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10.04.2008

Je me mets au vert....



j'ai lu quelque part que si l'on voulait garder sa jeunesse d'esprit ( la seule qui compte

vraiment ) il fallait éviter de prendre des habitudes, celles-ci étant mortifères pour les

neurones. En effet elles conduisent au développemen dans le cerveau à la longue de "cablages"

d'influx nerveux rigides qui nous rendent inaptes à nous adapter à de brusques

changements.



Ainsi est-il conseillé pour les lève-tard de se lever de temps en temps aux aurores et

pour les lève-tôt de s'offrir une grasse-mâtinée (à deux de préférence !), de modifier le menu

de son petit déjeuner, de changer de marque et de parfum de dentifrice, de changer de main

pour ouvrir les serrures de sa maison, de changer de coté pour embrasser son compagnon ou sa

compagne (pas facile !) de changer sa manière de faire les noeuds de cravate (pour les hommes

bien évidemment !) de se maquiller sans miroir (pour les femmes, ça va sans dire ! ) de monter

les escaliers à reculons, de changer de trottoir en marchant (mais pas de voie de circulation,

sauf en Angleterre, of course) d'apprendre (ou de réapprendre) les fables de La Fontaine (au

demeurant fort pertinentes pour comprendre la vie politique d'aujourd'hui) ou une langue

étrangère et si possible l'arabe pour se mettre à lire de droite à gauche et puis, surtout, de

temps en temps, de changer de cadre de vie, quand on en a les moyens évidemment ! (ou si on

ne les a pas, en se faisant élire à la présidence de la République).



Aussi, ayant réussi à sauvegarder quelques picaillons de la rapacité de notre Etat

budgétivore (honnêtement acquis, vous n'en doutez pas je l'espère) j'ai donc décidé de me

mettre au vert quelques jours, pour vous revenir ragaillardi et plein d'idées nouvelles pour les

posts de mon blog !



A bientôt donc....


Texte & photo Ulysse

07.04.2008

Du Saut du Loup au Roc de l'Aigle



Je trouve étonnant que l'homme, roi des prédateurs, qui n'a jamais admis que quiconque

puisse lui contester sa domination sur la nature et qui a , au cours de sa brève

existence, passé son temps à massacrer les lions, les tigres, les loups, les ours, les bisons, les

rapaces, les baleines, les thons, les requins et tant d'autres espèces, ait donné à des sites ou

des lieux le nom des ses infortunées victimes
.


Notamment, nombreux sont en France les noms tographiques faisant référence au Loup

à l'Aigle et à l'Ours Est ce l'effet d'un remords inconscient qui pousse ainsi l'homme à donner

le nom de ses victimes à des lieux remarquables ou est ce pour se dédouaner à bon compte de

ses forfaits en se disant « je te tue mais je t'honore ». Cette attitude me fait penser au vers

d'Aragon « ....aux cadavres jeté ce manteau de paroles, » extrait du superbe poème "Un jour, un

jour"
magnifiquement mis en chanson par jean Ferrat.




Ces réflexions m'ont été inspirées par une magnifique randonnée que j'ai faite l'autre

jour à partir du petit village de Madières situé sur le cours de la Vis et qui passe près d'un

rocher dénommé « le Saut du Loup » surplombant en un lieu vertigineux un ruisseau du même

nom qui se jette dans La Vis. Ce même circuit longe ensuite un superbe site rocheux appelé Roc

de l'Aigle
!



Selon la légende le rocher du saut du Loup tiendrait son nom d'un loup qui, pourchassé

par un chasseur, se serait jeté dans le vide plutôt que de mourir sous les balles du sinistre

bipède
.



C'est sans doute en souvenir de ce drame que les chemins de ce circuit tissent des fils

de sang au travers d'un plateau calcaire dont les pierres se désagrègent comme des morceaux

de sucre sous l'effet des intempéries.






Dans ce monde minéral où l'eau s'évanouit dans les failles de la pierre on est étonné de

voir surgir les ruines d'une antique bergerie dont la beauté austère nous révèle la décadence

urbanistique de nos contemporains devenus des adorateurs du parpaing brut.



Ces anciens connaissaient la valeur de l'eau et avaient construit des citernes qui

permettaient de recueillir l'eau de la moindre pluie courant sur les toits de lauze.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC09012.JPG



Cette ancienne bergerie n'est pas loin du Roc de l'Aigle malheureusement aujourd'hui fréquenté

par les seuls deltaplanes, l'homme cherchant à imiter le vol majestueux de ces magnifiques

oiseaux qu'il a exterminés (notons à ce sujet que récemment un aigle de Bonelli, espèce

menacée et protégée, a été retrouvé avec 34 plombs dans le corps dont 2 de gros calibres.

Les chasseurs responsables de ce forfait ont plus de plomb dans leurs cartouchières que dans

leur cervelle !)






Sur ces hauts plateaux arides et quasiment stériles balayés par les vents, les arbres se

courbent et développent à l'horizontale leurs bouquets de branches tortueuses.
.


Les anémones qui se nichent à leur pied apportent une note de douceur et de fraicheur

à cet univers hostile;




http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC09027-1.JPG


Les versants exposés au nord qui plongent vers la vallée sont colonisés par d'immenses

pins qui font une course vers le ciel pour y trouver la lumière.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC09038-1.JPG



Après la traversée d'impressionnants pierriers où l'on marche sur d'anciennes cîmes

aujourd'hui érodées, on arrive au bord de la Vis, dont les eaux limpides vous invitent

traitreusement à la baignade qui se révèle ...frigorifique, cette rivière sortant à quelques lieues

de là des entrailles de la terre.







En tous lieux, en cette région, même en des endroits aujourd'hui sauvages, on trouve

des vestiges de l'esprit industrieux et du sens de la beauté de nos ancêtres qui, pendant des

dizaines de générations, ont dressé des murets, des capitelles et des ouvrages de pierre sans

ferraille et sans béton défiant les lois de la pesanteur, telle cette magnifique arche qui semble

avoir été édifiée pour le simple plaisir des yeux.




http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC09059-1.JPG


Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & Photos Ulysse