10.12.2007

En cheminant au bord de l'étang de Bages-Sigean...


Voici Bages,
Village flottant,
Comme un mirage,
Sur l'étang.

De vieux raffiots,
Décatis,
Prennent l'eau :
Fin de vie !

Langues de terre,
Lagunes d'argent,
Bras de fer,
Entre noir et blanc.

Des pilotis louvoient,
Au ras de l'eau,
Mille-pattes de bois,
Qui m'invite sur son dos.

Une cabane de planches,
Au milieu des salins :
Lieu de repentance,
Des âmes de marins.

Un bateau de pêche,
Dans la mer immense,
Dans la pire détresse,
Toujours l'espérance !

Quelques flamants roses,
Fouillent l'eau amère,
Le Canigou expose,
Sa parure d'hiver.

Pose ton regard,
Tout autour de toi,
Il est bien plus tard,
Que tu ne le croies !

Texte & Photos Ulysse

29.10.2007

Chaud, le Pic d'Anjeau !


Je suis un passionné des cartes et je les « lis » comme un roman d'aventure. Pour les déchiffrer il suffit de connaître une cinquantaine de signes symbolisant les chemins, les cours d'eau, les espaces, les reliefs et toute une kyrielle d'autres éléments qui vous permettent, avec un peu d'expérience, de deviner le paysage avant même de l'avoir parcouru.

Mais parfois on a des surprises, on croit partir pour une promenade de santé et parce qu'un détail vous a échappé ou que la carte n'était pas assez détaillée, vous vous retrouvez embrungué sur un chemin que n'aurait pas renié Gaston Rebuffat !

C'est la mésaventure qui nous est arrivée lorsque nous avons décidé de grimper le Pic d'Anjau qui s'élève non loin de Montdardier, étonnant village des Causses doté d'un chateau digne des chateaux de la loire !

Sur la carte le Pic d'Anjeau affiche un modeste 866m, hauteur qui n'était guère en mesure de nous impressionner, comparé aux 3032 m du Petit Vignemale que nous avions gravi un mois auparavant.
medium_DSC07894-1.JPG

Mais dès le départ nous aurions du nous méfier, les nuages qui s'accrochaient aux collines environnantes donnaient à la contrée un air de haute montagne qui sonnait comme un avertissement ;

Et puis les immenses pins noirs d'Autriche qui bordaient notre chemin semblaient vouloir nous avertir que nous entrions dans un univers privilégiant la verticale.

Les cheminées de fées qui émergeaient des pentes environnantes témoignaient également de la présence d'un monde minéral plutôt mouvementé.

Et soudain au détour du chemin le Pic d'Anjau s'imposa dans le paysage comme une gigantesque pyramide d'un pharaon exilé semblant nous défier.

Un instant le doute nous saisit quant à la faisabilité de notre objectif, mais Gibus, notre expert en la matière, nous indiqua de quelle manière nous allions aborder l'obstacle !

Notre ascension commença alors sous l'oeil d'un guetteur de pierre semblant défendre l'accès au sommet. Mais sans doute somnolait il car nous pûmes passer sans encombre.

Mais très vite les défis se succédèrent : un bout de chemin en balcon dominant le vide à franchir,

puis un mur de quelques mètres qui faillit nous faire renoncer mais qûe finalement on se décida à escalader,

une courte pause pour reprendre son souffle et admirer le paysage vertigineux...

quelques pas àfaire sur chemin de crête sur lequel nous étions comme des funambules

un dernier mur à gravir pour accéder enfin au sommet !

Le Pic d'Anjau beau joueur reconnut sa défaite et nous laissa jouir en paix du panorama

Le chemin de descente sur le flanc sud se révéla plus abordable nous immergeant bientôt l'océan de forêts environnant le pic.

Et nous amenant bientôt en surplomb des magnifiques gorges de la Vis cachant dans ses replis de minuscules villages, dont les quelques habitants doivent tout ignorer du reste du monde.

La fin du parcours se fit au travers de magnifiques forêts, bercé par le doux murmure de la lente respiration des arbres, et le discret bruissement des pattes d'un splendide calosome sycophante, grand prédateur de chenilles processionnaires, sur les feuilles mortes tapissant le chemin.


Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & photos Ulysse