23.06.2008

La route des Mégalithes ...

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Nayo ouvrit les yeux et vit que le ciel était clair. Il repoussa la peau de loup qui le couvrait et s'assit. Aveuglé par le soleil qui s'élevait sur l'horizon, il détourna la tête et sourit en apercevant le visage de Shalla allongée à coté de lui et qui dormait encore. Ils étaient en chemin depuis trois jours et avaient marché la veille jusqu'au coucher du soleil. Mais ils savaient qu'ils étaient près du but car ils avaient aperçu au loin la silhouette de la première pierre dressée qui marquait l'entrée du plateau sacré où se trouvait la tombe de leurs ancêtres.
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Nayo se leva et s'étira sous la chaude caresse du soleil . Shalla, que les mouvements de Nayo avait réveillée, vint le rejoindre et l'enlaça. Nayo avait déjà vécu seize cycles solaires, soit trois de plus que Shalla, et ils venaient tous deux de passer les rites d'initiation au sein de leur clan pour intégrer le cercle des adultes . Le périple qu'ils accomplissaient vers le tombeau des ancêtres concluait cette initiation. A leur retour on les unirait et ils fonderaient un nouveau foyer au sein du clan.
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Shalla sortit d'un sac quelques amandes et un morceau de viande séchée ainsi qu'une outre. Tout en mangeant et en se désaltérant ils admiraient le plateau rocheux et arboré où le soleil et les nuages créaient un patchwork d'ombres et de lumières. La première pierre se dressait comme une pointe de flèche dans le paysage, sorte de défi des hommes aux dieux qui de là haut leur envoyaient la pluie bienfaisante mais aussi parfois d'effrayants orages .
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Après avoir réuni leurs affaires, ils se mirent en route en direction du couchant, le pied léger et le coeur fier de pouvoir enfin accéder au tombeau des ancêtres, ces pères et mères du clan qui assuraient de là haut leur protection. Ils avaient emporté avec eux des présents à déposer dans le tombeau. Nayo avait ainsi fabriqué une magnifique lance qui permettrait aux esprits de ses ancêtres de chasser dans les prairies du ciel et Shalla avait confectionné un collier de perles qu'ils pourraient porter au cours de leurs danses.
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Ils arrivèrent bientôt près de la deuxième pierre dressée qui semblait effleurer les nuages . Nayo et Shalla savaient que le monde de la terre et celui du ciel, où des lumières s'allumaient la nuit, étaient liés et que ces pierres dressées assuraient le passage des esprits de l'un à l'autre. Ils s'arrêtaient au niveau de chaque pierre et levant les yeux vers le ciel en joignant les mains ils sollicitaient la protection des dieux.
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Poursuivant leur chemin, ils dépassèrent la troisième pierre dressée et surent qu'ils n'étaient plus loin du but .
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La quatrième et dernière pierre était particulièrement vénérée par les membres du clan. Elle avait en effet la forme et le visage d'un ours et les anciens racontaient son histoire. A l'origine des temps, Ichtak , le fondateur du clan, alors qu'il chassait à la nuit tombée fut poursuivi par un ours. Voyant qu'il allait être rattrappé, il s'arrêta , fit face à l'ours et implora Néa la déesse lune de le sauver. Néa qui admirait la bravoure d'ichtak inonda de sa lumière l'ours qui fut transformé en pierre.
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Laissant l'ours à son éternelle immobilité, ils arrivèrent bientôt en vue d'un petit bois et aperçurent enfin à travers la frondaison des arbres le tombeau des ancêtres. Une joie intense les envahit mêlée d'appréhension : les ancêtres les trouveraient ils dignes de les approcher ? N'allaient ils pas être foudroyés sur place ? Shalla pressa Nayo d'avancer. Se tenant par la main, ils contournèrent l'édifice pour se rendre près de l'ouverture dirigée vers le soleil couchant.
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Ils se recueillirent quelques instants et prononcèrent les paroles qu'on leur avait enseignées pour demander aux ancêtres de les accepter dans le clan.
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Ils s'approchèrent alors du tunnel funéraire pour y déposer leurs présents. Saisi d'effroi ils aperçurent la silhouette d'un ancêtre qui se tenait dans le passage. Ils étaient sur le point de se sauver quand celui-ci leur fit un signe de la main avant de disparaître
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Ils surent alors que les ancêtres les accueillaient dans le clan. Heureux ils communièrent en pensée avec eux jusqu'à la nuit tombée et s'endormirent sous leur protection. Le lendemain matin, ils prirent le chemin inverse pour regagner leur clan, impatients de pouvoir enfin vivre ensemble et d' entamer leur nouvelle vie.
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Si vous voulez accomplir le périple de Nayo et Shalla consultez le fichier joint.... Texte & photos Ulysse

03.03.2008

Au diable les préventions, osons le Merdanson !

Quand l'envie me prend de me dégourdir les jambes et de m'aérer la tête et que je suis à court d'idée quant à mon éventuelle destination je me livre à un jeu : je déplie sur mon bureau une carte de la région, je ferme les yeux et je pose mon index au hasard sur la carte. Ayant ainsi procédé l'autre jour, lorsque j'ai soulevé mon doigt pour découvrir quel serait mon objectif, j'ai lu, quelque peu peu interloqué, le nom de « Merdanson! ». Avouez qu'il y a de quoi a priori étre rebuté par un nom pareil, il faut effectivement être un peu « dérangé » pour avoir envie d'aller se balader dans un tel endroit ! j'avoue avoir été tenté de me donner une nouvelle chance, mais je me suis morigéné en me disant que, bonne ou mauvaise pioche, les règles étaient les règles et qu'il fallait donc les appliquer. En inspectant de plus près la carte je découvris que Merdanson était le nom d'une rivière qui, a l'endroit sélectionné, descend vers le village de Sallèles du Bosc où il se jette dans ...la Marguerite ! La présence de cette rivière au nom plus poétique ainsi que la mention d'un dolmen à proximité me rasséréna quant à l'intérêt que pouvait présenter une balade en ces lieux. M'emparant de la carte TOPO 25 du secteur j'improvisai un itinéraire à partir des chemins y figurant sans savoir bien évidemment s'ils étaient encore tous pratiquables. Une heure après, me voilà donc à pied d'oeuvre, ma voiture garée à la sortie du village de Sallèles au bord d'une route menant vers la rivière. Disons deux mots, en passant, de Sallèles qui comme de trop nombreux villages de l'Hérault offre un spectacle désolant : en effet, en matière de construction et d'urbanisme c'est le laissez faire total, conduisant à un désastreux bric à brac architectural. Tous les styles cohabitent, les maisons sont entourées de murs en parpaings brut, souvent de guingois et de différentes hauteurs, les jardins ou les cours ressemblent à des déchetteries, les cabanes et abris de jardin délabrés prolifèrent. J'ai visité la quasi totalité de la France et je ne connais pas d'autre département où règne un tel je m'en foutisme environnemental, les Antilles mises à part ! C'est d'autant plus regrettable que la nature y est superbe et offre un remarquable potentiel touristique. Mais revenons à notre périple et traversons La Marguerite qui à cet endroit se trouve encore fortement influencée par le Merdanson vu qu'un fauteuil en plastique renversé trônait le jour où je suis passé au milieu de son cours. Pour être honnête les berges avaient une allure présentable, sous l'effet, sans doute, de l'ombre portée de sa rive ouest en surplomb qui masquait les « détails ».
Dans ce secteur les ruffes rouges dominent le paysage (le salagou n'est qu'à quelques kilomètres) et offrent un contraste saisissant avec la végétation. La silhouette pyramidale d'un ancien volcan endormi arborant son cône figé de basalte domine de vénérables vignes. Ce spectacle assez réjouissant nous met un peu de baume à l'âme après la traversée déprimante de Sallèles.
Abordant la colline arborée où d'après la carte se dressait le dolmen j'ai passé une demi heure à battre les fourrés extrêmement denses sans pouvoir le trouver. Y renonçant provisoirement je me suis alors engagé sur le plateau dominant le secteur
Le spectacle qui m'y attendait me fit me réjouir de mettre livré à ce jeu de hasard. Je peux aujourd'hui vous le dire que l'émotion est au rendez aux alentours du Merdanson !
Des pistes écarlates ensanglantent une toison dense de chênes verts et de genevriers , tandis que le plateau domine un damier de champs et de vignes arborant un camaieu de couleurs allant du duvet de lièvre au chocolat.
L'herbe illuminée par la lumière rasante de la fin d'après midi semblait fluorescente sur la peau ensanglantée de la terre. Et puis, heureuse surprise, après emprunté une descente ramenant en douceur vers Sallèles, une sente s'offre à vous qui vous conduit si vous vous en écartez un peu au pied du Dolmen envahi par la végétation .
Le temps et son cortège d'intempéries ont hélas mis à mal le travail héroïque de nos ancêtres qui il y a près de 5000 ans ont édifié ce monument, sans doute en hommage à leurs morts. Mais tel qu'il est, ce dolmen reste impressionnant et émouvant. Et l'on peste après la frivolité et la néglignence des hommes d'aujourd'hui qui disposent à leur porte d'un trésor préhistorique situé à quelques encablures du Lac Salagou fort fréquenté l'été et qui ne le mettent pas en valeur. Mais il est vrai que l'Hérault a encore beaucoup de progrès à faire quant à l'exploitation de son potentiel touristique. Toujours est-il que c'est fort réjoui par mon périple que j'ai regagné mes pénates en me disant que mon petit jeu de hasard avait du bon et que je recommencerais !
Le circuit détaillé figure en fichier joint Texte & photos Ulysse