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13.05.2008
Jérusalem, capitale de l'Union pour la Méditerranée
Les conditions pour établir la paix entre Israéliens et Palestiniens sont connues de tous et font l'objet d'un processus dit d'Annapolis et de diverses médiations, qu'il s'agisse de la Ligue arabe, de l'Union Européenne, initiatives conjointes, celle dite du quartette, ou unilatérales, Egyptienne par exemple.
Les obstacles sont, aujourd'hui, il me semble, davantage dans les têtes que dans la réalité qui peut bouger et bouge, y compris parmi les éléments les plus extrémistes.
Mais il faut noter comme éléments positifs, les déclarations de M. Meechal, chef du Hamas, sur la possibilité d'une trêve de dix ans, ou encore celle du Djihad Islamique, sur l'initiative égyptienne, affirmant qu'il ne serait pas signataire d'une accord, mais ne s'y opposerait pas.
Evidemment, des kystes demeurent, comme par exemple, le litige sur la libération du soldat Shalit qui ne saurait, selon le Hamas, être comprise dans l'accord de trêve actuellement sur la table mais devra faire l'objet d'une mesure de libération du prisonniers palestiniens. Il y a la possible restitution du Golan pour normaliser les relations de l'Etat hébreu avec la Syrie. Ou encore le gel de la colonisation, le retrait de certaines implantations.
Tout cela se négocie.
Une vision de l'avenir se procure.
Ces obstacles énumérés plus haut interviennent dans un contexte qui, cependant, est positif et dont on sent qu'il ne demande, de part et d'autre, qu'à être consolidé, au point même que ses détracteurs appellent presque à être démentis dans leurs préventions diverses ou l'affirmation de leur antagonisme.
La plus grande difficulté ne me semble pas devoir être le règlement de l'ensemble des questions pendantes (retour des réfugiés, capitale, statut de Jérusalem est, etc) mais, à ce point du processus, la nécessité de placer les deux états, les deux peuples, les deux nations, qui seront, on le sait, appelées à vivre et prospérer ensemble, devant une nouvelle perspective qui les incite à dépasser leurs méfiances réciproques.
Alors, selon moi, une opportunité de conjonction se présente et, apparemment, elle mérite d'être saisie par tous, car elle permettrait de transférer une part essentielle des différends qui sont insolubles dans le rapport futur des deux états, dans le partenariat qu'ils pourraient avoir dans un ensemble plus grand.
Cet ensemble n'est pas une fiction. Il est déjà engagé: il s'agit de l'Union pour la Méditerranée, au sein duquel Israël et la Palestine future, via Gaza, auront bordure.
Dans ces conditions, et même si plusieurs autres capitales ont été pressenties pour accueillir le siège de cette organisation, comment ne pas penser, compte tenu de la situation de Jérusalem, que cette ville Sainte qui a toujours fait l'objet de convoitises de l'ensemble des terres et des nations méditerranéennes, comment ne pas penser, donc, que cette ville ne pourrait pas devenir, par consensus, le siège de l'Union pour la Méditerranée, car, le centre de gravité de la Méditerranée est bien là, à l'intérieur de la Terre Sainte.
Car Jérusalem, encore et toujours, a tout pour demeurer une pomme de discorde entre les nations israélienne et palestinienne, voire arabes, alors qu'elle mérite, au terme de deux millénaires de guerres, d'occupations diverses, d'antagonismes séculiers, d'être par essence celle par laquelle s'exerce l'unité des peuples qui l'ont pour berceau.
L'Union pour la Méditerranée, telle qu'elle se dessine, pourrait préfigurer cette unité dans son acception la plus large et la plus conséquente.
La communauté internationale s'est longtemps posé la question d'un statut international à inventer pour cette ville aux racines si profondément ancrées dans l'histoire.
Elle en tient un, particulièrement opportun et riche de promesse.
Il me semble que le temps est peut-être venu, ou est en train de venir, pour offrir aux peuples concernés, les Israéliens et les Palestiniens, cette voie de concorde. L'Algérie, la Tunisie, l'ensemble des pays du Maghreb ou du Proche et Moyen-Orient, peuvent ou pourraient, le cas échéant, offrir aux Palestiniens et aux Israéliens ce cadeau pour sceller un accord de paix ou de trêve qui rejaillirait sur chacun.
Aucun lieu ne me semble plus approprié, compte tenu de l'histoire, pour rayonner l'espoir d'un temps nouveau autour de Mare Nostrum que Jérusalem, située entre Méditerranée et Mer Morte.
Je suis bien d'accord cependant: c'est un rêve; peut-être une utopie géopolitique.
Mais ce sont deux nations longtemps rivales et ennemies, la France et l'Allemagne, au sortir d'une barbarie par deux fois inégalées, qui ont créé Bruxelles et Strasbourg, et y ont transféré une partie de leurs souverainetés respectives amorçant ainsi, pas à pas, la construction d'un ensemble qui les dépasse, auquel se sont jointes vingt-trois autres nations, d'autres étant en instance de le faire, et leur permet de mieux exister dans le monde d'aujourd'hui.
17:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Palestine, Union pour la Méditerranée
Liban: retrouver l'autorité du pacte national
C'est au moment les plus critiques que les gestes prennent leur plus grande valeur. Aussi, s'il semble toujours aussi illusoire de voir le Hezbollah et sa puissante milice se conformer aux résolutions de l'ONU appelant à son désarmement, qui constitue le noeud gordien de la situation politique libanaise, il incombe désormais aux autres factions, pro-gouvernementales, sunnites, druzes, chrétiennes, d'accomplir publiquement ce geste solennel en remettant leurs armes aux forces armées régulières, qui, selon les propres termes du président Sarkozy dans son message au Premier ministre Siniora, doivent être seules à avoir « le monopole de l'usage de la force ».
Dans l'actuel contexte libanais, où persiste un risque d'escalade dont chacun ignore où il peut conduire, c'est pourtant la seule stratégie viable.
Une telle initiative, prise par les responsables des diverses forces politiques devant la Nation, marquerait en effet fortement les esprits et placerait le Hezbollah, s'il persistait à s'y refuser, dans une situation où sa puissance paramilitaire finirait par jouer contre lui, puisque ses ennemis s'effaçant devant lui, il se trouverait, sur-armé mais nu, en face du peuple libanais pris à témoin.
A l'instar du jugement de Salomon, celui qui, aujourd'hui, aime le plus sa nation, est celui qui sait se faire violence jusqu'à transférer sa capacité belligérante à l'armée libanaise pour s'en remettre et renforcer la légitimité des institutions. Cela serait d'une haute valeur constitutionnelle et patriotique.
L'armée deviendrait, dès lors, la garante de la sécurité de ces groupes dits « pro-gouvernementaux » et du besoin de cohésion nationale.
Cette opération de désarmement, nécessitant un accord politique préliminaire, ne va pas de soi.
Pourtant, une telle initiative isolerait, si ce mouvement persistait à s'arroger un rôle militaire parallèle, le Hezbollah sur la scène libanaise, en le plaçant devant ses contradictions, peut-être ses machinations, et en lui retirant le champ de bataille sur lequel sa posture et sa propagande font illusion, puisque se nourrissant de violence, il la recherche et la provoque et exploite ce climat « défavorable » comme justification à sa militarisation.
Au terme de ce désarmement, il reviendrait au peuple par un référendum de trancher l'ultime question en imposant au Hezbollah qu'il transfère lui aussi sa puissance armée à l'institution militaire et qu'il lui impose l'autorité de sa vision du pacte national.
Nul ne peut, indéfiniment, se dérober à la volonté du peuple.
Le Liban, dit-on, est un concentré des problèmes du Moyen-Orient. Il procurerait, dès lors, un signal remarquable et exemplaire, sensible peut-être jusqu'en Irak confronté lui-aussi, dans des termes quasi-identiques, au jeu paramilitaire de l'armée du Mahdi.
La nation libanaise, dont trop disent qu'elle est une fiction, aurait ainsi triomphé et manifesté le fait qu'elle est réelle et authentiquement souveraine.
Selon le quotidien "L'Orient-Le Jour" de ce lundi 12 mai 2008, le Premier ministre Fouad Siniora a envisagé, dimanche, la démission. Le quotidien libanais rapporte dans ces colonnes : « Même Israël n'a pas osé faire ce qu'ils ont fait », a déploré hier Fouad Siniora, qui a présidé, tard en soirée, une réunion ministérielle à l'issue de laquelle l'option de la démission, un temps envisagée, a été écartée. Cette renonciation serait le "résultat de tractations intenses, tant internes qu'externes, notamment avec Nicolas Sarkozy et de nombreux responsables arabes, dont le souverain jordanien et l'émir qatari.".
Preuve que le chef de l'Etat français est parfaitement actif dans ce dossier.
L'armée libanaise a averti mardi que ses soldats auront recours à la force si nécessaire pour rétablir la loi et l'ordre dans le pays. L'armée souligne que cette directive est effective à partir de 6h00 locales (5h00 françaises) ce mardi et appelle les différentes parties à coopérer.
L'armée a déclaré que ses soldats allaient empêcher l'usage illégal des armes à feu dans le pays, une tâche dantesque étant donné l'arsenal dont dispose les Hezbollah pro-iranien, souligne l'Agence France Presse.
08:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liban, Hezbollah


