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10.01.2008
Le castel d'Aumelas
La pluie a lavé ses murailles,
Des trainées de poix, des tâches de sang,
Et dissout les os, les cottes de mailles,
Des rudes chevaliers morts en l'assiégeant.
Le vent a chassé, bouté hors des salles,
L'écho des complaintes des troubadours;
Là où l'on dansait menuets ou sardanes
Les herbes folles aujourd'hui courrent.
Ce n'est plus qu'un linceul de pierres,
Que les siècles lentement effacent,
Mais pourtant il est loin d'être désert,
Le vieux Castel d'Aumelas.
Car bien que se soient tus rires et poèmes
Et que poussière soient les chevaliers d'antan,
Depuis huit siècles en ces lieux se promène,
Une rose, chaque fin de printemps.
Une année blottie près de la chapelle,
une année en haut de la tour du guet,
Cette rose est l'âme d'une épouse fidèle,
Guettant le retour de son seigneur croisé.
Cette rose fleurit, cette âme espère,
Quelques heures par an, le temps d'un matin,
Mais elle ne voit jamais, hélas, que la poussière,
Soulevée par le vent au loin sur le chemin.
Texte & photos Ulysse
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