18.03.2008

Périple dans le "Grand Nord"....(1ére partie)

Je vous ai confié l'autre jour comment pour une stupide question d'amour propre je m'étais senti obligé de répondre à l'appel du Grand Nord (voir mon billet du ...° Me voilà donc en route le lundi matin 10 mars, dès potron minet, pour le Cantal avec un groupe d'amis qui n'ont pas voulu me laisser partir seul dans cette aventure. C'est d'ailleurs à leur aptitude à vous suivre dans vos folies que l'on reconnaît les vrais amis. Notre objectif : grimper en raquettes au sommet du Plomb du Cantal, ce qui vous me direz dénote sans doute de notre part un manque de plomb dans nos cervelles, vu que les températures hivernales sur ce massif sont généralement voisines de celle du Groenland . D'ailleurs à peine avions nous franchi le pas de l'Escalette qui permet d'accéder sur le plateau des Causses que déjà nous faisions un bond en arrière au coeur de l'hiver, les arbres arborant encore leur tenue dépouillée et austère sans aucune fleur à la boutonnière.
Mais les conditions climatiques qui régnaient sur le Causse étaient clémentes comparées à celles qui nous attendaient près de notre camp de base : le petit village d'Albepierre-Bredons, situé au pied du massif du Plomb du Cantal, dont la route d'accès était enneigée et balayée par un blizzard à débéquer un corbeau.
Le gite qui devait nous servir de refuge n'avait pas été occupé de tout l'hiver et la neige en bloquait tous les accès. Heureusement la présence opprtune d'une échelle ensevelie sous un tas de neige nous permit d'en gagner l'intérieur en passant par la cheminée. N'ayant pu débloquer ni la porte ni la fenêtre nous dûmes jouer ainsi les pères noëls pendant tout notre séjour ! Ceux qui me lisent régulièrement savent bien là que je galèje, car si j'ai effectivement un (petit ? Je vous laisse juge...) grain qui me pousse parfois dans des périples un peu « sportifs », s'agissant des aspects « matériels » je n'ai pas l'âme d'un moine trappiste et recherche plutôt les endroits offrant bonne chère et bonne cave ! Et sur ce plan nous avons été comblés en installant nos pénates à l'hotel du Plomb du Cantal dont les patrons heureux mais étonnés d'avoir des touristes (qui plus est venant du midi ) eu égard aux prévisions météo apocalyptiques ont été aux petits soins pour nous .
Après un premier repas du terroir qui fit honneur à la gastronomie auvergnate, nous voilà vêtus comme des esquimaux pour aller nous dégourdir les jambes et explorer les environs sous les yeux ahuris des hoteliers qui n'auraient pas oser mettre un ours dehors.
Enfin quand je dis explorer, c'est un peu abusif vu que la visibilité était limitée à 20 mètres et que la neige recouvrait les arbres, les maisons et les chemins. Disons plutôt que nous avons battu la campagne environnante les yeux fixés sur le bout de nos chaussures pour éviter le bombardement de flocons cinglants sur nos visages.
Le blizzard trop heureux de nous avoir sous la dent s'ingéniait à s'insinuer dans le moindre des interstices pour y déposer de minuscules grêlons fondants se frayant un chemin jusqu'à nos parties les plus intimes : il en résultait quelques frissons qui n'avaient rien de voluptueux.
Par moments une haie d'arbres parvenait à créer un ilôt où régnait une relative accalmie favorisant la remontée de nos températures corporelles proches de l'hypothermie. Nous mîmes un point d'honneur à tenir ainsi jusqu'à l'heure du vin chaud dont les épices exotiques nous firent très vite oublier nos quelques heures passées dans le blizzard.
Le lendemain matin le blizzard n'ayant pas daigné quitter les lieux nous dûmes reporter notre projet d'ascension du Plomb du Cantal et nous contenter de perfectionner notre technique de raquettes sur les chemins des alentours.
L'inclinaison de certains arbres isolés croisés en chemin nous ont amenés à penser que le blizzard fréquentait assidument cette région et que l'on aurait du mal à y échapper.... Mais au moment où nous commencions à désespérer un arc en ciel, un peu faiblard à vrai dire, a soudain jalli, signe avant coureur d'une amélioration du temps, nous laissant espérer que nous pourrions partir le lendemain à la conquête du Plomb du Cantal .
A suivre ... Texte & Photos Ulysse