30.09.2007
Périple pyrénéen - dernier jour : retour au Pont d'Espagne
Après avoir joué les bergers toute la nuit (voir l'étape précédente) nous enfilons une grosse laine pour affronter les frimas du matin et prendre le chemin nous ramenant à Pont d'Espagne, notre point de départ.
Derrière nous les premiers rayons du soleil rebondissent sur la dent du Vignemale pour se refléter dans le torrent qui s 'écoule du glacier.
Nous jouissons en silence du spectacle sans cesse changeant des montagnes environnantes qui surgissent dans le jour naissant. La nature nous offre des joies inépuisables que rien ne peut remettre en cause, au contraire des possessions matérielles ou des êtres qui, lorsqu'ils ne sont plus, sont source de frustration ou de tristesse. La nature se donne à qui veut la recevoir et ne vous quitte jamais. Tout le monde peut se l'approprier sans qu'elle n'appartienne à personne. C'est de fait la seule vraie richesse.
La descente vers le Pont d'Espagne révèle peu à peu des paysages qui s'élargissent pour atteindre l'infini. L'arbre au bord du chemin qui envahissait notre champ de vision, n'est plus bientôt derrière nous qu'une silhouette, puis qu'un point dans le panorama de vallées et de sommets qui nous environnent.
Ainsi en est il de notre existence où certains évènements occupent à un moment donné tout le champ de notre conscience pour devenir au fil du temps une simple péripétie sans importance.
Les montagnards ont souvent une âme d'artiste et les cairns qu'ils édifient le long des chemins pour guider le randonneur sont souvent des oeuvres d'art .
De même le glacier au cours de son glorieux passé a labouré le fond rocheux de la vallée et laissé un lacis de sculptures là où la roche était plus dure et lui a résisté.
Au détour du chemin nous découvrons bientôt le lac de Gaube, immense miroir d'argent dans la semi obscurité de la vallée
Les montagnes environnantes un brin narcissiques s'y mirent se croyant à jamais éternelles. Mais aussi impressionnante et formidable soient elles les montagnes ont des ennemis, le vent , le froid et la pluie qui les taraudent et désagrègent petit à petit leur corps de pierre.
Face à nos vies éphémères elles semblent éternelles et pourtant elles disparaissent transformées en cailloux et grains de sable. mais aucun homme ne verra jamais mourir une montagne.!
En attendant cette échéance fatale elles jouissent de leurs reflets qui changent sans cesse comme un kaléidoscope avec l'ascension puis le déclin du soleil dans le ciel.
Et c'est la dernière image que nous gardons d'un magnifique périple dans les Pyrénénes où en conquérant des cîmes nous sommes partis à la rencontre de nous mêmes.
Texte & photos Ulysse
17:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Pont d'espane, Vignemale, Lac de gaube, hautes Pyrénées, randonnée
