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30.12.2007

Un jour d"été au Grau du Roi



Pour finir l'année 2007 en beauté, je vous invite à me suivre sur les bords du Grau du Roi :

Un jour de l'été dernier,
Le vent a poussé mes pas,
Jusqu'au Grau du Roi,
Entre étang et mer enchassé.

Ce village au ras de l'eau,
Aux maisons multicolores,
Qui se mirent dans l'eau du port,
Se donne des airs de Murano.



De son passé maritime,
Il ne reste qu'un phare,
Qui se réflète dans le miroir,
Du canal magnanime.




Un pêcheur local,
M'a confié qu'une fois,
Un énorme poisson chat,
Avait bouché le canal.





Quand le vent se repose,
Des bateaux à voile,
En font leur escale,
Et prennent la pose.


Mais quand le vent se lève
Les voiliers dépottent
Devant la Grande Motte
Mirage sur la grève.

Texte & photos Ulysse

27.12.2007

....and the flamingo rose !!!

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Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir pourquoi on appelait le flamant rose « flamant rose » alors que le flamant est toujours rose (sauf les jeunes impubères qui sont blancs) ?

De fait, on parle de panthère noire parce qu'il en existe également des tachetées ou de perdrix rouge parce qu'il y il y en a aussi des grises. Mais quand on veut désigner l'éléphant ou la girafe on ne dit pas l'éléphant gris ou la girafe tachetée car il ou elle sont toujours ainsi. Alors pourquoi des flamants « roses » ?



Et bien l'explication est assez cocasse, Elle remonte à l'époque où le Docteur Livingstone en 1871 explorait la Tanzanie. Il découvrit un jour une lagune aux eaux saumatres dans laquelle pateaugeaient une colonie de magnifiques volatiles roses qu'il ne connaissait pas. Il s'agissait bien sur de flamants inconnus à l'époque en Europe, car ces volatiles ne s'y étaient pas encore aventurés au cours de leurs pérégrinations migratoires (le « Christophe Colomb » des flamants n'était pas encore né en quelques sorte).

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Dès qu'ils virent le Docteur Livingstone les flamants s'envolèrent en cancanant pour s'installer un peu plus loin dans la lagune, comme nous les voyons faire aujourd'hui dans le bassin de Thau dès qu'un quidam veut les approcher (sur ce point pour ceux qui sont intéressés par le langage des flamants roses voir mon article du 30 janvier 2007)

Ce manège se produisit à chaque fois que le bon docteur Livingstone s'approchait d'eux pour mieux les observer (il ne disposait pas à l'époque des appareils photos et des jumelles de Yann Arthus Bertrand). Il constata aussi que lors de leur envol l'écartement des ailes faisait apparaître des bandes de plumage rouge sur leurs flancs ressemblant à des flammes. Il leur donna donc le nom de « Flamingo ».



Prenant des notes sur l'allure et le comportement des ces magnifiques volatiles il écrivit donc en anglais bien sur dans son carnet de voyage « as soon as I came near them, the flamingo rose in the sky... » ce qui veut dire « dès que je m'approchais d'eux, les flamants s'élevaient dans le ciel... » (le verbe anglais s'élever est « rise » au présent et « rose » à l'imparfait)
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Lorsque quelques jours plus tard, le 10 novembre 1871 pour être précis, affaibli et malade il rencontre par hasard Stanley, journaliste du Hérald Tibune, parti à sa recherche, il lui fait part de son étonnante découverte. Un article sur les «flamingos » paraît quelques jours après dans le Herald tibune avec mention des notes de Livingstone.

Ce numéro du Hérald Tribune vint à tomber entre les mains d'un ornithologue français qui comme la plupart de ses compatriotes ne connaissait de la langue anglaise que les mots « God save the queen ».
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Cet ornithologue, dont par égard pour ses descendants je tairai le nom, cru comprendre que Livingstone avait donné le nom de Flamingo rose à ces bestioles et ce nom francisé par ses soins est devenu flamant Rose.

Depuis lors les flamants ont découvert l'Europe et se sont installés dans les lagunes du midi de la France pour notre plus grand bonheur


Texte & photos Ulysse

23.12.2007

Votre cadeau de noël : le Caroux sous la neige !



Après vous l'avoir montré sous toutes ses « coutures » au printemps, en été et à l'automne, vous pensiez que j'en avais terminé avec le Caroux. Et bien, vous vous trompiez, car suite aux chutes de neige inattendues de la semaine passée, j'y suis retourné et je suis en mesure de vous offrir pour votre cadeau de noël des photos du Caroux sous la neige qui lui donne un air savoyard !.




Ce jour là, j'étais seul, pas un oiseau pas un animal pas un humain ne venait troubler la blancheur immaculée du plateau sommital. Seul le crissement de la neige sous mes pieds troublait le silence et la ligne noire des pins au loin était la seule zone d'ombre dans cette mer blanche



L'herbe et les bruyères étaient gainées de manchons de flocons et se dressaient au dessus du sol comme des arabesques de cristal.

Pour ne pas être en reste les nuages encombraient de leur masse cotonneuse les vallées, donnant le sentiment d'être elles aussi enfouies sous la neige.




Dans cet univers scintillant j'étais sur le point de perdre mes repères quand soudain une femme surgit de je ne sais où et ressemblant comme deux flocons à Blanche-neige pointa de son doigt la bonne direction



Passant au travers d'une magnifique pinède, je suivi quelque temps les traces d'un chevreuil qui, sans doute rendu méfiant par les hordes avinées de Nemrod qui hantent hélas les lieux, ne daigna pas se montrer.



Sur les versants exposés au soleil les fougères ornaient de leurs tiges d'or roux le manteau neigeux.



Toute la journée je n'ai pas cessé d'arpenter les lieux redécouvrant des sites pourtant si familiers et tellement différents dans ce décor nordique.




Sentiers, sentes, pistes forestières, chemins de crête je les ai tous arpentés comme si c'était la première fois, les yeux éblouis par ce spectacle peu coutumier das notre contrée.




Un pin vénérable étonné de voir un méridional affronter un climat aussi glacial se courba pour me saluer sur mon passage.




Et c'est à regret, alors que le soleil commençait à décliner, que je suis redescendu vers le vallon où j'ai croisé les premiers murs de pierre ornés de neige, signe d'un retour au monde civilisé.



Et j'ai rejoins enfin le pittoresque village de Douch aux maisons grelotantes sous leurs toîts enneigés.



Joyeux Noël à tous mes lecteurs et lectrices....

Texte & Photos Ulysse

20.12.2007

L'écume des jours....



Semaine après semaine, mois après mois,
Passent nos jours insaisissables,
Comme autant de grains de sables,
Qui filent entre nos doigts.

Que reste-t-il alors de nos soucis,
De nos passions, de nos amours,
De nos colères, de nos envies,
Qui font l'écume de nos jours ?

Bonheurs et malheurs se suivent,
Le temps dans le vide les emporte,
Et quand nous passons la dernière porte,
Il n' y a rien qui nous survive.

Nos vies sont comme l'écume de la mer,
Qui ourlent un instant les grèves,
Et s'évanouit sur nos lèvres,
En nous laissant un goût amer.



Texte & photos Ulysse

PS: j'invite celles et ceux qui apprécient ce blog à consulter mon autre blog "Piquesel" auquel ils peuvent accéder en cliquant sur la rubrique correspondante dans la colonne de droite juste en dessous de ma photo/

18.12.2007

Encore et toujours le Caroux !



A chacun ses manies, ses névroses ou ses obsessions...Pour ma part j'en ai une de taille qui se nomme ... le Caroux ! Cette montagne mythique a pris place dans mon imaginaire et me hante nuit et jour. Il faut dire que sa masse imposante de granit qui domine la plaine de l'Orb et que l'on aperçoit depuis la mer en impose. Royaume de la bruyère et des fougères, brulée par le soleil ou balayée par les vents, terrain de jeu des mouflons, ses contreforts ravinés, érodés , entaillés portent un immense plateau où le promeneur a le sentiment de n'être plus vraiment sur notre vieille planète mais quelque part entre terre et ciel .



Et à chaque visite, un différent paysage ! En cet endroit qui connait des variations climatiques extrêmes les végétaux se tiennent au plus près du sol ou se réfugient dans les vallons pour survivre. Ils recouvrent les os de granit du Caroux d'une peau vivante qui ne cesse de changer de couleur selon les saisons.



A l'or des ajoncs et des genets du printemps succèdent le vert des fougères puis les camaïeus de bleu et de mauve des bruyères de l'été, puis de nouveau, à l'automne, l'or des fougères et le roux des bruyères desséchées et des quelques bosquets d'arbres héroîques qui ont réussi son ascension.



Son sommet (1091m) n'est pas très haut et pourtant on s'y sent près du ciel, la civilisation et ses villes ne sont pas loin et pourtant on y éprouve un rassérénant sentiment de solitude, pas celle qui vous isole du monde et rend votre âme mélancolique mais celle qui vous exalte et vous permet d'entendre le coeur sourd de l'univers, sans cesse brouillé par le bruit des prothèses mécaniques dont nous avons désormais besoin pour vivre.



Au coeur d'un de ses vallons, les hommes d'autrefois ont bâti une chapelle, romantique lieu de prières que le soleil couchant éclaire alors que les ombres ont depuis longtemps envahi les collines environnantes. N'est ce pas un message transmis par les générations passées qui nous disent ainsi que quelque soit les nuages ou soucis qui peuvent parfois s'amonceler sur nos existences, la méditation pour certains ou la prière pour d'autres peuvent nous aider à retrouver le chemin de la sérénité.



Se promener sur le Caroux c'est par le jeu des émotions que sa beauté nous inspire entrer en soi même pour y trouver le chemin secret qui nous relie à l'univers. C'est retrouver la lumière quand nous avançons à l'aveugle dans l'obscurité.



Je vous l'ai dit dans ma dernière note sur le Caroux, nous ne sommes pas sûr d'aller au paradis mais cela n'a guère d'importance car nous savons qu'un jour ou l'autre nous irons tous au Caroux !




PS: Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Caroux , il y a dans mes archives quelques itinéraires plus ou moins difficiles. Si vous souhaitez des précisions laissez moi un commentaire et un e-mail.

Texte & photos Ulysse

15.12.2007

Remontez dans le temps en visitant Boussagues



Si, comme moi, vous aimez, les lieux chargés d'histoire qui permettent de remonter le fil du temps et nous donnent le sentiment que notre existence s'inscrit dans une longue chaine de vies pétries de joies et de souffrances qui a conduit à notre civilisation : le village de Boussagues est fait pour vous !

Edifié sur les contreforts de collines qui dominent la vallée de l'Orb et le protègent du Mistral et de la Tramontane, la visite de ce village est un périple à travers les deux derniers millénaires. Des monuments datant des temps médiévaux cohabitent en effet avec des vestiges antiques laissés par les romains.




Le village a conservé une partie de ses remparts et c'est par l'une des anciennes portes fortifiées que l'on débute la visite.

Un première merveille nous attend à peine franchie la poterne : la maison du Bailly qui arbore un magnifique pigeonnier, privilège des seigneurs qui avait le monopole de la communication par pigeons voyageurs ! Ces étonnants volatiles avaient un autre charme que les mobiles vissés à nos oreilles qui nous emprisonnent dans nos bulles virtuelles et nous rendent aveugles au monde environnant.

Après ce commentaire "vieux-schnockien", revenons à cette batisse construite au XIIème siècle et aménagée au cours des siècles suivants, et qui était jusqu'au Xvème siècle le siège de l'administration du village et on y rendait la justice.






Au XVIème siècle elle devint la propriété de la Famille d'Alichoux de Sénégra, le dernier propriétaire de cette lignée n'étant autre que le Peintre Toulouse Lautrec qui en hérita de sa tante, Amandine de sénégra. Mais ce dernier n'y mis jamais les pieds préférant de beaucoup les plaisirs de Paris, et surtout ses femmes légères, à l'isolement et aux femmes rudes -comme la vie d'alors- de ce village perdu du Languedoc.








D'autres prestigieuses bâtisses se dressent dans le village qui témoignent de sa prospérité passée provenant de l'exploitation de mines d'argent, de charbon et d'autres minerais dans les alentours. Notamment ce magnifique manoir qui arbore de superbes fenêtres renaissance.


Les ruelles tortueuses sont émaillées de pontets, qui surplombent les quatre ruisseaux qui traversent le village et dont les débordements ont souvent, dans le passé, occasionné des dégâts importants, ainsi que de passages voutés où la lumière du soleil semble jouer avec les ombres du passé.







Au détour de l'une de ces ruelles surgit soudain l'austère église de Notre dame de la Pitié érigée au XIIème siècle mais dont la nef a été reconstruite au XV après avoir été emportée par une inondation.

Sur sa façade une pierre tombale venant du cimetierre du village a été incrustée sur laquelle est écrit en latin cette maxime qui nous invite à profiter pleinement du moment qui passe « Ce que tu es, je l'ai été, ce que je suis, tu le seras ».




Derrière la butte sur laquelle se trouve l'église se trouve un promontoire d'où, dès l'antiquité romaine, à l'instar de la roche tarpéienne de Rome, l'on précipitait les opposants, les traitres, les criminels ou les déserteurs après les avoir exécutés. Leurs corps étaient ensuite exposés dans des « gémonies » pour servir d'exemple.





D'autres vestiges subsistent de la présence romaine tels ces « vigilaires » creusés dans la roche où, celà va de soit, étaient postés des vigiles.









Des postes de guets sont venus les compléter au moyen age, installés au dessus des porches des maisons avec leurs échelles de bois qui semblent attendre le retour des temps tourmentés...

Et il est vrai que ce village a connu une histoire mouvementée due aux incursions sarrazines puis à celle de l'armée du Prince Noir qui a ravagé le midi pendant la guerre de 100 ans.




Cela explique pourquoi Boussagues s'est doté de deux chateaux : le « château bas » construit au moyen age et modifié au XIV et Xvème siècles, ancienne propriété des Seigneurs de Boussagues puis, à partir du XVIème siècle, de la famille d'Alichoux de Senégra.





....il y a également le formidable « château haut », auquel on accède par un superbe chemin caladé, et qui fut construit sur des fondations datant sans doute de l'époque romaine. Charles le Chauve, petit fils de Charlemagne, roi des francs et empereur d'occident qui interdit les chateaux fortifiés suite à la révolte du Duc d'Aquitaine, le fit détruire au IXème siècle. Sa reconstruction fut entreprise par les Seigneurs de Boussagues au XIIème siècle.




Ces doubles fortifications faisaient de Boussagues la place la mieux défendue du Midi après Carcassonne. Le village a eu jusqu'à plus de 1000 habitants dont les neuf dixièmes moururent lors de la grande peste qui a ravagé l'Europe au milieu du XIVème siècle. Après la période de décadence qui s'ensuivit, le village connut un renouveau grâce à la découverte de mines d'argent puis de charbon. Le village était, par ailleurs, une étape sur la route de saint jacques de Compostelle entre Lunas et Saint Gervais sur Mare.




Remontant plus loin dans le temps on trouve également au pied du « château bas » les restes de ce que les experts pensent être un théatre romain (à vrai dire peu évident) mais surtout une pierre qui semble avoir servi à des sacrifices, auprès de laquelle se dressent les ruines d'un ancien hospice moyen-ageux.





Après avoir fait le tour de ces superbes vestiges historiques, il est agréable de flâner dans les ruelles en laissant son regard caresser les murs des maisons séculaires ornées de superbes portes et de magnifiques fenêtres dont on se demande si derrière leurs carreaux antiques les habitants des siècles passés ne vous regardent pas passer



Texte & photos Ulysse

12.12.2007

Je suis l'homme qui a vu l'ours !

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L'ours brun des Pyrénées est un animal farouche et il est très rare de le voir. De fait on voit plutôt l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ! Et bien je vais vous surprendre mais lors de mon périple dans les Pyrénées (voir mes notes du mois de septembre) j'ai aperçu dans une pinède près du refuge de Marcadau Wallon, au dessus de Pont d'Espagne, un ours qui ne semblait pas importuné par ma présence.

Pour ma part, n'étant guère rassuré, je m'apprêtais à décamper quand je l'entendis me crier « Olla Ulysse ! ne part pas comme cela, je ne te ferai aucun mal, je veux juste m'entretenir avec toi du triste sort qui est le notre. Je sais, pour lire régulièrement ton blog, que tu aimes la nature et les animaux sauvages et j'aimerais que tu sois notre porte parole
»
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Les gambettes malgré tout un peu flageolantes je m'installais au pied du pin où il me rejoint.« Tu connais le proçès que l'on nous fait de n'être que des slovènes sanguinaires qui terrorisent les moutons » me dit alors la plantigrade. « Même que Fabius, l'un de vos ex-premiers ministres, ne craignant pas le ridicule, a déclaré sur une radio matinale que l'on aurait du importer des ours herbivores et non carnivores pour repeupler les Pyrénées. Ce crâne d'oeuf qui se prétend capable de gouverner la France, ne sait pas qu'il n'y a pas d'ours herbivore !

Nous sommes, comme vous, omnivores et, comme vous, nous mangeons ce qui se présente : herbe, miel, baies, et, nous le reconnaissons bien volontiers, de temps en temps un agneau...! Mais si l'agneau est bien gardé par son berger aidé par ses patous, on ne s'y risque guère et on passe notre chemin, par contre si l'agneau est laissé à lui même, abandonné par son berger qui se prélasse dans la vallée assis devant la télé, les poches pleines des biftons des subventions qu'il touche pour ses porteurs de laine, alors là on ne se prive pas, on prélève notre dime en chair fraiche ! Ce berger des villes après coup hurle d'autant plus fort qu'il veut faire ainsi monter le montant des indemnités qu'il touche pour ce petit larcin ! Ainsi il ramasse deux fois la mise : une fois pour l'achat de son mouton et la seconde pour sa mise à mort !

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C'est la même chose avec mon ami le loup qui ne se frotte guère aux vrais bergers qui sont sur le terrain et savent y faire. Et puis on nous met sur le dos bien des crimes commis par des chiens errants abandonnés par leurs maîtres inconséquents.

Mais, certains te rétorqueront : à quoi ça sert d'avoir des ours qui se baladent dans les Pyrénées, qui bouffent de temps en temps un agneau et que l'on voit jamais ? Où est l'intérêt des hommes dans tout ça ? A ceux là, tu leur demanderas à quoi servent les aigles et les condors maîtres des cîmes, les alligators et les requins qui règnents dans les eaux , les éléphants, les lions et les buffles rois des savanes africaines et qui sont tous de redoutables prédateurs! A quoi servent les gorilles et les papillons, les écureuils et les scarabés, les hirondelles et les kangourous.?

Ils sont la richesse de notre univers, l'expression de l'extrême diversité de la vie et la garantie de son maintien sur la terre malmenée par la vision mercantile et utilitariste de l'homme.

La déambulation majestueuse des éléphants dans la savane, les ballets nautiques festifs des cétacés, la dérive silencieuse et altière des condors, le dodelinement pataud et faussement débonnaire des grizzlys, la course folle des guépards, la nage sournoise des crocodiles sont le symbole et l'image même de la liberté et du flux vital qui fait de notre planète un monde unique.


Ne laissons pas les « clefs » de la terre aux « nemrods » de tout poil qui préfèrent contempler un oiseau mort plutôt qu'un vol d'oiseau, un champ de colza plutôt qu'une forêt tropicale et quadrillent notre planète de barbelés et de miradors d'où ils tirent sur tout ce qui ose réclamer un espace de liberté sans avoir prêté allégeance à l'homme.

Ce dernier n'a tendance qu'à voir son intérêt financier et rêve de faire de la terre une vaste ferme où il élèverait veaux, vaches, cochons, poulets...mais attention à trop rêver de picaillons, à tout vouloir transformer en espèces trébuchantes il finira comme Perrete et cassera sa cruche ou comme Crésus, mort sur son tas d'or!

Je vous laisse méditer ce message en espérant ne pas être le dernier homme qui aura vu l'ours !

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PS: Sur ce sujet je vous invite à lire le magnifique roman prémonitoire de Romain Gary "Les racines du ciel" en livre de poche.

Texte & Photos Ulysse

10.12.2007

En cheminant au bord de l'étang de Bages-Sigean...


Voici Bages,
Village flottant,
Comme un mirage,
Sur l'étang.

De vieux raffiots,
Décatis,
Prennent l'eau :
Fin de vie !

Langues de terre,
Lagunes d'argent,
Bras de fer,
Entre noir et blanc.

Des pilotis louvoient,
Au ras de l'eau,
Mille-pattes de bois,
Qui m'invite sur son dos.

Une cabane de planches,
Au milieu des salins :
Lieu de repentance,
Des âmes de marins.

Un bateau de pêche,
Dans la mer immense,
Dans la pire détresse,
Toujours l'espérance !

Quelques flamants roses,
Fouillent l'eau amère,
Le Canigou expose,
Sa parure d'hiver.

Pose ton regard,
Tout autour de toi,
Il est bien plus tard,
Que tu ne le croies !

Texte & Photos Ulysse

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