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15.05.2008

The invasion of giant tomatoes

Il est temps - le Festival de Cannes ayant été lancé et affichant une ambition politique inouïe - de rendre service à l'industrie cinématographique européenne et de lui fournir toute une veine de superproductions à venir.
Hollywood n'a-t-il pas traduit, un temps, l'ensemble des angoisses américaines face aux rouges, en transférant cette peur dans un registre de science-fiction d'intrusions et d'invasions extra-terrestres, la Guerre des Mondes, etc.
Cette corde est élimée, mais nous avons la chance, désormais, de pouvoir développer des scénarios authentiquement originaux à partir des OGM. Je songe déjà à un scénario pour l'invasion des tomates géantes. Tout y serait, la multi-nationale capitaliste dévoyée en contre-champ, la première victime et l'ensemble des phobies (insectes et végétaux), le héros anti-conformiste, secrètement militant.
Cela débuterait ,disons, en introduction par « Il était une fois... ». Ha non , pardon, ce n'est pas ça... Le script débuterait par une scène ordinaire, dans un jardin collectif, en bordure d'un tranquille ruisseau, dans une ville de province banale. Le lieu, par excellence, où jamais rien se passe (comme dans « Les Dents de la Mer »).
Un brave retraité cultivant son potager aurait fait devant ses amis une extraordinaire découverte qu'il s'empresse de partager. Ses tomates se révéleraient bien plus grosses que celles qu'il obtient ordinairement. Il est sûr, l'inconscient, de pouvoir épater toutes ses connaissances en obtenant auprès du canard du coin la publication, dans la rubrique de l'extraordinaire, de cette image.
Là, le brave homme, Disons Roger ou plutôt Roger Disons, tout à sa fierté d'avoir eu main si verte, demande à ses amis de le prendre en photo devant les grappes de tomates, d'un rouge éclatant, et on le devine déjà, traître (le rouge traître est une couleur à part entière). La scène est anodine, malgré le vent, la plante ne frémit pas et semble figée comme un fauve à l'approche de sa proie.
Mais le spectateur, averti par la musique qui vient incidemment de se lancer, devine que le drame est proche et qu'il sera quasi-insoutenable. Il est, hélas, le seul à en être conscient et entre l'écran et lui, il y a un mur infranchissable qui ne permet pas, à l'inverse de ce qui se passe dans « La Rose pourpre du Caire », d'interpeller l'individu sur le danger qui le menace et de lui venir en aide.
Car les tomates, tout à coup, dévorent l'individu. C'est un carnage. Pire, une vengeance de la nature en colère...
Le drame cause un traumatisme considérable dans la communauté formée par la population de cette ville paisible. Les rumeurs vont bon train.
L'affaire, bien sûr, est étouffée. Les médias parlent, compte tenu de l'état de la victime, d'un accident exceptionnel, causé par un motoculteur fou. Des chercheurs, dépêchés sur place, protégés des masques à gaz et des tenues de protection ABN, ont gelé le périmètre et prétendent que la tenue qu'ils portent leur est imposée par la directive 225- alinéa 3 de la Commission Européenne sur les accidents en milieu potager.
La plupart des gens le croient.
On s'aperçoit alors, que le jardin a subi une contamination trans-génétique inexplicable et que ce n'est que le prélude à l'extinction de masse des humains qui, comme le dit la journaliste tenace, engagée auprès d'une organisation non gouvernementale, qui réalise la contre-enquête et révèlera le pot-aux-roses, ont «voulu jouer les apprentis-sorciers».
En effet, les tomatiers ne sont pas seuls à avoir subi une bien étrange mutation. Non seulement un gène inconnu a développé au delà de toute raison leur taille moyenne, mais, certains caractères jusqu'à présents réservés aux plantes dites carnivores, ont migré vers les plantes jusque là considérées inoffensives.
Les humains parviendront-ils à stopper l'invasion des tomates géantes alors que partout, telle une génération spontanée, l'espèce prolifère, rendue endurante aux herbicides, insecticides, au feu, à l'eau, et même à la neige carbonique ?
Je ne déflorerai pas davantage cette maGnifique et palpitante histoire.

Laissez-moi conclure cette séquence cinématographique en faisant amende honorable : un scénario aussi manichéen que celui que j'ai énoncé n'aurait aucune chance de connaître, même au titre de fiction, quelque succès que ce soit.
Nous sommes, en effet, au coeur d'une patrie cartésienne.

17:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OGM

"Régime artificiel"

« Les peuples de la région haïssent ce régime artificiel criminel et si la moindre occasion leur est fournie, ils déracineront ce régime », a déclaré hier le président Mahmoud Ahmadinejad en faisant référence à Israël. « Elles (les grandes puissances) doivent savoir que le régime sioniste agonise », a ajouté M. Ahmadinejad lors d’un discours à Gorgan dans la province du Golestan, dans le nord d’Iran, retransmis par la télévision d’État. À propos des célébrations sur la création de l’État hébreu, il a déclaré que « cette fête d’anniversaire est celle d’un mort ».

M. Ahmadinejad attise donc, toujours, la haine contre Israël croyant tenir là le puissant levier pour coaguler un partie des nations arabes en vertu d'une mythologie de la libération qui possède dans le Hamas et le Hezbollah, qui s'est arrogé le titre de champion de la cause, en 2006, en décrétant sa "divine victoire" , de scrupuleux relais.
Mais M. Ahmadinejad fait fi de quelque chose de plus puissant que la rhétorique employée, usée jusqu'à la moelle.
Il fait fi de l'Histoire et de sa propre force, et cela constitue une erreur grossière de la part d'une aussi grande nation que la nation découlant de la Perse.
En vertu de cela, le régime artificiel est celui très probablement, qui use lui-même, au point de se confondre avec, des artifices verbaux.

L'histoire s'accomplit par les nations, libres, dignes, et l'intelligence des hommes, plus que par des nations aveuglées et asservies, et la haine de hommes.
J'ai, un jour, posé sur le site de la Maison Blanche, au moment où l'armée américaine s'apprêtait à éradiquer l'insurrection armée à Falludja, en 2004, il me semble, une intervention dans laquelle je souhaitais attirer l'attention de M. Bush sur la nécessité d'éviter d'exercer une violence aveugle sur Falludja.
Sans doute mon intervention, en Français qui plus est, a-t-elle fini en classement vertical, mais, en conscience, je l'ai posée et adressée.
Ainsi, j'ai fait ce que j'avais à faire.

Je cite cet épisode car, connaissant la ferveur religieuse du président des Etats-Unis, j'ai tenu alors à poser, en préambule de mon intervention que, s'il fallait en chercher et en trouver un, "l'histoire était le lien le plus direct des hommes à Dieu". J'ignore encore, je l'avoue, comment, au gré d'une réflexion, ni par quelle inspiration, une telle phrase peut subitement s'imposer à l'esprit, mais c'est ainsi qu'elle s'est formée et je l'ai trouvée, finalement, juste.
Cela reste ma conviction et c'est - la construction de l'histoire, pas ma conviction - la chose la plus sûre qui soit, permettant de concevoir, tout au long des siècle, et pour ceux à venir, l'onction de l'Histoire sur la géographie.
La haine n'a jamais fait un ciment sûr pour édifier quoi que ce soit, particulièrement des fondations.
C'est, peut-être, ce en quoi, finalement, la posture « résistante » du Hezbollah ne saurait être suffisante pour incarner et nourrir la nation libanaise.

Commission de vigilance des dérives sectaires

La Constitution de la Ve République est inépuisable de ressources et rend de grands services à la Nation. Comment imaginer, en effet, en dépit des manifestations de joie juvénile qu'a engendré le coup de flibuste réalisé par le député Chassaigne et l'opposition sur le développement naturel du débat parlementaire, que le projet de loi eut pu être enterré ? Quelle image de notre pays, à quelques semaines de la présidence française, sinon celle d'un dévoiement total. Car ce débat sur les OGM est devenu un fourre-tout, une usine à fantasmes fonctionnant à plein régime et s'alimentant, comme tant de moulins à vent, de l'air brassé.

L'épisode auquel on vient d'assister est pourtant absolument indigne de l'enjeu que représentent les OGM et la nécessité qu'il y a - et qui ne fera que s'intensifier - de répondre aux besoins alimentaires croissants et aux défis, notamment liés au changement climatique - que cela induit. Refuser de considérer cet enjeu - au delà de ce qu'il représente en terme de séduction politicienne - est une faute qui, dieu merci, est rattrapée par la Constitution.
J'écoutais, ce matin, Claude Allègre. Cet homme est indiscutablement un homme d'Etat. Il évoquait une variété de maïs, issue des OGM, qui nécessite un quart de besoin en eau de moins qu'une variété classique. Mais il est évident, que même en France, le problème de l'eau ne se pose pas puisque l'on peut indifféremment s'abreuver de certitudes idéologiques.

Combien d'entre ces apôtres du "génétiquement pur", hostiles par principe à une altération de l'agriculture, savent que la rouille du blé – désignée sous le nom de « Ug99 » - est en train de bouleverser au Moyen-Orient et en Afrique, la capacité de production en faisant perdre 30 % du potentiel de récolte et que ce parasite s'étend désormais : « Les pays à l'est de l'Iran tels l'Afghanistan, l'Inde, le Pakistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, tous grands producteurs de blé, sont les plus menacés par le parasite et doivent être en état d'alerte », a mis en garde la FAO dans un communiqué publié en mars dernier.

Faut-il s'exposer à ces risques ? Accepter leur incidence sur les cours de matières premières vivrières ? Accepter la fatalité naturelle, dans un environnement climatique déréglé, qui ne sera pas sans incidence sur la résistance des cultures à leurs prédateurs au nom d'une religion du bio érigée en secte. Mais ce qui se passe sur ce sujet est désormais, je le crains, du ressort de la commission de vigilance sur les dérives sectaires...
Ha, autre marotte bien française, la prétention d'avoir raison contre tous. Seule l'Europe, sous l'influence de la France, et à l'exception de l'Espagne, s'oppose aussi farouchement aux cultures OGM.
La France veut se placer sous un cloche. Pourquoi pas? On a bien mis le mètre-étalon sous pareille cloche. Je crains pourtant que ce que nous voulons étalonner, ici, est l'inconséquence nationale.
Elle est certes patente et visible dans beaucoup d'autres domaines.
Mais, sur ce sujet, elle atteint une forme de quintessence.
Il ne suffira pas d'édifier des gratte-ciels à Paris pour en faire un "capitale-monde".

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