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18.12.2006
Enrichir son pays
La vraie question, la seule peut-être, de la prochaine présidentielle, est une question que je me suis posé depuis 1996. Elle n'a que peu souvent cessé de me préoccuper depuis lors puisque d'une certaine manière j'y ai lié mon sort. C'est une vaste question, qui dépasse un individu bien sûr, mais, pourtant, seuls les individus peuvent y répondre, à leur propre échelle qui n'est pas celle nécessairement de l'invention géniale qui bouleversera les choses, mais qui est celle de la petite idée, du supplément d'implication, de la petite audace de l'apport que l'on fait à l'économie existante.
Lorsque j'ai quitté mon emploi, je me suis efforcé de mettre en place une entreprise selon l'idée que j'avais eu alors. Elle combinait mon expérience dans l'édition et le journalisme à un projet de micro-édition. A la faveur de la venue sur le marché d'imprimeries numériques permettant des rendus sensiblement équivalents à ceux de l'offset sur de cours tirages, j'avais projeté une entreprise dédiée à la publication de petits journaux familiaux, d'une ou deux pages, en quadrichromie, permetant de substituer au traditionnel faire-part une publcation plus riche en photos et éventuellement en textes.
Le marché pour ces publications devait être celui des naissances, baptèmes, fiançailles, mariages, noces d'or, d'argent, de diamant, etc.
Je n'ai pas eu l'espace ni n'ai trouvé l'environnement pour commencer de le faire.
J'ai essayé par la suite de réaliser quelque chose à mon échelle et, au cours de ces dix années, je me suis efforcé de promouvoir les idées que je pouvais avoir, par exemple
- en matière du déploiement d'une information à caractère vital, en soutenant le projet Ivigi
- en matière de services à rendre aux personnes qui déménagent en leur permettant de réaliser les opérations administratives, du public comme du privé, grâce à un service en ligne,
- en imaginant d'organiser, grâce aux nouvelles technologies d'internet et de la téléphonie mobile, un constat amiable électronique,
- en proposant la mise en place d'une application « Géoimmo » qui aurait permis à des professionnels ou des particuliers de faire géolocaliser leur bien de sorte que des clients potentiels puissent à un endroit déterminé lister les opportunités de vente ou de location
- en mettant en oeuvre, dernièrement, un site dédié à la mobilité médicale,
enfin, en construisant – ce qui constituait une sorte d'apprentissage sur le tas d'un langage informatique - un site destiné à permettre le traitement en ligne d'un service de commandes et de livraison ou mise à disposition de pizzas dans un magasin.
Ce ne sont que quelques exemples.
Lorsque j'ai choisi de renoncer à la facilité d'une carrière déjà toute faite et aux certitudes qui lui étaient associées, j'ai considéré que j'enrichissais mon pays. Même si je n'avais fait que quitter mon emploi en considérant que cette place ne m'appartenait pas dans un pays où la jeunesse est un petit peu sacrifiée sur l'autel des illusions et acquis sociaux, le fait même de me mettre dans le mouvement que j'avais choisi d'initier au plus profond de moi constituait selon moi quelque chose de précieux.
Là, à ce moment-là, j'ai été maltraité par lui, discrédité, nié dans ce que je considère être et avoir été le mieux que je pouvais lui apporter. Et cela constitue, je le dis et le répète, l'origine d'un sérieux contentieux.
Je suis navré de constater que cette conviction, je suis seul à la porter. Je ne dis pas cela pour faire valoir quelque sentiment de supériorité ni pour susciter l'empathie. Je le dis parce que cela est vrai et j'espère que, si j'avais continué à exercer le métier que j'ai pu exercer un moment, et auquel je dois d'avoir appris un tant soit peu à regarder l'état de choses, j'espère donc, que même dans une vie plus facile, j'aurais gardé ou acquis cette objectivité qui permet de distinguer ce qui donne de l'importance de ce qui est important.
Comment enrichir mon pays? Il me semble que c'est une question à laquelle je me suis efforcé de répondre régulièrement, avec mes propres moyens, forcément insuffisants, en fonction de ma position sociale, forcément peu enviable, en fonction de ma crédibilité, forcément entamée, en fonction de ma volonté, forcément éprouvée.
Je vis donc en dessous du seuil de pauvreté, par choix, ce qui signifie par conviction.
Mais je vis au dessus du seuil de cécité et au dessus de celui du fatalisme.
.................
La question des institutions.
Un président responsable. C'est ce à quoi les Français, qui raffolent, pour autant qu'elle ne les engage pas eux-mêmes, de cette notion, aspirent.
Cette notion de responsabilité mérite d'être approfondie au-delà des formules et des apparences. Je crains que ce goût pour une formule de gouvernance qui lui permettrait, devant le parlement ou de quelque autre manière, de sanctionner le président constitue pour le peuple français un moyen de surenchérir dans sa propre illusion démocratique.
On voit où elle l'a mené jusque là.
La maturité d'un peuple, par conséquent du modèle démocratique qu'il adopte, est fait aussi de la lucidité avec laquelle il s'apprécie lui-même.
10:11 Publié dans Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2006
Petit texte
J'ai démissionné en 1996 au moment précis où mes compatriotes ont choisi, eux, de se recroqueviller sur leurs droits, d'en réclamer de nouveaux en matière de réduction du temps de travail, et de protection de leur statut, de leurs privilèges relatifs au mécanismes de protection sociale et de retraites.
J'étais alors journaliste localier, c'est-à-dire chargé de rendre compte de ce que je voyais.
Quand mes confrères se félicitaient des manifestations provoquées et les présentaient comme la démonstration d'un démocratie vivace, j'y voyais une sorte de perversion inquiétante, infantile et infantilisante, réalisée au mépris de l'intérêt général et plus encore réalisée sur le dos des générations à venir.
La rupture, à mon niveau individuel, était consacrée.
On croit dans la République, l'ensemble des valeurs qui lui sont attachées, non pas parce qu'elle vous nourri, vous protège, vous accorde droits et obligations, mais parce qu'elle maintient un environnement sincére, intelligent, accueillant et les bienfaits, la prospérité, la cohésion sociale, le bien vivre commun, ne sont rien d'autre que la résultante de ces conditions. Rajouter par couche successives de la démocratie participative, des forums citoyens plus ou moins noyautés idéologiquement, n'enrichit pas la démocratie tant que, fondamentalement, la communauté nationale ne réalise pas l'effort sur elle-même pour décider de ce qui est important pour elle, à commencer par son rapport aux priorités qui sont celles à relever.
Le débat entretenu si longtemps sur la dette – son étendue, son caractère ou non préjudiciable – m'a longtemps semblé un monument de docte cécité collective.
Dès lors qu'elle devient l'espace des dès pipès, des défausses permanentes, la République est dévoyée et ce qui est important, primordial en son sein se dévalue au profit de ce qui ne l'est pas.
Je n'ai pas fait science politique, mais je pense que ce n'est pas autrement que l'on se réveille un jour avec une dictature: parce qu'on a donné longtemps la République au mensonge et à la facilité.
Alors, elle se retourne contre vous sous une autre forme.
Ce que j'ai vu de la part d'une grande partie de mes compatriotes, encouragés alors par une offre « politique » issue de la gauche « plurielle » dont il faut se rappeler tout de même qu'elle proclamait à qui voulait bien l'entendre, en plein processus de mondialisation des échanges, avec les tensions que cela entraînait, que nous, Français, nous entrions dans la civilisation des loisirs.
Nous étions les rentiers de nos utopies.
La démocratie ayant pour pouvoir de permettre au plus grand nombre de prendre des vessies pour des lanternes, une majorité d'entre nous ont choisi d'adopter, dans le cadre d'une conception de la citoyenneté dont je leur laisse volontiers la responsabilité devant leurs enfants qui en supportent les conséquences, cette vision de l'avenir et surtout celle de la conception qu'ils se faisaient de leur responsabilité individuelle et collective.
Suffit-il d'être une majorité à affirmer un mensonge pour que celui-ci devienne une vérité?
En 1996, donc, je me suis dit simplement que je n'étais pas propriétaire de ma « place », que je ne pouvais décemment soutenir qu'elle m'appartenait parce que je l'occupais depuis longtemps, parce que mécaniquement elle me permettait de voir mon niveau de vie et mes droits augmenter.
C'était une question d'honneur et de sincérité et une manière de dire, dans la chair, qu'un homme peut prendre en charge quelque chose, avancer avec ses propres pas, apprendre et projeter, malgré tout, de l'avenir.
C'est tout ce que j'ai essayé de faire.
Jamais je n'ai été plus maltraité.
Je termine par cette réflexion: je les réprouve et considère qu'il convient être sévère avec eux, mais quand les gamins des banlieues ont pris pour cible lors des « émeutes » des banlieues, l'école de la République, il m'a semblé que cela disait quelque chose.
En tout cas, si ces derniers avaient tenté de porter atteintes à des banques, sans doute y-aurait-il eu évidence qu'ils éprouvaient du ressentiment avec la banque.
Mais, à moins que cela ne soit pur hasard, c'est l'école qu'ils ont voulu outrager.
Pourquoi? Peut-être parce qu'ils pensent, à tort à raison?, que les dès commencent d'être pipés là.
Bien sûr, M. Aschieri dira toujours qu'il convient de la santuariser, cette école de la République, en lui donnant plus de moyens, enfin en donnant plus de moyens au mammouth et à ses croyances.
11:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.12.2006
Faire
En 2002, j'ai engagé la réalisation d'un projet que j'avais intitulé Ivigi et qui consistait à déployer un système d'information à caractère vital via le vecteur des téléphones mobile et la géolocalisation. J'ai consacré une certaine énergie à promouvoir ce projet sans avoir bénéficié de soutien et ai été en butte, souvent, au sentiment que le porteur de projet que j'étais - rmiste en situation d'hébergement d'urgence - ne bénéficiait pas toujours devant les interlocuteurs que j'ai rencontré de la crédibilité nécessaire à leurs yeux et d'être, à l'exception de quelques rares interlocuteurs, disqualifié au départ.
Alors, aujourd'hui dans le Mag de la modernisation de l'Etat, je lis ceci:
Inondations : quand le téléphone donne l'alerte
(Mag de la modernisation de l'Etat) Longtemps réservés aux adolescents, grands consommateurs de nouvelles technologies et de moyens de communication rapides, les SMS (short message service) intéressent désormais de plus en plus de collectivités. Ces dernières ont compris l'utilité de ces nouveaux outils, notamment pour la diffusion rapide auprès de leurs administrés d'informations en temps réel. C'est notamment le cas des communes soumises à des risques naturels comme les inondations, qui ont pris conscience de la nécessité de pouvoir avertir rapidement leurs habitants.
A Marmande, commune du Lot-et-Garonne, située au bord de la Garonne, la municipalité a ainsi mis en place en 2004 un système capable de diffuser massivement, en temps réel et 24h/24, par téléphone, SMS, courriel, ou message vocal des informations à la population. Développé par France Télécom, " Contact Diffusion Multimédia " permet d'envoyer via différents supports de diffusion des messages courts, n'excédant par les 160 caractères.
Les habitants bénéficiant de ce service reçoivent alors l'information sous forme de synthèse vocale sur leur téléphone fixe, de SMS sur leur mobile, ou encore par courrier électronique ou par fax.
En cas de montée des eaux du fleuve, les abonnés inscrits dans l'annuaire France Télécom sont automatiquement informés. Les autres (liste rouge, changement de domicile, portable uniquement) doivent en revanche s'inscrire au préalable sur le serveur vocal de la mairie.
Alertes de risques de crue, avis de tempête ou de fortes pluies... à Croissy-sur-Seine (Yvelines) aussi, la municipalité s'appuie sur les nouvelles technologies pour développer la communication de crise. Afin d'améliorer encore le processus d'alerte des habitants, la commune de Mende en Lozère innove en associant les centres d'appels téléphoniques au SIG (Système d'Information Géographique). Le mariage des deux technologies permet aujourd'hui d'affiner la diffusion des messages d'alerte par zone géographique ou par ordre de priorité.
Il est loin le temps où le seul moyen de donner l'alerte à la population résidait dans les sirènes installées sur les toits… Le relais est désormais assuré par les antennes de téléphonie mobile et l'Internet, les nouvelles technologies devenant ainsi de véritables outils de sécurité publique.
Et je reçois, parce que je suis dans les bases de données, une invitation à participer au forum Geri organisé par Sophia-Antipolis qui porte sur cette même thématique.
Je leur ai écris la chose suivante, sans aucune espèce d'amertume, juste parce que celui qui fait ou tente de faire au delà de ce que la plupart des gens considèrent être sa limite, a droit à son mot.
Ayant reçu une invitation au forum Geri, et n'ayant aucun moyen de m'y rendre, je me permets de vous transmettre la teneur du projet que j'avais engagé en 2002 et auquel j'ai consacré, dans des conditions extrêmement difficiles, une importante énergie.
Il me semblait, à cette époque, que le signe d'une société de l'information évoluée consistait à assurer aux citoyens et usagers une information pertinente dès que leur enjeu vital est engagé et qu'il pouvait sembler paradoxal de constater que là où elle assurait le moins bien sa mission c'était en situation de risque ou de détresse.
J'avais consacré, en pure perte, quelques centaines d'euro dans l'inscription de la marque Ivigi, dont ne n'étais pas mécontent d'avoir trouvé le nom, à l'INPI, mais, quels qu'aient pu être mes efforts, je suis demeuré bien isolé, ce même lorsqu'il m'a paru poser des questions pertinentes – demeurées sans réponse. Par exemple, je m'étais attaché à demander à l'ART s'il disposait d'une étude sur le comportement et la fiabilité des réseaux des opérateurs mobile en situation extrême, notamment en situation de crues, de tempêtes ou même, puuisque le cas s'est présenté avec les situations de saturation connues mais que j'arais voulu quantifier, lorsque l'usine AZF a explosé et qu'un certain nombre de personnes sont demeurées hébétées et privées de toute information sur ce qui venait de se produire.
Il est vrai que je n'étais et que je ne suis encore aujourd'hui rien et que la société française ne répond qu'à ceux qu'elle renconnaît.
Aujourd'hui, je reste un modeste citoyen, sans pedigree. Cela ne m'empêche pas de considérer que les portes qui sont demeurées fermées devant moi n'avaient pas à l'être comme elles l'ont été, d'autant que le thème du forum qui doit se tenir sous votre égide coïncide quelque peu avec ce que je m'employais de mettre en oeuvre.
J'observe que le projet Ivigi avait été transmis à l'école des Mines d'Alès par l'intermédiaire de la pépinière d'entreprise Eole, sise à Narbonne, et que son directeur m'avait alors affirmé que les responsables de l'incubateur de cet établissement allait m'appeler car ils déployaient une thématique d'étude sur le thème de l'information à caractère vital.
Je n'ai jamais eu l'honneur d'être contacté, ne fût-ce que pour me dire que le projet que je soutenais pouvait être considéré comme méritoire.
Pour faire bonne mesure avec l'esprit qui règne dans ce pays, je mets en oeuvre – du fond de ce que je considère être une geole - un site intitulé www.commonhealth.eu. Tout seul.
Cordialement,
Je joins l'avant-projet sommaire que j'avais rédigé alors. Et quelque autre projet dont je m'étais dit qu'il pouvait constituer un axe.
Je suis encore étonné qu'on ait pu m'opposer si soyuvent soit que j'avais surinvesti - ce qui est apparemment une tare - soit que "ça marche pas comme ça".
Il me vient aux lèvres quelques mots fleuris. Que je contiens parce que je me suis bien élevé.
BP_ivigi.pdfAPS_light.pdf
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