25.11.2007
Quand les lions sont lachés dans le Golfe du Lion !
Jeudi dernier je vous ai raconté à quelle occasion le Golfe du Lion avait été baptisé de son nom par le philosophe grec Platon, qui l'avait traversé en se rendant à Agathé (Agde).
Mais on peut dire aussi que les colères qui saisissent de temps en temps la Méditerranée en cet endroit, et qui lui donnent des allures qui n'ont rien à envier aux « 40èmes rugissants » du Cap Horn, justifient pleinement ce nom.
Ainsi, au début de cette semaine le Grec (je parle du vent qui vient du sud-est), qui en bon sudiste avait passé l'été assoupi à l'ombre des oliviers du Péloponèse, s'est soudainement réveillé et s'en est venu parader dans la région occupée jusqu'alors par la Tramontane.
Voulant montrer qu'il était toujours de ce monde et qu'il fallait compter avec lui, il nous a fait une éclatante démonstration de sa puissance virile.
Dès qu'elle a senti son haleine chaude et parfumée sur son échine, la Méditerranée s'est mise à frissonner. Il faut dire qu'elle commençait à se languir de ce vieux mais ardent compagnon. Le Grec sentant qu'il faisait toujours autant d'effet à sa vieille maîtresse a alors accentué ses caresses. L'effet ne se fit pas attendre et la Méditerranée fut bientôt traversée par d'intenses ondes de plaisir.
Elle se mit alors à rugir comme un troupeau de Lions en chasse, précipitant se vagues sur les rochers de la côte et les submergeant d'immenses voiles d'écume.
Le Grec, en amant attentionné, retenait par moments son souffle pour permettre à sa maîtresse de reprendre ses forces, simple prélude à une nouvelle explosion de plaisir.
Les mouettes, un brin voyeuses, se régalaient du spectacle de cet accouplement dantesque, se riant des violentes rafales du Grec .
Sur chacune des vagues de la Méditerranée le Grec venait poser ses baisers passionnés, soulevant une pluie d'écume qui bientôt se mit à recouvrir les rochers de la côte,
puis le rivage lui même, d'un manteau de neige salée !
Ce jour là la côte Méditerranéenne ressemblait à la mer Baltique !
Le Lion de pierre aperçu par Platon contemplait ravi le spectacle de la mer déchainée. A un moment donné j'ai même cru l'entendre rugir !
Texte & Photos Ulysse
10:15 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Agde, golfe du lion, platon, écume, grec
22.11.2007
Chasse au lion dans le Golfe du Lion.....
J'ai lu dans la page du Midi Libre du dimanche 18 novembre consacrée à la Nature et au Patrimoine (cette page est toujours passionnante et je vous en recommande la lecture) d'intéressantes hypothèses sur l'origine du nom donné au Golfe du Lion. Elles contestaient toutes qu'il y ait un lien avec le félin du même nom. L'auteur rappellait qu'à l'origine les géographes anciens l'avaient baptisé « Sinus Gallicus » (golfe de Gaule en quelque sorte) et que l'appellation plus tardive de Golfe du Lion serait du à une déviation d'une autre appellation « sinus lagunis » qui lui aurait été attribuée en raison de la présence de lagunes le long du Golfe. Cette appellation aurait ensuite été déformée en Launis puis francisée en Lion.
Cette hypothèse est fort intéressante mais, selon mes propres recherches, elle est malheureusement erronée, car le nom donné à ce golfe aurait bien un lien avec le félin du même nom, d'autant que dans les temps antiques les lagunes n'existaient pas, car la mer remontait jusqu'à Narbonne.
En effet on trouve dans le récit qu'a fait Platon de ses nombreux voyages dans les pays qui bordent la Méditerranée, un passage où il rend compte de son approche de la ville d'Agathé Tyché (ce qui veut dire la bonne fortune) occupée par une colonie grecque (l'actuelle Agde). Il raconte être passé près d'une cote rocheuse qui l'a étonné, le reste de la côte étant constituée de dunes.
Il dit avoir été subjugué par la beauté des roches noires plongeant dans les eaux émeraudes de la mer et avoir demandé au capitaine de s'ancrer quelques heures dans une magnifique baie entourée d'une falaise ( l'actuelle plage de la Grande Conque au cap d'Agde) pour observer les lieux.
Et de l'endroit où ils avaient jeté l'ancre, il aperçut soudain éclairé par les feux du soleil couchant un immense lion tapi sur le bord de la falaise, ou du moins un rocher en ayant l'apparence. C'est ainsi qu'il décida de baptiser le golfe du nom du félin.
Fort de ces précisions je suis allé arpenté la cote rocheuse où se tient aujourd'hui le Cap d'Agde pour aller à la chasse au "lion" qu'a aperçu Platon! Quelle ne fut pas ma surprise et mon bonheur de découvrir à l'extrémité est de la plage de la Conque, le rocher en forme de Lion décrit par le philosophe, ce qui confirme bien cette hypothèse. Je vous invite à aller vérifier par vous même et à découvrir cet endroit d'autant plus émouvant à contempler que l'on sait que l'on pose ainsi les yeux là où ce grand philosophe de l'antiquité les a posés.
Texte & Photos Ulysse
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