14.04.2008
Elément de conversation
...(...)...La crise alimentaire n'est pas encore le fait d'une crise de pénurie, c'est-à-dire ressortant d'un décalage abyssal entre offre et besoins. Il n'en demeure pas moins vrai que si l'offre augmentait, les tensions y compris spéculatives – sur les prix se détendraient.
Cela engendrerait alors une autre crise: celle de la viabilité des exploitations agricoles et de la chaîne de l'industrie agroalimentaire tout aussi redoutable que la première, puisque nous entrerions alors dans une économie anarchique de la subsistance, avec ses avatars que sont le chômage pour les personnes qui participent à cette économie vitale.
Eux aussi, au divers intermédiaires qui sont les leurs, sont fondés à défendre leur intérêt.
Or, l'agriculteur, le producteur, n'est pas moins fondé que les consommateurs, ayant payé le prix de ses semences, de leur plantation et de leur entretien phytosanitaire, supporté les charges d'exploitation, elles-mêmes impactées par le renchérissement des produits pétroliers, les taxations, ensemble auquel est retiré d'éventuelles subventions, à aspirer récolter un bénéfice régulier de son travail, qui sanctionne, sans être le seul élément à devoir le faire, la dignité de son métier qui consiste d'abord à nourrir la planète, même si elle commence et s'arrête à son marché de proximité.
Le consommateur, à l'autre bout de la chaîne, aspire lui, légitimement, au pouvoir d'achat qui lui permet de se nourrir, d'avoir une alimentation suffisamment riche et variée sans obérer sa capacité à se déplacer, se cultiver, entretenir sa vie en société.
Or, comment se pourrait-il que l'agriculteur consente à un rééquilibrage des conditions du marché quand celui-ci entraînerait une dévalorisation de ce qu'il y introduit au risque de remettre en péril son intérêt même sur ce marché? Cette question est celle qui régulièrement se pose aux membres de l'OPEP appelés à augmenter le niveau de la mise sur le marché pour enrayer la hausse des produits pétroliers.
Les deux « univers », tout différents qu'ils soient, obéissent à des normes identiques. Ils sont aussi, clairement, dans un marché mondial qui, lui même, en raison de l'accroissement démographique et de la concentration urbaine est à appréhender différemment. Un ventre qui a faim est le même qu'il soit dans une concentration urbaine ou dans une campagne, mais cela n'a pas et n'entraîne pas, que l'on soit au Caire, à Haïti ou à Castelnaudary, les mêmes effets dévastateurs.
La différence la plus notable, finalement, tient aux composantes qui font le cours du blé, du riz, du maïs, etc, eux mêmes influant sur le cours de la viande, de l'oeuf, bref de la filière assurant à partir du végétal et des céréales, un transfert vers l'offre en protéines animales.
L'économie pétrolière est plus simple à appréhender, même sur la base d'une ressource « finie » dont on sait, malgré l'éventualité de la découverte inévitable de gisements nouveaux, qu'elle n'est pas renouvelable.
L'impact de l'économie pétrolière et de ses dérivés sur l'économie vivrière est aujourd'hui considérable voire insoutenable pour les populations les plus défavorisées économiquement et, d'une certaine manière, doit conduire à renouveler la réflexion sur les filières, y compris dans le domaine des pertinences fiscales et parafiscales, et l'ouverture des marchés agricoles internationaux, qui constituent un des blocages du processus de Doha au sein de l'OMC.
J'ai, il y a quelques jours, effectué la saisie dans une base de données d'un certain nombre de compléments alimentaires pour divers bétail à la demande d'une entreprise.
J'ai été surpris de voir qu'un certain nombre de ces « compléments » étaient taxés à 5,5 % tandis que d'autres, la plupart, l'étaient à 19,6. J'avoue ne pas avoir saisi la subtilité s'agissant de produits destinés in fine à satisfaire un besoin vital: l'alimentation en protéine.
Je me demande, et j'essaierai de le regarder, si cet effet fiscal se trouve dans d'autres domaines.
Cela pourrait être le cas, et cela ne serait pas neutre, ceci étant à rapprocher, car nous sommes toujours dans le même paradigme alimentaire, de la situation des marins-pêcheurs, sévèrement placés sous le joug de la consommation en hydrocarbures (fioul) de leur flotte. J'observe ici que si Boeing est parvenu à faire voler une aéronef pendant une heure à partir d'une source d'énergie liée à la pile à combustion, il ne fait guère de doute qu'un jour prochain des flottes maritimes puissent sillonner les océans et les mers à partir d'une ressource économiquement, et écologiquement, satisfaisante. Mais il y a tout cet "entretemps" a résoudre...
La France a, sans doute, un travail à effectuer en matière de « fluidité » du raisonnement fiscal appliqué à l'ensemble de ses filières agroalimentaires d'une extrémité, le producteur, à l'autre: la bouche qu'il convient de nourrir, partout.
Mais dire aujourd'hui, la France a, c'est dire l'Europe a.
Et même dire l'Europe a, c'est dire le monde a.
je concède que ma réflexion est très rudimentaire.
...(...)...
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Elément de conversation
...(...)... La crise financière n'est-elle pas, avant toute chose, une crise de confiance? S'il est difficile de la restaurer précisément et de manière exhaustive dans le périmètre où elle a surgi - l'immobilier -, il me semble que les instances internationales, au delà même du FMI, devraient engager - ce qui est à l'oeuvre déjà, peut-être - un processus pour regagner du potentiel de "confiance".
L'effondrement du "crédit" causé par le subprime ->si j'ai bien compris: des emprunteurs victimes d'un emballement financier et incapables désormais d'honorer leur créance, tandis que la valeur de leur bien ne permet plus à l'établissement prêteur de sauver "ses" propres meubles, à cet endroit, doit impérativement être "compensé" par l'établissement d'un nouvel état de confiance.
Il ne doit pas être impossible à réaliser: nous vivons une ère économique florissante (même si elle comporte des contradictions et, comment cela pourrait ne pas être le cas: un arbitrage constant entre avantages et inconvénients), avec un degré d'échanges commerciaux, culturels, élevé.
Il n'y a nulle part sur terre, signe tangible de décadence de civilisation. Sauf, peut-être, du côté de..., pas de chez Swann.
La crise du subprime, toute inquiétante et dramatique qu'elle soit humainement, n'est pas apte à boucher l'horizon, sauf si nous le réduisions à cette portion et décidions de tout y ramener. Si cette crise parvenait, par cascade, à entraîner le monde dans une paralysie, c'est que nous n'aurions pas su valoriser et redéployer ce qui doit l'être.
Nous aurions manqué alors de discernement et, probablement, fait un mauvais usage du libre-arbitre..
Maintenant, je veux bien considérer que ce risque là est grand et extraordinairement concret et qu'il se présente sous des formes variées et parfois exultatoires: crise du Tibet - menaces - dieu merci farfelues - de boycottage de produits chinois entraînant de semblables menaces dans l'empire du Milieu, faim dans le monde et renchérissement des matières premières vivrières/débat sur les OGM, changement climatique/débat sur l'énergie, etc. etc. etc.
Les peuples, car le mot leur revient, et leurs gouvernements doivent, rapidement, sur des thèmes aussi stratégiques et vitaux pour leur avenir, définir des horizons et s'y tenir. Ce crédit là, c'est n'est pas la mise en oeuvre de la planche à billet.
Malgré les tempêtes qui s'annoncent (voir prédictions du PAM Programme Alimentaire Mondial), l'humanité entière dispose des outils pour surmonter la période.
Pour arriver à un port, il faut définir sa route, se donner des repères et même disposer d'une planche cartographique.
L'économie financière a, et quand on lit les réflexions qui émanent de leurs responsables éminents, c'est indiscutable, du ressort. Mais leur ressort n'est que peu de chose si les raisons de la confiance - qui sont là, toujours - sont négligées au profit de celles de la défiance, qui elles aussi sont toujours là.
Je me mêle toujours de ce qui ne me regarde pas.
Peut-être parce que, au fond de moi, si je porte mon regard sur ce problème parmi d'autres, j'ai l'impression qu'il me regarde....
....(....)....
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12.04.2008
Sanctuaire
Fait remarquable: que ceux et celles qui ont appelé, en France, à la "sanctuarisation" de l'Education nationale soient les premiers, si souvent, à violer eux-mêmes le sanctuaire dont ils ont la charge.
Après quoi, tout est possible, audible et, comment dîtes-vous?, ha oui, opposable.
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