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27.06.2008
Du Camp Rouch au Mas de Rouquet
La marche est comme les livres, source de connaissance et d'émotion. De surcroît elle vous oxygène le
cerveau, excellent antidote à la sénilité précoce, et vous fait de beaux mollets, atout non négligeable avec la
période estivale qui s'annonce.
Et je connais des lieux qui vous dispensent à la fois une leçon d'histoire, de botanique, d'entomologie et
de géologie. Vous êtes tentés ? Alors rejoignez le plateau du Larzac et abandonnez votre pétroleuse près du
Camp Rouch à quelques kilomètres au sud du Caylar. Je vous y attends, mais soyez matinal car nous avons un
bon bout de chemin à faire.
Suivant les traces laissées par les visiteurs nocturnes de ces lieux - renards, sangliers, blaireaux,
fouines, lapins qui « dînent » pendant que nous dormons - nous traversons un petit bois qui, en cette fin de
printemps généreusement arrosé, arbore une pléiade de verts. Les feuilles encore charnues laissent
parcimonieusement passer des confettis de soleil qui dessinent des pointillés de lumière sur le chemin et nous
font cligner des yeux.
Sortant du bois, nous découvrons le vrai visage du Causse : une mer de pelouses couverte en cette
saison de thym en fleurs où émergent par endroits des bosquets de buis et de genévriers cade, dont les baies
sont utilisées comme condiments dans diverses préparations culinaires (notamment la choucroute). L'huile que
l'on extrait de son bois est efficace contre les maladies de peau et entrait autrefois dans la composition du savon
Cadum qui permettait selon la réclame de l'époque d'avoir la peau douce comme une peau de bébé !
Aujourd'hui les marchands de cosmétique sont finalement plus modestes puisqu'ils ne vous promettent que de
vous rajeunir de 10 à 20 ans ! Mais en ce domaine comme en politique les promesses n'engagent et surtout ne
coûtent qu'à ceux qui les écoutent !
Le chemin passe à proximité des ruines de la chapelle St Vincent, dont la nef domine, comme un
vaisseau de pierre, cet océan vert qui va mourir au loin au pied des Cévennes.
Je suis toujours émerveille devant la foi des hommes et des femmes qui ont édifié leurs lieux de culte
dans des endroits aussi isolés. Sans doute le fait de quitter la ville, le bourg, le hameau et l'animation du
monde des humains pour aller prier, aide-t-il l'âme à se tourner vers le ciel. Dans de tels lieux l'oeuvre de
celui ou celle (ça me plairait assez que Dieu soit une Diva !) qui a créé l'univers se révèle dans son immensité
et force l'homme à l'humilité.
Un peu plus loin surgit l'impressionnant domaine du mas de Rouquet, constituant à lui seul un village et
dont les superbes bâtiments habillés de lierre sont aujourd'hui squattés par des belles de Salers et leur
progéniture.
Les magnifiques voutes de l'édifice principal témoignent d'un temps où les hommes ne ménageaient
ni leur temps ni leur peine et construisaient pour les siècles. Ils n'étaient peut être pas tous instruits mais leur
intelligence pratique était guidée par un sens inné de la beauté nourri par la contemplation de la nature.
Poursuivant notre chemin, nous empruntons d'anciennes drailles aujourd'hui désertées par l'homme,
suveillés du coin de l'oeil par un lézard vert , surpris de voir des bipèdes en ces lieux reculés.
Non loin de là un ophrys bécasse s'affiche en pleine lumière pour mieux séduire les insectes
pollinisateurs. Le labelle de cette familles de plantes imite en effet le corps d'un insecte pollinisateur déterminé.
Les mâles abusés par la ressemblance tentent une copulation au cours de laquelle leur corps s'enduit de pollen
qui ira féconder une autre fleur sur laquelle ils iront se poser.
Le chemin du retour longe le plateau qui surplombe la vallée de la Lergue. L'érosion a entaillé les
roches dolomitiques sculptant par endroits des figures fantasmagoriques, tel ce chien qui semble attendre le
retour des troupeaux transhumants ou ces pitons rocheux qui vont chatouiller les nuage du ciel.
Le circuit est décrit en fichier joint
Texte & Photos Ulysse
09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camp rouch, mas de rouquet, causse du Larzac
Trackbacks
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Commentaires
ULYSSE, je suis profondément touchée par tes photos et ce que tu écris, ces images sont ancrées dans mon conscient et mon subconscient, je respire avec vous les marcheurs, grâce à toi un peu de cet air du Larzac que j'aime tant.
Ecrit par : ginette | 27.06.2008
Ginette je suis heureux de t'apporter quelques brins du bonheur que j'ai à marcher dans ces magnifiques paysages. J'aime aussi me promener dans l'univers toujours changeant de tes toiles
Ecrit par : ulysse | 27.06.2008
bonsoir Ulysse,
ces photos sont superbes, merci pour la balade,
je te souhaite un agréable week-end,
bien amicalement.
Ecrit par : laurent | 27.06.2008
superbe ballade en effet que j'ai dû faire il y a quelque temps déjà, mais tes photos sont trèe belles.
Ecrit par : la calmette | 27.06.2008
Quelle agréable découverte! de très belles photos accompagnées de lignes pleines de poésie naturelle, de précisions botaniques...j'aime beaucoup! Bon weekend***~~D'Ocean*~~
Ecrit par : D'Ocean~ | 28.06.2008
j'ai humé avec bonheur ces bouquets de thym en fleurs, souri à ton lézard aux si belles couleurs et apprécié tes explications botaniques, merci infiniment pour ce que tu nous offres !
Ecrit par : colette | 28.06.2008
c'est une raffraichissante balade. merci pour le circuit.
bon dimanche Ulysse
à bientôt
Ecrit par : norbert | 28.06.2008
Bonsoir Ulysse,
C'est avec beaucup de plaisir que je lis le récit de tes ballades. Tu me / nous fais rêver.
Quelle chance tu as de pouvoir parcourir ces différents lieux.
Quelle sera la prochaine étape? Je suis très impatiente.
A bientôt pour de nouvelles aventures
Christine
Ecrit par : Christine | 28.06.2008
bonjour
l'odeur de thym froissé
est venu jusqu'à mes narines...
Ecrit par : jeanne_01 | 29.06.2008
Très beau reportage, celui-ci - comme d'habitude:-) - cela me rappelle une longue balade sur le causse du Larzac à travers ces étendues de thym...
La construction de la bergerie en voutes est magnifique - c'est la manière de faire dans un pays, où on n'avait déjà plus assez de grands arbres, pour construire des charpentes en bois, mais des pierres à foison - ils étaient aussi pragmatiques, les bâtisseurs de ce temps, économes et capable, de travailler avec les ressources du lieu!
Ecrit par : Iris | 29.06.2008
pour la prochaine balade Christine on ira du coté des Pyrénées....
Tu as raison Iris sur le Causse le bois était rare (un peu moins aujourd'hui avec le recul de l'élevage) mais les pierres ne manquent pas !
Ecrit par : ulysse | 29.06.2008
Oh la la, j'arrive trop tard pour le départ et pas qu'un peu !!! Mais la narration à l'heure du retour est si belle que je m'en contenterai ce soir ;-) Es-tu sûr pour les salers, j'y voyais plutôt une bazadaise ... Les salers sont rousses très foncées ... Cette orchidée attend l'insecte, sa position est éloquente ! Bonne soirée Ulysse
Ecrit par : Bandolera | 29.06.2008
Je révise mon précédent com' ... C'est une Aubrac, j'en suis à peu près sûre ... Oublie la Bazadaise ...
Ecrit par : Bandolera | 29.06.2008
Mais bon sang , c'est bien sur Bandolera, c'est une Aubrac ! les Salers ont des grandes cornes , comment ai je pu commettre une si grossière erreur ! Merci pour ta lecture attentive !
Ecrit par : ulysse | 30.06.2008
Quel plaisir de vous suivre dans vos balades.
Ecrit par : Jean-Claude | 30.06.2008
Celle là aussi en a des grandes ;-) Bonne soirée Ulysse !
Ecrit par : Bandolera | 30.06.2008
Certes Bandolera mais pas aussi grandes car les cornes de salers font en moyenne 27cm et les cornes de cette belle Aubrac font 24cm ....si si elle m'a laissé les mesurer !
Ecrit par : ulysse | 01.07.2008
Ah ben voilà !!! J'ai essayé ... Bilan : 11 mètres de couturière qui se baladent entre les cornes de presque autant de vaches ;-))) Je vais persévérer alors ... Bonne soirée Ulysse !
Ecrit par : Bandolera | 01.07.2008
