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30.03.2008

Eloge de la marche....



De nombreux écrivains et philosophes, Montaigne, Jean-Jacques Rousseau, Kant,

Kerouac, et bien d'autres, ont développé leurs idées et composé leurs oeuvres en marchant.

La marche libère l'esprit en lui ouvrant un horizon illimité dans lequel les pensées peuvent se

déployer, se chauffer au soleil, se rafraîchir sous la pluie, ou se décanter dans le vent.





Sans vouloir me comparer à ces grandes figures littéraires, c'est aussi en marchant que

me viennent mes idées et mes poèmes. Le spectacle toujours renouvelé de l'univers minéral et

végétal sauvage, ou façonné, modifié , enrichi par l'homme est la source principale de mon

inpiration.




La marche nous libère aussi des machines qui prennent une emprise de plus en plus

importante dans nos vies et nous coupent du vécu fondamental de la condition humaine en

réduisant la richesse et la diversité de nos expériences sensorielles.





La marche est le meilleur antidote aux heures passées devant la télé ou l'ordinateur

où trop souvent le flux de nos pensées est insidieusement manipulé, pollué pour le plus grand

profit des bonimenteurs et vendeurs de babioles qui y sévissent . Par le recul quelle permet

d'avoir par rapport au conditionnement du monde moderne, la marche nous pemet de reprendre

le contrôle de nos existences.




Alors marchons ! marchons ! que nos pensées devenues impures retrouvent la beauté

des sillons ! Redécouvrons les sentiers façonnés à travers les monts et les plaines par nos

ancêtres qui passaient leurs vies à marcher de leur maison à leurs champs et d'un village à

l'autre et dont les incessantes pérégrinations étaient l'occasion de contacts humains

enrichissants et d'une confrontation avec les éléments de la nature qui fortifiait leur corps et

leur esprit .




La beauté des paysages est une nourriture qui enrichit l'âme et l'esprit. Les problèmes

que connaissent les banlieues viennent à mon avis pour partie de la laideur dont sont

environnés les gens qui y vivent. Comment être animé du désir de créer et de mener une vie

pleine et riche quand le béton et les ordures sont votre seul horizon ?



Point n'est besoin d'être un athlète ou un expert pour marcher, des vêtements

adéquats et de bonnes chaussures, une boussole, une carte, une gourde et un laguiole ou un

opinel, voci le vade-mecum du marcheur.






Pour ceux qui ont peur de se perdre, il existe des sentiers balisés pour tous les niveaux,

comme celui qu'illustre les photos de cette note et qui part du village de Cabrières (voir détail

du circuit en fichier joint)
.


Pour peu que vous soyez curieux et observateurs, la marche vous ouvre les

portes de la connaissance : sciences naturelles, géologie, écologie, géographie, histoire,

techniques, sans oublier bien sur la philosophie, s'apprennent aussi bien sur les chemins que

dans les livres.



La marche qui sollicite ainsi le corps et l'esprit démultiplie votre sensation d'être. En

résumé, pour paraphraser Descartes je dirais : je marche, donc je suis ...





Pour celles et ceux qui comme moi aiment randonner je recommande la visite de deux

sites : celui de Jean-Claude "Drailles dou cantoun" et celui de "Netrando"



Texte & Photos Ulysse

27.03.2008

Mare Nostrum

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Si on laisse faire les thoniers scélérats qui ne respectent pas les quotas et autres

brigands des mers qui massacrent les tortues et les requins pour récupérer leurs ailerons qui

finiront dans d'infâmes potages, nos mers et océans seront bientôt des déserts liquides ou au

mieux, comme le prévoient les experts pour la Méditerranée dans les 10ans à venir, des soupes

de méduses car celles-ci n'auront plus de prédateurs. Notre planète sera alors en péril car du

maintien de la vie dans les océans dépend le maintien de la vie sur terre.



Il ne nous restera plus alors que les aquariums pour découvrir ce qu'était la merveilleuse

beauté et diversité du monde marin. Le dernier né de la région, Mare Nostrum, édifié par la ville

de Montpellier est une réussite ludique et pédgogique en ce domaine. Puisse -t-il convaincre

ses visiteurs de la nécessité de protéger l'univers aquatique et de contribuer à sauver les

espèces menacées (thon rouge et espadon notamment) en les boycottant comme ont

courageusement décidé de le faire certaines grandes enseignes commerciales qui ne les

proposent plus à la vente .



Pour vous inciter a aller lui rendre visite, en voici un bref aperçu :


Dans le secret des fonds marins

A l'abri de témoins

Bérou le Mérou

Rencontre Cégaulaine la Murène


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Quant à vous préférez vous la raie au mileu ?



Sur le côté ?

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Ou bien les deux ?

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Araignée du matin: chagrin

Araignée du soir : espoir

Araignée de mer : la galère !




L'Etoile de mer

Cherche à plaire

Mais ceux qui vont dans ses bras

Se retrouvent dans de mauvais draps




Défilé de mode à l'aquarium

Une chose est sûre

La vogue est aux rayures !








Et pour celui là, allez, on devine :

il a fait le tour de France ?

il a la jaunisse ?

Il vient de Chine ?






Même si vous avez l'esprit taquin

Il serait dangereux

Que vous tiriez la queue

De ce paisible requin !


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Si vous avez apprécié ce post , je vous invite à aller sur le magnifique site de Siratus

Vogue la Galère consacré à la faune et la flore sous-marine.


Texte & photos Ulysse

24.03.2008

Moments d'extase autour de l'Espaze...



Parmi les bonheurs qu'offre le pays d'Oc il en est un qui, sur notre terre

surpeuplée et surexploitée, devient de plus en plus rare : celui de pouvoir randonner à distance

raisonnable de chez soi dans une nature sauvage.



Dans les hauts cantons où je vous emmène aujourd'hui ces endroits abondent.

Il en est un que j'aime particulièrement situé au nord de Camplong dans les monts d'Orb, une vaste zone montueuse et boisée

traversée par les eaux claires de l'Espaze
!



L'Espaze qui coule en cet endroit des jours souvent tranquilles connaît, les

jours d'orage, de grosses colères qui le rendent infranchissable. Fort heureusement nous avons

pu le traverser les pieds au sec le jour de notre périple car, malgré un ciel gris, pas une goutte

de pluie n'était tombée depuis plusieurs jours.




Remontant sur le flanc nord de la Jasse d'Albert de la Caumette qui culmine à

738m (ledit Albert étant sans doute une personnalité locale de grande renommée mais sur

laquelle je n'ai pu glaner aucune information, si l'un de mes lecteurs peut éclairer ma lanterne je

suis preneur) on traverse une magnifique forêt aux essences diversifiées transformée

aujourd'hui en arboretum.




Dans une trouée du feuillage on aperçoit au loin vers le sud les anciennes

mines de charbon à ciel ouvert dominant Camplong et qui ont été exploitées jusque dans les

années soixante. Aujourd'hui elles sont lentement recolonisées par la

végétation.




En arrivant près du sommet de la Jasse qui correspond à un plateau herbeux

où l'on parquait autrefois la nuit les troupeaux en estive, on ne voit n'y n'entend plus

aujourd'hui la queue d'une vache ou le bêlement d'un mouton. On y croise parfois un chien de

berger fossilisé d'avoir attendu vainement son maître parti avec son troupeau dans la voie

lactée.




Le sommet de la Jasse est aujourd'hui couvert de genets et d'ajoncs et une

table d'orientation permet aux randonneurs de passage d'apprendre la géographie des

lieux.




En redescendant vers l'espaze on traverse de magnifiques forêts de cèdres, de

pins lariccios et de hêtres dont les élégantes silhouettes argentées illuminent le sous-bois. Le

réchauffement climatique en cours menace hélas de chasser de la région cet arbre qui prospère

dans les sols frais et humides .




Au détour du chemin surgit parfois une ruine moussue dont le charme et le

mystère n'a rien à envier (à mon humble avis) aux pyramides mayas ou aux temples d'Angkor

!



Puis l'on traverse une ancienne chataigneraie dont les doyens quelque peu

décharnés n'ont plus que la peau sur les os et constituent un repère idéal pour Hibous.




D'ailleurs il y en avait un ce jour là assez déplumé mais pas effrayé pour un

sou de notre présence.





On dit que de mémoire de rose on n'a jamais vu mourir un jardinier et de

mémoire d'homme, un chataigner ....mais en ce lieu hélas on voit mourir les chataigners ce qui

augure mal du devenir de l'humanité !



Puis le chemin nous ramène au bord de la rivière de l'Espaze dont il suffit de suivre le

cours enchanteur pour revenir fourbu mais régénéré à notre point de départ





Texte & Photos Ulysse

20.03.2008

Périple dans le Grand Nord (2ème partie)

A L'ASSAUT DU PLOMB DU CANTAL !



L'arc-en-ciel aperçu la veille était trompeur ! L'amélioration du temps que nous en

espérions eut pour seul effet de transformer la neige en pluie, ce qui, pour nous, revenait,

comme pour ce cher Ulysse (le vrai, celui de la Toison d'Or) à tomber du tourbillon de

Charybde aux écueils de Sylla, car tous ceux qui pratiquent la marche à pied savent que la

pluie, plus que le froid, est le pire ennemi du randonneur.




N'ayant aucunement l'envie d'être transformés en serpillère ou en éponge, nous

différâmes une fois de plus notre projet de gravir le Plomb du Cantal pour nous réfugier dans les

musées de la région. Nos pas nous emmenèrent vers La Maison de la Pinatelle à Chalinargues qui

est un magnifique espace scénographique de découverte des paysages volcaniques du Cantal

dont je vous recommande la visite.


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Heureusement le lendemain matin, le soleil daigna enfin pointer son nez et le temps

d'avaler un bol de vin chaud agrémenté d'un demi saucisson (chacun ! je vous ai dit

que l'adresse était bonne !) nous partîmes, raquettes aux pieds et le moral au beau fixe, à

l'assaut du Plomb de Cantal (1855m) à partir du Col de Prat de Bouc.




Quel régal de marcher sans avoir à se battre contre le blizzard et à pouvoir ainsi jouir

du somptueux spectacle ( termes un peu convenus j'en conviens chers lecteurs, mais parole

d'ancien scout, c'était vraiment chouette) des Monts du Cantal, bercé par le doux crissement

de nos raquettes sur la neige.




Même la pente qui devenait plus raide au fur et à mesure que nous progressions et qui

nous coupait le souffle n'entamait pas notre bonheur.


Remi, le grand Suisse du groupe, qui est un expert exigeant en matière de neige, trouvait que la

neige cantalienne valait finalement le détour




Nous avalâmes les pentes les unes après les autres sans faiblir dopés par la beauté des

montagnes environnantes. Car la beauté des paysages et la sensation de force et de liberté

que l'on éprouve à marcher sont une « drogue » qui procure un bien être inégalable dont on peut

difficilement se passer une fois que l'on y a goûté (excusez ma prose ampoulée, mais le vin

chaud rend lyrique !)






A l'approche du sommet, notre viel ennemi le blizzard qui nous avait laissé peinards

pendant notre ascension nous attendait !




Ne nous laissant pas impressionner par ce viel auvergnat grincheux, nous accédâmes au

sommet en un temps record, (formule tout à fait creuse j'en conviens encore, vu

que notre temps n'a pas été homologué et qu'il n'y avait aucun record à battre, le Plomb du

Cantal étant moins courru par les alpinistes professionnels que l'Everest ou l'Annapurna)




Notre ami Gibus, le petit suisse du groupe (par rapport à Remi!) , qui dans une vie

antérieure a du être un saint bernard dévoué au sauvetage des montagnards en perdition, sortit

alors de l'une de ses poches une flasque de marc de Haute-Savoie pour célébrer notre exploit .

La jouissance que nous procura ce breuvage convertirait à la marche n'importe quel cul de

jatte.


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Lors de la descente, le blizzard sans doute vexé de notre indifférence à son égard

redoubla de violence pour nous égarer et nous mener sur des pentes vertigineuses.


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La seule solution raisonnable fut pour nous de quitter la position verticale (ce que le

marc servi par Gibus nous aida à faire) pour utiliser notre arrière train comme moyen de

locomotion, le temps de retrouver des conditions de marche moins risquées.






Parvenus en vue du col, nous nous mîmes en roue libre sur les pentes molletonnées en

admirant le magnifique paysage marbré de neige


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Il nous fallait toutefois prendre garde à ne pas sombrer dans les chausses-trappes

creusés par les torrents coulant par endroits sous le manteau neigeux.




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Un chien de traineau apparemment affamé nous regarda passer fort dépité que l'un

d'entre nous n'ait pas succombé dans cette périlleuse aventure




Le pilote d'un avion qui passait au dessus de nous eut le mauvais réflexe de vouloir

nous saluer ce qui lui fit lacher le manche provoquant sa chute sur la colline d'en face.



Revenus à l'hotel nous fêtâmes dignement notre ascension en épuisant la réserve de

vin chaud de l'hotel (pour ceux qui ne me connaissent pas, la chaise vide sur la photo, c'est

moi!). Chaud le vin ! chaud !




Et c'est ainsi que se termine le récit de mon périple dans le « Grand Nord » je ne doute

pas de vous avoir donné l'envie de suivre mes pas !

Texte & Photos Ulysse

18.03.2008

Périple dans le "Grand Nord"....(1ére partie)




Je vous ai confié l'autre jour comment pour une stupide question d'amour propre je

m'étais senti obligé de répondre à l'appel du Grand Nord (voir mon billet du ...°



Me voilà donc en route le lundi matin 10 mars, dès potron minet, pour le Cantal avec

un groupe d'amis qui n'ont pas voulu me laisser partir seul dans cette aventure. C'est d'ailleurs

à leur aptitude à vous suivre dans vos folies que l'on reconnaît les vrais amis. Notre objectif :

grimper en raquettes au sommet du Plomb du Cantal, ce qui vous me direz dénote sans doute

de notre part un manque de plomb dans nos cervelles, vu que les températures hivernales sur

ce massif sont généralement voisines de celle du Groenland .



D'ailleurs à peine avions nous franchi le pas de l'Escalette qui permet d'accéder sur le

plateau des Causses que déjà nous faisions un bond en arrière au coeur de l'hiver, les arbres

arborant encore leur tenue dépouillée et austère sans aucune fleur à la boutonnière
.



Mais les conditions climatiques qui régnaient sur le Causse étaient clémentes

comparées à celles qui nous attendaient près de notre camp de base : le petit village

d'Albepierre-Bredons, situé au pied du massif du Plomb du Cantal, dont la route d'accès était

enneigée et balayée par un blizzard à débéquer un corbeau.




Le gite qui devait nous servir de refuge n'avait pas été occupé de tout l'hiver et la

neige en bloquait tous les accès. Heureusement la présence opprtune d'une échelle ensevelie

sous un tas de neige nous permit d'en gagner l'intérieur en passant par la cheminée. N'ayant pu

débloquer ni la porte ni la fenêtre nous dûmes jouer ainsi les pères noëls pendant tout notre

séjour !



Ceux qui me lisent régulièrement savent bien là que je galèje, car si j'ai effectivement

un (petit ? Je vous laisse juge...) grain qui me pousse parfois dans des périples un peu

« sportifs », s'agissant des aspects « matériels » je n'ai pas l'âme d'un moine trappiste et

recherche plutôt les endroits offrant bonne chère et bonne cave !



Et sur ce plan nous avons été comblés en installant nos pénates à l'hotel du Plomb du

Cantal dont les patrons heureux mais étonnés d'avoir des touristes (qui plus est venant du midi )

eu égard aux prévisions météo apocalyptiques ont été aux petits soins pour nous .




Après un premier repas du terroir qui fit honneur à la gastronomie auvergnate, nous

voilà vêtus comme des esquimaux pour aller nous dégourdir les jambes et explorer les environs

sous les yeux ahuris des hoteliers qui n'auraient pas oser mettre un ours dehors.




Enfin quand je dis explorer, c'est un peu abusif vu que la visibilité était limitée à

20 mètres et que la neige recouvrait les arbres, les maisons et les chemins. Disons plutôt que

nous avons battu la campagne environnante les yeux fixés sur le bout de nos chaussures pour

éviter le bombardement de flocons cinglants sur nos visages.




Le blizzard trop heureux de nous avoir sous la dent s'ingéniait à s'insinuer dans le

moindre des interstices pour y déposer de minuscules grêlons fondants se frayant un chemin

jusqu'à nos parties les plus intimes : il en résultait quelques frissons qui n'avaient rien de

voluptueux.




Par moments une haie d'arbres parvenait à créer un ilôt où régnait une relative

accalmie favorisant la remontée de nos températures corporelles proches de

l'hypothermie.



Nous mîmes un point d'honneur à tenir ainsi jusqu'à l'heure du vin chaud dont les épices

exotiques nous firent très vite oublier nos quelques heures passées dans le blizzard.




Le lendemain matin le blizzard n'ayant pas daigné quitter les lieux nous dûmes reporter

notre projet d'ascension du Plomb du Cantal et nous contenter de perfectionner notre

technique de raquettes sur les chemins des alentours.




L'inclinaison de certains arbres isolés croisés en chemin nous ont amenés à penser que

le blizzard fréquentait assidument cette région et que l'on aurait du mal à y

échapper....



Mais au moment où nous commencions à désespérer un arc en ciel, un peu faiblard à

vrai dire, a soudain jalli, signe avant coureur d'une amélioration du temps, nous laissant espérer

que nous pourrions partir le lendemain à la conquête du Plomb du Cantal .




A suivre ...

Texte & Photos Ulysse

15.03.2008

La complainte de l'arbre mort

En attendant que je rédige le récit de mon périple dans le "grand nord", je vous livre ce

poème que m'a inspiré un arbre mort rencontré sur le bord d'une route du pays d'OC.




Fraiche et tendre l'hiver,e02a45e3e03a1dfd17721b403e951549.jpg

L'été, brûlante et rugueuse,

J'ai aimé la langue de la terre,

Sur mes racines tortueuses



Tantôt chaude et caressante,

Parfois violente et glaciale,

J'ai vibré sous l'haleine odorante,

D'Eole en cavale.



Trilles oiselières,

Buzzetis d'abeilles,

Ma vie n'a été que concerts,

De mélodies sans pareilles !



Mais hélas ma sève s'est tarie, f8cd75228757bbb4175ff3ba23219ec4.jpg

Qui montait des abîmes,

Et poussait vers les cîmes,

Mes branches comme un défi.



Et aujourd'hui me voilà mort,

Même si dans la plaine se dresse,

Ma silhouette en détresse,

Pour quelques temps encore.



Lentement je vais rendre à la terre,

Ce que je lui ai emprunté,

Et l'arbre fier que j'ai été,

Redeviendra poussière.



Comme ces hommes que j'ai ombragés,

Et qui se croyaient immortels,

Mais dont la vie n'aura duré,

Guère plus qu'un battement d'aile.





Texte & Photos Ulysse

10.03.2008

L'appel du Grand Nord !



Cette nuit alors que, selon la formule consacrée, je dormais à poings fermés ( disons

que mes yeux étaient fermés, quant à mes poings pour être honnête je ne sais pas !) voilà

que sur le coup de 3 heures du matin, j'ai été réveillé par la sonnerie du

téléphone ....



Vous imaginez l'angoisse qui m'a alors saisi car quand on appelle à une heure pareille

c'est généralement pour vous annoncer une catastrophe : le décès d'un proche,

l'accroissement du déficit budgétaire déjà abyssal de la France ou la grève illimitée des

cavistes.



Le coeur battant à tout rompre je me suis précipité sur le téléphone situé dans la pièce

d'à côté en me payant au passage, en plein dans le pif, un battant de fenêtre laissée ouverte et

celui d'une porte à moitié fermée.



Pestant et à moitié groggy je me suis alors emparé du téléphone et la gorge nouée par

l'émotion j'ai dit faiblement « Allo qui est à l'appareil »?



« C'est un appel du Grand Nord » m'entendis je répondre !


« De qui ? « Fis je interloqué !


« du Grand Nord » me confirma-t- on en ajoutant « Le Grand Nord appelle au hasard les

gens afin qu'ils s'y rendent et cette nuit l'appel est tombé sur vous »



« mais je n'ai aucune intention d'aller dans le Grand Nord » répondis je « qu'y ferai

je ? »



« cher Monsieur on ne discute pas un appel du Grand Nord, quand on est appelé on y

va sans poser de question, prenez l'exemple d'un de vos glorieux prédecesseurs,

Jack London,

qui a répondu à l'appel sans barguigner ou, plus récemment, de l'un de vos compatriotes du

Maine et Loire Fabien Docet ! »



La référence à Jack London ébranla ma détermination car c'est un auteur qui a hanté

les nuits fiévreuses de mon adolescence et par amour propre j'entendais être fidèle à sa

mémoire et ne pas le décevoir. Songeant également à Fabien Docet je me suis dit que ce qu'un

mainéloirien était capable de faire, un autre mainéloirien (je suis né dans le 49) pouvait le

faire aussi



« Bon » répondis je « je veux bien répondre à l'appel du Grand Nord, mais sachez que

pour moi qui vit au bord de la grande Bleue qle grand Nord commence au Cantal et puis il faut

dire que mes jambes ne sont plus de la première jeunesse. De toute façon j'ai besoin de

quelques heures pour faire mon paquetage »



« Voilà qui est bien, OK pour le Cantal, mais vous avez jusqu'à 8 heures du matin pour

vous mettre en chemin ! » Ayant prononcé ces mots comminatoires, mon interlocuteur

raccrocha.



Et c'est la raison pour laquelle mon blog restera inactif qelques jours, car quand on a

l'âme aventurière et un peu d'amour propre on ne résiste pas à l'appel du Grand Nord !



PS: Conseil à celles et ceux qui n'ont pas l'âme aventurière: décrocher votre téléphone

au moment d'aller se coucher !






Texte & Photo Ulysse

06.03.2008

Là où la lune se baigne.....



J'aime ces endroits où l'eau et la terre se cotoient, s'entrelacent se défient parfois,

ces endroits où l'univers se dédouble par la simple magie d'un ballet de photons sur un miroir

d'eau ...



Aux alentours de Portiragnes, il est un tel endroit où les chemins sont de simples traits

tirés au travers d'une lagune où les arbres semblent y jouer les équilibristes
.



Parfois une lande de terre a gagné provisoirement son combat sur l'eau et héberge les

rescapés d'une arche d'un lointain descendant de Noé.


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Mais dans ce monde changeant, hybride, incertain les lois de la matière n'ont plus droit

de cité. Les photons des rayons du soleil qu'aucun obstacle n'arrête semblent se mêler aux

atomes des plantes et des êtres qui y vivent et leur donnent un aspect fantomatique.


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Parfois l'on surprend la lune en train de prendre un bain dans son plus simple appareil

pour se rafraîchir des ardeurs du soleil qui ne cesse de lui faire la cour.




Des armées de platanes semblent guetter le long de la liquide frontière du Canal du Midi

un ennemi qui ne viendra jamais




Au fur et à mesure que le soleil se rapproche de l'horizon l'incendie gagne les bosquets

d'arbres qui se jettent à l'eau pour éviter de partir en fumée




Le monde voit alors son double prendre place dans les eaux de la lagune et si l'on n'y

prend garde on pourrait quitter la terre ferme et se perdre dans ses eaux.


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Peut être que des Ondines nous y attendent et que nous passons ainsi à coté de

plaisirs insoupçonnés ?




Soudain au détour du chemin, on aperçoit la masse imposante du Canigou qui semble

défier orgueilleusement cet univers aquatique, sous l'oeil indifférent des flamants roses qui

continuent, imperturbables, de fouiller la vase pour leur dîner.

Il est alors temps de regagner la terre ferme si l'on ne veut pas disparaître enlisé !



Texte & Photos Ulysse

03.03.2008

Au diable les préventions, osons le Merdanson !



Quand l'envie me prend de me dégourdir les jambes et de m'aérer la tête et que je suis

à court d'idée quant à mon éventuelle destination je me livre à un jeu : je déplie sur mon bureau

une carte de la région, je ferme les yeux et je pose mon index au hasard sur la carte.



Ayant ainsi procédé l'autre jour, lorsque j'ai soulevé mon doigt pour découvrir quel

serait mon objectif, j'ai lu, quelque peu peu interloqué, le nom de « Merdanson! ».




Avouez qu'il y a de quoi a priori étre rebuté par un nom pareil, il faut effectivement être

un peu « dérangé » pour avoir envie d'aller se balader dans un tel endroit ! j'avoue avoir été

tenté de me donner une nouvelle chance, mais je me suis morigéné en me disant que, bonne ou

mauvaise pioche, les règles étaient les règles et qu'il fallait donc les appliquer.



En inspectant de plus près la carte je découvris que Merdanson était le nom d'une

rivière qui, a l'endroit sélectionné, descend vers le village de Sallèles du Bosc où il se jette

dans ...la Marguerite ! La présence de cette rivière au nom plus poétique ainsi que la mention

d'un dolmen à proximité me rasséréna quant à l'intérêt que pouvait présenter une balade en ces

lieux. M'emparant de la carte TOPO 25 du secteur j'improvisai un itinéraire à partir des chemins

y figurant sans savoir bien évidemment s'ils étaient encore tous pratiquables.



Une heure après, me voilà donc à pied d'oeuvre, ma voiture garée à la sortie du village

de Sallèles au bord d'une route menant vers la rivière. Disons deux mots, en passant, de Sallèles

qui comme de trop nombreux villages de l'Hérault offre un spectacle désolant : en effet, en

matière de construction et d'urbanisme c'est le laissez faire total, conduisant à un désastreux

bric à brac architectural. Tous les styles cohabitent, les maisons sont entourées de murs en

parpaings brut, souvent de guingois et de différentes hauteurs, les jardins ou les cours

ressemblent à des déchetteries, les cabanes et abris de jardin délabrés prolifèrent.



J'ai visité la quasi totalité de la France et je ne connais pas d'autre département où

règne un tel je m'en foutisme environnemental, les Antilles mises à part ! C'est d'autant plus

regrettable que la nature y est superbe et offre un remarquable potentiel touristique.



Mais revenons à notre périple et traversons La Marguerite qui à cet endroit se trouve

encore fortement influencée par le Merdanson vu qu'un fauteuil en plastique renversé trônait le

jour où je suis passé au milieu de son cours. Pour être honnête les berges avaient une allure

présentable, sous l'effet, sans doute, de l'ombre portée de sa rive ouest en surplomb qui

masquait les « détails ».




Dans ce secteur les ruffes rouges dominent le paysage (le salagou n'est qu'à quelques

kilomètres) et offrent un contraste saisissant avec la végétation. La silhouette pyramidale d'un

ancien volcan endormi arborant son cône figé de basalte domine de vénérables vignes. Ce

spectacle assez réjouissant nous met un peu de baume à l'âme après la traversée

déprimante de Sallèles.




Abordant la colline arborée où d'après la carte se dressait le dolmen j'ai passé une demi

heure à battre les fourrés extrêmement denses sans pouvoir le trouver. Y renonçant

provisoirement je me suis alors engagé sur le plateau dominant le secteur




Le spectacle qui m'y attendait me fit me réjouir de mettre livré à ce jeu de hasard. Je

peux aujourd'hui vous le dire que l'émotion est au rendez aux alentours du Merdanson !





Des pistes écarlates ensanglantent une toison dense de chênes verts et de genevriers

, tandis que le plateau domine un damier de champs et de vignes arborant un camaieu de

couleurs allant du duvet de lièvre au chocolat.




L'herbe illuminée par la lumière rasante de la fin d'après midi semblait fluorescente sur

la peau ensanglantée de la terre.



Et puis, heureuse surprise, après emprunté une descente ramenant en douceur vers

Sallèles, une sente s'offre à vous qui vous conduit si vous vous en écartez un peu au pied du

Dolmen envahi par la végétation
.




Le temps et son cortège d'intempéries ont hélas mis à mal le travail héroïque de nos

ancêtres qui il y a près de 5000 ans ont édifié ce monument, sans doute en hommage à leurs

morts. Mais tel qu'il est, ce dolmen reste impressionnant et émouvant. Et l'on peste après la

frivolité et la néglignence des hommes d'aujourd'hui qui disposent à leur porte d'un trésor

préhistorique situé à quelques encablures du Lac Salagou fort fréquenté l'été et qui ne le

mettent pas en valeur. Mais il est vrai que l'Hérault a encore beaucoup de progrès à faire quant

à l'exploitation de son potentiel touristique.



Toujours est-il que c'est fort réjoui par mon périple que j'ai regagné mes pénates en me

disant que mon petit jeu de hasard avait du bon et que je recommencerais !





Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & photos Ulysse

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