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31.01.2008
Quand on enfante quelque chose, on l'assume
En brillant calculateur doué pour la dialectique et la formule, le député de Seine-Saint-Denis entame les grandes manoeuvres et réactive ses réseaux.
Celui pour qui le "Non" à la Constitution ne devait pas avoir de conséquences négatives puisqu'il y avait un "plan B" se découvre de plus en plus.
Le député de Seine-Saint Denis soutiendrait-il une stratégie subliminale?
L'homme se place au dessus de la mêlée, de toutes les mêlées, particulièrement celles qui agitent son parti.
Il prend une posture de "sage", inaccessible aux mesquineries politiciennes, posture qui ne doit être éloignée, dans son esprit, de celle d'un présidentiable dont il affiche "le calme et le sérieux", qualités qu'il recommande au président de la République.
La situation ne sera jamais simple dans ce parti.
L'eurodéputé Vincent Peillon ne tombe pas sous le charme.
Il a critiqué sur i-TELE "une dégénérescence morale et intellectuelle" au PS, s'en prenant notamment aux amis de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius.
"C'est la première fois que je vois une dégénérescence morale et intellectuelle à ce point dans un parti de gouvernement, qui théorise que pour en devenir le leader sous la Ve république (...), il faudrait surtout que la première condition soit que les Français ne veuillent pas de vous. Et donc ne pas vraiment installer un leadership à la tête du parti", a déclaré M. Peillon.
Lui a rallié Ségolène Royal.
Il est temps de recommander au parti socialiste un éclaircissement profond, car ces rivalités de personnes trahissent un corpus idéologique en jachère.
La position "ni oui ni non" sur le mini-traité européen illustre cette limite.
Le PS voulait une Europe "sociale", formatée dès son avènement et calibrée en fonction de son idéologie interne, mais l'Europe réelle qui n'est pas moins celle des peuples que celle dont la gauche se réclame, se venge de lui.
Elle ne progresse pas autant qu'elle le souhaite, cette Europe.
Mais elle n'a pas fini d'empoisonner la vie des socialistes français pris les mailles des filets dérivants de la démagogie et de l'idéologie, et exposée sur son aile gauche par un Besancenot sans complexe.
Il veut faire sauter la maison PS. Et, finalement, il a raison.
Laurent Fabius porte particulièrement sur lui la responsabilité de la victoire du "Non" et reproche constamment à son parti de ne pas exiger un nouveau référendum.
Je dois dire que les sondages récents selon lesquels 63% des Français jugent nécessaire de se prononcer par eux-mêmes doivent l'enchanter, lui, Mélenchon, Emmanuelli.
Cette réappropriation citoyenne doit nous ravir, tous.
Il faudrait donc que le parti socialiste en tire les conséquences plutôt que de se dérober.
Quand on enfante quelque chose, on l'assume.
Ne pas voter pour ne pas se déchirer, ce n'est pas prendre ses responsabilités politiques.
Si le PS veut faire échouer le mini-traité parce qu'il n'est pas démocratique, qu'il le fasse.
On ne lui souhaite pas de supporter la frustration d'avoir participé à un déni de démocratie puisque le minitraité constituerait une atteinte à la souveraineté du peuple.
16:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mini-traité, traité de Lisbonne
"Mon p'tit coin d' paradis contre un coin d'parapluie..."
Le sondage réalisé par Midi Libre sur la confiance des citoyens à l'égard de leurs élus est significatif.
Même s'il n'est pas clos, il y a peu de chances que les résultats en soient profondément modifiés.
Le sénateur récolte environ 4%. Le député, 8%. Le Conseiller régional, 3%. Le Conseiller général, 5%. Le maire lui crève l'écran avec 58% de bonnes opinions. En notant toutefois que les sans opinion sont fortement représentés avec 22%.
J'ignore s'il y a des études comparatives permettant de voir une évolution au cours des années et des décennies, cependant, apparemment, plus la responsabilité s'applique à l'échelle locale plus, on a la confiance - a priori - des citoyens. D'une certaine manière, seul ce niveau de gestion est sauf aux yeux d'une majorité de compatriotes.
C'est peut-être le signe le plus éloquent du repli et de la déprime des Français.
Il était, bien évidemment, inutile dans un tel contexte de demander l'indice de confiance de ce panel sur les députés européens...
Il n'y a, selon moi, aucune gloire à en tirer pas même pour les maires qui devraient s'alarmer et se demander si les raisons profondes de leur cote n'est pas crépusculaire.
Rien d'étonnant, en vertu de cette loi de l'éloignement, à ce que les Français tiennent à ce point la Mondialisation pour une perversion.
Le monde et ses enjeux sont si loins de nous, en terme d'échelle, de complexité et de distance...
Et dire que nous parlons de nous-mêmes en terme de nation "éminement politique" et forte d'une ambition et d'un message universel...
Cherchons l'erreur!
J'ai bien envie de siffloter mon air favori: "Mon p'tit coin d' paradis contre un coin d'parapluie...".
13:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elus locaux, proximité, maire, sondages, mondialisation
Rocard le pouvoir d'achat des enseignants
Dans "Le figaro", Michel Rocard, qui préside la commission chargée de réfléchir sur "une réforme de la condition des enseignants" évoque le pouvoir d'achat des enseignants. On ne peut pas le soupçonner de partialité.
Michel Rocard déclare: "Il faut être clair : en moyenne, le pouvoir d'achat des enseignants, notamment en milieu de carrière, ne s'est pas détérioré, d'autant que l'écart par rapport aux cadres du privé s'est resserré. En outre, ils bénéficient de la sécurité de l'emploi, ce qui est beaucoup dans un environnement menacé par le chômage ! À la fin des années 1980, j'ai été à l'origine en tant que premier ministre d'une grande revalorisation des enseignants, qui était à l'époque indispensable. Aujourd'hui, compte tenu de l'état des finances publiques, il faut trouver des solutions à budget constant. Il existe cependant un vrai problème pour les jeunes enseignants du primaire en début de carrière, qui sont très mal payés. Sur un autre plan, nous avons remarqué qu'il y a un problème de reconnaissance. Il y a un demi-siècle, les enseignants étaient des aristocrates du savoir. Aujourd'hui, ce privilège a disparu, ils se sentent relégués au rang de cadres moyens. Là, il existe un réel malaise. On peut essayer de les conforter."
Ce qui serait intéressant, c'est de recouper cette analyse avec le ressenti des concernés.
Maintenant, il est vrai qu'on peut s'exonérer de toute discipline budgétaire et aspirer au delà des capacités de l'Etat. ceci dit, ce comportement signe la négation du politique et est la marque d'un certain égocentrisme autour de sa propre condition.
10:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A quoi doit servir la popularité
Désormais, dans une démocratie hyper-médiatique et hyper-médiatisée, les courbes de popularité ressembleront à des montagnes russes et affectera n'importe quel hôte de l'Elysée.
Intéressant, ce dernier sondage! On comprend l'indice d'efficacité (de -73) sur le pouvoir d'achat compte tenu de la conjoncture et du tir médiatique sur le sujet.
On comprend que le moral des ménages décroche et que 68 % des personnes pensent que les choses ne s'amélioreront pas, tandis qu'une même proportion estime que les deux ou trois mois à venir verront se développer des conflits sociaux.
Mais s'agissant du chômage qui baisse en continu depuis plus d'un an, on se demande comment 3/4 des Français jugent les mesures et efforts du gouvernement inefficaces alors que le chômage n'a jamais été aussi bas.
Cette démocratie des sondages, des ressentis, ne tardera pas à marcher sur la tête.
Mais on ne gouverne pas en fonction, pour et par des sondages.
On gouverne en vertu d'une légitimité acquise lors d'un scrutin et d'un programme, d'une volonté politique exprimée, à laquelle une majorité de citoyens a souscrit.
La Ve République organise cette pro-éminence, épargnant au chef d'Etat le ressac des vagues de popularité ou d'impopularité.
Nicolas Sarkozy est au début de son mandat qu'il a entamé avec une forte popularité et nanti du plus fort haut niveau d'électeurs ayant voté pour lui dans toute l'histoire de la Ve République (excepté De gaulle en 58).
Son mandat est de réformer ce pays et de lui permettre de regagner des rangs.
Il dispose de cinq ans pour cela.
Les réformes doivent continuer. C'est un service à rendre à ce pays.
Il n'est pas déraisonnable d'y sacrifier un peu de popularité.
A quoi servirait-elle sinon?
09:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Popularité, sondage
30.01.2008
L'esprit de réforme
Les députés de la majorité sont agacés et ont de plus en plus de mal à le cacher. Apparemment, quatre commissions vont être créées pour examiner ce qui peut être repris ou pas dans ce recueil de propositions que constitue la rapport Attali.
Ce document est gênant.
Pourtant à moins qu'ils eussent préféré que le sort et la maîtrise des réformes revinssent à l'opposition, ce sont eux qui ont désormais les cartes en main.
Alors, ils peuvent trouver toutes les excuses du monde, tergiverser, maugréer sur l'illégitimité des experts, déplorer l'impopularité de telle ou telle mesure, l'inutilité d'une autre, ce qui sera retenu, au final, c'est la manière dont ils seront saisis d'une chance de porter un grand nombre de réformes cohérentes qui, compte tenu de la personnalité du président de la commission, peuvent politiquement passer et placer une partie des socialistes devant leurs responsabilités.
Au fond, derrière le rideau des polémiques, les Français observent cela et sanctionneront cette capacité ou pas à bouger les choses.
Mais là où y a une possibilité d'élargir un consensus politique vers l'extérieur, l'UMP a choisi a choisi de s'étriquer et se déchirer intérieurement.
Je ne suis pas sûr que tous les motifs développés pour enterrer ce rapport seront retenus au final. Ce que l'on retiendra, c'est la frilosité.
C'était bien la peine, pour Sarkozy, de faire une ouverture intelligente et risquée, de confier un travail à une personnalité historiquement liée au PS et assez pétri du sens de l'Etat pour dépolitiser son oeuvre, pour voir ses propres troupes chercher tous les moyens de savonner la planche et saborder ce travail.
Décidément, De Gaulle avait raison, les partis politiques sont une calamité.
17:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Réforme
Dérive
La compagnie aérienne Ryanair, qui exploite plusieurs lignes dans la région, vient de réaliser une campagne publicitaire en utilisant une photo du Président de la République avec sa compagne Carla Bruni, ce sans autorisation des intéressés et en faisant dire dans une bulle à cette dernière "Avec Ryanair, toute ma famille peut venir à notre mariage".
Certes, la fonction présidentielle a été désacralisée. Il n'y a plus de poursuites engagées au titre d'outrage au chef de l'Etat.
Mais cela ne signifie pas que l'on puisse utiliser son image pour tout et n'importe quoi car quelles que soient les opinions personnelles des uns et des autres sur lui, le chef de l'Etat incarne l'Etat. La manipulation et le détournement de son image ne sont pas par conséquent neutres.
La compagnie est poursuivie en justice par l'Elysée et Mme Bruni. L'affaire sera jugée demain, jeudi.
Elle a provoqué de nombreuses réactions et de nombreuses railleries dans la blogosphère, où s'imprime quasiment l'insconscient et les fantasmes d'une société.
Son spectacle n'est pas toujours très beau à voir.
Etrangement, un peu comme pour le "trader fou", la sympathie d'un très grand nombre d'intervenants va au contrefacteur, à celui qui pirate, en l'occurrence à la compagnie aérienne.
Mais la sympathie est une chose. La loi et l'ordre public deux autres.
Le droit à l'image privée, puisque rien ne dit qu'il n'a pas de la même manière qu'il a une image publique une image privée, s'applique tout autant à M. Sarkozy et à ses proches qu'à n'importe qui. Je dirais qu'elle s'applique peut-être pas davantage, mais avec un scrupule plus grand.
Mais détourner l'image du président de la République de cette manière, de surcroît dans un pays si clivé, avec des sondages en baisse, ça va "buzzer", alimenter les gazettes et ça, faut-il entendre, c'est génial en terme de marketing.
Dans ce cas, le caractère privé de l'utilisation est d'une manière irréfutable déterminée par l'utilisation à des fins commerciales de l'image en question.
Qu'on ne vienne pas dire - théorie de l'arroseur arrosé - que ce dernier entretiendrait une confusion telle qu'elle autoriserait ce type de procédé, c'est très largement exagéré voire mensonger et calomnieux, même s'il faut reconnaître - parenthèse - à M. Joffrin, redacteur en chef de Libération, un indubitable talent lorsqu'il s'agit de trouver une formule qui fait tilt avec le "blingbling président" et le "le Poutine soft".
Ici même dans certains blogs, il est possible de voir le goût prononcé de certains pour la caricature et les potins.
J'entends repris telle une antienne que la fonction présidentielle aurait été à ce point galvaudée par l'actuel hôte de l'Elysée qu'il est naturel, prévisible, d'assister à tout et n'importe quoi...
Si la fonction est à ce point galvaudée, de quelle manière et à quelles occasions? Une photo à Dysneyland en couple et en famille? Une autre au Caire?
Il y a eu sans doute des maladresses de communication, mais un peu de pudeur quand même, le dignité de la fonction n'est pas en danger.
Ceci dit, la médiacratie depuis quelques années est un ogre de plus en plus incontrôlable.
Le prochain totalitarisme sera probablement médiatique. Il aura pour devise la liberté d'expression et nourrira, abreuvera, gavera chacun selon son goût et son humeur.
Tous seront heureux dans leur bulle et seront les jouets de leur passions et pulsions dûment entretenues.
Ce petit épisode "publicitaire" offert par Ryanair y participe modestement.
15:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ryanair, Sarkozy, fonction présidentielle
Je bloque, donc je suis
Décidément, les Français ont la fâcheuse habitude d'user de leur capacité de nuisance, quelle qu'elle puisse être, pour s'opposer à toute remise en cause de leurs situations, même si à moyen terme une réforme est susceptible de revitaliser et donner un second souffle à une activité.
En France, aujourd'hui, il faut en conclure que la seule manière d'exister, c'est de bloquer les autres.
Je bloque, donc je suis.
Il ne suffit pas de protester, comme on l'entend, que "c'est le seul moyen de se faire entendre", car, au fait, qu'est que ces taxis font entendre sinon leur attachement à l'immobilisme rentier. Mais, apparemment, on revient, pour reprendre l'image du représentant de cette profession à Montpellier (hier, 29 janvier 2008 sur FR3) au "gateau" qu'on ne peut pas - qu'on ne veut pas - partager davantage "parce qu'il est déjà petit".
Au fait, que préconise le rapport Attali s'agissant des taxis sinon un développement de leur nombre et, donc, de leur activité?
C'est ce qui me semble ressortir à la lecture des propositions qui mentionnent cette profession.
« Le nombre de taxis par habitant a augmenté des deux tiers entre 1989 et 1994 en Nouvelle-Zélande après la suppression des licences.
La directive européenne sur les services, qui devra être transposée au plus tard le 28 décembre 2009, a engagé aussi une évolution qu’il appartient à la France de mettre en oeuvre, et de dépasser pour dégager des gisements de croissance nouveaux dans tous les métiers aujourd’hui réglementés. Cette directive permet l’ouverture de plusieurs professions relevant de son champ aux ressortissants communautaires.
Elle exclut certaines professions juridiques (notaires, huissiers, mandataires des procédures collectives) et l’essentiel du secteur des transports, alors même qu’une modification de la réglementation actuelle dans ces secteurs aurait des effets positifs sur la croissance. »
La rapport prescrit également l'instauration d'une "voie réservée aux taxis, aux transports en commun et au covoiturage" pour fluidifier le trafic et, donc, favoriser ces acteurs de la mobilité entre Roissy-CDG et la capitale.
C'est l'aspect négatif qui est immédiatement recherché et non pas la cohérence d'ensemble et la possibilité de développer et moderniser un métier.
Cette activité est pourtant d'avenir dans la mesure où les agglomérations deviendront de plus en plus fermées ou réglementées, onéreuses, pour l'usage des véhicules personnels.
Cette évolution est en cours. Des « libre service », des usages communautaires de parcs automobiles, des systèmes d'utilisation à la carte ou partagée, se développent.
On aurait dès lors attendu de la part des professionnels, qu'ils s'approprient cette proposition, pour réfléchir à l'évolution de leur métier et sur la manière de l'intégrer, de la mailler économiquement et structurellement, dans l'organisation des transports dans la Cité.
Ils préfèrent camper sur leur position, avec des tarifs inadaptés, un système de licence et de cession de licence sur lequel il serait bon de faire le ménage car elle paraît dater - ce qui est sans doute le cas - du temps des fiacres, avec peut-être une autre manière de servir le client, avec les technologies de geolocalisation, de grouper des courses, etc.
Ce combat relatif au maintien d'un statu quo paraît d'arrière-garde par rapport aux enjeux.
Plutôt que d'investir le débat sur la mobilité en ville au XXIe siècle, on se satisfait d'un nombrilisme corporatiste dénué de toute vision mais qui conserve l'oeil rivé sur son compteur.
Dommage de pas se saisir positivement, en regardant vers l'avant, d'un tel débat. Mais quelle fierté, tout de même, pour "les taxis en colère" s'ils réussissaient à tuer dans l'oeuf le rapport Attali.
On sent bien qu'ils auraient la sympathie des buralistes, des thoniers de Méditerranée, etc.
Quelle belle revanche sur la République des experts!
13:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : taxis, rapport Attali, mobilité
29.01.2008
Discours de l'Union
Soit, dérogeons à l'anti-américanisme primaire qui est d'autant plus dans l'air du temps qu'il se double d'une détestation de GW Bush.
Je viens de lire son dernier discours de l'Union. La page Bush, dans un an, sera fermée sans doute, selon moi, au profit de Barak Obama.
Apparemment, il faut considérer ces deux mandats comme une calamité.
Je n'en suis pas sûr, et sans aller jusqu'à chercher des circonstances atténuantes, je voudrais livrer quelques réflexions.
Bien sûr en France, ce pays de la vieille Europe, nous avons une expertise et un degré d'humanisme qui nous autorisent à brocarder une Amérique arrogante, impérialiste, aculturée, et martiale presque par essence.
Nous préferons avaler le ketchup "alternatif" de ce bon vieux Mickaël Moore. Nous avons ce goût là, sans doute nos chromosomes lozériens...
L'utilité de ce discours, c'est peut-être sa portée.
Il est entendu, d'une certaine manière, au delà des positions politiciennes et est respecté comme tel. Comme quoi l'Amérique a le goût de la démocratie, de la liberté d'expression, du droit, mais aussi du respect de ces institutions. C'est, parenthèse locale, ce qui manque foncièrement à la nôtre et la rend invivable.
Il ne viendrait pas à l'esprit de quiconque de remettre en cause un jugement de la Cour suprême quand ici les députés eux-mêmes remettent en cause l'impartialité du Conseil constitutionnel selon qu'une loi leur plaît ou pas(CPE), l'impartialité du CSA selon les mêmes critères....
Avec le recul, sauf sur la précipitation à engager la guerre en Irak sur des fondements erronés qui le sont d'autant plus rétrospectivement, la double présidence n'a pas été si catastrophique.
Elle est intervenue à un moment charnière comme il n'y en a pas tant.
Aucun autre pays n'a subi, en 2001, une telle attaque terroriste et aucun autre pays n'a une telle importance, donc une telle responsabilté, pour la sécurité du monde.
Ne fallait-il pas aller en Afghanistan? Laisser les Talibans contrôler ce pays et propager leur influence au Pakistan?
Le retrait d'Irak? Tous le souhaitent. Mais autant la guerre précipitée fut une erreur - ce qui ne signifie pas que le conflit aurait pu être évité - autant un retrait précipité - c'est à dire tant que les conditions de la sécurité et de la souveraineté ne sont pas assurées - en serait une plus grande encore.
J'ajoute que si Saddam Hussein s'était maintenu au pouvoir, par une main de fer criminelle, en laissant planer les doutes qu'il entretenait sur sa capacité de nuisance en matière d'ADM, qu'en serait-il de la prétention de l'Iran - ennemi héréditaire - au nucléaire militaire?
L'Iran? Comment ne pas soutenir une position claire et nette s'agissant de l'accession au nucléaire militaire de l'Iran dans cette région menacée de chaos?
Quant au réchauffement climatique, on mesure tous les jours combien la situation économique des USA nous impacte. Aussi, quelles que soient les désirs, la réalité est là pour nous rappeler qu'un ralentissement brutal ou une fragilisation supplémentaire de cette économie affecterait l'économie mondiale et nous affecterait profondément en Europe et en France.
La critique, comme la raillerie, est aisée mais les marges de manoeuvre étroites.
17:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bush, discours de l'Union
Arche de Zoé
C'est un drame pour les gens qui ont été embarqués, peut-être en partie sans connaître le projet précis des animateurs de l'association.
Reste qu'il était impossible pour la justice française de déjuger son homologue tchadienne, de fouler au pieds une convention juridique qui peut être utile demain.
Parmi les condamnés, certains sont en droit de regretter une stratégie de défense qui a consisté à revendiquer fièrement le droit d'ingérence poussé jusqu'à la malhonnêteté et la contrefaçon, face à un Etat souverain.
Que n'ont-ils pas fait amende honorable, exprimé des regrets, demandé l'indulgence des juges?
C'est du mépris qu'ils ont exprimé. Mépris pour la justice tchadienne (corrompue et incompétente), mépris pour les institutions, mépris pour les autres organisations humanitaires, et mépris tragique de la réalité géopolitique dans le jeu duquel on ne vient pas s'imposer avec ses gros sabots et ses airs de cowboys de l'humanitaire.
Leur expédition de redresseurs de torts a mis en difficulté la France et le Tchad à un moment où il s'agit d'imposer une force internationale pour dénouer la situation des réfugiés du Darfour.
Cela a alimenté une campagne virulente et nourri un sentiment anti-français, instrumentalisé par les rebelles tchadiens vis à vis du gouvernement avec lequel nous avons des accords militaires.
Les ONG, animées par quelques motivations que ce soit, ne sont pas au dessus des Etats.
16:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arche de Zoé, humanitaire, justice, Tchad
La hardiesse ou la frilosité
A la différence du rapport Camdessus qui, il y a quelques mois, pointait le décrochage de notre pays et ses aberrations et anachronismes structurels, le catalogue de mesures énoncées dans le rapport Attali a pour lui d'avoir touché un public qui va au delà des initiés.
Un coup de polémique, quelques billets ici et là, une prise de bec et quelques amabilités entre l'ancien Premier ministre de J. Chirac et l'ancien sherpa de Mitterrand, relayées par les médias ont finalement attiré l'attention d'un assez large public sur les travaux de la commission Attali.
La vive réaction de quelques corporations lui ont assuré également de la publicité.
Ces polémiques sur le département, sur les taxis, la libéralisation de certains métiers, est considéré par certains observateurs comme une erreur de présentation.
Ce n'est peut-être pas le cas, même si on peut toujours redouter que, chacun veillant à son pré carré, cela en compromette la mise en oeuvre.
D'une certaine manière, ces prises de position contrastées, ces clivages exprimés, procurent des chances réelles de passer du projet à l'acte. Les mesures sont là, posées sur la table. Nul ne peut feindre ne pas les connaître, nul ne peut feindre ignorer ce à quoi elles ambitionnent.
En outre, la question ne se pose pas en terme de légitimité des experts face à la légitimité politique, mais de capacité des politiques à mettre en oeuvre, rapidement, ce qui est nécessaire au bien public.
Or, on sait généralement, ce qu'il impose de faire pour décongestionner le pays.
Tant qu'ils agissent selon ce principe, que M. Raffarin se rassure, ils ne seront dépossédés de rien et sans doute même l'image globale de la classe politique en sortira grandie.
Il est vrai, pour reprendre la formule de M. Attali, qu'il y a une étroite fenêtre de tir, pas tant sur le plan technique que sur le plan psychologique.
Dans six mois, un an, ou au terme du mandat de M. Sarkozy, le bilan entre ce qui pouvait être fait - parce que connu et chiffré - et ce qui l'a été sera établi quoiqu'il en soit.
On retiendra la hardiesse ou la frilosité, des uns comme des autres.
15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rapport Attali, réforme


