« lun 12 mai - dim 18 mai | Page d'accueil
20.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps ...(suite et fin)
On ne peut parler d'Arles ou la visiter sans évoquer la mémoire de Frédéric Mistral
(1830-1914) cet écrivain provençal fondateur en 1854 de « Lou Félibrige » association littéraire
ayant vocation à assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de
la langue d'Oc. Après avoir reçu le prix nobel de littérature en 1904, il fonda à Arles le "Museon
Arlaten" consacré à l'art de vivre dans l'ancienne Provence et contenant des collections
représentatives des arts, de l'ethnologie et de l'histoire du pays d'Arles.
Sa statue trône sur la place du forum où Van Gogh, qui vécut à Arles de février 1888 à
mai 1889, a peint son magnifique tableau intitulé « Terrasse du café le soir » qui montre une
terrasse de café illuminée sous un somptueux ciel étoilé.
Que vous soyez ou non croyant, il faut aller visiter l'église St Trophime située au coeur
de la vieille ville et dont le portail est l'un des chefs-d'oeuvre de l'école romane provençale de la
fin du XIIème siècle ainsi que son cloitre. Saint-Trophime, premier évêque d'Arles, aurait été un
des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l'empereur
Dèce. Il serait arrivé à Arles en 46
On découvre au centre du tympan le Christ qui, d'après les commentaires officiels, bénit
l'assistance les deux doigts levés en tenant l'évangile sur ses genoux. Il est entouré des
symboles des quatre évangélistes : l'aigle de Saint jean, le lion de St Marc, le boeuf de St Luc
et l'ange de St Mathieu.
Quant à moi, qui suis un parfait mécréant, j'ai plutôt l'impression que ce pauvre Jésus
semble nous dire « arrêtez un peu vos âneries et vos querelles de
chiffonniers et faites un effort pour vous entendre car je ne reviendrai pas une seconde fois
pour vous épargner les colères de mon père qui risque un jour de perdre patience et de vous
envoyer tous rôtir dans les chaudrons de Lucifer ! »
Bien évidemment quand on va à Arles une visite s'impose aux Alyscamps immortalisés
par les vers de Jean Paul Toulet (1867- 1920) :
Dans Arles, où sont les Alyscamps
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses,
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd,
Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Le nom de ce « cimetierre » étonnant vient d'Alysii campi (c'est-à-dire les champs
Elysées, la voie qui conduisait au royaume des morts les guerriers valeureux)
Son implantation remonte à l'antiquité, les cimetierres étaient à l'époque toujours
construits à l'extérieur des cités le long des grands axes routiers afin que l'on puisse en
permanence rendre hommage aux morts.
A Arles dès le début de l'empire les sarcophages et les mausolées s'égrenèrent au bord
de la via Aurelia, pratique qui s'est ensuite perpétuée à l'époque chrétienne avec l'installation de
la sépulture des premiers évêques d'Arles entourée par des milliers de tombes pressées sur
plusieurs rangs
Cette sépulture est devenue en 1040 un prieuré sous le nom de Saint Honorat qui fut
lui même au XIIème siècle transformé en église de style roman couronnée par une splendide tour
lanterne octogonale.
Devenue une étape obligée du pélerinage de Saint jacques de Compostelle, son charme
romantique a attiré de nombreux artistes, dont Gauguin et Van Gogh qui y posèrent leurs
chevalets.
Pour conclure en beauté une visite d'Arles il faut faire pédibus jambus un pélerinage à
l'un des sites les plus pittoresques également immortalisé par Van Gogh : il s'agit du pont
basculant « Réginel » situé sur le canal d'Arles à Port le Bouc
Vincent Van gogh lui a donné le nom de pont Langlois qui était le nom de celui chargé
d'actionner le pont, il l'a peint car il lui rappelait son pays natal la Hollande. Certes à l'époque ce
site avec ses lavandières et sa voiture à cheval avait plus d'allure qu'aujourd'hui !
Si vous aimez ce peintre vous pouvez également visiter à Arles sa chambre
reconstituée telle qu'il l'a peinte, aller faire un tour à la magnifique Fondation Van Gogh et
suivre un cheminement piétonnier dans la ville comportant une dizaine de haltes où figurent des
reproductions d'oeuvres qu'il a peintes (voir le circuit au SI)
C'est avec regret que nous quittons cette cité si vivante où le cheminement dans ses
ruelles nous fait franchir les siècles et où rode l'ombre tourmentée de Vincent Van Gogh.
Texte & Photos Ulysse
20:40 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, van gogh, alyscamps, saint trophime
