24.03.2008
Moments d'extase autour de l'Espaze...
Parmi les bonheurs qu'offre le pays d'Oc il en est un qui, sur notre terre
surpeuplée et surexploitée, devient de plus en plus rare : celui de pouvoir randonner à distance
raisonnable de chez soi dans une nature sauvage.
Dans les hauts cantons où je vous emmène aujourd'hui ces endroits abondent.
Il en est un que j'aime particulièrement situé au nord de Camplong dans les monts d'Orb, une vaste zone montueuse et boisée
traversée par les eaux claires de l'Espaze !
L'Espaze qui coule en cet endroit des jours souvent tranquilles connaît, les
jours d'orage, de grosses colères qui le rendent infranchissable. Fort heureusement nous avons
pu le traverser les pieds au sec le jour de notre périple car, malgré un ciel gris, pas une goutte
de pluie n'était tombée depuis plusieurs jours.
Remontant sur le flanc nord de la Jasse d'Albert de la Caumette qui culmine à
738m (ledit Albert étant sans doute une personnalité locale de grande renommée mais sur
laquelle je n'ai pu glaner aucune information, si l'un de mes lecteurs peut éclairer ma lanterne je
suis preneur) on traverse une magnifique forêt aux essences diversifiées transformée
aujourd'hui en arboretum.
Dans une trouée du feuillage on aperçoit au loin vers le sud les anciennes
mines de charbon à ciel ouvert dominant Camplong et qui ont été exploitées jusque dans les
années soixante. Aujourd'hui elles sont lentement recolonisées par la
végétation.
En arrivant près du sommet de la Jasse qui correspond à un plateau herbeux
où l'on parquait autrefois la nuit les troupeaux en estive, on ne voit n'y n'entend plus
aujourd'hui la queue d'une vache ou le bêlement d'un mouton. On y croise parfois un chien de
berger fossilisé d'avoir attendu vainement son maître parti avec son troupeau dans la voie
lactée.
Le sommet de la Jasse est aujourd'hui couvert de genets et d'ajoncs et une
table d'orientation permet aux randonneurs de passage d'apprendre la géographie des
lieux.
En redescendant vers l'espaze on traverse de magnifiques forêts de cèdres, de
pins lariccios et de hêtres dont les élégantes silhouettes argentées illuminent le sous-bois. Le
réchauffement climatique en cours menace hélas de chasser de la région cet arbre qui prospère
dans les sols frais et humides .
Au détour du chemin surgit parfois une ruine moussue dont le charme et le
mystère n'a rien à envier (à mon humble avis) aux pyramides mayas ou aux temples d'Angkor
!
Puis l'on traverse une ancienne chataigneraie dont les doyens quelque peu
décharnés n'ont plus que la peau sur les os et constituent un repère idéal pour Hibous.
D'ailleurs il y en avait un ce jour là assez déplumé mais pas effrayé pour un
sou de notre présence.
On dit que de mémoire de rose on n'a jamais vu mourir un jardinier et de
mémoire d'homme, un chataigner ....mais en ce lieu hélas on voit mourir les chataigners ce qui
augure mal du devenir de l'humanité !
Puis le chemin nous ramène au bord de la rivière de l'Espaze dont il suffit de suivre le
cours enchanteur pour revenir fourbu mais régénéré à notre point de départ
Texte & Photos Ulysse
09:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camplong, espaze, jasse
