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samedi, 26 avril 2008
LE GRAND CAFE DU BALCON
Peu d’entre nous savent qu’à l’endroit où se tient actuellement notre Poste, il existait, dans les années 20, un café.
photo serge
Cet établissement était tenu par Monsieur David, qui auparavant était propriétaire du Grand Café Glacier, ensuite du Café des Arts et pour finir du Grand Café du Balcon.
Au rez-de-chaussée c’était la grande salle du bar, avec terrasse sur le trottoir.
Imaginez de nos jours, la terrasse à cet endroit stratégique pour la circulation. Heureusement qu’à cette époque bénie, la circulation se réduisait à quelques automobiles, et était surtout faite de « moteurs à crottins ».
A l’étage, se trouvait la grande salle du billard, mais celle-ci abritait souvent des jeux moins innocents, puisqu’on y jouait au baccarat, ce qui était interdit, mais cette activité attirait pas mal de joueurs de Puisserguier et de Béziers.
Collection Christiane Boerher grand café du balcon.jpg
Le 17 Décembre 1922, vers 2 heures 30, alors que la soirée de jeu venait de se terminer, 10 à 12 joueurs se tenaient autour de la table et comptaient l’argent, le croupier tenait en main la somme de 500 francs qu’on venait de lui remettre. A ce moment là, un certain Domenech demanda qu’on lui remette l’argent. Monsieur David essaya de s’interposer, mais celui-ci fit feu le tuant sur le coup.
L’autopsie révéla 3 blessures par balles : à la face, à l’épaule droite et au côté gauche du thorax au niveau de la 8ème côte, avec perforation de la veine cave, ce qui eut pour effet d’entraîner la mort instantanée.
Le tueur faisait partie d’un groupe de 6 anarchistes espagnols qui résidaient et travaillaient à Puisserguier depuis quelques temps.
Ce groupe qui avait pour nom « Les Incassables » préconisait l’action directe et avait pour but de récolter des fonds pour des accusés anarchistes espagnols.
C’était le secrétaire du syndicat ouvrier de Puisserguier, un français de 26 ans, qui leur servait d’intermédiaire pour la correspondance.
Ce groupe qui fréquentait le café, et jouait même à l’occasion, avait vu tout le parti qu’il pouvait tirer d’un hold-up, et fomenta son mauvais coup.
Quelques jours avant le drame, un ou plusieurs d’entre eux, s’étaient rendus chez un armurier de Béziers pour acquérir 4 pistolets, ce qui ne laissait aucun doute sur la préméditation.
Leur forfait accompli, à la faveur des cris et du tumulte les six individus prirent la fuite, se rendant à pieds jusqu’à Narbonne, où ils prirent le train pour la frontière.
Leur fuite ayant été signalée, trois furent arrêtés au poste frontière de Cerbère et trois autres à Foix, et furent incarcérés à Cette (orthographe de l’époque).
Ils furent jugés à Montpellier en Mars 1923, et condamnés à 20 ans de travaux forcés, pour tentative de vol qualifié, assassinat, complicité d’assassinat et tentative d’assassinat. Ils furent envoyés au bagne de Cayenne en Guyane.
Deux d’entre eux : Domenech José et Tardès Pédro, réussirent à s’évader du bagne le 11 février 1928, ayant probablement trouvé asile au Vénézuéla, comme l’atteste une lettre de l’un deux, expédiée à un de ses anciens employeurs de Puisserguier pour lui réclamer de l’argent. Les recherches furent abandonnées en 1939.
Tous ces renseignements, recueillis aux Archives Régionales à Montpellier, nous ont été aimablement fournis par Georgette Andral-Pujol, petite fille de Monsieur David, que nous remercions pour sa gentillesse et sa patience.
Narration/rédaction : Monique
Je trouve cette histoire très intéressante et tout à fait inattendue. J'ignorai totalement que Puisserguier avait été le centre d'un tel drame ...
marie | vendredi, 25 avril 2008
Merci à vous, j'ignorais aussi que de tels événements avaient eu lieu dans notre paisible village .
Monique as tu des renseignements sur le café qui existait sur la place de l'église ?
je rêve de le voir se ré-ouvrir, et que cette place devienne le point de départ de circulades .
Oui, j'ai besoin de rêver ce matin.
maryse | samedi, 26 avril 2008
Tout comme Marie et Maryse, je suis trés surprise par ces faits qui se sont déroulés dans notre petit village ! C'est vraiment intrigant !
Claudie | samedi, 26 avril 2008
19:10 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Notre village, Famille, Traditions
mercredi, 23 avril 2008
Vendanges aux "Goudailles"
En 1960, Grand-père mettait autant de temps pour aller vider ses 12 comportes à la cave coopérative de Puisserguier depuis la vigne des "Goudailles", que n'en met le TGV pour relier Lyon à Paris.
Il faut dire que le transport dépendait aussi du bon vouloir de la mule de service...
Document Internet
Et durant ce laps de temps, seul avec Grand-mère, nous remplissions tous les récipients de grappes de raisins coupées à la main.
A cette époque les petits-fils préparaient ainsi leurs prochaines rentrées scolaires et ils emplissaient aussi leurs têtes de merveilleuses anecdotes.
Narration/rédaction Emile
Où sont les vendanges d’antan !!!
L’arrivée des espagnols dont certains ne sont jamais repartis ayant trouvé une fille à leur goût à Puisserguier, le départ des « colles » tous les matins, l’odeur du moût dans le village, le travail certes, mais dans la bonne humeur, les filles qui se permettaient de « farcir » les garçons et les garçons de « capouner » (mordre ou embrasser) les filles pour la moindre grappe de raisin oubliée sur la souche, la « saquette » tirée du panier et dégustée à l’ombre réparatrice d’un arbre, l’eau fraîche du cruchon en grès, la collation offerte par le propriétaire le dernier jour de la récolte. Autant de souvenirs qu’évoquent pour moi les vendanges.
vendanges 1.jpg
Collection Nicole Garin
Je sais bien qu’il a fallu sacrifier à la modernité et surtout à la rentabilité, mais au risque de passer pour la mamie « ronchon » de service, je regrette beaucoup que les traditions se perdent et je me demande bien, ce que vont pouvoir raconter à leur descendance les jeunes actuels.
vendanges 2.jpg
Collection Nicole Garin
Narration/Rédaction : Monique
Quel souvenir les vendanges !!
Le départ se fait devant la demeure du propriétaire. Il fait encore nuit et petit à petit les portes de la rue s’ouvrent une à une pour déverser son lot de travailleurs plus ou moins réveillés. Il y a foule, des gens se croisent, se disent bonjour, s’embrassent.
Tous vêtus de vieilles fringues, celles que l’on ne met plus ou que l’on récupère dans la famille pour cette occasion. On lave peu, pas le temps, souvent quand le pantalon tient tout seul, raidi par le jus de raisin, on le jette.
Armé de glacières, de paniers, de sacs plastiques, contenant le ravitaillement pour la journée, chacun se rapproche de son moyen de transport.
Les premiers jours, c’est un peu l’enthousiasme de la nouveauté. On retrouve des amis, on fait la connaissance de saisonniers. Mais au fil des jours ce bel enthousiasme s’estompe.
La fatigue, les conditions météo parfois difficiles, la pénibilité du travail, l’absence de repos dominical, usent les organismes, même les mieux rôdés.
Une fois la colle réunie, on grimpe dans la camionnette, l’estafette, la voiture pour les mieux lotis, ou bien on se cramponne tant bien que mal aux ridelles d’une remorque, sur laquelle, on saute et sursaute, a chaque « culs de poule » ou « dos d’âne ».
Le matin le trajet est calme, une cigarette, un petit mot sur le film de la veille.
On arrive dans les vignes. Chaque « coupeur » récupère un seau, et se place devant sa rangée ?. La « meneuse » donne le top départ en coupant la première grappe. Et c’est partie pour une dure journée de 8 heures, plié en deux, soulevant des seaux pouvant parfois être plus lourds vides qu’avec leur contenu lorsqu’il pleut, et ne « levant la tête » que pour soulager son pauvre dos endolori.
J’aimais beaucoup la première heure. Dans un calme impressionnant, chacun perdu dans ses pensées, on entendait seulement le clac clac des sécateurs, et de temps en temps l’appel au « videur » : « cubo ».
Le matin se lève, le soleil commence à monter dans le ciel déjà presque bleu, et la campagne est silencieuse. Mais ça ne dure pas.
Après le déjeuner, les langues se délient. Blagues, commérages, chansons. Tout y passe, et fait passer le temps plus agréablement.
Le déjeuner à midi permet une pause bien méritée.
Documents internet
Mais la reprise à 1 heure est le pire moment de la journée, surtout lorsqu’il fait une chaleur torride.
Lorsque j’ai commencé à vendanger avec mon père, il employait des « espagnols » qui venaient parfois des coins les plus reculés d’Espagne. C’étaient des gens très durs au travail, honnêtes, drôles et attachants. On a gardé de très bonnes relations avec ces familles durant de longues années, mais le temps passant, et les vendanges ayant pris une forme plus mécanique !!! Je me souviens qu’ils logeaient chez ma grand-mère Alice, au dernier étage de la maison. Mon père avait aménagé une cuisine et les sanitaires.
Quand ils cuisinaient, on sentait les odeurs d’huile d’olive jusque dans notre cuisine qui se trouvait au rez de chaussée. Ma grand-mère adorait leur faire de petites attentions, et eux la gâtaient en lui ramenant toujours un petit cadeau.
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Collection Nicole Garin & Corinne
En conclusion, les vendanges qui duraient parfois un mois complet étaient une période incontournable dans le village. On les préparait, on prenait les congés souvent pour cette occasion. C’était malgré la difficulté, un moment de convivialité et de chaleur. Parfois même d’entraide.
La mécanisation a changé tout ça. Pour un mieux ou un moins bien, c’est selon !
Les vignes, quant à elles, ont perdu un peu de leur âme. On a coupé leurs arbres, on a comblé leur ruisseaux, on a agrandi les parcelles, on a goudronné ou bétonné leur chemin d’accès.
Il nous reste tout de même le produit de ces vendanges qui lui par contre est allé en s'améliorant.
J'ai envie de reprendre un slogan qui a eu son heure de gloire "L'eau est polluée, buvez du vin".
Narration/Rédaction : Corinne
Un autre dicton, venant du jura (également région viticole) de Mr PASTEUR : Le vin, boisson hygiénique
marie | mercredi, 23 avril 2008
17:25 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Notre village, Famille


