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23.05.2008

La jacquerie n'est pas supportable

On peut comprendre l'exaspération des pêcheurs français compte tenu de leur difficulté à vivre de leur métier. Pour autant, un certain nombre d'actes de vandalisme, de vols, de violences, sont intolérables et ne correspondent pas tout à fait à des débordements. Quand il s'agit de voler et de distribuer les poissons des étals dans les grands magasins, chez les grossistes ou de procéder à la distribution gratuite de carburant dans des stations, on est dans la jacquerie.
Elle peut avoir des aspects sympathiques aux yeux de certains de nos compatriotes par effet de transfert, mais n'aboutit à rien.
Les pêcheurs doivent reconnaître que l'effort accompli par le gouvernement est exceptionnel, car il l'est. Dès lors, le maintien de barrages, le blocage de dépôts de carburant, toutes mesures destinées à élargir la protestation risque de se retourner contre eux car si la situation de la pêche française est aussi désastreuse qu'elle semble l'être, cette profession ne peut pas s'exonérer de responsabilités qui lui sont propres et tout imputer à l'Europe ou à la France.
Il faut arrêter de prendre les Français pour des imbéciles.
On est prompt à le dire aux gouvernants, parce qu'il n'y a pas cible plus facile et que c'est la nature des gouvernants que de servir de punching-ball.
Mais il faut aussi savoir le dire, et avoir l'honnêteté de le penser, aux pêcheurs. Nul ne peut être insensible à leur difficulté, refuser qu'ils puissent bénéficier de mesures sociales appropriées à la spécificité de leur profession, mais aujourd'hui la radicalité de leur action se situe dans un registre qui n'est pas acceptable.
360 millions d'euros, dont 40 millions d'euros au titre de la compensation "sociale" du surcoût du carburant sur le revenu net des salariés, quand même !

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