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03.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers...(fin)
(suite et fin de la précédente note)
Vous avez dormi comme une souche, la paille du gite était chaude et confortable et le
spectacle de la voie lactée au travers des trous de la toîture a avantageusement remplacé le JT
du 20heures. Certes, il n'y avait pas d'eau chaude, les toilettes étaient parcourues par les
araignées et les courants d'air et il ne restait plus une seule bouteille de Picpoul de Pinet dans
la cave. Mais vous êtes néanmoins enchanté(e) et prêt(e) à reprendre la visite de la garrigue
malgré le temps qui tourne à l'orage. Alors allons y !
Prenons tout d'abord la direction du Tempot de Buard que domine un éperon de ruffe
rouge et dont le nom plutôt exotique me plonge dans un abîme de perplexité.
Mes recherches sur Internet et dans les dictionnaires occitan ne m'ont rien appris sur la
signification de Tempot, étant noté que Buard est probablement le patronyme de celui qui
possédait ou exploitait à l'origine ce lieu. Les mots occitans pour champ (camp) ou vigne (vinha)
ne nous sont d'aucune aide et aucun mot approchant n'existe. Je lance donc un appel aux
experts en toponymie pour éclairer ma lanterne sur ce point !
Le monticule qui domine le Tempot de Buard est coiffé d'une strate de calcaire
sédimentaire déposé par la mer il y a 35 millions d'années. Sous l'effet de l'érosion cette strate
se morcelle en énormes morceaux de « sucre » que la pluie mettra également quelques millions
d'années à dissoudre.
Un magnifique amandier dresse sa toison blanche vers la mer de nuages menaçants qui
semblent vouloir submerger la terre
Derrière le Tempot de Buard les vignes s'étendent à perte de vue, promesse d'un fleuve
de Pic Poul qui ira un jour réjouir nos gosiers assoiffés, n'en déplaise aux pisse-vinaigre et aux
ayatollahs des ligues anti alcooliques qui confondent les buveurs de vins civilisés que nous
sommes avec les brutes alcooliques qui prennent les routes pour des pistes de
bowling.
Nous avons fait à peine quelques kilomètres et nous débarquons soudain sur la lune, au
lieu dit joliment nommé de « l'étendoir des fées » qui offre un paysage minéral digne de la mer
de la Tranquillité où Amstrong posa le pied un jour de juillet 1969
On trouve à cet endroit d'énormes « molaires » fossiles dont on pourrait croire qu'elles
ont appartenu aux dinausores qui ont hanté les lieux il y a soixante millions d'années
Remontant vers le nord et grimpant sur les collines qui dominent l'Hérault on découvre
l'Ermitage de Saint Antoine du Lac qui aurait été construit par les Antonins dont l'ordre a été
rattaché à celui des Chevaliers de Malte. Les Antonins soignaient les gens atteints du mal des
ardents ou feu de « Saint-Antoine » dû à l'ergot de seigle.
Il reste peu de chose de l'ermitage, mais le seul arc ogival qui subsiste et se dresse
vers le ciel confère au site une aura de spiritualité. Malheureusement au cours de l'été 2007 un
incendie a partiellement brûlé l'énorme pin séculaire qui ombrage les ruines.
En revenant vers le coeur de la garrigue, on arrive en un lieu où un champ de blé en
herbe donne au paysage un air de Normandie....
Vous êtes conquis ou conquise, vous avez décidé d'élire domicile ici , je vous
comprends et je viendrai souvent vous rendre visite. J'amènerai bien sur les tielles et le
Picpoul !.
Texte & photos Ulysse
22:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garrigue, ermitage Saint-Antoine, Castelnau-de-guers, Picpoul
01.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers (première partie)
L'urbanisation galopante du monde ramène l'humanité au rang des fourmis et des
abeilles, à la différence près que nous ne travaillons pas pour une reine, sauf les anglais qui ne
font jamais rien comme tout le monde. Mais, comme elles, nous consacrons la majeure partie de
notre vie à aller de l'alvéole où nous travaillons à celle où nous vivons pour assurer la
subsistance de nos rejetons. De surcroît quand nous allons de l'une à l'autre nous passons
notre temps à nous curer le nez dans nos cercueils à roulettes bloqués dans les embouteillages
ou serrés comme des manchots empereurs dans les wagons bondés des trams, des métros et
des trains de banlieue.
Et pendant tout ce temps nous rêvons de grands espaces et de nature vierge. Notre
esprit revêt sa tenue d'indiana jones et nous transporte au pied des Mitaines de monument
Valley au coeur de l'Arizona ou sur l'Eden Rock en plein coeur du bush australien.
Le problème est qu'avec l'envolée des cours du pétrole et la déconfiture des
promesses présidentielles, nos compte bancaires sont frappés d'anorexie et nous permettent
tout juste de faire un aller retour à Palavas les Flots
On se console en se disant que de toute façon il est plus dangereux de voyager sur des
avions américains que de traverser l'Iraq ou l'afghanistan en bus et qu'il n'est pas bon pour la
ligne de manger du kangourou pendant trois semaines; mais bon, notre rêve est tenace et la
mélancolie nous envahit .
Mais réjouissez vous car je connais un endroit à deux pas de Montpellier aussi
beau et dépaysant que les grands espaces américains ou australiens : il s'agit de la garrigue de
Castelnau de Guers.
Ce lieu est un véritable patchwork botanique et géologique qui a été bousculé par le
surgissement des Pyrénénes puis des Alpes. On y trouve des ruffes rouges, des dolomies, des
grès, des roches volcaniques, des "conglomérats" et des calcaires coquilliers provenant du fond
d'une ancienne mer qui recouvrait la région il y a 35 millions d'années.
Suivez moi à la découverte de ce « micro-continent » paradisiaque où se cotoient la garrigue,
les pinèdes et les vignes entretenues avec passion par les hommes depuis deux millénaires (la
via domitia la traverse!)
Il faut tout d'abord grimper sur la butte qui domine la Font du Loup (photo
d'introduction) pour mesurer l'étendue du lieu et apprécier la diversité de ses paysages
La garrigue se présente alors dans toute sa beauté et sa diversité. La vigne y occupe
bien sur une place de choix (nous sommes au coeur d'une vieille civilisation !) mais ici
l'intelligence des hommes la laisse cohabiter avec les autres "peuples" du monde vert. Ces
plantations diversifiées maintiennent dans le sol les micro-organismes nécéssaires au maintien de
sa fertilité et font une vertueuse concurrence à la vigne contrainte d'aller chercher ses aliment
au plus profond des sols, donnant naissance à des nectars venus du coeur de la terre. Elles
offrent en outre le gite et le couvert à toute une faune d'insectes et d'oiseaux propices au
développement des vocations de botanistes et d'entomologistes. Enfin, au connaisseur
gastronome elles offrent salades, asperges, baies et condiments de toutes sortes.
Les amandiers parsèment le paysage, impassibles guetteurs dont les fleurs blanches
signalent le retour des beaux jours.
D'une vigne à l'autre le sol change de nature et de couleur, mais n'allez pas croire que
les sols blancs soient faits pour les vins blancs et les sols de « ruffes » pour les rouges !
Au détour d 'un chemin, entre un bosquet de thym et de romarin, une belle aux allures
très exotique prend parfois la pose. Mon bouquin de botanique ne la connaissant pas, je fais
appel à mes lecteurs et mes lectrices pour m'en donner le nom !
Si l'envie vous prend de jouer les ermites et de faire retraite en ce lieu, les logis
pittoresques ne manquent pas
Vous avez le choix entre la maison méditerranéenne dans la pinède, ou bien la maison
de vigeron (avec un supplément pour avoir libre accès à la cave!)
Ou bien si vous avez la nostalgie de votre enfance, vous pouvez vous offrir aussi la
petite maison dans la prairie !
La clé se trouve généralement sous une tuile placée devant la porte d'entrée
pour éviter les pies voleuses. Prière de laisser l'endroit aussi bucolique que vous l'avez trouvé !
La suite dans quelques jours !
Texte & photos Ulysse
09:44 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : castelnau-de-guers, garrigue, eden rock, monument valley
28.04.2008
L'oppidum de Nages
La plupart d'entre nous vivent aujourd'hui dans le confort douillet de leurs habitations
avec le seul risque de voir débarquer de temps en temps un voleur de « poules » (les poules
ayant dorénavant la forme de TV , DVD, portable ou mobile !) )
Mais, dans un lointain passé, nos ancêtres sédentarisés vivaient avec la peur
permanente de voir débouler de l'horizon des hordes hostiles, prêtes à les massacrer pour
s'emparer de leurs récoltes et de leurs biens.
C'est pourquoi, quand la topographie de la région le permettait, ils implantaient leurs
villages sur le sommet de collines.
Ces villages fortifiés sont nombreux en pays d'Oc, mais il en est un dont je vous
recommande la visite, l'oppidum de Nages dit aussi des Castels. Outre qu'il occupe un site
magnifique, cet oppidum a été remarquablement restauré par les soins de l'archéologue Michel
Py dans les années soixante.
Le site a été occupé de la période néolithique jusqu'à la fin du premier siècle après J-C.
L'oppidum y a été édifié au milieu du IIIéme siècle avant J-C par la tribu gauloise des Volques
Arécomiques, probablement venue de la région du Danube.
Ils ont bâti des remparts ayant, par endroits, six mètres de large qui se rejoignaient en
une énorme tour de guet. Trois entrées, protégées par trois tours, permettaient l'accés à
l'intérieur du village. Les rues étaient bordées de maisons confortables ainsi que de magasins
aux pièces multiples et des drains servaient de tout à l'égout.
Il existait un fanum, petit temple celtique, où l'on a trouvé des céramiques ,des dollia
(récipients en terre cuite) pour l'huile, des poteries campaniennes,des amphores italiques
ainsi que des monnaies romaines, marseillaises, gauloises, Volques Arécomiques et nîmoises.
L'intensification de la présence romaine avec la création de la Via Domitia au Ier siècle après J-C
contribua à renforcer la sécurité de la région. La tribu gauloise déserta peu à peu l'oppidum pour
aller vivre à Nemausus (Nîmes) qu'ils avaient fondée dans la plaine.
Le sommet de la colline où est édifié l'oppidum offre des vues splendides sur la plaine de
la Vaunage. Sur la ligne d'horizon on aperçoit la dent de requin du Pic Saint Loup qui semble
vouloir dévorer la falaise de l'Hortus qui lui fait face
Sur l'arête nord de la colline on trouve également les antiques mutrailles de la roque de
Vif, qui semblent avoir servi d'avant-poste à l'oppidum.
Aujourd'hui les seuls résidents permanents de cet oppidum sont les scarabés qui se
régalent du nectar des fleurs de cistes le printemps venu.
Pour visiter cet oppidum, le mieux est de se garer près de la mairie du village de Nages-
et-Solorgues (panneau d'information sur le site) puis d'emprunter le chemin de l'oppidum qui
grimpe sur la colline et de suivre le balisage jaune qui fait le tour du site en redescendant par la
superbe combe de Dionisy (compter deux heures de marche et visite)
Texte (Source Wikipédia) & photos Ulysse
09:37 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nages, oppidum, celtes, via domitia
