jeudi, 27 mars 2008

Le Grau-du-Graff, dernière...

La note que j'ai publiée le mois dernier - 26 février - sur les Graffs du Grau du Roi avec l'album de photos ("Photo Graph") en illustration est à nouveau mentionnée dans la presse. La Gazette de Nîmes y consacre un petit article dans son édition d'aujourd'hui et en publie une image.
J'espère que l'hebdomadaire nimois ne subira pas comme le Midi-Libre les foudres de lecteurs grincheux et mal informés sur ce phénomène.
Je précise encore que les fresques murales qui ont attiré mon attention et qu'on nomme graphs ou graffs ne "vandalisent" pas des immeubles habités mais recouvrent les murs d'habitations abandonnées en attente de démolition...
Merci à la Gazette de Nîmes pour son aimable visite dans mon blog.

3fd21842fc7da11a9c61b4ed04a8710e.jpg

dimanche, 23 mars 2008

Printemps timide

42476d896ba2c0657f2fbdfc061befaf.jpg

Mars attaque encore et les Jardins ont froid. Quelques photos prises ce matin entre deux éclaircies, entre deux rafales hivernales. Enfin les arbres de Judée allument quelques feux dans les halliers vers la Tour Magne, et les coronilles sont épanouies : il faut bien que jaunisse se passe…
De la couleur, donc, dans les Jardins de la Fontaine, mais c’est timide, l’ambiance n’y est pas encore, il faudra revenir pour les grands incendies technicolorés que le printemps, le vrai, nous prépare en ces lieux …
889ab61e481e75cc030e7ff64c52671c.jpg

1db6eb5848ff17762121be0416a82c43.jpg

5200cb78e6a4f044574356a211afac8e.jpg

52d65ecb28fd7f6bfa5d02d5e4c4f621.jpg

840c4a528062ab9211081c3c97469089.jpg

ebd6230e87df4fffe8ccfc19ef13ac3a.jpg

62bf859fc31faa6f1db2c89a0b5d8605.jpg

vendredi, 29 février 2008

Photo de la semaine


Merci pour ce petit coup de "haut-parleur" qui me va droit au coeur !
Et bonne visite de l'album photo pour ceux que l'article du Midi-Libre aura conduits vers mon blog.

mardi, 26 février 2008

Photo Graff



Promenade sur la plage du Boucanet, au Grau du Roi. Belle journée de fin février. Peu de monde malgré le soleil qui tiédit le sable fin. Je photographie les reflets de l’eau sur les bords de la grève, les rides de sable mouillé qu’inlassablement redessinent les risées d’un vent frais de la mer, écritures changeantes au gré du flux et du reflux des vaguelettes. Je prends aussi des traces, des empreintes : semelles des promeneurs, pattes de mouettes, de goélands, sculptures en creux de pneumatiques. Ici la mer et le vent rebattent les cartes en permanence, les signes de notre présence ne sont qu’éphémères, on passe et tout s’efface.

Je médite, face aux quatre éléments : la mer, le vent, le sable et le soleil, petit philosophe de congés payés. Mais c’est curieusement le monde urbain qui vient ici me tirer de mes songes : à main droite, juste après le long et vieux bâtiment du centre de rééducation — qui est une annexe du CHU de Nîmes — d’autres bâtiments, propriété également du CHU sont à l’abandon, manifestement voués au grignotage, au dynamitage, aux pinces, aux broyeurs, aux grappins, aux bulldozers, aux pelleteuses des démolisseurs pour faire place nette avant je ne sais quels très juteux projets immobiliers…

En attendant, ces bâtiments, ces blocs en friche — bien qu’assez modernes — sont devenus de véritables « résidences » d’artistes graffeurs, ou grapheurs, les deux s’écrivent, et ce sont les couleurs vives des façades bombées qui ont attiré mon regard, depuis la plage qui les borde.

Alors j’ai enjambé des ganivelles, une clôture effondrée, j’ai regardé et j’ai photographié. Je vous invite à parcourir l’album photo qui correspond à cette note. Des ombres mouvantes derrière une fenêtre aux vitres brisées m’ont indiqué une présence. Je suis entré dans un des blocs ouvert aux quatre vents, j’ai pris un escalier et me voilà dans une pièce, très éclairée, que trois graffeurs sont occupés à décorer. On discute. Deux sont lycéens, seconde et terminale, le troisième n’est plus scolarisé. Muni d’un rouleau fiché sur un manche, un des trois intervenants passe une couche de blanc sur un mur de la pièce. Son camarade, armé dune bombe aérosol, esquisse les contours de son graff. Le troisième me pose des questions, me demande ce que je pense des graffs que j’ai vus. Je les trouve réussis, dynamiques, spontanés, ils rendent hommage aux lettres qui ne sont d’habitude que les esclaves des mots, et c’est parce que tout cela va bientôt s’effacer (comme nos traces sur la plage, décidément ! ) que j’ai envie de témoigner de leur vie éphémère.

Je laisse ces trois jeunes à leurs murales pages blanches, je parcours toutes les pièces des blocs à l’abandon, profitant au maximum de la lumière qui faiblit. L’odeur enivrante des bombes de peinture envahit tout l’espace. Pas une pièce qui n’ait été prise d’assaut par les graffeurs. Il y a de simples surimpressions de tags, bien sûr, on sent qu’il y a quelques rivalités, du narcissisme aussi, mais il y a surtout, partout, des graffs très élaborés, des frises, des fresques murales qui forcent le respect. Certains graffs se reconnaissent rapidement, pseudonymes autant sonores que visuels : Olek , Save , Gaze , Anis … Toute la trans-culture urbaine est là, les pieds dans le sable du Golfe du Lion ! « Sous les pavés la plage », disait un mur de mai 68. Mais elle est là, la plage, juste derrière ces murs recouverts de signes entremêlés, modernes palimpsestes énigmatiques pour nous mais qui nous parlent d’une jeunesse pour qui le monde des adultes n’est pas encore un modèle idéal, sans doute, d’une jeunesse qui s’invente des codes, des langages, des règles à suivre hors de nos sentiers rebattus avant de prendre sa place —ou d’essayer de la prendre — dans le train-train trop formaté de notre quotidien.

Je ne connais pas cette culture, ses codes, son lexique, je ne sais pas au fond ce qui se trame derrière ces écrans pariétaux, je ne sais pas si j’ai croisé les Jean-Michel Basquiat, les Keith Haring de demain. J’ai simplement été touché par le fait qu’eux dans les blocs qu’ils ont investis, moi dans mon blog et vous sans doute aussi, nous tous sommes mus par ce même désir qui est de laisser une trace, avec le vain espoir que le temps, le vent, la mer ou les équarrisseurs immobiliers ne l'effacent pas trop vite.

mardi, 08 janvier 2008

Jardins d'un soir

La nuit va tomber. Je traverse le boulevard. Hâtive traversée sous le regard inquiétant des statues qui tremblent, il me semble, de froid…
Vers les grilles de l’entrée des gardes municipaux rameutent de leurs sifflets aigus les derniers promeneurs attardés. J’en suis… Pressons le pas. Lacis noircis en image inversée entre les deux anses de la source. Je prends…
Je vois des croix rouges tracées aux troncs de certains marronniers. Ceux précisément que j’avais photographiés il y a peu, qui me semblaient implorer quelque chose du ciel. Mais le ciel était vide et ces marques de sang signent leur fin, je le sais. Demain, peut-être, viendra l’élagueur— moderne Camarde — armé de sa pétaradante faucheuse.
Les bambins grassouillets du Nymphée grisaillent dans leur marbre, adossés à leurs vasques baroques. Plus loin, vers une entrée, la tache jaune d’un réverbère éclaire cette image. Je prends.
Je crois qu’il n’y a plus que moi. La buvette du Pavillon ferme aussi, des chaises métalliques sont encore autour des tables, sans doute quelques fantomatiques buveurs d’invisibles cafés dont l’odeur flotte au loin de ma truffe anosmique… Je prends aussi.
Enfin je sors. Des fenêtres éclairées noient leurs reflets dans les eaux sombres des bassins. Je prends, enfin.
La nuit est tombée, j’ai pris aux Jardins un peu de leur vie quotidienne, comme ça, en passant, ni vu ni connu, comme un voleur du temps, et mon butin d’images est là, qu’avec vous je partage.

f4313c351c0555cd80aeac590fa0fd21.jpg

9ab95e27786c389badbbf3c95d776532.jpg

f8a2b99383d46a3963f6872b55cd9734.jpg

5e394c1b8c4ecf111bd3c68dd615171a.jpg

9489699f26d8993e6ba4c2ebe5669d6b.jpg

0e28b7829f73ce76c5533a56cc5d992f.jpg

vendredi, 28 décembre 2007

Jardins d'hiver, 1

Jardins de la Fontaine. Dernière traversée de l’année. Mon appareil photo saisit des arbres dépouillés qui griffent le ciel de leurs branches confuses, des balustres pansus découpés par la lumière basse de l’hiver, des promeneurs emmitouflés, des amoureux enlacés, un joueur de vielle solitaire…
L’année s’est en allée, les saisons font la mue sur les Jardins assoupis.
Comment prendre en photo ce silence ?















jeudi, 13 décembre 2007

Nychtémère...

David, du blog "Petites histoires de courants" , me laisse un commentaire sur ma dernière note : " Pour ceux qui comme moi (houuuuuuuuuuuu) ne connaissent pas ce mot !!!
nycthémère: nom masculin
Période de vingt-quatre heures correspondant à la succession d’une nuit et d’un jour (dans les régions non polaires)."

Je lui ai répondu ceci :

" Nycthémère, c'est pour jouer avec les mots, pas pour faire érudit, pour "flirter" avec les limites du lexique...
Nycthémère est tellement proche de "Nique ta mère" que je ne pouvais pas résister !
J'aime bien Nyctalope (j'interdis qu'on me réponde : "toi-même"...), concupiscent, presbyte (mieux que "casse c........"), suspect (mieux que lèche-cul), etc. ", ... et lui indique au passage combien j'apprécie son blog...

... Et voici ce qu'il me répond :
"Bonjour Philippe,
Je n'ai pas pensé une seule seconde que c'était pour faire l'érudit, et j'ai complètement loupé la prononciation. Merci de cette précision.
Finalement, ce mail ne pourrait-il pas faire l'objet d'une note ???
Cordialement,
David "

Alors, finalement, je réponds à David : "Chiche !
Mais rassurez vous, je n'ai pas pensé une seconde que vous aviez pu penser une seconde que je voulais faire l'érudit, c'était une manière de me moquer (moi même) un peu de moi !
Allez, j'en fais une note !"

Voilà comment sous le Pont Mirabeau l'encre blogueuse a coulé...

Sous le Pont Mirabeau...

Séjour nycthémère autant que professionnel à deux pas du Pont Mirabeau, où coule la Seine…
Alors comment résister au plaisir de cueillir l’instant ?

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure…






lundi, 10 décembre 2007

Trois images du soir

Ciel en toile de Nîmes
Rouge au front des Arènes
Et l’Eure arrose tout cela




Un arbre fait des signes
Comment détourner le regard
Des pierres allumées ?



Palmiers en éventail
Parasols de muletas
Arènes en habit de lumière

dimanche, 02 décembre 2007

Ophélie


Vue, dans le canal du Jardin de la Fontaine, cette Ophélie en matière plastique.
Noël, bientôt, saura te remplacer…
Me reviennent alors ces deux vers de Rimbaud :
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys


Et puis voici pour lui tenir compagnie d’autres Ophélie puisque le sort tragique de la fiancée d’Hamlet a inspiré tant et tant d’artistes qui n’auraient pas manqué, eux, de lui porter secours, comme son nom le signifiait…

Ophelia John Everett Millais 1852

Eugène Delacroix, la mort d'Ophélie, 1844

Carlo Molino

Alexandra Ravendusk



Fumio Hamano

Harold Copping

Bethanie Marchman

Margaret Mc Donald, 1908

Michel Cure, Ophélie, 1990

Odilon Redon, 1905

Paul Delaroche, La jeune martyre,

Per Barclay, Ophelia, 2005

Sybiline



... et puis ce lien vers un extrait de jeu vidéo...

Tu n'es plus seule, petite Ophélie de plastique emportée dans l'onde froide des Jardins de la Fontaine. Une main t'a lâchée, mais prise dans la toile du web, laisse-toi aller, une autre vie est là...

Toutes les notes