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06.03.2008
Là où la lune se baigne.....
J'aime ces endroits où l'eau et la terre se cotoient, s'entrelacent se défient parfois,
ces endroits où l'univers se dédouble par la simple magie d'un ballet de photons sur un miroir
d'eau ...
Aux alentours de Portiragnes, il est un tel endroit où les chemins sont de simples traits
tirés au travers d'une lagune où les arbres semblent y jouer les équilibristes .
Parfois une lande de terre a gagné provisoirement son combat sur l'eau et héberge les
rescapés d'une arche d'un lointain descendant de Noé.
Mais dans ce monde changeant, hybride, incertain les lois de la matière n'ont plus droit
de cité. Les photons des rayons du soleil qu'aucun obstacle n'arrête semblent se mêler aux
atomes des plantes et des êtres qui y vivent et leur donnent un aspect fantomatique.
Parfois l'on surprend la lune en train de prendre un bain dans son plus simple appareil
pour se rafraîchir des ardeurs du soleil qui ne cesse de lui faire la cour.
Des armées de platanes semblent guetter le long de la liquide frontière du Canal du Midi
un ennemi qui ne viendra jamais
Au fur et à mesure que le soleil se rapproche de l'horizon l'incendie gagne les bosquets
d'arbres qui se jettent à l'eau pour éviter de partir en fumée
Le monde voit alors son double prendre place dans les eaux de la lagune et si l'on n'y
prend garde on pourrait quitter la terre ferme et se perdre dans ses eaux.
Peut être que des Ondines nous y attendent et que nous passons ainsi à coté de
plaisirs insoupçonnés ?
Soudain au détour du chemin, on aperçoit la masse imposante du Canigou qui semble
défier orgueilleusement cet univers aquatique, sous l'oeil indifférent des flamants roses qui
continuent, imperturbables, de fouiller la vase pour leur dîner.
Il est alors temps de regagner la terre ferme si l'on ne veut pas disparaître enlisé !
Texte & Photos Ulysse
09:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : portiragnes, taureau, chevaux, canal du midi
03.03.2008
Au diable les préventions, osons le Merdanson !
Quand l'envie me prend de me dégourdir les jambes et de m'aérer la tête et que je suis
à court d'idée quant à mon éventuelle destination je me livre à un jeu : je déplie sur mon bureau
une carte de la région, je ferme les yeux et je pose mon index au hasard sur la carte.
Ayant ainsi procédé l'autre jour, lorsque j'ai soulevé mon doigt pour découvrir quel
serait mon objectif, j'ai lu, quelque peu peu interloqué, le nom de « Merdanson! ».
Avouez qu'il y a de quoi a priori étre rebuté par un nom pareil, il faut effectivement être
un peu « dérangé » pour avoir envie d'aller se balader dans un tel endroit ! j'avoue avoir été
tenté de me donner une nouvelle chance, mais je me suis morigéné en me disant que, bonne ou
mauvaise pioche, les règles étaient les règles et qu'il fallait donc les appliquer.
En inspectant de plus près la carte je découvris que Merdanson était le nom d'une
rivière qui, a l'endroit sélectionné, descend vers le village de Sallèles du Bosc où il se jette
dans ...la Marguerite ! La présence de cette rivière au nom plus poétique ainsi que la mention
d'un dolmen à proximité me rasséréna quant à l'intérêt que pouvait présenter une balade en ces
lieux. M'emparant de la carte TOPO 25 du secteur j'improvisai un itinéraire à partir des chemins
y figurant sans savoir bien évidemment s'ils étaient encore tous pratiquables.
Une heure après, me voilà donc à pied d'oeuvre, ma voiture garée à la sortie du village
de Sallèles au bord d'une route menant vers la rivière. Disons deux mots, en passant, de Sallèles
qui comme de trop nombreux villages de l'Hérault offre un spectacle désolant : en effet, en
matière de construction et d'urbanisme c'est le laissez faire total, conduisant à un désastreux
bric à brac architectural. Tous les styles cohabitent, les maisons sont entourées de murs en
parpaings brut, souvent de guingois et de différentes hauteurs, les jardins ou les cours
ressemblent à des déchetteries, les cabanes et abris de jardin délabrés prolifèrent.
J'ai visité la quasi totalité de la France et je ne connais pas d'autre département où
règne un tel je m'en foutisme environnemental, les Antilles mises à part ! C'est d'autant plus
regrettable que la nature y est superbe et offre un remarquable potentiel touristique.
Mais revenons à notre périple et traversons La Marguerite qui à cet endroit se trouve
encore fortement influencée par le Merdanson vu qu'un fauteuil en plastique renversé trônait le
jour où je suis passé au milieu de son cours. Pour être honnête les berges avaient une allure
présentable, sous l'effet, sans doute, de l'ombre portée de sa rive ouest en surplomb qui
masquait les « détails ».
Dans ce secteur les ruffes rouges dominent le paysage (le salagou n'est qu'à quelques
kilomètres) et offrent un contraste saisissant avec la végétation. La silhouette pyramidale d'un
ancien volcan endormi arborant son cône figé de basalte domine de vénérables vignes. Ce
spectacle assez réjouissant nous met un peu de baume à l'âme après la traversée
déprimante de Sallèles.
Abordant la colline arborée où d'après la carte se dressait le dolmen j'ai passé une demi
heure à battre les fourrés extrêmement denses sans pouvoir le trouver. Y renonçant
provisoirement je me suis alors engagé sur le plateau dominant le secteur
Le spectacle qui m'y attendait me fit me réjouir de mettre livré à ce jeu de hasard. Je
peux aujourd'hui vous le dire que l'émotion est au rendez aux alentours du Merdanson !
Des pistes écarlates ensanglantent une toison dense de chênes verts et de genevriers
, tandis que le plateau domine un damier de champs et de vignes arborant un camaieu de
couleurs allant du duvet de lièvre au chocolat.
L'herbe illuminée par la lumière rasante de la fin d'après midi semblait fluorescente sur
la peau ensanglantée de la terre.
Et puis, heureuse surprise, après emprunté une descente ramenant en douceur vers
Sallèles, une sente s'offre à vous qui vous conduit si vous vous en écartez un peu au pied du
Dolmen envahi par la végétation .
Le temps et son cortège d'intempéries ont hélas mis à mal le travail héroïque de nos
ancêtres qui il y a près de 5000 ans ont édifié ce monument, sans doute en hommage à leurs
morts. Mais tel qu'il est, ce dolmen reste impressionnant et émouvant. Et l'on peste après la
frivolité et la néglignence des hommes d'aujourd'hui qui disposent à leur porte d'un trésor
préhistorique situé à quelques encablures du Lac Salagou fort fréquenté l'été et qui ne le
mettent pas en valeur. Mais il est vrai que l'Hérault a encore beaucoup de progrès à faire quant
à l'exploitation de son potentiel touristique.
Toujours est-il que c'est fort réjoui par mon périple que j'ai regagné mes pénates en me
disant que mon petit jeu de hasard avait du bon et que je recommencerais !
Le circuit détaillé figure en fichier joint
Texte & photos Ulysse
10:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : merdanson, marguerite, sallèles du bosc, dolmen
