11.01.2008

Le rêve d'une énergie propre

Le progrès avance accompagné par la peur qu'il suscite.
Seules des périodes comme celles de la Renaissance ont vu la confiance prendre le pas sur les craintes.
Le débat, bien français, sur les OGM ou encore sur le nucléaire, témoignent de notre difficulté à entrer dans un nouveau siècle plein d'incertitudes avec l'allant culturel qui nous serait nécessaire.
Alors, il y a les adeptes de la décroissance, souvent d'ailleurs les mêmes qui sont attentifs au maintien de leur pouvoir d'achat - qui s'alarmeraient pourtant si leur emploi était menacé.
Dans ce contexte de doute, une bonne nouvelle vient de tomber et met la recherche française à l'honneur.
Pourtant, ce siècle démarre avec un progrès considérable nous rapprochant d'un rêve d'une énergie propre et abondante.

La dépêche AFP fait état de la levée d'"un obstacle à la production d'hydrogène à un coût acceptable" qui "a été franchi par une équipe de chercheurs français".
Celle-ci a réussi à produire ce gaz sans utiliser de catalyseur à base de métaux précieux comme le platine.
Ce catalyseur, qui libère l'hydrogène de l'eau, est à base de cobalt et son efficacité est "supérieure aux systèmes comparables renfermant des catalyseurs à base de métaux nobles", comme le platine, l'or ou l'argent, ont indiqué dans un communiqué les chercheurs, du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Les matériaux sont l'un des verrous les plus importants à faire sauter dans la production d'hydrogène car ils sont très onéreux.Dans moins de 20 ans, selon les spécialistes, l'hydrogène pourrait devenir une source d'énergie presque ordinaire dans notre vie quotidienne, du téléphone portable au chauffage des bâtiments en passant par les transports.

30.04.2007

La République des "Compromis durables"

Faut-il que nous ayons perdu une partie de notre sens commun pour que l’on puisse tenir pour une avancée démocratique un projet qui consisterait, ce qui est le projet de Mme Ségolène Royal ou encore d’Arnaud Montebourg, à définir la République comme le lieu de «compromis durables» alors qu’elle est, doit être, doit redevenir le lieu où l’on établit, librement, souverainement, les politiques qui servent, constamment, l’intérêt général.
C’est l’intérêt général qui, le cas échéant, commande à des compromis. Ce ne sont pas les compromis politiques, sociaux et corporatistes qui définissent ce qu’est l’intérêt général.
Il n’est pas indifférent de s’attarder sur ce point. Car c’est ce qui distingue la Ve République de la IVe que nous avons connu et de la VIe que certains promettent au peuple français comme étant la voie de la paix et de la résurrection nationale.
De Gaulle, dans son discours de Bayeux, le 16 juin 1946, a sans aucun doute su dire l’enjeu en quelques mots. Il l’a résumé, selon moi, pour longtemps.
« Des Grecs, jadis, demandaient au sage Solon : Quelle est la meilleure constitution ?
Il répondait : Dîtes-moi d’abord pour quel peuple et à quelle époque ?
Aujourd’hui, c’est du peuple français qu’il s’agit et à une époque bien plus dure et dangereuse ! Prenons-nous comme nous sommes. Prenons le siècle tel qu’il est.(…) Toute notre histoire, c’est l’alternance des immenses douleurs d’un peuple dispersé et les fécondes grandeurs d’une nation libre groupée sous l’égide d’un Etat fort ».

Que dire d’un homme qui avertit si bien un peuple entier, y compris dans sa postérité, sinon qu’il le rend deux fois tel qu’il est.
Nous sommes revenus à ce choix. Il se représentera souvent encore dans le futur et certains, toujours, trouveront plus facile de le diminuer à ses disputes, le réduire à l’administration démocratique des divisions, pour assurer sur le peuple un règne ordinaire propice au destin ordinaire.
Si nous ne parlons pas de la grandeur de la France, nous ne parlons pas de la qualité du rassemblement par lequel nous assurons le rayonnement de nos valeurs. Si nous ne croyons pas en la grandeur de la France, alors, il ne nous reste qu’à vaquer à nos occupations, à veiller jalousement sur l’illusion des acquis qui se désagrègeront.
Or, dans un monde qui est celui de la mondialisation, quelle nation, plus que la nôtre, manquerait à ce qu’elle est en renonçant à porter des valeurs et une ambition universaliste qui dirait, particulièrement, là où les démocraties sont meurtries ou défigurées, comment un peuple sait être uni.
La mondialisation nous demande d’être plus intelligents, créatifs, volontaires, solidaires, conscients. Elle nous demande de nous dépasser parce que les autres, la plupart des autres nations, sont dans le temps du dépassement.
La mondialisation nous pousse surtout à avoir une démocratie d’avance.
Elle ne peut reposer sur des archaïsmes. Elle ne peut reposer sur des utopies.

Il faudra que la candidate à la magistrature suprême, Ségolène Royal, qui vient de confier à monsieur José Bové une mission sur la «suffisance alimentaire», dise clairement ce qu’elle pense du «droit à la désobéissance civile» dont l’ancien candidat alter-mondialiste est un des porte-étendard, ce qu’il s’agisse des OGM, des reconduites à la frontière, ou encore de la centrale EPR au sujet de laquelle il a appelé à «démonter» les pylônes au fur de leur installation.
Lorsque le gouvernement De Villepin a créé le Contrat Nouvelle Embauche, la présidente de la Région Poitou-Charente a publiquement annoncé qu’elle supprimerait les aides aux entreprises qui embaucheraient des salariés en CNE. C’est une étrange manière d’être du côté du respect de la loi et du côté de la liberté des entreprises.
Etre réfractaire à la loi de la République, c’est être réfractaire à la République.
Le seul à pouvoir dire la régularité de la loi, c’est, en toute indépendance, le Conseil Constitutionnel. A défaut, la République devient celle du préjugé, de l’exaltation, de l’arbitraire et de la théâtralisation médiatique.
Le bilan du gouvernement auquel a participé Nicolas Sarkozy pourrait être meilleur mais l’action de ce gouvernement a permis de rapprocher l’Etat de ses fondamentaux et de regagner en performance et en cohérence.
La lutte contre le chômage, la lutte contre l’immigration irrégulière, les avancées en matière de logement et de définition d’un droit au logement opposable constituent des avancées significatives. La réforme des retraites, celle de la Sécurité Sociale, ont été entamées par ces gouvernements successifs.
La mise en place de LOLF, dont la mise en place a bénéficié d’un consensus, permet de mesurer l’efficacité des politiques publiques, de rendre des comptes à la nation, de redéployer et de corriger ce qui ne va pas avec la réactivité nécessaire. Il faut poursuivre cette œuvre pour restaurer une pratique objective du budget de la Nation.
Le budget de la nation redevient un endroit où un chat retrouve ses petits, où les gens peuvent voir pris en compte l’intérêt de leurs enfants. Un peuple souverain ne regarde pas que son intérêt car il y a peu du confort au conformisme.
Une grande nation, une nation digne porte en elle le souci d’un bien qui porte jusqu’à ses enfants, les valeurs qui les animent et les charges qui leurs sont imposées. Sa tradition, c‘est ce choix qu’elle fait par-dessus ses distractions, ses libertés, pour dire et maintenir qu’elle ne perd pas de vue, au gré des conjonctures, ce qu’elle sait être plus important que tout.
C’est la limite du contrat social de Jean-Jacques Rousseau dont dérive, d’une certaine manière, la vision et l’organisation de notre pacte social.
On peut se demander – les Français le font - s’il n’est pas invoqué abusivement au nom de la sauvegarde du «service public», de la nécessité de maintenir des privilèges qui seraient des avant-postes du progrès social promis à tous, et s’il représente aujourd’hui la coordination des intérêts particuliers à l’intérêt général.
L’efficacité de notre démocratie aurait été si grande et bénéfique si l’opposition politique et syndicale s’était affranchie des positions idéologiques fondées sur la défense d’un pacte social qui n’est plus représentatif ni sincère.
Nous aurions réalisé alors des réformes dont la seule question qui vaille est de savoir si elles sont nécessaires ou pas. Nous savons qu’elles l’étaient déjà en 1995.
Le bilan de la gauche, dans ce temps où la plupart des gauches européennes ont accompli leur mue, est là.
Il est lourd.

18.12.2006

Enrichir son pays

La vraie question, la seule peut-être, de la prochaine présidentielle, est une question que je me suis posé depuis 1996. Elle n'a que peu souvent cessé de me préoccuper depuis lors puisque d'une certaine manière j'y ai lié mon sort. C'est une vaste question, qui dépasse un individu bien sûr, mais, pourtant, seuls les individus peuvent y répondre, à leur propre échelle qui n'est pas celle nécessairement de l'invention géniale qui bouleversera les choses, mais qui est celle de la petite idée, du supplément d'implication, de la petite audace de l'apport que l'on fait à l'économie existante.
Lorsque j'ai quitté mon emploi, je me suis efforcé de mettre en place une entreprise selon l'idée que j'avais eu alors. Elle combinait mon expérience dans l'édition et le journalisme à un projet de micro-édition. A la faveur de la venue sur le marché d'imprimeries numériques permettant des rendus sensiblement équivalents à ceux de l'offset sur de cours tirages, j'avais projeté une entreprise dédiée à la publication de petits journaux familiaux, d'une ou deux pages, en quadrichromie, permetant de substituer au traditionnel faire-part une publcation plus riche en photos et éventuellement en textes.
Le marché pour ces publications devait être celui des naissances, baptèmes, fiançailles, mariages, noces d'or, d'argent, de diamant, etc.
Je n'ai pas eu l'espace ni n'ai trouvé l'environnement pour commencer de le faire.

J'ai essayé par la suite de réaliser quelque chose à mon échelle et, au cours de ces dix années, je me suis efforcé de promouvoir les idées que je pouvais avoir, par exemple
- en matière du déploiement d'une information à caractère vital, en soutenant le projet Ivigi
- en matière de services à rendre aux personnes qui déménagent en leur permettant de réaliser les opérations administratives, du public comme du privé, grâce à un service en ligne,
- en imaginant d'organiser, grâce aux nouvelles technologies d'internet et de la téléphonie mobile, un constat amiable électronique,
- en proposant la mise en place d'une application « Géoimmo » qui aurait permis à des professionnels ou des particuliers de faire géolocaliser leur bien de sorte que des clients potentiels puissent à un endroit déterminé lister les opportunités de vente ou de location
- en mettant en oeuvre, dernièrement, un site dédié à la mobilité médicale,
enfin, en construisant – ce qui constituait une sorte d'apprentissage sur le tas d'un langage informatique - un site destiné à permettre le traitement en ligne d'un service de commandes et de livraison ou mise à disposition de pizzas dans un magasin.

Ce ne sont que quelques exemples.
Lorsque j'ai choisi de renoncer à la facilité d'une carrière déjà toute faite et aux certitudes qui lui étaient associées, j'ai considéré que j'enrichissais mon pays. Même si je n'avais fait que quitter mon emploi en considérant que cette place ne m'appartenait pas dans un pays où la jeunesse est un petit peu sacrifiée sur l'autel des illusions et acquis sociaux, le fait même de me mettre dans le mouvement que j'avais choisi d'initier au plus profond de moi constituait selon moi quelque chose de précieux.
Là, à ce moment-là, j'ai été maltraité par lui, discrédité, nié dans ce que je considère être et avoir été le mieux que je pouvais lui apporter. Et cela constitue, je le dis et le répète, l'origine d'un sérieux contentieux.
Je suis navré de constater que cette conviction, je suis seul à la porter. Je ne dis pas cela pour faire valoir quelque sentiment de supériorité ni pour susciter l'empathie. Je le dis parce que cela est vrai et j'espère que, si j'avais continué à exercer le métier que j'ai pu exercer un moment, et auquel je dois d'avoir appris un tant soit peu à regarder l'état de choses, j'espère donc, que même dans une vie plus facile, j'aurais gardé ou acquis cette objectivité qui permet de distinguer ce qui donne de l'importance de ce qui est important.
Comment enrichir mon pays? Il me semble que c'est une question à laquelle je me suis efforcé de répondre régulièrement, avec mes propres moyens, forcément insuffisants, en fonction de ma position sociale, forcément peu enviable, en fonction de ma crédibilité, forcément entamée, en fonction de ma volonté, forcément éprouvée.
Je vis donc en dessous du seuil de pauvreté, par choix, ce qui signifie par conviction.
Mais je vis au dessus du seuil de cécité et au dessus de celui du fatalisme.


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La question des institutions.
Un président responsable. C'est ce à quoi les Français, qui raffolent, pour autant qu'elle ne les engage pas eux-mêmes, de cette notion, aspirent.
Cette notion de responsabilité mérite d'être approfondie au-delà des formules et des apparences. Je crains que ce goût pour une formule de gouvernance qui lui permettrait, devant le parlement ou de quelque autre manière, de sanctionner le président constitue pour le peuple français un moyen de surenchérir dans sa propre illusion démocratique.
On voit où elle l'a mené jusque là.
La maturité d'un peuple, par conséquent du modèle démocratique qu'il adopte, est fait aussi de la lucidité avec laquelle il s'apprécie lui-même.