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07.04.2008
Démocratie médiatique
La démocratie médiatique me semble courir, désormais, en France peut-être plus qu'ailleurs, à sa perte, et sans doute à sa transformation, tant il est évident qu'elle est dépassée, sans en avoir conscience, par la monstruosité qu'elle génère. Ce qu'il s'agisse de la crise du Tibet, de l'Otan, de l'Afghanistan, de l'Europe, de la situation de l'économie nationale et des réformes indispensables à réaliser, ainsi que de tant d'enjeux essentiels pour l'avenir de ce monde et de ceux qui l'occupent et l'occuperont.
Je crains que lui soit un jour reprochées beaucoup de choses.
Jusque là, il faudra à ceux qui, dans leurs pays respectifs, ont la charge de conduire leurs peuples, un considérable aplomb.
Peut-être, j'ose à peine le suggérer, de par * ma présence.
(*) Que la langue française est belle, quand même, quand elle permet un "de par" soi-même.
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Cessons d'être aberrants
Je voudrais dire à mes compatriotes car, même ici, sur un simple fil, l'échange que nous réalisons n'est jamais qu'un dialogue entre compatriotes, que les débordements qu'a connu le passage de la flamme olympique à Paris devraient nous interroger profondément. Au moment, en effet, où des pays éprouvent toutes les difficultés du monde à établir leur état de droit, à imposer dans des conditions ô combien plus mortelles qu'elles ne le sont ici des institutions qu'ils souhaitent durables, combien le spectacle fourni à Paris, ce lundi 7 avril, est une bien mauvaise inspiration.
Je pense aux Irakiens, là, à la confrontation qui oppose M. Maliki à M. Moqtadar Sard, à l'aveu singulier qu'il fait en s'en remettant, s'agissant du démantèlement de la milice de l'armée du Mahdi, aux responsables du clergé chiite irakien. Je pense aussi au Liban, confronté à l'émergence et à l'enracinement depuis tant d'années d'une milice, celle du Hezbollah, opposée aux forces de l'ordre régulières.
Comme peuvent sembler dérisoires et pathétiques l'assimilation de nos forces de l'ordre à laquelle, tout à leur rage, tant se complaisent, à celles d'une dictature.
Aurions-nous perdu, au delà des vociférations, toute ambition de parler au monde et d'être, à ce titre, exemplaires et scrupuleux.
Cet état de droit mérite d'être défendu y compris dans le cérémonial que constitue le passage de la flamme Olympique. Peut-être aussi pour les endroits où, encore, elle ne peut pas passer pour des raisons autrement plus graves et sérieuses qu'ici où M. Eric Breteau, de l'Arche de Zoé, est en mesure de demander une commission d'enquête parlementaire, nonobstant le gâchis dont il s'est rendu coupable.
J'attends de voir, non sans curiosité, quels élus, s'il en est, le soutiendront.
Cessons d'être aberrants.
Bien sûr que je suis pour un progrès de la démocratie au Tibet et en Chine. Mais pas obtenue à coups de boutoirs. Elle ne serait pas d'une nature aussi satisfaisante que si elle était consentie.
Quiconque en doute est déplacé.
17:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Eclipse démocratique
Le président de la République devra sans doute s'exprimer suite à ces troubles qui ont contraint à l'extinction d'un symbole aussi sacré que la flamme Olympique. C'est la première fois, dans l'histoire des Jeux modernes que cela advient et ce privilège revient hélas à la patrie des droits de l'Homme, celle de De Coubertin aussi, celle encore qui se réclame des Lumières et qui se manifeste en asphyxiant le flambeau de l'Olympisme.
Je redoutais, dès les évènements survenus à Londres, que la flamme olympique soit éteinte au cours de son passage à Paris. C'est un moindre mal qu'elle l'ait été par les forces de l'ordre, mais c'est un mal quand même.
Plus qu'un mal, c'est une éclipse démocratique.
Nous devons, maintenant, exprimer nos regrets à la Chine, ceci ne diminuant en rien la volonté de la France d'accompagner la Chine vers son propre aggiornamento.
Je doute, hélas, que l'usage fait de la démocratie, en ce jour, constitue un encouragement pour elle à se libéraliser dans le domaine des libertés fondamentales. Il faudrait qu'elle se surpasse d'une manière que je ne saurais imaginer.
Il faudra que les fauteurs de troubles finissent par mesurer l'étendue désastreuse de leur inconséquence. Ils pensent tous leur leitmotiv, leur slogan, suffisants pour légitimer leur action.
Ce n'est pas le cas.
Il y avait pourtant beaucoup plus de grandeur à protéger le flamme qu'à la menacer, comme il y a plus de grandeur à nettoyer des tombes souillées par des esprits malfaisants qu'à profaner.
Nous sommes dans ce registre, plus que nous le croyons. Ce ne sont pas la jubilation d'un côté ou l'indignation de l'autre qui départagent cela.
C'est une conscience personnelle et collective beaucoup profonde et distinguée.
J'espère que les générations qui nous succèderont développeront une intransigeance sur la nature exacte de leurs propres pulsions, avec des petits clignotants qui s'allumeront pour les prévenir d'une altération qui n'a pas lieu d'être même en cas d'envie irrépressible. Surtout, d'ailleurs, si une telle envie les assaille.
Cet effort de conscience manque cruellement en ce temps.
Je laisse ces éléments à leur sentiment de jubilation. Il ne vaut, même s'il porte un si grave préjudice, que ce qu'il est.
Je pense à toutes celles et ceux qui se sont interposés. Ce sont eux qui ont eu la tâche, moralement, nerveusement, physiquement, la plus difficile. Il n'y a hélas rien de frénétique, rien de spectaculaire, à se comporter comme ils l'ont fait, soit au titre de leur mission, soit à titre personnel, dans le relais ou la protection du relais.
Le mérite doit leur être reconnu.
Rien ne les entache.
Surtout pas.
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