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mercredi, 30 janvier 2008
Les masques de Venise

Venise est douce jusque dans le nom qu’elle porte. Comment ne pas l’aimer ?
Elle sait ne pas être une « gondoland », une ville-musée sentant la naphtaline et l’odeur des marais pour peu qu’on y vive ne serait-ce que quelques jours au milieu des vraies gens qui l’habitent, qui se débrouillent au quotidien avec cette insularité contraignante. Tout passe par les canaux : nourriture, équipement, ordures, vivants et morts… Nombre de Vénitiens finissent par se lasser de ces inconvénients pour prendre pied sur le continent, à Mestre à Marghera ou plus loin, là où est le travail, là où la vie est moins chère, là aussi où les Fiat, les Lancia, les Alfa, et bien sûr les Ferrari peuvent lâcher la bride à leurs chevaux fougueux. Venise a ainsi perdu plus de la moitié de ses habitants en moins de cinquante ans, véritable exode que l’afflux massif et constant des touristes pressés de numériquement capter le Rialto, San Marco, San Giorgio, l’Arsenal ou le Pont des Soupirs ne masque même plus… voilà donc l’affaire : Venise perd son masque.
Alors le Carnaval est là pour lui voiler la face. Mais derrière ces masques baroques, raffinés, ouvragés, magnifiques en un mot, se cachent souvent des étrangers — beaucoup de Français d’ailleurs — qui posent romantiquement devant d’autres étrangers, — beaucoup de Français d’ailleurs — boulimiques d’images « exotiques »…
Dans des quartiers excentrés, à peine masqués, pour « marquer le coup », sont les vrais Vénitiens plus ou moins concernés par cette fête étrange, peu authentique mais ô combien lucrative.
Allons ! On aime Venise, malgré tout, Venise hors du temps, hors des routes, où l’on aime se perdre sans jamais s’égarer.
23:04 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Masques, Venise


