20.03.2008
Périple dans le Grand Nord (2ème partie)
A L'ASSAUT DU PLOMB DU CANTAL !
L'arc-en-ciel aperçu la veille était trompeur ! L'amélioration du temps que nous en
espérions eut pour seul effet de transformer la neige en pluie, ce qui, pour nous, revenait,
comme pour ce cher Ulysse (le vrai, celui de la Toison d'Or) à tomber du tourbillon de
Charybde aux écueils de Sylla, car tous ceux qui pratiquent la marche à pied savent que la
pluie, plus que le froid, est le pire ennemi du randonneur.
N'ayant aucunement l'envie d'être transformés en serpillère ou en éponge, nous
différâmes une fois de plus notre projet de gravir le Plomb du Cantal pour nous réfugier dans les
musées de la région. Nos pas nous emmenèrent vers La Maison de la Pinatelle à Chalinargues qui
est un magnifique espace scénographique de découverte des paysages volcaniques du Cantal
dont je vous recommande la visite.
Heureusement le lendemain matin, le soleil daigna enfin pointer son nez et le temps
d'avaler un bol de vin chaud agrémenté d'un demi saucisson (chacun ! je vous ai dit
que l'adresse était bonne !) nous partîmes, raquettes aux pieds et le moral au beau fixe, à
l'assaut du Plomb de Cantal (1855m) à partir du Col de Prat de Bouc.
Quel régal de marcher sans avoir à se battre contre le blizzard et à pouvoir ainsi jouir
du somptueux spectacle ( termes un peu convenus j'en conviens chers lecteurs, mais parole
d'ancien scout, c'était vraiment chouette) des Monts du Cantal, bercé par le doux crissement
de nos raquettes sur la neige.
Même la pente qui devenait plus raide au fur et à mesure que nous progressions et qui
nous coupait le souffle n'entamait pas notre bonheur.
Remi, le grand Suisse du groupe, qui est un expert exigeant en matière de neige, trouvait que la
neige cantalienne valait finalement le détour
Nous avalâmes les pentes les unes après les autres sans faiblir dopés par la beauté des
montagnes environnantes. Car la beauté des paysages et la sensation de force et de liberté
que l'on éprouve à marcher sont une « drogue » qui procure un bien être inégalable dont on peut
difficilement se passer une fois que l'on y a goûté (excusez ma prose ampoulée, mais le vin
chaud rend lyrique !)
A l'approche du sommet, notre viel ennemi le blizzard qui nous avait laissé peinards
pendant notre ascension nous attendait !
Ne nous laissant pas impressionner par ce viel auvergnat grincheux, nous accédâmes au
sommet en un temps record, (formule tout à fait creuse j'en conviens encore, vu
que notre temps n'a pas été homologué et qu'il n'y avait aucun record à battre, le Plomb du
Cantal étant moins courru par les alpinistes professionnels que l'Everest ou l'Annapurna)
Notre ami Gibus, le petit suisse du groupe (par rapport à Remi!) , qui dans une vie
antérieure a du être un saint bernard dévoué au sauvetage des montagnards en perdition, sortit
alors de l'une de ses poches une flasque de marc de Haute-Savoie pour célébrer notre exploit .
La jouissance que nous procura ce breuvage convertirait à la marche n'importe quel cul de
jatte.
Lors de la descente, le blizzard sans doute vexé de notre indifférence à son égard
redoubla de violence pour nous égarer et nous mener sur des pentes vertigineuses.
La seule solution raisonnable fut pour nous de quitter la position verticale (ce que le
marc servi par Gibus nous aida à faire) pour utiliser notre arrière train comme moyen de
locomotion, le temps de retrouver des conditions de marche moins risquées.
Parvenus en vue du col, nous nous mîmes en roue libre sur les pentes molletonnées en
admirant le magnifique paysage marbré de neige
Il nous fallait toutefois prendre garde à ne pas sombrer dans les chausses-trappes
creusés par les torrents coulant par endroits sous le manteau neigeux.
Un chien de traineau apparemment affamé nous regarda passer fort dépité que l'un
d'entre nous n'ait pas succombé dans cette périlleuse aventure
Le pilote d'un avion qui passait au dessus de nous eut le mauvais réflexe de vouloir
nous saluer ce qui lui fit lacher le manche provoquant sa chute sur la colline d'en face.
Revenus à l'hotel nous fêtâmes dignement notre ascension en épuisant la réserve de
vin chaud de l'hotel (pour ceux qui ne me connaissent pas, la chaise vide sur la photo, c'est
moi!). Chaud le vin ! chaud !
Et c'est ainsi que se termine le récit de mon périple dans le « Grand Nord » je ne doute
pas de vous avoir donné l'envie de suivre mes pas !
Texte & Photos Ulysse
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