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30.05.2008
Retour à la terre : le mas de l'Estagnol (fin)
Après avoir longuement flâné et rêvé sur le site du mas d'Agre qu'aurait aimé le poète
Virgile et remis un peu de « charbon dans la machine » à l'aide d'un roboratif pique
nique agrémenté d'un « rosé des dunes » produit dans l'île de Ré (les gosiers du pays d'Oc sont
moins snobs que ceux du bordelais et sont ouverts à toutes les expériences), nous nous
remettons en chemin en direction du Mas de l'Estagnol.
La forêt nous accompagne un moment en nous offrant son ombre rafaîchissante avant
de nous abandonner sur le flanc du Roc de la Vigne. Nous nous contentons de le contourner
car son sommet porte déjà l'empreinte de nos semelles.
Du chemin l'on aperçoit l'immense "dent de requin" du Pic Saint Loup qui émerge à
l'horizon, impressionnant vestige du socle sédimentaire laissé par la Méditerranée il y a 100
millions d'années que le surgissement des Pyrénées il y a 40 millions d'années a renversé à la
verticale.
Dans ce monde minéral la flore apporte une note de poésie et de douceur, telle la
hampe d'une asphodèle dont un bourdon dérobe le nectar tout en assurant ainsi sa
pérennité.
Au détour du chemin le hameau de l'Estagnol dévoile soudain ses magnifiques bâtisses
de pierres. Comme au mas d'Agre on ne peut s'empêcher de prêter l'oreille espérant entendre
l'écho des voix humaines qui ont autrefois résonné en ces lieux. Mais seul le buzzement des
insectes et le pépiement des oiseaux se font entendre. Parfois, dit-on, un vieux berger solitaire
y trouve refuge avec ses chèvres, mais d'aucuns pensent qu'il s'agit d'un fantôme! .
Une terrasse ouverte vers le sud s'offre à notre rêverie et, pour quelques instants,
nous nous mettons à la place de celles et ceux qui ont vécu ici et ont contemplé ce paysage,
en rêvant peut être des villes et pays situés bien au delà de la ligne d'horizon.
Mais ainsi est l'homme qui rêve souvent de vivre ailleurs que là où le sort l'a fait naître
et qui s'en va découvrir le monde pour revenir en fin de compte au bout de son age là où il est
né. C'est un peu comme si notre corps avait la mémoire et la nostalgie du sol dans lequel ont
été puisés les éléments dont il est constitué.
De toute façon peut être qu'un jour nous n'aurons pas le choix et qu'il se produira un
exode urbain, les gens fuyant les villes pour retourner à la terre de leurs ancêtres et y produire
de quoi subsister. La France n'a pas de pétrole mais on peut encore y cultiver les topinambours
et les rutabagas
La fin de la randonnée emprunte une piste confortable que dominent
d'impressionnantes falaises. On peut ainsi mettre le pilotage automatique et se laisser aller aux
méditations métaphysico-bacchusiennes (pour ce qui me concerne) qu'inspire immanquablement
la marche.
Parfois l'on est tiré de sa rêverie par une rencontre surprenante, tel ce cyclope
égaré qui cherchait les Cyclades et que j'ai remis sur le droit chemin en l'emmenant avec moi au
bord de l'Hérault.
De là il a pris le premier canoé venu pour descendre jusqu'à la mer et embarquer à Sète
sur un bateau en partance pour la mer Egée.
Pour celles et ceux intéressés par la découverte des mas d'Agre t de l'Estagnol , le
circuit est décrit dans l'ouvrage "Garrigues Montpelliéraines" Eitions Edisud (Itinéraire 28). La
première partie jusqu'au mas d'Agre comporte deux passages T3 (petite escalade) etdemande un
bon sens de l'orientation
Texte & photos Ulysse
12:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas de l'estagnol, cyclope, cyclades
27.05.2008
Retour à la terre : le mas d'Agre (1ère partie)
Il y a une dizaine d'années, au moment où internet prenait son essor, les experts nous
prédisaient l'avènement d'une économie immatérielle fondée sur l'information. Exit l'agriculture et
l'industrie vestiges ringards d'économies primitives, à la trappe les bouseux et les cols bleus,
pour faire place nette aux cols ultra blancs qui, les oreilles collées à leurs mobiles et leurs doigts
plantés sur leurs claviers d'ordinateurs portables, produiraient et échangeraient des
informations, seule matière noble du monde de demain, assurant ainsi un avenir radieux à nos
économies.
Seulement nos économistes en chambre, dont les prévisions sont aussi fiables que
celles de météo-france, ont oublié que l'homme de base mange, s'habille, se chauffe, voyage et
reste attaché aux biens matériels de ce monde. Et ce qu'un enfant de CM2 pouvait anticiper
s'est donc produit : la croissance de la population mondiale conjuguée à la progression du
niveau de vie dans les pays émergents à conduit à un accroissement rapide de la demande de
biens matériels et alimentaires et donc à un renchérissement brutal des matières premières et
des produits agricoles.
Ainsi dans nos économies dites évoluées l'industrie et l'agriculture font un retour en
force et les paysans après avoir été snobés sont de nouveau courtisés
C'est l'heure du retour à la terre et les heureux possesseurs de 4X4 qui exhibent leur
statut social dans les quartiers chics urbains vont pouvoir se réjouir. Leurs véhicules vont enfin
servir à ce pourquoi il ont été construits et rouler dans les bouses de vaches aveyronnaises
plutôt que dans les merdes de canidés neuillysiens dégénérés.
C'est le moment de vendre sa villa du Cap Ferrat ou du Cap Ferret ou son chalet à
Genève et de partir à la recherche d'un mas en ruine avant que les prix ne montent sous l'effet
de la reconversion des golden boys, victimes de la déconfiture des « subprimes » (encore une
invention géniale des experts financiers), aux joies de la culture de l'olivier ou de la production
du fromage de chèvre.
Si vous êtes intéressés, j'ai repéré deux magnifiques Mas « virgiliens » (pour en savoir
plus sur le poète Virgile cliquez ici) dont je veux bien, chers lecteurs et lectrices, vous
réserver la primeur. Si jamais vous vous y installez, je compte sur votre hospitalité pour m'y
accueillir, étant entendu que j'apporterai le pain et le vin lors de mes visites, du moins tant que
vous ne serez pas à même de vivre en totale autarcie.
Pour s'y rendre, il faut d'abord remonter la sauvage combe du Bouys à partir des rives
de l'Hérault, quelques kilomètres en amont de saint Guilhem le Désert. Au démarrage on suit
une piste confortable qui se transforme ensuite progressivement en un vague chemin qui finit par
suivre le lit caillouteux d'un oued, heureusement la plupart du temps à sec.
On progresse alors au coeur d'une jungle méditerranéenne dont le sol est en
permanence labouré par les hardes de sangliers qui pullulent à cet endroit. D'ailleurs, on les
entend aller et venir en grognant, irrités et inquiets de la présence de bipèdes, les parois du
canyon leur interdisant toute échappée. Il faut dire que c'est un endroit apprécié des chasseurs
car ils peuvent ici faire un carton comme dans les fêtes foraines sans trop se bouger le cul,
mieux vaut donc éviter la période de chasse si l'on veut avoir le bonheur de bénéficier de sa
retraite si chèrement acquise.
Après deux brefs passages rocheux qui testent notre souplesse, le chemin s'élève
tranquillement sur la rive gauche de la Gallinière. En approchant du plateau les oiseaux soudain
se taisent dans les bois environnants et une ambiance mystérieuse s'installe. Intrigué on
avance alors le souffle court en faisant le moins de bruit possible pour découvrir stupéfait, en
surplomb du chemin, le visage d'un géant pétrifié qui semble supplier une fée ou une princesse,
assise de l'autre côté du vallon, de venir le délivrer ou peut être de lever le sort qu'elle lui a
jeté parce qu'il s'est sans doute montré trop entreprenant !
Laissant nos tourteraux à leur éternel face à face, on progresse alors sur le plateau
couvert de magnifiques pins à la recherche du Mas d'Agre.
La découverte d'un antique puits nous confirme que nous sommes sur la bonne voie et, de fait, le mas se révèle bientôt dans ses habits de lierre au milieu d'une clairière sauvage.
Depuis que les derniers occupants ont quitté les lieux, l'ombre de milliers d'heures a caressé le cadran solaire qui orne sa façade.
On prête vainement l'oreille pour tenter de saisir l'écho des chansons, des rires, des
pleurs, des colères qui ont résonné sous ces magnifiques arches de pierres qui soutenaient les
toitures.
Sont elles à jamais éteintes les flambées généreuses qui cuisaient le pain dans ce four,
dont les senteurs revigoraient les coeurs ?
Aujourd'hui le four ouvre sa gueule froide comme la mort mais peut être suffirait-il d'une
flambée pour faire sortir de leur éternelle léthargie les fantômes qui hantent les lieux.
Derrière le mas s'étend un ancien verger où les squelettes d'antiques cerisiers semblent
s'affronter comme des chevaliers figés par Merlin l'Enchanteur.....
Avec quelques barrils d'huile de coude, ce mas pourrait retrouver son lustre
antan .....Qui veut tenter l'expérience ?
A suivre.....
Texte & Photos Ulysse
09:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas d'agre, cadran solaire, puits
24.05.2008
Réjouissez vous corps et âme au Mas St Antoine
Vous avez été très nombreux et nombreuses à me suivre sur les chemins de la garrigue
de Castelnau de Guers et, d'après vos commentaires, à aimer cet endroit.
Aussi je ne doute pas que vous aimerez les vins du Mas St Antoine qui sont l'expression
liquide de sa beauté et de sa diversité !
Ce caveau est né du désir de trois vignerons, Robert Jaeger, Dominique Portes et
Bernard Woimant, de réunir leur talent pour produire des vins exprimant pleinement les qualités
de ce magnifique terroir .
Ils se sont installés en 2002 dans une ancienne bergerie à l'entrée du village de
Castelnau(en venant de Pézenas) et ont effectué leur première vinification en 2003.
Leur gamme de vins embouteillés (ils commercialisent aussi des BIB) comporte deux
Picpoul, un Coteaux du Languedoc blanc, deux vins de pays d'Oc rouge, un rosé et un « Moût
de raisins partiellement fermentés issus de raisins passerillés » ce qui est équivalent à un vin dit
de « Vendanges Tardives » dont l'appellation est réservée aux vins alsaciens.
Les prix fort raisonnables en ces temps où certains producteurs languedociens
commencent à se prendre pour des clones de Rotschild s'échelonnent de 4,5 à 6€ sauf la
cuvée Zénobie qui vaut 14€ (en 50cl)
Dès la première vinification en 2003 le caveau a glané les distinctions au Concours
Général Agricole de Paris et les étoiles dans le Guide Hachette. Son Picpoul (cuvée Font du
Loup ) 2007 a été classé meilleur Picpoul de Pinet par la Revue des Vins de France.
Le Picpoul de « base », cuvée Garrigous, a une bouche fraiche et (dangereusement !)
désaltérante et devrait parfaitement convenir aux plateaux de coquillages du Bassin de Thau
(quand ils sont consommables !)
Le Picpoul Font du Loup est un vin plus complexe, équilibré et harmonieux avec une
belle richesse aromatique finissant sur une note de pamplemousse typique des vrais Picpoul. Il
devrait fort bien accompagner des plats de poissons en sauce et des fromages de
chèvre.
Le Coteaux du Languedoc blanc, cuvée les Fontenelles, (assemblage de Roussane et
de Grenache Blanc) a beaucoup de fraicheur et une belle longueur . La cuvée 2006 est un peu
réservée au plan aromatique mais le millésime 2007, encore en barrique, est une pure merveille
où explosent les notes d'acacia et de tilleul)
Le Rosé de Cinsault vous fera succomber au péché de gourmandise et il est préférable
d'être au moins quatre à table si l'on veut le boire avec modération..;
L'assemblage de Merlot-Cabernet est un peu réservé et austère à mon goût mais il est
probable que deux ou trois années le rendront plus flatteur.
En revanche l'assemblage de Carignan-Grenache (cuvée St Nicolas) est un vrai délice
avec une fraicheur, une harmonie et une palette aromatique très agréables.
Quant à la cuvée « tardive » appelée Zénobie en l'hommage non pas de la Reine de
Palmyre mais de la belle maman de l'un des vignerons, c'est un délice qui vaut bien des
Sauternes, Barsac, Jurançon ou Ste Croix du Mont.. Il fera merveille sur un foie gras ou un
roquefort.
Compte tenu des tarifs pratiqués ces vins présentent un exceptionnel rapport qualité
prix, bienvenu en ces temps de pouvoir d'achat en berne. Ce sont des vins qui vous parlent du
terroir où ils sont nés et qui vous donnent de l'esprit. C'est à juste titre que leurs auteurs ont
donné à leurs étiquettes la formede la seule arche de pierre survivante de l'Ermitage St Antoine
qui se trouve sur l'une des collines avoisinantes
Outre la plaisir de déguster d'excellents vins, une visite au caveau vous permettra de
rencontrer des vignerons joviaux et plein d'humour, passionnés par leur métier et qui pourront,
si vous le souhaitez, vous en expliquer tous les mystères, depuis la taille des ceps jusqu'à la
macération carbonique.
Si vous êtes un petit groupe d'amis marcheurs, Robert Jaeger peut vous emmener sur
les chemins de la Garrigue et vous conter l'histoire de l'Ermitage St Antoine ou de l'Etendoir des
fées (voir mon reportage sur la Garrigue de Castelnau)
Pour conclure cette note je reprendrai ses propres paroles en vous rappellant qu'il y
toujours cinq bonnes raisons de boire du vin (avec modération) :
- le bon goût du (bon) vin
- l'arrivée d'un hôte
- la soif présente
- la soif à venir
- et n'importe quelle autre bonne raison !
Les coordonnées du caveau sont les suivantes
Caveau Mas Saint Antoine
Descente de la Bergerie
34120 Castelnau de Guers Tel 06 62 82 08 31
Leurs vins sont également en vente au Caveau Agde 5, rue Louis Blanc 34300 Agde
Tel 04 67 94 84 87 et sont servis dans de nombreux restaurants de la Région
Texte & Photos Ulysse
18:00 Publié dans Délices | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas st antoine, vins du pays d'oc
20.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps ...(suite et fin)
On ne peut parler d'Arles ou la visiter sans évoquer la mémoire de Frédéric Mistral
(1830-1914) cet écrivain provençal fondateur en 1854 de « Lou Félibrige » association littéraire
ayant vocation à assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de
la langue d'Oc. Après avoir reçu le prix nobel de littérature en 1904, il fonda à Arles le "Museon
Arlaten" consacré à l'art de vivre dans l'ancienne Provence et contenant des collections
représentatives des arts, de l'ethnologie et de l'histoire du pays d'Arles.
Sa statue trône sur la place du forum où Van Gogh, qui vécut à Arles de février 1888 à
mai 1889, a peint son magnifique tableau intitulé « Terrasse du café le soir » qui montre une
terrasse de café illuminée sous un somptueux ciel étoilé.
Que vous soyez ou non croyant, il faut aller visiter l'église St Trophime située au coeur
de la vieille ville et dont le portail est l'un des chefs-d'oeuvre de l'école romane provençale de la
fin du XIIème siècle ainsi que son cloitre. Saint-Trophime, premier évêque d'Arles, aurait été un
des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l'empereur
Dèce. Il serait arrivé à Arles en 46
On découvre au centre du tympan le Christ qui, d'après les commentaires officiels, bénit
l'assistance les deux doigts levés en tenant l'évangile sur ses genoux. Il est entouré des
symboles des quatre évangélistes : l'aigle de Saint jean, le lion de St Marc, le boeuf de St Luc
et l'ange de St Mathieu.
Quant à moi, qui suis un parfait mécréant, j'ai plutôt l'impression que ce pauvre Jésus
semble nous dire « arrêtez un peu vos âneries et vos querelles de
chiffonniers et faites un effort pour vous entendre car je ne reviendrai pas une seconde fois
pour vous épargner les colères de mon père qui risque un jour de perdre patience et de vous
envoyer tous rôtir dans les chaudrons de Lucifer ! »
Bien évidemment quand on va à Arles une visite s'impose aux Alyscamps immortalisés
par les vers de Jean Paul Toulet (1867- 1920) :
Dans Arles, où sont les Alyscamps
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses,
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd,
Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Le nom de ce « cimetierre » étonnant vient d'Alysii campi (c'est-à-dire les champs
Elysées, la voie qui conduisait au royaume des morts les guerriers valeureux)
Son implantation remonte à l'antiquité, les cimetierres étaient à l'époque toujours
construits à l'extérieur des cités le long des grands axes routiers afin que l'on puisse en
permanence rendre hommage aux morts.
A Arles dès le début de l'empire les sarcophages et les mausolées s'égrenèrent au bord
de la via Aurelia, pratique qui s'est ensuite perpétuée à l'époque chrétienne avec l'installation de
la sépulture des premiers évêques d'Arles entourée par des milliers de tombes pressées sur
plusieurs rangs
Cette sépulture est devenue en 1040 un prieuré sous le nom de Saint Honorat qui fut
lui même au XIIème siècle transformé en église de style roman couronnée par une splendide tour
lanterne octogonale.
Devenue une étape obligée du pélerinage de Saint jacques de Compostelle, son charme
romantique a attiré de nombreux artistes, dont Gauguin et Van Gogh qui y posèrent leurs
chevalets.
Pour conclure en beauté une visite d'Arles il faut faire pédibus jambus un pélerinage à
l'un des sites les plus pittoresques également immortalisé par Van Gogh : il s'agit du pont
basculant « Réginel » situé sur le canal d'Arles à Port le Bouc
Vincent Van gogh lui a donné le nom de pont Langlois qui était le nom de celui chargé
d'actionner le pont, il l'a peint car il lui rappelait son pays natal la Hollande. Certes à l'époque ce
site avec ses lavandières et sa voiture à cheval avait plus d'allure qu'aujourd'hui !
Si vous aimez ce peintre vous pouvez également visiter à Arles sa chambre
reconstituée telle qu'il l'a peinte, aller faire un tour à la magnifique Fondation Van Gogh et
suivre un cheminement piétonnier dans la ville comportant une dizaine de haltes où figurent des
reproductions d'oeuvres qu'il a peintes (voir le circuit au SI)
C'est avec regret que nous quittons cette cité si vivante où le cheminement dans ses
ruelles nous fait franchir les siècles et où rode l'ombre tourmentée de Vincent Van Gogh.
Texte & Photos Ulysse
20:40 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, van gogh, alyscamps, saint trophime
17.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps....(première partie)
Qui n'a pas entendu parler d'Arles, ou du moins de ses Arlésiennes, celles que l'on attend toujours et
que l'on ne voit jamais ! Mais peut être n'avez vous pas encore visité cette ville provençale très
animée, et si c'est le cas je vous invite à la faire "fissa", d'une
part pour les merveilles architecturales de l'époque romaine et du haut moyen age qu'elle recèle
et d'autre part, pour l'accueil chaleureux de ses habitants.
Les Arlésiens, ont hérité de leurs ancêtres romains une stature impressionnante
digne d'Hercule. Ils sont certes un peu peu exhibitionnistes mais sont aussi forts affables
Quant aux Arlésiennes, elles ont le tempérament ombrageux et impudique des filles du
sud, mais n'allez pas croire pour autant qu'elles soient complaisantes !
C'est d'ailleurs la beauté des Arlésiennes qui conduisit à la colonisation de la région dès
le 6ème siècle avant J.C par les Grecs puis par les Romains. Arles devint sous le règne de César
(50avant J.C) un grand port fluvial et maritime, puis préfecture des Gaules sous le règne
d'Auguste. On vient d'ailleurs de retrouver dans le rhône une magnifique collection d'oeuvres
d'art de l'époque romaine dont un exceptionnel buste de César qui étaient transportés par une
péniche qui a fait naufrage
Rendons nous tout d'abord au théatre antique en franchissant la tour de Roland
aménagée au moyen age dans l'une des travées de l'enceinte extérieure
Ce théatre (en cours de restauration) était l'un des plus importants du 1er siècle
avant J.C. Il conserve deux superbes colonnes de marbre qui se dressent orgueilleusement vers
le ciel, ultime défi de Rome à travers le temps aux barbares qui ont mis fin à son règne.
Quelques blocs de pierre sculptés subsistent qui donnent une idée de la richesse des
décorations qui ornaient le fronton du théatre. Ces pierres témoignent d'une époque où le souci
de la beauté imprégnait l'ensemble des oeuvres humaines qu'elles fussent grandioses ou
modestes.
Aujourd'hui dans tous les domaines la notion d'utilité l'a emporté sur l'esthétique ou le
sens moral et l'homme lui même est devenu « jetable » et mis au rebut dès que l'on considère
qu'il n'est plus à même de servir aux besoins des entreprises.
En pénétrant plus au coeur de la ville, on voit soudain se dresser les impressionnantes
arcades des arênes (amphitéatre) construites par Vespasien (75 après JC) et qui peuvent
contenir 20.000 spectateurs
On y donne aujourd'hui des corridas qui ne déparrent pas des spectacles sanguinolents
organisés par les romains. Ainsi est l'homme, capable d'édifier des oeuvres grandioses pour y
commettre des massacres. Mais peut être qu'en assistant dans le confort d'un fauteuil à des
scènes de mise à mort, les spectateurs exorcisent-ils la terreur que leur inspire la perspective
de leur propre mort
Il faut arpenter les galeries qui font sur plusieurs niveaux le tour des arênes pour
apprécier la magnificence et la prouesse architecturale que représente l'édifice. Les galeries
situées au niveau de la scène centrale semblent encore retentir des rugissements des lions et
des clameurs des gladiateurs qui s'y affrontaient
Plus paisibles étaient les thermes de Constantin construits vers le IVème siècle en
bordure du Rhône où, chaque après midi, toute la population, les femmes d'abord, les hommes
ensuite, allaient au sauna, puis se plongeaient dans des bains chauds, tièdes et froids avant
de conclure par un massage.
Les différentes pièces et piscines étaient chauffées par de l'air chaud circulant sous le
plancher dans des conduits en briques. Ce sens de la propreté s'est hélas perdu en occident
avec la chute de l'empire Romain et il a fallu l'invention de la savonnette Cadum en 1907 par
l'américain Michaël Winburn pour redonner aux Gaulois, qui se lavaient juste le gosier avec de la
cervoise, le goût de l'eau !
Et les Alyscamps me direz vous ? Ils sont comme les Arlésiennes vous en parlez et on
ne les voit pas ! Patience mes cher(e) ami(e)s , nous irons les visiter lors de la prochaine
note....
A SUIVRE....
Texte & photos Ulysse
10:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, arlésienne, van gogh, thermes
13.05.2008
Un site paradisiaque.....
.......qui, par endroits, a des allures de cloaque !
Le 31 mars 2006 j'ai posté une note sur cette petite merveille géographique et
touristique qu'est le bassin de Thau, dans laquelle je déplorais les négligences et méfaits dont il
est victime de la part de ceux là même qui en vivent ou qui résident sur ses rives pas toujours
enchantées.
Depuis le déclassement du bassin de catégorie « A » en « B », qui a créé un véritable
électrochoc, les choses ont un peu évolué, les communes riveraines et les autorités
départementales et régionales se sont concertées pour tenter de sauver le bassin d'une mort
(biologique) certaine !
L'ancienne décharge ( et oui , il y avait autrefois une énorme décharge au bord de
l'étang !) du secteur de Maldormir a été réhabilitée, mais les masures, dont beaucoup sont en
situation illégale et polluent le sous sol (donc le bassin), sont encore là et pour longtemps. Des
zones de lagunage ont été créées du coté de Marseillan pour réduire la pollution des eaux de
ruissellement et des mesures devraient être prises pour réduire l'urbanisation dans les zones
sensibles. Des actions pédagogiques sont organisées à l'initiative du dynamique Alain Sacaze,
président de l'Organisation des Producteurs, à l'intention des conchyliculteurs - qui ne sont pas
les plus respectueux de ce bassin qui les fait pourtant vivre - et des étudiants engagés dans la
filière.
Espérons que ces initiatives parviendront à sauver, et pourquoi ne pas rêver, à rétablir
dans sa beauté originelle le bassin de Thau qui, vu de loin ou d'en haut, a des aspects
paradisiaques, mais qui en de trop nombreux endroits présente des allures d'un cloaque du fait
de la négligence, de la bêtise ou du « j'menfoutisme » de trop nombreux individus qui le prennent
(sans doute comme le reste de leur environnement) pour une poubelle !
Vous pensez que j'exagère ? Suivez mes pas et visitons d'abord le coté « jardin » avant
de chausser nos bottes pour aller regarder ce qui se passe du coté « cour »!
Nous voilà grimpés sur la butte du Domaine de Bellevue qui appartient désormais au
conservatoire du Littoral d'où l'on a vue splendide sur l'ensemble du bassin qui présente à cet
endroit (on le voit de loin!) des aspects de lagon polynésien.
De cet endroit on domine les tables des ostréiculteurs qui sont l'un des emblèmes
paysagers du bassin
Parmi les villages installés sur les berges du bassin, le plus pittoresque est sans
conteste celui de Bouzigues dont les huitres sont réputées (quand elles sont consommables !)
Quelques barques traditionnelles somnolent en rêvant du temps où les berges du bassin
n'étaient pas jonchées de vieux pneus, de sacs plastiques et d'objets divers (je n'exagère rien,
attendez de voir !)
Les flamants roses semblent apprécier l'endroit , mais celà n'a rien d'étonnant vu quils
passent leur existence la tête dans l'eau à chercher leur nourriture et se soucient comme d'une
guigne du paysage
et leur envol est l'un des plus beaus spectacles que l'on puisse voir sur le bassin .
Quand le vent se calme, l'eau se fait miroir et dédouble l'univers
Le phare des Onglous qui n'a jamais connu de tempête rêve de vacances en Bretagne
Par endroits des roselières facétieuses chatouillent le ventre des nuages
Par moments le bleu de la mer voisine submerge le paysage
et fait place quand le soleil se retire à un vaste incendie qui dévore les nuages du ciel avant d'enflammer les eaux de l'étang
Paradisiaque is not it ? Mais ces clichés sont trompeurs, suivez moi maintenant dans les coulisses pour voir l'envers du décor !
Commençons par la baie de Ste Marie située à proximité de l'Ecole des Glénans; prière d'amener un rateau si vous voulez y étendre votre serviette !
Poursuivons par ce cliché pris sur le chemin qui va de l'école des Glénans au phare des Onglous : les chasseurs de canards tiennent apparamment à leur confort !
Un peu plus loin, une opération "vide-grenier" est ouverte en permanence !
Le Loch Ness a son serpent et le bassin de Thau ses pneus flottants dont voici un beau spécimen flottant entre deux eaux dans la crique de l'angle .
Et voici quelques vestiges antiques en face de la station d'ostréiculture du Mourre Blanc (pas comme neige !)
Petit aperçu du rivage au niveau d'une exploitation de conchyliculture ! Ah l'inimitable goût de noisette des huitres du Bassin de Thau (dixit la pub!)
Faites votre "shopping" le long de la promenade cotière à la sortie de Marseillan : crème solaire, paquet de cigarette, canette de bière, sont à votre entière dispostion!
Belle collection aussi du coté du
secteur de Maldormir ...mais apparamment ce ne sont pas ces déchets qui les empêchent de
dormir !
Après avoir exterminé les canards, certains chasseurs s'entraînent sur des canettes
bière (une fois qu'ils les ont vidées bien sur !) dont les tessons et les débris jonchent leur zone
de tir dans la zone des salins du Quinzième!

Devant la beauté du site un admirateur en est tombé à la renverse et a oublié de ramener son fauteuil !Et pour finir assistons au même coucher de soleil que tout à l'heure, pris au travers d'un
pneu qui traînait sur le rivage !
Triste bilan, n'est ce pas, pour un site pourtant magnifique qui illustre à loisir les
dépliants touristiques de la région. Mais il ne faut pas désespérer de voir sa situation
s'améliorer. Les villages riverains (Mèze, Balaruc, Bouzigues, Marseillan) ont pris conscience du
problème et font de louables efforts pour protéger et embellir les rives de l'étang mais dans un
périmètre qui reste limité.
En outre, début avril l'Organisation des Producteurs à co-organisé au Lycée de la Mer
de Sète les journées de la Conchyliculture afin de sensibiliser les futurs professionnels aux
menaces qui pèsent sur le Bassin de Thau. A cette occasion Alain Lacaze le Président de l'OP a
déclaré dans une interview accordé au Midi Libre (dont je salue au passage la sensibilité aux
problèmes de l'environnement) "Il appartient à l'OP de communiquer aux jeunes de bonnes
habitudes à prendre.Et leur dire que pour sauver l'étang et la profession il faut être plus blanc
que blanc, puisque c'est nous qui vivons de ce milieu. Si nous balayons devant notre porte,
nous serons ensuite mieux placés pour rouspeter quand d'autres polluent".
Ce message concerne aussi les riverains, les plaisanciers, les chasseurs et les
promeneurs qui fréquentent le Bassin et l'initiative devrait être prise par l'ensemble des
communes riveraines d'organiser des journées de rnettoyage des rives afin de rendre au Bassin
l'aspect paradisiaque qu'il a sur les photos "touristiques"
Texte & Photos Ulysse
11:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Thau, Bouzigues, huitre
09.05.2008
Il fut un temps.....
Il fut un temps où il n'y n'avait pas de frontière,
Un temps où il n'y avait pas de nation,
Où les continents, les fleuves, les mers,
Ne portaient pas de nom.
Alors l'homme était libre d'aller et venir,
Où son bon vouloir le menait,
Libre comme l'air de s'établir,
Où sa curiosité le poussait.
Pas de douane ni de passeport ,
Pas de barbelés ni de forts,
La terre était alors le bien commun,
La mère nourricière des humains.
Puis un jour de triste mémoire,
Quelqu'un inventa le territoire,
Quelqu'un dit « ici c'est chez moi ! »
Au nom de qui ? Au nom de quoi ?
Ce n'était qu'un acte de violence,
Qui a fondé la « civilisation »,
Nourrie du fiel de la violence,
Et de l'usurpation.
Depuis lors l'homme n'a eu de cesse,
De considérer comme ennemis,
Ses propres frères terrestres,
Nés outre Rhin, outre-mer, hors de chez lui.
Des millions ainsi sont morts,
Pour des lignes virtuelles,
Que de sinistres matamores,
Prétendent éternelles.
Dénonçons ces balivernes,
Que les marchands de canons,
Soigneusement entretiennent,
Pour soutenir leurs actions.
Abolissons les frontières,
Et brûlons nos étendards,
Il n'y a que les cons qui soient fiers,
D'être nés quelque part !
PS: rendons à César ce qui appartient à César et donc à Georges Brassens les deux derniers vers que l'une de ses plus belles chansons m'a inspirés
Texte & Photo Ulysse
21:45 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frontière, étendard, liberté
06.05.2008
Il y a de la vie sur Mars ! (actualisation d'archive)
Il y a quelques semaines le magazine Sciences et Vie titrait sur sa
couverture « De la vie sur Mars » un événement tout à fait extraordinaire
mais qui est passé inaperçu des français plus préoccupés par le vide sidéral qui se
creuse dans leur porte-monnaie
La NASA apporte aujourd'hui une preuve supplémentaire avec cette photo prise par son
robot Opportunity dans le désert de la sérénité il y a 48 heures et qui montre que la planète a
été occupée dans un passé récent par une espèce évoluée et qui a su développer une
technologie équivalente à la notre...
En revanche le robot n'a trouvé aucune trace de l'hypothétique utilisateur de cette machine.
Sans doute a t-il quitté cette planète la jugeant trop inhospitalière pour venir voir si c'était
mieux chez nous ?
Ainsi on s'attend depuis toujours à voir les martiens arriver en soucoupe et en fait ils risquent
de débarquer en mobylette ! La prochaine fois qu'un motocycliste me doublera je vérifierai s'il ne
s'agit pas d'un petit homme vert !
Texte & photo Ulysse
20:25 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : planète mars, extraterrestre, apollo
03.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers...(fin)
(suite et fin de la précédente note)
Vous avez dormi comme une souche, la paille du gite était chaude et confortable et le
spectacle de la voie lactée au travers des trous de la toîture a avantageusement remplacé le JT
du 20heures. Certes, il n'y avait pas d'eau chaude, les toilettes étaient parcourues par les
araignées et les courants d'air et il ne restait plus une seule bouteille de Picpoul de Pinet dans
la cave. Mais vous êtes néanmoins enchanté(e) et prêt(e) à reprendre la visite de la garrigue
malgré le temps qui tourne à l'orage. Alors allons y !
Prenons tout d'abord la direction du Tempot de Buard que domine un pioch de ruffe
rouge et dont le nom plutôt exotique m'a longtemps plongé dans un abîme de
perplexité.
Mes recherches sur Internet et dans les dictionnaires occitan ne m'ont rien appris sur la
signification de Tempot, étant noté que Buard est probablement le patronyme de celui qui
possédait ou exploitait à l'origine ce lieu. C'est un lecteur de mon blog, Robert Jaeger, familier
des lieux puisqu'il y possède des vignes (je parlerai prochainement de ses vins) qui m'a donné la
clef de l'énigme. Je vous livre les précisions qu'il m'a apportées : "En patois un tempot
(prononcer le t final) est un récipient qui servait a recueillir les jus de raisons ou les vins bruts à
la sortie des pressoirs. C'est donc un récipient. Par extension cela peut-être une mare. Cette
mare existe juste derrière le Pioch pris en photo "
Le Pioch qui domine le Tempot de Buard est coiffé d'une strate de calcaire
sédimentaire déposé par la mer il y a 35 millions d'années. Sous l'effet de l'érosion cette strate
se morcelle en énormes morceaux de « sucre » que la pluie mettra également quelques millions
d'années à dissoudre.
Un magnifique amandier dresse sa toison blanche vers la mer de nuages menaçants qui
semblent vouloir submerger la terre
Derrière le Tempot de Buard les vignes s'étendent à perte de vue, promesse d'un fleuve
de Pic Poul qui ira un jour réjouir nos gosiers assoiffés, n'en déplaise aux pisse-vinaigre et aux
ayatollahs des ligues anti alcooliques qui confondent les buveurs de vins civilisés que nous
sommes avec les brutes alcooliques qui prennent les routes pour des pistes de
bowling.
Nous avons fait à peine quelques kilomètres et nous débarquons soudain sur la lune, au
lieu dit joliment nommé de « l'étendoir des fées » qui offre un paysage minéral digne de la mer
de la Tranquillité où Amstrong posa le pied un jour de juillet 1969
On trouve à cet endroit d'énormes « molaires » fossiles dont on pourrait croire qu'elles
ont appartenu aux dinausores qui ont hanté les lieux il y a soixante millions d'années
Remontant vers le nord et grimpant sur les collines qui dominent l'Hérault on découvre
l'Ermitage de Saint Antoine du Lac qui aurait été construit par les Antonins dont l'ordre a été
rattaché à celui des Chevaliers de Malte. Les Antonins soignaient les gens atteints du mal des
ardents ou feu de « Saint-Antoine » dû à l'ergot de seigle.
Il reste peu de chose de l'ermitage, mais le seul arc ogival qui subsiste et se dresse
vers le ciel confère au site une aura de spiritualité. Malheureusement au cours de l'été 2007 un
incendie a partiellement brûlé l'énorme pin séculaire qui ombrage les ruines.
En revenant vers le coeur de la garrigue, on arrive en un lieu où un champ de blé en
herbe donne au paysage un air de Normandie....
Vous êtes conquis ou conquise, vous avez décidé d'élire domicile ici , je vous
comprends et je viendrai souvent vous rendre visite. J'amènerai bien sur les tielles et le
Picpoul !.
Texte & photos Ulysse
22:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garrigue, ermitage Saint-Antoine, Castelnau-de-guers, Picpoul
01.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers (première partie)
L'urbanisation galopante du monde ramène l'humanité au rang des fourmis et des
abeilles, à la différence près que nous ne travaillons pas pour une reine, sauf les anglais qui ne
font jamais rien comme tout le monde. Mais, comme elles, nous consacrons la majeure partie de
notre vie à aller de l'alvéole où nous travaillons à celle où nous vivons pour assurer la
subsistance de nos rejetons. De surcroît quand nous allons de l'une à l'autre nous passons
notre temps à nous curer le nez dans nos cercueils à roulettes bloqués dans les embouteillages
ou serrés comme des manchots empereurs dans les wagons bondés des trams, des métros et
des trains de banlieue.
Et pendant tout ce temps nous rêvons de grands espaces et de nature vierge. Notre
esprit revêt sa tenue d'indiana jones et nous transporte au pied des Mitaines de monument
Valley au coeur de l'Arizona ou sur l'Eden Rock en plein coeur du bush australien.
Le problème est qu'avec l'envolée des cours du pétrole et la déconfiture des
promesses présidentielles, nos compte bancaires sont frappés d'anorexie et nous permettent
tout juste de faire un aller retour à Palavas les Flots
On se console en se disant que de toute façon il est plus dangereux de voyager sur des
avions américains que de traverser l'Iraq ou l'afghanistan en bus et qu'il n'est pas bon pour la
ligne de manger du kangourou pendant trois semaines; mais bon, notre rêve est tenace et la
mélancolie nous envahit .
Mais réjouissez vous car je connais un endroit à deux pas de Montpellier aussi
beau et dépaysant que les grands espaces américains ou australiens : il s'agit de la garrigue de
Castelnau de Guers.
Ce lieu est un véritable patchwork botanique et géologique qui a été bousculé par le
surgissement des Pyrénénes puis des Alpes. On y trouve des ruffes rouges, des dolomies, des
grès, des roches volcaniques, des "conglomérats" et des calcaires coquilliers provenant du fond
d'une ancienne mer qui recouvrait la région il y a 35 millions d'années.
Suivez moi à la découverte de ce « micro-continent » paradisiaque où se cotoient la garrigue,
les pinèdes et les vignes entretenues avec passion par les hommes depuis deux millénaires (la
via domitia la traverse!)
Il faut tout d'abord grimper sur la butte qui domine la Font du Loup (photo
d'introduction) pour mesurer l'étendue du lieu et apprécier la diversité de ses paysages
La garrigue se présente alors dans toute sa beauté et sa diversité. La vigne y occupe
bien sur une place de choix (nous sommes au coeur d'une vieille civilisation !) mais ici
l'intelligence des hommes la laisse cohabiter avec les autres "peuples" du monde vert. Ces
plantations diversifiées maintiennent dans le sol les micro-organismes nécéssaires au maintien de
sa fertilité et font une vertueuse concurrence à la vigne contrainte d'aller chercher ses aliment
au plus profond des sols, donnant naissance à des nectars venus du coeur de la terre. Elles
offrent en outre le gite et le couvert à toute une faune d'insectes et d'oiseaux propices au
développement des vocations de botanistes et d'entomologistes. Enfin, au connaisseur
gastronome elles offrent salades, asperges, baies et condiments de toutes sortes.
Les amandiers parsèment le paysage, impassibles guetteurs dont les fleurs blanches
signalent le retour des beaux jours.
D'une vigne à l'autre le sol change de nature et de couleur, mais n'allez pas croire que
les sols blancs soient faits pour les vins blancs et les sols de « ruffes » pour les rouges !
Au détour d 'un chemin, entre un bosquet de thym et de romarin, une belle aux allures
très exotique prend parfois la pose. Mon bouquin de botanique ne la connaissant pas, je fais
appel à mes lecteurs et mes lectrices pour m'en donner le nom !
Si l'envie vous prend de jouer les ermites et de faire retraite en ce lieu, les logis
pittoresques ne manquent pas
Vous avez le choix entre la maison méditerranéenne dans la pinède, ou bien la maison
de vigeron (avec un supplément pour avoir libre accès à la cave!)
Ou bien si vous avez la nostalgie de votre enfance, vous pouvez vous offrir aussi la
petite maison dans la prairie !
La clé se trouve généralement sous une tuile placée devant la porte d'entrée
pour éviter les pies voleuses. Prière de laisser l'endroit aussi bucolique que vous l'avez trouvé !
La suite dans quelques jours !
Texte & photos Ulysse
09:44 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : castelnau-de-guers, garrigue, eden rock, monument valley


