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vendredi, 18 avril 2008

La cave coopérative des « petits Vignerons de Puisserguier »

C'est a l'époque des vins de masse pendant le grand élan coopératif régional des années 30 que «Les Petits Vignerons de Puisserguier» (1936) et la cave coopérative de Maureilhan (1937) ont été créées (sur la photo, la Société coopérative de production vinicole, "ancêtre" de la Coop actuelle). col. Georgette Sté coop.JPG
Elles sont composées alors, uniquement de petits viticulteurs presque tous partiels (vinifiant également chez eux).

Nous avons sélectionné quelques dates de l’évolution de la cave coopérative.

C'est en 1936 : qu'eut lieu la création de la cave «Les Petits Vignerons de Puisserguier».


Photos ci-dessus, collection Georgette Andral (zoom :cave coop 1.jpg)
1936, inauguration de la Cave coopérative par le maire Georges Pujol accompagné du Préfet de l'Hérault.

1960 : changement de fonctionnement des coopératives de la simple collecte de raisin, elles deviennent coopératives de commercialisation avec l'imposition de la vente en commun.
1973 : création d'un groupement de Coopératives, le CEPRO suite au Plan Chirac mis en place en pour la restructuration du vignoble.
1983 : Puisserguier rejoint le Groupement de Roueïre
1980 : période très difficile pour les coopérateurs (baisse des cours du vin, mécanisation des exploitations, endettements et surproduction).
1985 : Maureilhan rejoint le groupement de Roueïre.
1997 : fusion cave Maureilhan avec Puisserguier.
2000 : création d’un chai d'embouteillage à Puisserguier (face à la MJC).



D’après l’historique du site Internet de la cave coopérative : http://www.puisserguier.net/

Toutes ces dates ci-dessus qui relatent, en bref, l'histoire de notre cave, ne peuvent être énumérées sans qu'on y ajoute un mot sur les hommes et les femmes qui ont marqué son histoire.

Monsieur Georges Pujol, père de Georgette Andral et de "Dédé" Séguier, a été le Président fondateur de la cave en 1935.
Pour cette raison, la rue qui mène à la cave a, depuis, été baptisée rue "Georges Pujol", sous le mandat de monsieur Dachary en 1978.
Dans cette même rue, Mr Pujol avait également été à l’origine de la création du lavoir et des bains douches (actuellement, garderie et salle des ports).

L’inauguration de la cave copérative a eu lieu en février 1936, en présence de monsieur De Pampelonne, délégué au ministre de l’agriculture, (le ministre socialiste de l’époque n’avait pas accepté de se déplacer en personne à cause de dissensions politiques), de monsieur Barthe, député de l’Hérault, qui était à l’origine de nombreuses lois sur le vin, du préfet et du sous préfet.

Cette inauguration a été marquée par un repas réunissant 300 personnes à la maison du peuple, les vins étant offerts par chacun des vignerons du village.
En 1936, de nombreuses grèves agitaient le climat social, et au moment de l’ouverture de la cave, le portail ainsi que certains carrelages n’étaient pas posés.
Messieurs Sire, Guilhaumon et Pujol, durent se relayer, en tour de garde, pour éviter des actes de vandalisme, qui auraient pu se produire en raison de l’accès ouvert de la cave.
Petite anecdote, durant la guerre, les réfugiés belges ont repeint le toit de la cave pour le camoufler.

Plusieurs "gérants" ou "directeurs de cave" se sont succédés tout au long des années.
Monsieur Guilhaumon Joseph a été le premier directeur de la cave à sa création. Lui ont succédé monsieur Sire, monsieur Bénazech puis monsieur Mantion, et je pense avant lui un autre directeur dont j’ai oublié le nom.
Durant la guerre, monsieur Sidobre a assuré la gérance à la place de Monsieur Sire mobilisé.

Quant aux présidents, je me souviens de messieurs Carcanade, Lautier, Poupolin. Mon papa, Serge Milhet a également tenu un temps ce rôle.

Le secrétariat a été assuré par madame Guilhaumon à l’ouverture, puis par madame Sire.
Vers les années 50, ce fut au tour de « Mimi » Lemaner de remplir cette fonction avec toute la verve et la mémoire qu’on lui connaissait, durant de très longues années.

En 1986, le cinquantenaire a été fêté devant la cave coopérative. Guy Lautier était alors président.

Narration :Corinne d'après les souvenirs de Georgette Andral / Rédaction : Corinne


La coopé……… une véritable institution !!!

J’imagine que pour ces hommes qui eurent pour devise « Fiers de notre maison, grandissons sa réputation », ce fut un grand, très grand moment .


la coopé 1.jpg

Pour ma part, cette relation remonte à bon nombre d’années, quand, juché, sur la charrette que tirait notre brave « Benjamin », j’accompagnais mon père vider le précieux chargement.
Il y avait la file certains soirs, presque jusqu’à la poste. Faut dire que l’on devait d’abord passer à la bascule, peser à plein, puis à vide. Odette Zorzin, à la « guitoune », se démenait comme une diablesse !!
Le soir, il fallait compter les kilos ramassés en faisant la soustraction. Une sorte de « devoir « auquel je participais sous l’œil vigilant de mon père (doc 2).


doc (1) et (2) la coopé 2.jpg

Pendant la vendange, il n’y avait pas de distribution de buvette, alors juste avant le début tout le monde se pointait avec les brouettes chargées de bonbonnes et autres récipients , en espérant avoir bien estimé le volume !!.
Pour les fêtes de fin d’année, Monsieur Bénazech faisait venir des vins spéciaux dont il fallait passer commande.
Un sacré bonhomme ce « gérant » comme on disait à l’époque. Un grand monsieur qui sans grands discours pompeux a su faire vivre et évoluer « sa cave ».
Très dévouée et toujours souriante, Mimi Le Maner s’occupait du secrétariat. Ils formaient à eux deux une équipe de choc !
A cette époque là, la vente n’était pas en commun. La sirène sonnait, on se rencardait à la coopé et selon le prix qu’offrait le négoce, certains décidaient de vendre ou pas quelques hectos « libres à la vente ». Coup de poker, me direz-vous, c’est sûr. Mimi rédigeait alors les chèques pour chaque coopérateur et Monsieur Saunière, qui travaillait pour la Sté Bordelaise, venait les signer (doc 1).

Quand Mimi a pris la retraite, c’est Marcel Ouradou qui l’a remplacée.
Je me souviens de quelques présidents…… sans pouvoir dire à quelle époque ils ont été élus : Raymond Golano, Serge Milhet, Henri Carcanade.
Mais ce qui restera sans doute dans ma mémoire, ce sont les grands rassemblements lors des manifs des années 70 . De très nombreux vignerons se rassemblaient alors sur le parvis de la coopé pour prendre le car Vallat, direction Montpellier, Nîmes ou Narbonne. Ma mère « trépignait » jusqu’à notre retour, fort tard quelque fois. Et puis il y eut Montredon, ce 4 mars 1976…. une blessure….. jamais refermée………..


la coopé 3.jpg

*** C’est Alain Pascau (aujourd’hui décédé) qui fut directeur après Robert Bénézech et avant Jean Mantion.
Documents-Narration/Rédaction : Manu


Ouvriers agricoles et petits coopérateurs

Je voudrais rendre hommage à tous ces ouvriers qui travaillaient pour des propriétaires de caves particulières et qui étaient payés à la journée chaque fin de semaine. Les jours de pluie, ils devaient rester chez eux et ces journées n'étaient bien entendu pas rémunérées. Il ne fallait pas qu'il pleuve trés longtemps si non le salaire ne pesait pas lourd !

Heureusement la pluspart d'entre eux possédait quelques "pieds de vigne' qu'ils travaillaient aprés la journée passée dans les vignes du "patron "(cela s'appelait : la bourrade) et dont ils emmenaient le fruit à la cave coopétative. C'étaient donc des "petits coopérateurs".

Par la suite une loi a été votée, demandant que malgré les intempéries les ouvriers devaient être payés. Bien sûr, les "patrons" ont trouvé à ce moment là du travail d'entretien dans leurs caves, pour occuper ces journées !

Mon Père était également chargé de nourrir le cheval qui servait au travail des vignes, c'était avec joie, avec ma soeur que nous allions avec lui, chercher le vin qui venait en complément du salaire, nous l'observions ensuite s'occuper avec grand soin du cheval et lorsque le cheval traversait la cour pour aller jusqu'au bassin pour s'abreuver, nous nous cachions derrière la porte, impressionnées mais aussi curieuses pour le regarder dans l'entrebâillement de la porte.
Dans mes oreilles résone encore, le bruit que faisaient les sabots qui glissaient sur le sol couvert de galets coulés dans le ciment !

Bonne journée à tous !
Claudie Pagan | mardi, 15 avril 2008


En 1950, la jeunette que j'étais, toute fraîche sortie de son cours de sténo-dactylo-comptabilité, fut embauchée par François Tesseyre, alors président de la cave coopérative
Bien que possédant les rudiments de base, j'étais encore fort inexpérimentée et je me plais à rappeler que c'est Robert Bénazech, jeune gérant de 27 ans, qui a fait toute mon éducation professionnelle, imprimant ainsi une trace ineffaçable. Je puis affirmer que lorsqu'on avait travaillé sous sa direction, on en gardait des habitudes de rigueur qui me paraissaient fort lourdes à l'époque, mais qui m'ont servi durant toute ma carrière.
A l'époque point d'ordinateur, tout le travail de sécrétariat se faisait à la main, à l'encre noire et à la plume sergent major.
Je revois encore l'antique machine à écrire, dont j'ai oublié la marque, qui serait digne, à l'heure actuelle, de figurer dans un musée.
La calculatrice était à manivelle, on la tournait dans un sens pour les multiplications et dans le sens inverse pour les divisions. Toutes les additions se faisaient de tête.
Lorsqu'une offre d'achat avait été publiée, les coopérateurs qui désiraient vendre quelques hectolitres, venaient se faire inscrire.
Lorsque l'offre était couverte on retranscrivait sur de grands états de vente le numéro de chaque adhérent, suivi de son nom, de la quantité d'hectolitres vendus, du prix du degré hl. et plus loin le montant qui lui revenait.
Lors de l'addition finale, il n'était pas question qu'il manque un hectolitre ou même un demi hectolitre, il fallait que ça tombe juste. Combien de journées j'ai passé à rechercher l'hectolitre que j'avais en moins ou en plus.
La réponse était toujours la même : débrouillez vous, il faut que tout concorde.
Je me disais dans ma tête, pourquoi me faire rechercher un hectolitre, alors que des hectolitres il y en a plein les cuves, un hectolitre sur toute cette masse, ça va et çà vient.
Une fois l'erreur retrouvée, on passait à la phase suivante, c'est-à-dire l'établissement des chèques, toujours à l'encre noire et à la plume sergent major.
La répartition se faisait ainsi : 3/4 sur le Crédit Agricole et 1/4 sur la Société Bordelaise que représentait Gégé Saunières, qui venait tenir une permanence tous les mardi au bureau de la cave.
Les jours de buvette c'était l'établissement des laissez-passer et l'encaissement des droits de régie.
Le plus gros du travail c'était quand même au moment de la vendange qu'il fallait le fournir.
A chaque passage à la bascule on délivrait un petit ticket dont vous avez vu le fac-similé plus haut. Le soir le propriétaire faisait ses soustractions et ses multiplications.
Imaginez-vous le travail que cela représentait pour l'employée de bureau, qui devait effectuer les soustractions de tous les coopérateurs, ensuite les multiplications pour obtenir les kilos-degrés. En suivant tout était reporté sur un grand registre noir et ensuite sur la fiche individuelle de chaque coopérateur.
A la fin de la journée, il fallait connaître le total des apports journaliers et le degré moyen.
C'est bien souvent que la journée de travail ne se terminait pas à 18 heures.
Après la vendange venait les travaux de vérification avec chaque adhérent, après quoi c'était les répartitions.

Lorsque je me suis mariée en 1954, c'est Mimi Lemaner qui prit ma suite, mais j'ai souvent eu l'occasion de travailler avec elle, puisque je revenais régulièrement pour faire la saison des vendanges, soit au bureau, soit à la bascule et ce jusque dans les années 60.

Je suis ravie d'avoir pu évoquer tous ces souvenirs et surtout d'avoir pu rendre hommage à mon "mentor" qui le mérite bien.
Merci Robert d'avoir eu la patience de supporter la jeune inexpérimentée que j'étais et surtout d'avoir su la former à votre école de rigueur, ce qui lui a rendu service dans bien des cas.
Monique | mercredi, 16 avril 2008

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Ecrit par : Claudie Pagan | mardi, 15 avril 2008

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Ecrit par : Monique | mercredi, 16 avril 2008

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