camélias d'Agnès, et le soleil sur la mer calme, miroir aux alouettes... et la tête et la tête.... Haaaaa. Ginette pense en alternance avec son autre elle qui construit son être équilibré. Mais la réalité reprend la place au désir de beauté. Chasser ce cauchemar qu'elle vient de vivre et ne peut expliquer ? Obligation faite de penser à autre chose. Elle recourt à la voix chaude de Ferrat qui aime à perdre la raison à n'en savoir que dire. Et se repasse aussitôt les derniers événements. L'inspecteur Moutarde s'installe et commence son interrogatoire.</p> <p>Oui, Monsieur l'inspecteur, je l'ai vue tomber. Oui Monsieur l'inspecteur, je l'ai vue, mais je ne sais plus ce que j'ai vu... Monsieur l'inspecteur, j'en peux plus, je voudrais rentrer et je sais pas où sont mes clés.</p> <p>Comment s'appelle votre amie ? Est-elle loin d'ici ?<br /> Est-ce que, par hasard elle n'aurait pas vu quelque chose, elle aussi ?<br /> Ah non, vous n'allez pas embêter mon amie Gene, surtout qu'elle a tendance, elle aussi, à oublier ses clés, ça suffit avec le parapluie tout trempé de sang en plus...<br /> Et la pauvre Ginette laisse couler des larmes de désespoir, ce commissaire est vraiment très soupçonneux et ne désarme pas....<br /> Vous dites l'avoir quittée à quelle heure ? Connaissez-t-elle la victime ? Elle vient aussi vous voir ?<br /> NNNNNNNON ? PAS SOUVENT et elle n'a rien à voir avec cette histoire !<br /> SI, ajoute l'inspecteur Moutarde  : LE PARAPLUIE !</p> <p>L'inspecteur est à deux doigts d'éternuer.<br /> Il la sent, oui maintenant il la sent, ostensiblement lui monter au nez, cette foutue moutarde !!!<br /> Il s'en doutait !<br /> Oh : ça oui, il s'en serait douté, il l'aurait juré que ce fameux Pot-au-feu/ (et/ou) poireaux-cornichons-à-la-moutarde-de-Dijon lui provoquerait de ces insoutenables effets secondaires qu'il redoutait tant.<br /> Certes, c'était sans doute mieux qu'un cassoulet aux confits de canard...<br /> De ça il en convenait !<br /> Mais bon ...<br /> Or là, donc, il n'avait pas pu refuser.<br /> "Si j'avais su, j'aurai accepté l'invit de Mademoiselle Rose aux "Pois-chiche de chez Mouloud, le roi de la kasba", ne peut-il alors s'empêcher de penser en suçotant d'un ait négligeant un clou de girofle coincé entre la maxillaire inférieure et cette put... de dent de sagesse qui - de nouveau ! - lui provoquait ces foutues migraines à le rendre raide dingue !!!!<br /> Ce matin encore, ses collègues de la PJ s'en étaient inquiétés. Il se lève et laisse là lapauvre Ginette toute décontenancée.<br /> "Une Chorba ou un Tagine : voilà ce qu'il m'aurait fallu", juge, inquiet Moutarde en traversant quatre-à-quatre le hall du 35 Quai des Orf' et en jetant un air envieux à la machine à bombecs, malheureusement toute désossée par les gardes-à-vue du week-end.<br /> - "Eh maintenant : dire qu'il va falloir tenter de faire avouer un parapluie à fermoir 1950, série gris anthracite. Tu parles d'un boulot ! Et quand je pense qu'y en a qui croient qu'on fait ça par vocation".<br /> Il en était là de ses réflexions, lorsqu'Os à Moelle déboula en faisant crisser ses clarks pointure 42 sur le marbre du corridor.<br /> "Inspecteur, inspecteur, regarde ce qu'on vient de me faxer".</p> <p><strong><font color="#990099">Opération Blanche Neige</font></strong><br /> Opération Blanche Neige<br /> Poignard : non<br /> Révolver : non<br /> Matraque : non<br /> Chandelier : non<br /> Corde : non<br /> Clé anglaise : non<br /> Flacon de poison : GNIAC, gniac, gniac<br /> ----------------------------------<br /> L'inspecteur Moutarde actionne son portable 3 g, interroge le central pour connaître le numéro de l'émetteur du fax et le téléphone près de l'oreille revient près de Ginette :<br /> <br /> - Vous m'avez dit que les rapports qu'entretenaient la victime avec son compagnon vous semblaient bons.<br /> - Pour le peu que je les ai cotoyés, ils étaient souriants, proches.<br /> <br /> - D'après vous, il est parti depuis combien de temps de chez lui ? On n'a aucune nouvelle.</p> <p>- Ah, je savais pas qu'il était parti, ça pourrait donc être lui le coupable...<br /> - C'est moi qui pose les questions, s'énerve le commissaire<br /> - Bon... dites je vais rester là longtemps ? Le tagine est déjà loin et puis j'ai sommeil....<br /> <br /> Et, soudain, réalisant la situation,  Ginette s'écrie : serai-je en garde à vue ?</p> <p>- Ecoutez, dit-elle : je ne suis pas toute la journée derrière la porte à m'esquinter la pupille dans l'oeilleton, jeune homme ! Mais d'après ce que j'ai pu en déduire, le compagnon d'la victime était parti acheter un costume de Prince Charmant.<br /> - Un costume de Prince Charmant : vous vous foutez de ma gueule ou quoi ? Encore un coup comme ça et je vous inculpe pour outrage à officier de police judiciaire dans l'exercice de ses fonctions !<br /> - Non, je vous assure, inspecteur. J'lai croisé en descendant la poubelle.<br /> - Et alors ?<br /> - Et ben j'ai distinctement discerné l'adresse de la boutique qui était inscrite sur le paquet qu'il trimballait.<br /> - Et alors ?<br /> - C'était "A la caverne d'Ali Baba", une commerce de farces et attrapes de la rue des Alouettes qui fait aussi vente et location de costumes de déguisements.<br /> - Ouhais ! Et quoi d'autre ? J'suis pas plus avancé, avec ça ,moi !. Qu'est qu'il foutait avec ce costume de prince charmant ?<br /> - Vous ne voyez pas, inspecteur ? Mais c'est pourtant évident !<br /> - Quoi donc ?<br /> - Mais c'était pour la Saint-Valentin, voyons !<br /> (...)<br /> Bon sang, mais c'est bien sûr ! Comment n'y avait-il pas pensé plus tôt.<br /> Cette Ginette, avec son sens aigu de la déduction, commençait à sérieusement...</p> <p>-Allo ? Al' oui ? KOUUA ? Le fax a été envoyé de La Poste des Batignolles ? A cinq heures du mat' ? C'est ça, c'est ça, j'ai du mal, mais je vous crois. L'inspecteur Moutarde (de la famille des Brassicacées) hurle : Os à Moelle ! OS A MOELLE !<br /> Un oeil fatigué s'encoignure et la porte s'ouvre.<br /> - Os à moelle, allez donc planctonner du côté de La Poste des Batignolles, z'ont un fax qui articule des messages subliminaux hors horaires réglementaires.<br /> - Avec qui, chef ?<br /> - Avec VOUS, mon grand. Vous, votre sens de l'observation, votre petit carnet de notes, et votre portable.<br /> - Oh, ben ça alors, dit Ginette... Les Batignolles ? C'est d'où je viens ! C'est là où habite Gene !</p> <p><strong><font color="#990099">Pauvre Ginette, elle perd pied et dans sa tête cette chanson...</font></strong><br /> <br /> Boul'vard des Batignolles<br /> Soleil dégringole<br /> Dans la rigole<br /> Et puis s'envole<br /> <br /> On pêche des écrevisses<br /> Pour mett' dans les sandwiches<br /> On fait soleil commun<br /> Pour ton bien<br /> Pour mon bien<br /> Pour tes pieds<br /> Pour mes mains<br /> <br /> boulevard des BATIGNOLLES la la la la la la</p> <p>L'inspecteur moutarde, circonspect, le sourcil froncé, la ride du lion creusée raccroche son portable et suggère à Ginette :<br /> - Votre amie, Gene... serait-elle podologue manicure ?<br /> Ginette, soufflée, prend un temps de réflexion. Puis son visage s'éclaire devant tant de clairvoyance :<br /> - Ho ben vous, dit-elle, là, vous m'avez sciée. C'est épatant cette vivavité d'esprit. C'est à "Pour ton bien<br /> Pour mon bien<br /> Pour tes pieds<br /> Pour mes mains" que vous avez pensé ça ?<br /> Non, Gene, elle est modiste. Mais comme très peu de gens achète des chapeaux, elle a détourné sa vocation première et propose aussi dans son tout petit magasin, des gants, des écharpes, et des pantoufles. D'ailleurs quelle heure est-il ? Parce que mes clés sont chez elle et qu'il faudrait que je lui rapporte son parapluie.<br /> Elle regarde le parapluie taché.<br /> - Je crois que je vais lui dire que je l'ai perdu.<br /> On peut sorti Monsieur l'inspecteur ?<br /> - On va sorti ma petite dame. On va sortir. L'équipe a retrouvé une pantoufle marocaine, une babouche jaune neuve, brodée de fourrure, pas loin de l'immeuble. Une seule. C'est bizarre de sauter avec une seule babouche, n'est-ce pas ? Est-ce ce genre de produit que vend votre amie ?</p> <p>Ginette refléchit, il lui semble bien en effet que son amie fabrique ce genre d'articles mais elle n'a pas du tout envie d'en faire part au commissaire ! Imaginez qu'il aille l'ennuyer ! Ca alors, ce serait un comble...<br /> Toutefois, elle a un doute. Est-ce que, par hasard, elle connaitrait l'ami de la victime, et quelles seraient les relations qui pourraient exister entre tous les trois ?<br /> Sommes-nous sur la piste d'un trafic de babouches... ? Qui a emporté la deuxième ?</p> <p><strong><font color="#990099">Histoire de canards...</font></strong></p> <p><em>- "Plane-plane-pour-moi !!! ça plane-pour-moi : moi, moi, moi....<br /> ça plane pour moi !!! Ouhou-ouhou-ouhou : ça plane pour moi !!!!"<br /> (...)</em><br /> Passablement irrité par la sonnerie de son portable qui est depuis hier<br /> - et il ne sait comment ; sans doute un coup de cette Lubiana croisée la veille au Habana Club - venue s'immiscer dans sa vie après un repas au Negresco (100 $, tout de même par tête de pipe; l'expresso, le carré de cacao et les pourboire en sus !!! ) ) - l'inspecteur Moutarde appuie rageusement sur l'icône représentant un téléphone rouge sur son Mobil pour faire (enfin ) taire l'intrus l<br /> (...)<br /> - "Heu, voui, vous disiez, Os à Moëlle. Excusez ce moment de flottement.<br /> Vous disiez donc que le pommeau de ce parapluie représentait un canard.<br /> Un canard, bigre !<br /> Mais un canard comment ???<br /> Un canard de province ou un canard Hollywoodien ?<br /> Un quatre feuilles de choux du sud de la France ou un Donald Duck grande gueule et voix azotée version US ???<br /> Faudra m'creuser tout ça, hein Os à MOëlle !!!<br /> Ca m'est avis qu'Dame Ginette et M'Dame Gene doivent avoir sur le sujet quelques réponses à mes questions. J'les veux dans mon bureau demain à la même heure pour un interrogatoire serré. Car cette histoire de babouche ne me dit rien qui vaille. Je me demande si c'est pas un coup sciemment élaboré par les deux "témouignes" en question pour nous faire partir sur de fausses pistes. Car on m'otte'ra pas l'idée que cette bouée canard retrouvée hier au beau milieu de l'étang de Thau était une signe !. Un signe destiné à nous faire croire que l'assassin pouvait à tout moment être en mesure de pouvoir nous faire clouer le bec...<br /> Ce qui reste évidement à prouver, hein Os à MOëlle !!!!<br /> Ah-aha-ahaaaaaaâââââââ....."</p> <p align="right"><em><strong><font color="#990099">Gniac haharhhhr gnaic (rire machiavélique).</font></strong></em></p> <p align="right"><em>407, 8 Km/hEUres. Gniac haharhhhr gnaic (rire machiavélique). JJE sUIis à 407,8 km/heure de bLANCHE nEIGE éclATÉe rougie Lambautique ac haharhhhr gna. DIrectIOn Cologne méga GRande VItesse. J'ai TOUjours PRÉféré le TRain niac haharg.<br /> i-tsé-é i-tsé-é i-tsé-é i-tsé-é frououro froue. Je SUis plein aux AS Gniac haharhhhr gn. Je MerdE la vie Gniac haharhhhr gn. Toi là... Gniac hah si J'VEux, tout doux, tout TRanQuille, je t'OFFre à Boire, ou Manger ce JOLI pETIt frUIT gniac hahrg et ZoUic, 2 seCondes pluS tARt gniac haharhhh tu FAis Partie de lA planÈTE EN NourrITURE à vers gniac haharg.</em></p> <p>- M'sieur L'inspecteur, Ms'ieur l'inspecteur, on a les résultats du labo !!! Le poison qui a donné la mort à Blanche Neige est un ensemble de quinine et d'ergotamine, et vous savez quoi, Msieur l'inspecteur, c'est une drogue qui ressemble et qui goûte pareil que l'héroïne. M'sieur l'inspecteur, y'a qu'un chimiste qui peut faire une chose pareille, chui sûre. Un chimiste ! Ca me fait peur inspecteur. Il est où, le compagnon de Blanche-Neige-Cendrillon-désormais-moche-qui-dormira-pas-dans le bois ? Hin ? Z'avez des nouvelles ? Hin Z'avez des nouvelles ?<br /> <br /> L'inspecteur Moutarde (de la famille des Brassicacées) soupire de lassitude. Echotine a toujours l'art de le faire sursauter, et cette nuit, son coeur a eu quelques accélérations dignes d'une demande d'arrêt maladie. Mais en 47 ans de carrière, il n'a pas manqué une seule heure de travail, au grand désespoir de sa vie privée, mais surtout de sa mère. Paix à son âme. Des chimistes tordus, il en a plein les mémoires vives et mortes, matérielles et humaines. Cependant, son intuition le pousse à ne pas croire aux évidences.<br /> Suicide ?<br /> Meurtre ?<br /> Pas de traces de luttes.<br /> A priori pas d'ecchymoses avant chute...<br /> <br /> - Echotine, ma ptite, pouvez-vous joindre Os à Moelle pour moi, s'il vous plaît, et vérifier que Ginette a bien rejoint ses appartements.</p> <p>- Et faites-les revenir, pour 17 h, Ginette, Os à Moelle, et cette Gene.<br /> <br /> <em>..."Ca plane pour mouamouamouamouamoua, ça plane pour moi...</em></p> <p>En pleine réflexion, le menton dans sa main gauche, l'inspecteur Moutarde laisse sonner son portable. Un silence, puis une autre mélodie :<br /> <br /> <em>C'est la danse des canards<br /> Qui en sortant de la mare<br /> Se secouent le bas des reins<br /> Et font coin-coin...</em><br /> <br /> Merde ! Elle a aussi changé la sonnerie d'information de réception de messages ! Ha, ces jeunettes ! Rien à leur apprendre sur les nouvelles technologies. Z'ont déjà tout compris. Sont nées avec. Toi, t'as pas eu le temps de voir toutes les fonctions, tu leur prêtes ton nouveau téléphone que seuls quelques privilégiés peuvent acquérir et hop, la minette Lubiana, ce petit morceau de poésie, te change le fond d'écran, te filme, te photographie, renomme ton film, te crée un nouveau dossier... Lubiana... Haaa Lubiana. Un prénom d'agence de voyages, de douceur exotique gonflé des plaisirs blonds aux yeux bleux des filles de l'est... Très joli souvenir, réflexion faite.</p> <p>Lassé de la position main gauche, l'inspecteur Moutarde hésite. Tergiverse. Serait-ce bien sérieux d'opter pour le menton côté paume droite ?<br /> Personne devant ?<br /> Personne derrière ?<br /> Personne de par-côtés ?<br /> Alors : va pour la paume droite !<br /> (...) - (petit instant de flottement, encore un - décidément ! -) - (...)<br /> Paume droite, paume droite....<br /> "Nom de D...", laisse subitement percevoir dans un râle de stupéfaction non dissimulé l'inspecteur, pourtant rompu à ce genre d'exercice comme on en rend si bien compte dans les journaux de la presse qualifiée de spécialisée...<br /> - "Os à Moelle, rappelez moi le légiste sur le champ. J'veux qu'il me fasse un prélèvement poil par poil du menton de la victime".<br /> - "Du menton de la victime" ?<br /> - "Oui, j'ai bien dit de la victime ! , b... de m.."<br /> - "Mais chef, c'était...."<br /> - "Oui je sais et alors !"<br /> - "Bin" (...)<br /> - "Bin quoi : je sais; la grand-mère de la victime habitait Menton et les premiers éléments de l'enquête concluent à un empoisonnement par croquage de pomme. Vous le voyez pas, vous, le rapprochement ? Menton/Menton = Paume/Pomme.<br /> Y faut vous faire un dessin ou quoi Mos à Voile ? Heu, j'voulais dire Boil à Mosse, heu; non, m... Moisse à Boil. Euheu, zut, flûte et reflûte..."</p> <p>(...) Cette Echotine lui montait décidément à la tête. Il n'avait d'ailleurs pas osé lui avouer sa rencontre avec Lubiania, la veille au Negresco. Et comme par hasard, là maintenant, en y repensant, il se dit qu'il aurait finalement préféré que ce soit au Lutétia. Juste par coquetterie. Comme ça pour la frime. Pour la rime. (...)<br /> (...) Bon donc ! Ah oui : (...)<br /> - "Chef, vous êtes sûr que vous vous sentez bien ? J'ai eu le labo. Le Doc nous envoie une équipe pour vous faire une prise de sang. Il s'demande si vous n'auriez pas bu, vous aussi - et à l'insu de vôtre plein gré, hein, s'lavad'soi ! - un truc chimiqu'ment trafiqué dans les dernières 48 heures. Pacque j'veux pas dire, hein, mais là vous avez l'air total d'équerre".<br /> Moutarde n'était pas dupe.<br /> Il avait déjà eu à faire à ce genre de cas de figure par le passé. Mais là, c'était différent.<br /> "Moutarde, mon p'tit gars, cette fois, il est grand temps de cette histoire prenne fin. Tu sais plus où tu en es. T'es au bout du rouleau."<br /> En fs'ant les cent pas dans le hall du commissariat, l'Inspecteur tape rageusement dans un paquet froissé de Camel qui rebondit contre le mur blafard et écaillé des sous-sol.<br /> C'est vrai qu'c'est pt'être l'enquête de trop. Y avait décidément beaucoup trop d'choses incohérentes dans cette affaire. Et puis, on le lui avait d'ailleurs jeté en pleine tronche - comme par affront ! - c'est vrai qu'ça fsait 47 piges qu'il fs'ait c'métier ! Et tiens : même qu'ça en f'rait 48 demain. Demain : le 05/02. Un bail, t'imagine ! Ils avaient raison "ses" témoins, "ses" suspects, "ses" clients. Il n'était plus dans l'coup. Il avait beau s'remémorer l'histoire. Y avait décidément beaucoup trop d'incohérences pour qu'ce soit vraisemblable.</p> <p>C'est dès la sortie du cinoche qu'il avait en fait eu le sentiment de perdre pied.<br /> Plus il y repense, plus il est convaincu qu'on l'a volontairement induit en erreur.<br /> Ah : cette Ginette et cette Gene ! Il les retient avec leurs histoires de clés, de tagine, de babouche, de cadavre, de pomme, de canards, de modiste, d'echotine et tout le tremblement !<br /> Et surtout cette histoire de parapluie ensanglanté.<br /> Foutu parapluie, oui. !!!!<br /> Bien joué les filles, bien joué.<br /> (...)<br /> Cul sec, Moutarde engloutit le petit verre de Cherry que lui avait servi en début de soirée Tante Agatha. Jette rageusement ses cartes sur la table et s'exclame : "Bon, ben si ces dames n'y voient pas d'objection; moi, j'vais m'coucher. Merci de votre hospitalité chère Dorothée", parvint-il à murmurer dans un rictus en s'effondrant sur le tapis près de la cheminée.<br /> A côté des cartes et des dés négligemment jetée sur la table; sur la petite note griffonnée par l'inspecteur était listé l'épitaphe suivant:<br /> "Opération Blanche Neige<br /> Poignard : non<br /> Revolver : non<br /> Matraque : non<br /> Chandelier : non<br /> Corde : non<br /> Clé anglaise : non<br /> Flacon de poison (Co) GNIAC, gniac, gniac !!!"</p> <p>strong) Arhhhh !! (/strong)<br /> ______<br /> <br /> NDLR :<br /> <br /> (ital) <em>Tu crois qu'il bouge encore ???</em> (/ita)</p> <p>J'ai pas l'impression, mais là; pour le coup; ça m'inquiète un peu !!!</p> <p>______ </p> <p>Ce cluedo se corsait... Gniac-Gniac, très loin d'ici dans le train avec son magot, se réjouissait de l'opération blanche-neige. Dans le salon, avec du poison, l'inspecteur moutarde, dommage colatéral, dormait de son dernier sommeil sur le tapis.</p> <p>Les 12 coups de minuit firent sursauter les derniers joueurs. Gene avance son pion, sort de la maison, arrive sur le quai de gare.  Mais c'est bien sûr... !!!</p> <p>Elle propose son énigme : l'inspecteur Moutarde, étalé sur le tapis, est mort empoisonné. Mais par qui ? Par lui même, c'est un suicide au co gniac gniac...</p> <p>Quant à la femme, Blanche neige, elle n'est pas morte dans la rue mais était déjà partie dans un autre monde avant de tomber de la fenetre. C'est la pomme, la cause, c'est bien connu, il y a même une histoire que l'on raconte aux enfants pour leur faire peur. Manger des pommes, qu'il disait ! Mais non, il ne faut pas ! C'est tout a fait mortel.</p> <p>Et dans la gare, le train arrive avec à son bord  l'inspecteur Mastic. Enfin sur le devant de la scène pour cette partie de cluedo, il fera son dernier faux pas à pied, en glissant... sur une peau de banane.</p> <p align="center"><font color="#990099"><strong>FIN (gniac gniac)</strong></font></p> <p><a target="_blank" href="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_LATOILE.2.jpg"><img src="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_LATOILE.2.jpg" alt="medium_LATOILE.2.jpg" style="float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px" /></a></p> http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/01/02/la-nouvelle-annee-ca-vous-inspire.html La nouvelle année, ça vous inspire ? http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/archive/2007/01/02/la-nouvelle-annee-ca-vous-inspire.html [email protected] (doro) Photos/Dessins Sat, 6 Jan 2007 11:07:04 +0100 <p><font color="#009900">Si ça vous dit, on continue l'histoire à inventer façon poésie-blogueur-à-partir-des-dessins-de-diego...</font></p> <p><font color="#009900"><strong>2007</strong>, ça vous inspire comme thème ? A vous de jouer !</font></p> <p><a target="_blank" href="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_bonne_annee.JPG"><img src="http://histoireainventersaison2.midiblogs.com/images/medium_bonne_annee.JPG" alt="medium_bonne_annee.JPG" style="float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px" /></a>BONNE ANNÉE !!! (bis, donc)</p> <p>Ter !<br /> (...)<br /> Terre ?<br /> (...)<br /> Oui, Terre ! s'écria le Bosco<br /> (...)<br /> Là haut sur son mât, la vigie n'en revenait pas.<br /> Ils avaient quitté 2006 par fort vent arrière, traversé un cap battu par les flot de bulles de champagne, affronté mille tempêtes sous les ponts chancelants et voilà qu'au douzième coup de minuit, les rivages de 2007 apparaissaient maintenant dans l'horizon naissant.<br /> Tout excités à la perspective d'aborder cette nouvelle terre, ils jetèrent alors la chaloupe à l'eau et souquèrent ferme en direction de la plage de sable blond.</p> <p>L'année s'annoncait sous les meilleurs hospices (ou version pierrot os pissent).</p> <p>Trente sept. Et là calme et douceur. Virginité. Ressenti d'apaisement. Joie intérieure et partagée, en silence par des regards. Osmose. Communication consciente d'un état de plénitude. Comme une récompense, la plage immense. Un trésor d'or et de lumière. Un aboutissement miraculeux. Respirer encore plus doucement. Evidence. Rester. Fonder cette terre.<br /> Trente sept Robinson.<br /> 1er lundi de l'année.</p> <p>Tout était à faire<br /> 37 robinsons, pas de robinsonne<br /> pas de parité<br /> du moins, pas encore...</p> <p>Et puis, elle est arrivée.<br /> Drapée dans une courte robe artisanale confectionnée de feuilles d'Ylang-ylang. Un collier de fleurs de tiare dans les cheveux. Des seins ambrés. De longs cils rebelles.<br /> Et elle est venue à leur rencontre. Tout sourire. Sans sourcilier.<br /> La paume des mains jointes en signe de bienvenue.<br /> - "Bonjour, comment-t'appelles-tu" ?<br /> Le premier des Robinson, sursauta à l'intonation de sa voix.<br /> - "Euh : ....."<br /> - "Vendredi", lâcha-t-il, se souvenant que nous étions effectivement un vendredi.<br /> - "Vendredi ?"<br /> - "Oui, c'est ça : vendredi"?<br /> - "C'est un beau nom, vendredi !"<br /> - "Euh, je ne sais pas. Oui, peut-être".<br /> - "Si, si, je t'assure. Ca évoque la veille de plein de chose".<br /> - "Ah ! Ah Bon ! Et toi ? Comment tu t'appelles ?"<br /> - "Moi ?"<br /> - "Oui !"<br /> - "J'm'appelle Jeudi".<br /> - "Jeudi ?"<br /> - "Oui , jeudi !"<br /> - "C'est un beau nom aussi, jeudi !"<br /> - "Ben oui, si tu le dis"...</p> <p>Et les 36 autres en un choeur magnifique<br /> Tous d'une même voix sans paroles écrites<br /> Mais dans un même élan lancent le générique :</p> <p>"Jeudi, comme t'es belle !<br /> Je dis : comme je suis ému<br /> Jedï, conquérant d'une nouvelle terre...<br /> Jeux dix fois trop dangereux ?<br /> Je dirai : as-tu 36 amies ?"</p> <p>Et les tente-six mâles, voyant 36 chandelles, se mirent à fredonner 36 chants d'elles.</p>