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10.04.2008

Elements de conversation

Je ne doute pas un seul instant, cher Philippe, que Robert Ménard soit quelqu'un de très attachant, de très utile, d'indispensable même. Mais, cependant, et sans entrer dans la polémique ouverte à son sujet, comme sur celui de la relation sino-tibétaine, par le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, je considère que chacun doit veiller à ne pas être imbu de soi-même ou de ce qu'il est sensé représenter.
D'une certaine manière, l'intitulé de l'association qu'il préside me gêne aux entournures: RSF. Comme me gêne d'ailleurs, pour des raisons similaires, Education sans Frontière. Ce n'est pas le cas, pour confirmer la règle, sans doute, de Médecins sans Frontières sans doute parce que les médecins, où qu'ils soient et quelle que soit la manière dont ils entendent se "projeter", sont attachés d'abord à leur serment ("primum non nocere")...
Or, chez RSF comme chez ESF, il est patent qu'il y a une posture développée qui consiste à s'élever au dessus des Etats. Je n'évoque même pas GreenPeace ou Amnesty International qui mériteraient à eux seuls un examen méticuleux du magistère qu'ils entendent occuper. Peut-être, l'optimiste dira qu'ils occupent une place désertée. Mais moi, je demeure circonspect et prudent...

D'abord, rien n'est supérieur à l'Etat. Cela ne tombe plus sous le sens et c'est dommage. Entendez que je ne dis pas "régimes". Je distingue Etat et "régime", même si, parfois, les deux sont excessivement confondus.
Pour preuve de ce que j'avance, hier le Kosovo et la junte Birmane (*) ont proclamé leur Constitution. Elles ne sont pas de même nature et ne procèdent pas, c'est le moins qu'on puisse dire, de la même ambition.
J'évoquais, hier, dans une de mes notes l'idée selon laquelle comme Nobel, inventeur de la Dynamite, avait créé des prix éponymes récompensant des chercheurs pour leur apport à l'humanité, la prospère et décriée firme Monsanto pourrait un jour créer un prix qu'elle décernerait à un titre qu'elle serait à même de mettre en avant.
J'ai suggéré: pourquoi pas la lutte contre la faim dans le monde.
Après, je me suis dit que peut-être avait-elle cette firme instauré déjà un tel prix et, facilité des moteur de recherche, j'ai entrepris une recherche qui m'a vite appris qu'une tel prix existait déjà.
Il est attribué par GreenPeace aux élus "collaborationnistes".
Bah.
Dire combien devrait être grande, à l'échelle de cinquante ans ou d'un siècle, notre préoccupation devant les conséquences très probables du changement climatique sur les éco-système naturels et l'agriculture, paraît dérisoire.
Je nous vois un peu comme ces quelques touristes ou personnes qui voient arriver le tsunami à Khao Lak et sont finalement surpris par la rapidité avec laquelle il s'abat.
Nous en sommes, sur un tas de domaines, un peu là. Cependant, je comprends tout à fait la fascination et l'inconscience que ces évènements peuvent engendrer et la difficulté de passer à une autre représentation de la réalité du monde et de ses enjeux.
C'est Catherine Jacob, hier, qui m'a appris un mot "scotomiser". Dans l'après-midi, s'agissant du débat sur les OGM, j'avais utilisé une notion que je n'avais pas appelé depuis un temps considérable, l'erreur de parallaxe.
D'une certaine manière, la scotomisation et la parallaxe forment un contre-point.
Pour conclure sur une note musicale.
Mais tout n'est que partition, aurait vraisemblablement dit Mozart.

Le salon où l'on cause


(*) AFP 1O avril 2008 : Au moins 54 Birmans sont morts étouffés, et 21 ont été retrouvés dans un état grave, alors qu'ils tentaient d'immigrer en Thaïlande à bord d'un conteneur frigorifique.

Commentaires

...excellent...

Ecrit par : michel REYES | 10.04.2008

Merci, Michel.

Ecrit par : forward11 | 10.04.2008

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