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14.04.2008

Elément de conversation

...(...)... La crise financière n'est-elle pas, avant toute chose, une crise de confiance? S'il est difficile de la restaurer précisément et de manière exhaustive dans le périmètre où elle a surgi - l'immobilier -, il me semble que les instances internationales, au delà même du FMI, devraient engager - ce qui est à l'oeuvre déjà, peut-être - un processus pour regagner du potentiel de "confiance".
L'effondrement du "crédit" causé par le subprime ->si j'ai bien compris: des emprunteurs victimes d'un emballement financier et incapables désormais d'honorer leur créance, tandis que la valeur de leur bien ne permet plus à l'établissement prêteur de sauver "ses" propres meubles, à cet endroit, doit impérativement être "compensé" par l'établissement d'un nouvel état de confiance.

Il ne doit pas être impossible à réaliser: nous vivons une ère économique florissante (même si elle comporte des contradictions et, comment cela pourrait ne pas être le cas: un arbitrage constant entre avantages et inconvénients), avec un degré d'échanges commerciaux, culturels, élevé.
Il n'y a nulle part sur terre, signe tangible de décadence de civilisation. Sauf, peut-être, du côté de..., pas de chez Swann.
La crise du subprime, toute inquiétante et dramatique qu'elle soit humainement, n'est pas apte à boucher l'horizon, sauf si nous le réduisions à cette portion et décidions de tout y ramener. Si cette crise parvenait, par cascade, à entraîner le monde dans une paralysie, c'est que nous n'aurions pas su valoriser et redéployer ce qui doit l'être.
Nous aurions manqué alors de discernement et, probablement, fait un mauvais usage du libre-arbitre..

Maintenant, je veux bien considérer que ce risque là est grand et extraordinairement concret et qu'il se présente sous des formes variées et parfois exultatoires: crise du Tibet - menaces - dieu merci farfelues - de boycottage de produits chinois entraînant de semblables menaces dans l'empire du Milieu, faim dans le monde et renchérissement des matières premières vivrières/débat sur les OGM, changement climatique/débat sur l'énergie, etc. etc. etc.

Les peuples, car le mot leur revient, et leurs gouvernements doivent, rapidement, sur des thèmes aussi stratégiques et vitaux pour leur avenir, définir des horizons et s'y tenir. Ce crédit là, c'est n'est pas la mise en oeuvre de la planche à billet.
Malgré les tempêtes qui s'annoncent (voir prédictions du PAM Programme Alimentaire Mondial), l'humanité entière dispose des outils pour surmonter la période.
Pour arriver à un port, il faut définir sa route, se donner des repères et même disposer d'une planche cartographique.
L'économie financière a, et quand on lit les réflexions qui émanent de leurs responsables éminents, c'est indiscutable, du ressort. Mais leur ressort n'est que peu de chose si les raisons de la confiance - qui sont là, toujours - sont négligées au profit de celles de la défiance, qui elles aussi sont toujours là.

Je me mêle toujours de ce qui ne me regarde pas.
Peut-être parce que, au fond de moi, si je porte mon regard sur ce problème parmi d'autres, j'ai l'impression qu'il me regarde....


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