11.05.2007

Au sujet de mon blog

Vous trouverez sur ce blog un ensemble de textes formant ma chronique au cours des dix dernières années. Je souhaite que vous en preniez connaissance pour ce qu’elles contiennent et, plus encore que pour leur valeur individuelle, pour ce qui traverse l’ensemble, l’expérience formée.
J’ai en effet la conviction que quelque chose sur la nature duquel il m’est difficile de me prononcer «traverse» le contenu que cela représente.
Je n’ai aucune prétention littéraire. Je n’ai jamais voulu écrire un roman de ma vie ni faire de ma vie un quelconque roman. Je me situe, si je devais le faire, bien avant toute fiction.
C’est à ce titre seul que je me sens dans l’obligation de réunir ces pièces et de les placer, à effet de conserver une trace de ce témoignage et de l’expérience singulière qu’il forme, ici sous l’éclairage de ce dernier propos.
Je n’ai pas grand-chose à dire en plus de ce que j’ai déjà écrit, que j’ai tenté d’écrire et de formuler.
J’avoue, même si je n’en manque pas, que le vocabulaire me manque pour expliciter ma relation au monde. Je crois qu’elle ne peut l’être, finalement, que par ellipse, par la poésie, par des éléments qui ne peuvent être que de l’ordre de la fulgurance.
Il manque à cette chronique deux ou trois éléments préliminaires que je souhaite préciser, non pas pour me livrer à un exercice d’introspection, mais pour finir d’étayer l’entreprise à laquelle je me suis voué.

1/ A un moment de ma vie que je crois être celui de l’adolescence, j’ai écrit au pape de l’époque pour lui signaler, et je crois que ce sont les mots que j’avais utilisé, « que quelque chose se passait dans mon cœur ».

2/ J’ai pensé comme une évidence et je le pense encore que la vie de l’esprit était le lieu d’un passage qu’on pouvait s’employer à désobstruer. J’ai très récemment entendu évoquer Plotin, sa théorie du cosmos et du destin, ainsi que sa doctrine de l’émanation à partir d’un seul esprit. Les Grecs étaient modernes.

3/ Deux dates clefs :

 1995, d’abord, avec les difficultés à réformer la France, le repli de son peuple dans un monde qui s’ouvre et présente, historiquement, des défis de progrès auxquels il est paradoxal qu’il ne veuille prendre une part active et se comporter de sorte de tenir son rang.
 Le 11 septembre 2001 et l’attaque violente portée par les djihadistes contre les Etats-Unis et, plus largement, la vision du monde qu’ils incarnent. Cette date marquera, selon moi, l’histoire comme étant celle à partir de laquelle s’est noué la condition d’un recommencement.

4/ La France est messagère d’unité. J’ai retenu, et conservé un article que Le Monde avait consacré, bien après que j’eusse énoncé cette affirmation, à l’étude des mystiques. Cet article faisait mention, parmi d’autres, du cas de Symphorose Chopin. Je reprends le paragraphe suivant:

La réputation de Symphorose Chopin devait pourtant se répandre dans certains cercles conservateurs. Henri d'Orléans, comte de Paris, prétendant au trône de France, entendit parler d'elle. Il souhaita la questionner au sujet de son avenir politique. Avait-elle un don de prédiction ? Toujours est-il qu'elle lui fit cette réponse républicaine : "Jamais vous ne régnerez, ni aucun de vos descendants. Dieu a sur la France d'autres desseins, car s'il n'oublie pas le passé, il ne veut pas que nous en soyons esclaves pour construire l'avenir."

5/ J’ai été approuvé par des signes. Je le dis malgré ma rationalité prégnante. Quelque chose existe. Par quelles voies y sommes-nous sensibles quand nous y sommes sensibles ?

6/ Printemps 1996. Je m’étais attablé sur la terrasse du Petit Moka et je lisais « La poétique du Zohar », Zohar qui dans la tradition est autrement appelé Livre des Splendeurs. J’ai soudain vu une minuscule araignée descendre au bout de son fil à la verticale du ciel printanier.
Je me souviens avoir vérifié et tenté de comprendre comment elle pouvait descendre à cet endroit et avoir dû me résoudre, compte tenu de l’absence d’attache matérielle, à considérer la chose sous l’angle de l’inexplicable.
Peu importait à mes yeux car dans la mesure où cette petite araignée descendait à la verticale du livre que j’étais en train de lire, je me suis demandé, où elle allait atterrir, L’araignée en question s’est posée sur le mot « unité ».


Je crois être allé jusqu’à relater cet épisode à M. Jacques Attali avec qui j’étais entré en rapport lorsqu’il a publié « La confrérie des éveillés » et que je constatais la place que Narbonne, ma ville natale, y tenait.
J’eus l’impression que son livre, fondé sur une rencontre romanesque entre Averroès et Maïmonide, m’attendait en quelque sorte, et je m’en suis ouvert à M. Attali. C’est alors que, dans ce mail, je lui mentionnais avoir lu, à sa sortie, son Verbatim et que je me permettais de lui soumettre pour lecture, beaucoup moins volumineux, le mien, intitulé Forum.
Il m’avait dit que le passage le plus beau, selon lui, était celui-ci :

*****

Dans le métro. Ligne vers Boulogne. Je suis assis sur le strapontin. En face moi, une jeune femme. Elle a un carnet. Un agenda. Elle écrit. J’imagine la pointe de son style aller et venir sur la feuille. Je la regarde réfléchir. Une pause. Ses yeux se lèvent, obliques, cherchant la suite de son idée. Elle doit être écrite au plafond, car c’est là qu’elle regarde. Je la trouve infiniment belle, là dans ce moment présent où elle poursuit son idée.
Je souris. Je prends moi-même mon bloc Je l’ouvre et j’écris. Je la regarde et je lui manifeste que je cherche aussi ce que j’ai à retenir de ce qu’elle m’offre. Je décris la scène, à la volée. L’hésitation de son écriture. La manière dont elle se fait tournure de son esprit.
C‘est un instant de complicité, apparue gênante parce que je vois bien qu’elle se demande si je ne suis pas en train d’écrire sur elle. L’esprit comme un obturateur : portrait de la jeune femme en train de réfléchir et d’écrire sur un carnet dans le train en marche.
C’est un instant confondant, surtout.
Cheveux châtains. J’écris qu’un instant elle m’apparaît comme la femme de ma vie. Que je sais qu’elle va disparaître, sous peu, se fondre dans la foule du métro, y être rendue à une autre existence que celle que j’ai discerné furtivement.
Je saisis l’or et les perles que je peux. J’en fais diadème et j’en coiffe son visage qui s’en va.


*****
Je lui ai répondu que le plus important tenait à cette phrase glissée entre deux paragraphes :
«


Nous entrons dans cette époque. Nous entrons en Renaissance. On avait prophétisé sa fin, mais l'histoire recommence. Qui peut s'en plaindre? Préparons-nous, au contraire, du mieux que nous pouvons, à la nourrir, à construire les conditions qui permettront au plus grand nombre, à tous, dans la société à donner et à jouir de ce qu'il apporte au monde.
On a beaucoup à faire pour le rendre humain. Beaucoup à faire pour le rendre prospère à tous. Beaucoup à faire pour le rendre sûr, et pour le rendre sûr, beaucoup à réussir pour le rendre juste.
Cela représente une tâche immense.


*****

Il faut faire remonter et situer la genèse au don infini de l'instant présent.

*****

A un moment de notre histoire qui n’est distant que de quelques voiles encore à lever avant de voir se réunir l’ensemble des nations que nous formons, il sera dit de nous que nous ne savions pas vivre en commun, profiter de ce que nous étions apte à être. Je vois des classes entières de gamins, là-bas, qui riront de nous, s’apitoieront de nos guerres, de notre folie, des divisions arides qui caractérisent nos temps modernes.
Il est déjà présent dans le cœur des hommes, ce Temps. Il fait leurs rêves. Il fait leurs idées. Il fait leur désespérance et leur espoir inusable.

»


C’est à ce niveau d’urgence, de perception et d’éloquence que je me place.
J’ai éprouvé très jeune le sentiment que le temps était une sorte d’idée fausse et que nous étions, ce qui n’exclut pas le vieillissement des cellules, la vie, la mort, le caractère périssable du physique, compris dans quelque chose de plus vaste, une sorte d’immobilité totale qui contient un certain nombre de passages et de mouvements dont celui que nous nommons temps.
Etant adolescent, je m’étais essayé à écrire quelque chose du point de vue de l’univers. Je ne l’ai pas conservé, bien que j’y eusse travaillé quelque temps, mais l’idée centrale ne m’a jamais quittée. Et quelque part en moi, ce point infinitésimal, difficile à rejoindre, reste un lieu de netteté.
Si je prends connaissance des dernières énigmes qui travaillent l’astrophysique, je mesure l’étendue de ce qui nous reste à comprendre. Il manquerait 93% d’énergie dans les galaxies pour expliquer leur dynamique par la loi de Newton. Ici, on parle, sauf à reconsidérer la loi sur la gravitation universelle, de matière noire pour désigner une force ou un ensemble de forces invisibles et, de notre point de vue, immatérielles.
L’humanité se prépare d’autres révolutions coperniciennes.

Je pense que j’étais là, au cours de ces années, pour porter et émettre en quelque sorte l’espérance d’une parole. Cette parole a quelque chose à voir avec l’idée que l’on peut se faire de Dieu, que j’entends, personnellement, comme le signifié permanent d’une histoire humaine qui doit s’accomplir comme elle doit. Après avoir rédigé notamment De la nature du IIIe Millénaire, ma conviction est d’avoir touché à cette obligation et de l’avoir exprimée.
Le reste ne m’appartient pas et tient à une exhortation : fondez mieux encore le monde.
La France y a un rôle.
Mon temps internet s’achevant, j’ignore quand je reviendrai m’adresser.

25.04.2007

Gl 581c

La découverte d'une planète baptisée Gl 581c « potentiellement habitable » dans le proche voisinage de notre système solaire est un véritable événement. D'abord, nul n'attendait si tôt une telle découverte. Ensuite, sa proximité – relative certes puisqu'elle se trouve à 20 années-lumière – permet d'imaginer que les caractéristiques permettant le développement de la vie ne sont exceptionnelles.
C'est une bonne nouvelle pour l'espèce humaine.
A 30 km/s, facteur 10-4 de la vitesse de la lumière, qui est l'actuelle vitesse maximale d'un « vaisseau » d'origine humain, il faudrait 20 000 années pour atteindre cette planète.
C'est peu et beaucoup.
Mais si la technologie spatiale humaine permettait de passer à 300 km/s, voire à 3 000km/s, vitesses dont il est difficile de penser qu'elles demeureront inaccessibles, alors ce troisième millénaire est celui où le mot universel prend tout son sens.
D'une certaine manière, ce que j'ai écrit, dans l'intervention intitulée De la nature du IIIe Millénaire, voir mai 2006, a trouvé en quelques jours deux confirmations que je n'attendais pas.

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09.02.2007

Ne demandez qu'à grandir

Cette élection présidentielle, et la législative qui la suivra, devront être, même à travers le suffrage de ses aînés, celle de la jeunesse de ce pays. Celle par laquelle nous lui offrirons un goût de l'avenir et des efforts qu'il suppose car s'il y a bien une chose qui est sûre, c'est que les temps à venir vont demander plus d'intelligence, de travail, d'imagination, que ceux que nous avons vécu jusqu'à présent.
Faire de chacun un acteur d'une histoire dont chacun sent, ou discerne précisément, en quoi elle lève de nouveaux enjeux majeurs qu'ils soient économiques, démographiques, énergétiques, écologiques, politiques ou encore sanitaires et alimentaires, constitue la vraie dimension de ce rendez-vous électoral, rencontre d'un homme, d'une femme possiblement, avec un peuple, en définitive d'un peuple avec lui-même.
Car telle est la finalité de l'onction du suffrage universel sur un seul (ou une seule).
Les épées de Damoclès sont au dessus de nous. Elles s'y sont multipliées. Elles le demeureront jusqu'à ce que, par nos comportements et nos résolutions, nous soyons parvenus, ce qui est la moindre chose que nous puissions attendre de nous-mêmes, à les dissiper.
Elles ne se dissiperont que si nous parvenons à établir les conditions qui le permettent.

Alors il manque quelque chose à cette campagne politique, si l'on en croit les sondages.
Elle en laisse plus d'un, plus d'une, dans l'expectative.
Ce ne sont pas les bons mots qui manquent. Ramages et plumages sont là et ce qui s'y rapporte aussi.
Ce ne sont pas les raccourcis, les outrances parfois, ni le désir des uns et des autres, légitime toujours, de voir réuni en son nom le maximum de suffrages.
Non, ce qui manque encore, c'est d'inscrire, au plus vite, cette campagne électorale et les enjeux qui s'y rattachent dans le monde qui est le nôtre, dans l'Europe que nous avions bâti, avec sa circulation de biens, de cultures, de peurs et de solutions.
Il n'y a plus de campagne politique franco-française.
Je vous fais grâce de ma conviction personnelle pour me placer dans une observation la plus objective possible.
A l'heure actuelle, ce qui n'est pas présumer de ce que nous réservent les semaines à venir, Nicolas Sarkozy est le candidat qui, dans son discours, dans son programme, dans sa manière d'aborder le corps électoral, dans son appropriation de l'idée de l'Etat, coïncide le plus et le mieux – parmi les candidats déclarés - avec cette attente de la nation qui avant de se reconnaître en tous comme telle vaquera encore sans doute assez longtemps dans un certain nombre d'autres mirages ou d'autres fantasmes.
D'ores et déjà, son discours sur la République et la revalorisation du travail – travail à l'école, travail professionnel, travail de création, d'exécution, de mise à niveau, etc - porte en lui le principe sur lequel nous devons nous déterminer.
Il fixe pour chacun la ligne d'un nouveau départ, d'un temps venu pour oeuvrer.

A l'inverse, Mme Royal, après avoir initialement parue être en mesure de porter une rénovation du paradigme socialiste, rejoint désormais pleinement l'infantilisation d'un discours demeurant, à mes yeux, celui d'un asservissement des citoyens à ses propres illusions, à son propre confort, à ses tics sociaux et politiques. Des fondamentaux historiques qui sonnent, même s'il subsiste autour des vivats et des clameurs, dans le vide.
De là sans doute, pour atteindre l'adversaire de l'UMP, un discours entretenant des peur, des danger, des phobies.
Le PS nous veut bien à l'abri dans sa couveuse, quitte à ensommeiller des ressources précieuses et des énergies indispensables. Demeurons sous l'auguste loi égalitariste dont le bénéfice patent est de générer ad vitam aeternam pour son profit rhétorique et politique son lot de requérant et de pétitionnaires aux cahiers de doléances et désormais aussi « de l'espérance » ouverts en tous points du territoire.
Plutôt que l'espérance, j'opte pour la réalisation et je ne l'inscris pas ailleurs que dans la vie de chacun.
Cela doit être amplement suffisant.

La République telle qu'elle doit être est celle de l'émancipation de chacun devant les défis. Elle est celle du réveil collectif et individuel. Certes, elle induit un degré d'exposition au risque, au changement, mais comme on ne peut pas être et avoir été, on ne peut pas indéfiniment faire semblant de vivre dans son temps et le refuser.
Oui, cette République induit un degré de confiance en soi, en ses aptitudes à assimiler des connaissances, des technologies, des apprentissages, dans un monde, dans une Europe continentale, qui n'a pas eu l'élégance de nous rejoindre dans les préventions idéologiques que la gauche française a tenté de lui imposer.
Elle doit le revendiquer.

La démocratie manque-t-elle? A entendre parfois les uns et les autres, notre pays souffrirait d'un déficit de démocratie participative, voire de démocratie directe.
En Languedoc-Roussillon,ne fût-ce que dans le choix d'une décharge pour les déchets – aux abords de Montpellier comme dans l'ouest audois – cela fait dix ans que l'enquête publique a commencé, qu'associations de riverains estent et se mobilisent, et aucune décision opérationnelle encore n'a vu le jour.
La démocratie participative, ou directe, porte en elle, me semble-t-il, son principe irrésolution et d'instabilité, comme le régime parlementaire portait en lui, concrètement, sa propre limite.
Il n'est déjà plus possible, sans dommage économique et moral, de continuer à ergoter sur le sens des mots, sur celui des institutions, à s'en remettre à un discours de lutte de classe qui n'en finit par de ronger ce qui demeure d'ardeur et d'abnégation, ni même de s'en remettre à une remise en cause de la Constitution.
La plupart des candidats potentiels – François Mitterrand en est l'illustration parfaite – ont souvent eu une manière de la voir de l'extérieur et une autre, une fois intégrée sa mesure, de l'intérieur de la charge et de ce qu'elle représente. La contradiction n'est qu'apparente.

Cette présidentielle permettra peut-être de clarifier ce champ et de rendre aux citoyens la charge qui leur appartient, même si elle peut être difficile à porter. Il convient de réapprendre cela, ce qui évitera peut-être à des mômes de banlieues de s'en remettre à des sous-préfets de banlieues avec leur administration « ad hoc ».
Il en va de la crédibilité de notre pays et, au delà, sauf à accepter une étape supplémentaire dans la vacuité, l'inefficience, de donner aux générations qui viennent, qui sont déjà là, autour de nous, un goût qui nous a quitté et sans lequel une nation se dissout lentement dans son mal-être, son contrat, son pacte, et leur proliférante et incessante redondance.
Sortons-en car ce n'est pas la cerise à leur mettre au dessus du gâteau de la dette et du poids à venir de l'assurance « vieillesse » et « maladie ».
Ne demandez qu'à grandir, vous serez toujours exaucés.
C'est ce que dit Ma République. Je n'ai jamais cessé, même à corps défendant, de l'entendre ainsi.
Alors, c'est vrai, je ne sais pas en quoi pourrait nous être utile et profitable une mystique de la République.
Par contre, je crois chacun suffisamment apte, à reconnaître en quoi une République qui a du souffle est préférable à une République- fût-elle démocratique – qui n'en a pas.
Le ciel, en définitive, est en train de tomber sur nos têtes de Gaulois et, pauvre de nous, n'est-ce-pas, nous sommes d'ores et déjà affectés au service de cette République dont j'ai l'impudence de dire qu'elle est mienne que pour être affirmer qu'elle est et doit être celle d'une large majorité.

08.02.2007

Libertés d'expression

Liberté d'expression.
Le principe de droit est intangible. Il est relativement facile à énoncer dans sa pratique et sa finalité. Il place chacun devant sa propre responsabilité de parole, de contenu ou de forme d'expression dans une société vivante et inter-réactive.
Les limites à l'expression de cette liberté sont fixées, non pas selon un ordre moral, mais d'une part par le caractère avéré d'incitation à la haine, à la violence, de l'injure publique, ou encore à la mesure et à la nature du trouble à l'ordre public, selon qu'il est manifeste, délibéré ou intéressé,
et, d'autre part, l'autocensure de chacun selon ce qu'il sait en quoi il peut heurter des croyances et des sensibilités communes ou particulières, pourquoi il s'en affranchit ou pas.

La foi.
Il est difficile de la caractériser.
Elle est elle-même, pour celle ou celui qui la vit, liberté d'expression et contient, par conséquent à cette aune, les autres, y compris celle, en caricature, pamphlet, essais, etc, qui la stigmatisent.
La foi est, par nature même, ubique là où elle siège.
Elle est donc « imprenable » à tout ce qui est sensé l'affecter, destiné à l'éprouver ou à la meurtrir.
La vivre dans sa réalité, c'est la situer là où elle est, dans ce qu'elle est.
Le principe de son droit est au-delà de l'intangibilité.

Justice
Cependant, il n'est pas illégitime d'appeler la justice sur ce qui peut être vécu comme une source de litige pour qu'il dise, en toute indépendance d'appréciation, un état de droit (statuer).
En vertu de la séparation des pouvoirs, le juge est à même de prononcer un jugement.
Quelque fois, il fonde jurisprudence et dit l'absolu de la loi. Plus souvent, il est circonstancié.
Le juge est libre, en conscience, de son expression ou, s'il se déclare incompétent, en non-expression.
Libre de son expression aussi.

.......

Comment ne pas parler d'Abidjan?
« Abidjan ».

07.02.2007

Esplanade des Mosquées

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Ceux qui, à la faveur d'un coup de pelle mécanique destiné à l'aménagement ou au réaménagement d'une « passerelle », transforment la religion du prophète Mahomet, en une aliénation se rendent coupables d'une trahison.
Toute religion est une libération et un guide vers la Vérité, à commencer par celle de chacun en propre formant, quand elle y accède, "procession".
Son exaltation se doit d'être scrupuleusement exercée, en sorte de ne pas obérer le discernement de celui qui la reçoit et de corrompre la continuité et unité du dogme.
Cela est vrai en Terre Sainte, propice aux multiplications de motifs de querelles et à l'exarcébation des haines, comme en tout autre.
Ce « service » de la foi est apostat.
Le feu dont trop se servent pour enflammer l'esprit et le coeur d'hommes, de femmes et d'enfants, particulièrement en ce lieu, n'appartient certainement pas à Dieu, ni à son idée.
S'il n'appartient pas à Dieu, ni à son idée, à qui, à l'idée de qui, appartient-il?
Le nom du prophète, ici, ne doit pas être prononcé, pas même pensé.
De loin en loin, c'est-à-dire de proche en proche à échelle humaine, la Palestine et Israël forment deux nations distinctes dont l'existence est mutuellement – et fructueusement - garantie l'une à l'autre. Ce qui se passe dans l'intervalle séparant de telle échéance est aberration.
Personne n'est assez puissant, ni bruyant, pour entraver, au définitif, cet aboutissement.


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06.02.2007

Métaphysique de la Politique

Sans vouloir m'étendre sur le sujet, je ne partage pas la vision de la plupart des commentateurs à l'égard de la double présidence de Jacques Chirac. En écoutant, hier soir, lundi 5 février 2007, le candidat Nicolas Sarkozy et en considérant la maîtrise républicaine dont il a fait preuve, je ne pouvais pas m'empêcher de considérer que cette éclosion est certes le fait propre du candidat, mais que l'environnement qui lui permet d'avoir désormais l'emprise qu'il a, s'inscrit dans la continuité de la double présidence Chirac.
La président de la République sortant a eu fort à faire pour maintenir la cohésion d'une République assaillie de toutes parts au cours de ses deux mandats.
Très fort à faire.
Je me dois de préciser qu'il n'y a pas l'ombre d'un soupçon de sentimentalisme dans mon propos.
Il y a juste le produit de mon analyse personnelle se fondant sur ce dont j'ai été le témoin au cours de cette période.


Eich bein eine Berliner... Les mots de John Fitzgerald Kennedy sont plus qu'une invention de communication. Ils marquent notre aptitude au plus haut et plus utile degré d'empathie.
Nous n'étions pas tous, au lendemain du 11-Septembre 2001, des Américains. Mais nous étions en nombre non négligeable à nous sentir meurtris, touchés dans la chair, marqués au fer rouge des attentats terroristes.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois, en nombre non négligeable des Irakiens.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois, en nombre non négligeable des Coréens du Nord.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois, en nombre non négligeable des Iraniens, tyrannisés par la forme la plus abjecte du nationalisme.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois, en nombre non négligeable des Afghans et des Afghanes soumis au régime des Talibans.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois, en nombre non négligeable une nuée d'apatrides affamés au Darfour.
Aujourd'hui, nous sommes encore, je le crois.
Aujourd'hui, nous commençons à être.
En nombre non négligeable.
Un monde.

05.02.2007

Razzias en Irak

L'Irak demeure plongé dans la barbarie fraticide, à laquelle les forces d'Al-Qaida n'est pas étrangère.
Dans ces conditions, le gouvernement chargé de sauvegarder, au milieu d'un tel chaos et d'une telle confusion, l'unité de la Nation paraît désemparé et désarmé.
Les différentes factions à l'oeuvre, guidés par les ressentiments inter-confessionnels, attisés par des puissances rivales et voisines, se livrent sans retenue au dépeçage de ce qui demeure d'espoir d'un Irak uni territorialement.
Leurs coups de boutoir sont indécents et insupportables.
La tragédie est là, dans la certitude ou la résignation des uns et des autres, composantes de l'Irak, à imaginer que la paix, même lointaine, se trouvera dans une partition et des frontières séparées.
Ce calcul, pour des raisons stratégiques différentes, il est patent que Al-Qaida, que l'Iran, que la Syrie, le font également, incitant chacun à se précipiter au désastre.


Al-Qaida, intéressé pour ses propres raisons à l'effondrement sanglant de l'Irak, s'est empressé d'affirmer sa patte dans cette nouvelle série de tragédies visant la communauté des Chiites et des Kurdes tandis que les autorités de Bagdad accusent les « combattants sunnites ».
Ces opérations n'ont qu'un but: amener les Irakiens, quels qu'ils soient, à se détacher de ce qui pourrait survivre encore eux de l'ambition d'une Nation unie, à se laisser aller à l'exaspération.
Il n'y aura pourtant pas plus de paix dans une partition de l'Irak qu'il n'y en a dans l'unité de la nation. La partition serait un saut dangereux dans l'inconnu, multipliant par trois – sachant ce à quoi, une fois consenties, les lois de l'épuration ethnique et confessionnelle peuvent conduire - ce qu'il est sensé résoudre.

Le gouvernement régulier d'Irak, après les derniers attentats perpétrés, a accusé nommément la Syrie de ne pas contrôler ses frontières derrière lesquelles se fomentent les attentats et s'organisent les raids meurtriers.
Damas tente de se dédouaner, en faisant valoir sa difficulté à contrôler une frontière de plusieurs centaines de kilomètres dans le désert.
Ses autorités font le parallèle avec la difficulté d'une puissance aussi développée que les USA à contrôler les flux migratoires en provenance du Mexique.
L'objection ne tient pas.
Ce n'est en rien un argument de bonne foi.

On a envie, tout de même, de demander à la Syrie si elle ne prend pas son monde pour un imbécile.
En effet, la comparaison est peut-être convaincante du point de vue de la logistique, elle ne l'est pas du point de vue du renseignement, encore moins de la nature des infiltrations en cause.
Il n'y a rien de comparable, en effet, entre des groupes armés lançant des razzias à partir d'un pays, repérables si tant est que l'on dispose – ce qui semble être le cas de la Syrie – d'une police politique et d'un renseignement qui ont déjà fait la preuve en quoi ils pouvaient être "aguerris", avec les mouvements totalement aléatoires, imprévisibles qui peuvent pousser individus ou familles à émigrer clandestinement.
Dans ces conditions, la réponse fournie par Damas est insatisfaisante et le régime du président Bachar El Assad doit être conscient qu'il ne sauraient duper personne trop longtemps.
Attention: le cynisme est une arme à double tranchant.

Les présomptions étant, dans cette région du monde, ce qu'elles sont, ce qui est valable pour Damas l'est également pour Téhéran et (ou) toutes forces contribuant à la déstabilisation de l'Irak, ou entravant son redressement.

J'ai envie de le dire, donc je l'affirme.
Globalement, la paix est le meilleur facteur de convergence et de croissance.
On ne la sapera pas, on ne la sapera plus, sans conséquence.

En audience pure,
en audience absolue,
je tiens les parties prenantes susmentionnées informées.
Leur parole contient la formation de la mienne.

South of France, south of...

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Comme Charles Trenet, j'ose dire que j'aime la publicité.
Isabelle m'a dit, aux soirs de fous-rire tardifs, un adage dans la langue de ses grands-parents:
« Un cop de vi pur, fa durmir segur » (phonétique)
La publicité remet parfois les choses en pertinence.
Alors, contribution possible au Vins Sud de France,
une campagne publicitaire pourrait mettre l'accent sur l'utilité de la générosité du produit, l'utilité du plaisir induit par le produit.
J'imagine des axiomes publicitaires tels que celui qui mettrait en != un comprimé bleu et un repas aux chandelles perdu dans le paradis pourpre ou grenat d'un verre de vin,
ou encore, en pertinence avec les troubles du sommeil (ou de l'insomnie) qui affectent nos compatriotes et, généralement les urbains, qui mettrait en != un cachet de somnifère et un verre de vin rouge rosé ou blanc, philtre du bon sommeil.
J'imagine un axiome viti-vinicole chromatique, tel une équation au premier degré, dans lequel s'illustrerait un alchimiste à la recherche simultanée de la rose pourpre du Caire, de la Rose Noire et du vin bleu.
Je ne suis pas graphiste.
Je le regrette.
Je m'emploie sur le code.
A Paris, peu avant sa fermeture pour des travaux de rénovation, j'avais eu le plaisir d'assister à une conférence pluri-disciplinaire au « Théâtre de l'Odéon – Théâtre de l'Europe ». J'avais bu, sur le sujet publicitaire, les paroles de Mme Mercédès Era.
Des-altérante.
Au fond du parterre, je me souviens avoir eu envie de prendre la parole. Heureusement, je ne l'ai pas fait.
Corrolaire à la loi Evin:
Comment faire aimer un produit?
En le rendant « aimable ».

Pire que de se tromper d'arme, se tromper de combat.

Why not, des joailleries USB en forme de croix, de croix de David, de croissants, en forme de tout?

/Portable Document Format

04.02.2007

Encapsulated Postscript

---------------Encapsuled Post Script

A Marie-Pierre,
à July
à Marie-Christine,
à Myriam,
à inconnue de plage,
à Nassera,
à Audrey,
à Laetitia,
à Claudia,
à toutes autres
A ma mère,
à toutes autres
à Claudia,
à Laetitia,
à Audrey,
à Nassera,
à inconnues diverses,
à Myriam,
à Marie-Christine,
à July
à Marie-Pierre

---------------Encapsuled Post Script
(All trade marks are property....)

Voeu pieu

---------------Portable Document Format

Une chronique publiée dans Libération de Daniel SCHNEIDERMANN , en janvier 2005, avait attiré mon attention.
Il signalait comment, quelques jours avant la chute du mur de Berlin, l'ancien maître de la RDA avait lui-même annoncé au cours d'une conférence de presse la chute du mur sans que les journalistes présents aient, au moment où ces propos furent tenus, mesuré la révolution que cela représentait, s'en tenant à une routine des faits.
Il est toujours aussi difficile de savoir où et quand tombent précisément les Murs de Berlin?
Etait-il à Bagdad, lorsque, en 2003, le régime de Saddam Hussein s'est effondré et que ses statues furent déboulonnées?
Cela serait surprenant?
Est-il ailleurs sous la forme à naître d'un mur qui serait lui-même à faire tomber?
Je n'en suis pas sûr?
Chaque mur est neutre en lui-même.
Ne doit être pris en considération que la cause à l'origine du mur.


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Il est vrai que dans le contexte de l'élection présidentielle, ces considérations peuvent souffrir de la comparaison.
Il y a pourtant le succès mémorable, en terme de cohésion intergouvernementale et de promesse de prêt, de la Conférence Paris III dédiée au Liban;
l'implication nette de l'Arabie Saoudite dans les différends moyens-orientaux,
en filigrane l'apparition du Premier ministre du Hamas en habit traditionnel d'Arabie et couvert de la coiffe traditionnelle des Séoud (j'en ignore le nom),
il y a l'organisation de la rencontre des deux protagonistes de la montée de la violence intra-palestinienne, mardi à La Mecque,
Il y a la conférence du GIEC sur le climat, organisée à Paris, mais dont le retentissement est planétaire, les Etats-Unis ayant souscrit à la nécessité de réduire la production de CO2 et l'ONU ayant, par l'intermédiaire de son secrétaire général, exprimé sa disponibilité structurelle et morale.
Le président de la République a eu raison de parler de « révolution » et « de seuil de temps nouveaux ».
Il est dans le vrai du potentiel des « avènements ».


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Chaque certitude ne vaut que pour un jour. Elle est donc à renouveler le lendemain.
Mais il se passe, enfin, des choses importantes dans le monde en cette année 2007.
Trois faits récents supplémentaires retiennent mon attention:
L'un s'inscrit dans le jeu des grandes puissances visant à neutraliser le risque de prolifération nucléaire militaire.
Dans le bandeau défilant d'un chaîne d'info continu, une information brute. De mémoire, donc imparfaitement: La Russie a déclaré comme «étant contraire à son intérêt vital» le développement d'une Corée du Nord disposant d'un arsenal nucléaire.
J'y entends un message on ne peut plus explicite.
La Chine a dû l'entendre.
Elle a un rôle direct à jouer auprès de ce régime obscur et encombrant.
Kim Jong-il aussi. A moins qu'il n'ait sombré de manière irrémédiable dans l'ab-sourdité.


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Le second, aussi subreptice, tient à l'annonce faite par le Pakistan d'assurer l'imperméabilité de ses frontières aux Talibans.
(
Anthropologie: Par ici, dans des circonstances orageuses, on attribue à la « limonade » de pouvoir être méchante. Cela ne peut manquer de paraître « fort de café »
)
Le troisième, enfin, est relatif au déplacement de Monsieur Dominique de Villepin à Sofia.
Nous ne sommes pas, certes, dans le même ordre d'importance.
Nous sommes dans le même ordre de cohérence.
Le Premier Ministre a dit au nouveau entrant la détermination de l'Europe pour permettre une libération des infirmières bulgares condamnées à la peine capitale par la justice libyenne dans un procès dont l'iniquité est dénoncée par la majorité des observateurs neutres.
Le fils du guide de la Jamahiriya a laissé entendre, il y a quelques jours, que l'évolution du sort des condamnés pourrait être « soldé » par des réparations du préjudice subi par les victimes, et la libération de quelques uns de ses propres ressortissants.
Il est difficile de ne pas mettre en parallèle ce procès avec la condamnation de la Libye à verser des dommages et intérêts aux victimes pour la responsabilité qui a été la sienne dans l'essor du terrorisme et ses crimes (Ténéré, Lockerbie).
L'application de cette condamnation semblait marquer un retour progressif aux conditions d'une normalisation avec cet puissance.
Je suis convaincu que l'instruction et le procès relatif à chacun de ces attentats monstrueux, en France comme en Grande-Bretagne, n'ont pas été des simulacres.
Une justice simulacre signe un Etat simulacre.
Tout se retiendra dans ce nouveau temps.
Et chacun répondra.

La force d'un « voeu-pieu », planté en quelque endroit, est d'entraîner tout autour de lui.
En cela il est pieu. En cela il est voeu,
comme il s'enfonce,
Là où il est attendu qu'il le fasse.
A l'égal de sa forme, en apparence mouvementée, dans le Shaolin et l'Aïkido.

Acte 0: Entre le 11 septembre 2001 et son lendemain, je situe un homme qui au milieu des décombres fumants du World Trade Center, sauf au bombardement cognitif causé, assura planter au milieu du chaos ce qu'il soutint être son impeccable certitude.

Pourquoi?
Parce que personne ne dit ce que tout le monde veut entendre.



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