18.12.2007
Encore et toujours le Caroux !
A chacun ses manies, ses névroses ou ses obsessions...Pour ma part j'en ai une de taille qui se nomme ... le Caroux ! Cette montagne mythique a pris place dans mon imaginaire et me hante nuit et jour. Il faut dire que sa masse imposante de granit qui domine la plaine de l'Orb et que l'on aperçoit depuis la mer en impose. Royaume de la bruyère et des fougères, brulée par le soleil ou balayée par les vents, terrain de jeu des mouflons, ses contreforts ravinés, érodés , entaillés portent un immense plateau où le promeneur a le sentiment de n'être plus vraiment sur notre vieille planète mais quelque part entre terre et ciel .
Et à chaque visite, un différent paysage ! En cet endroit qui connait des variations climatiques extrêmes les végétaux se tiennent au plus près du sol ou se réfugient dans les vallons pour survivre. Ils recouvrent les os de granit du Caroux d'une peau vivante qui ne cesse de changer de couleur selon les saisons.
A l'or des ajoncs et des genets du printemps succèdent le vert des fougères puis les camaïeus de bleu et de mauve des bruyères de l'été, puis de nouveau, à l'automne, l'or des fougères et le roux des bruyères desséchées et des quelques bosquets d'arbres héroîques qui ont réussi son ascension.
Son sommet (1091m) n'est pas très haut et pourtant on s'y sent près du ciel, la civilisation et ses villes ne sont pas loin et pourtant on y éprouve un rassérénant sentiment de solitude, pas celle qui vous isole du monde et rend votre âme mélancolique mais celle qui vous exalte et vous permet d'entendre le coeur sourd de l'univers, sans cesse brouillé par le bruit des prothèses mécaniques dont nous avons désormais besoin pour vivre.
Au coeur d'un de ses vallons, les hommes d'autrefois ont bâti une chapelle, romantique lieu de prières que le soleil couchant éclaire alors que les ombres ont depuis longtemps envahi les collines environnantes. N'est ce pas un message transmis par les générations passées qui nous disent ainsi que quelque soit les nuages ou soucis qui peuvent parfois s'amonceler sur nos existences, la méditation pour certains ou la prière pour d'autres peuvent nous aider à retrouver le chemin de la sérénité.
Se promener sur le Caroux c'est par le jeu des émotions que sa beauté nous inspire entrer en soi même pour y trouver le chemin secret qui nous relie à l'univers. C'est retrouver la lumière quand nous avançons à l'aveugle dans l'obscurité.
Je vous l'ai dit dans ma dernière note sur le Caroux, nous ne sommes pas sûr d'aller au paradis mais cela n'a guère d'importance car nous savons qu'un jour ou l'autre nous irons tous au Caroux !
PS: Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Caroux , il y a dans mes archives quelques itinéraires plus ou moins difficiles. Si vous souhaitez des précisions laissez moi un commentaire et un e-mail.
Texte & photos Ulysse
08:48 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Caroux, mouflon, bruyère
