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29.10.2007
Chaud, le Pic d'Anjeau !
Je suis un passionné des cartes et je les « lis » comme un roman d'aventure. Pour les déchiffrer il suffit de connaître une cinquantaine de signes symbolisant les chemins, les cours d'eau, les espaces, les reliefs et toute une kyrielle d'autres éléments qui vous permettent, avec un peu d'expérience, de deviner le paysage avant même de l'avoir parcouru.
Mais parfois on a des surprises, on croit partir pour une promenade de santé et parce qu'un détail vous a échappé ou que la carte n'était pas assez détaillée, vous vous retrouvez embrungué sur un chemin que n'aurait pas renié Gaston Rebuffat !
C'est la mésaventure qui nous est arrivée lorsque nous avons décidé de grimper le Pic d'Anjau qui s'élève non loin de Montdardier, étonnant village des Causses doté d'un chateau digne des chateaux de la loire !
Sur la carte le Pic d'Anjeau affiche un modeste 866m, hauteur qui n'était guère en mesure de nous impressionner, comparé aux 3032 m du Petit Vignemale que nous avions gravi un mois auparavant.
Mais dès le départ nous aurions du nous méfier, les nuages qui s'accrochaient aux collines environnantes donnaient à la contrée un air de haute montagne qui sonnait comme un avertissement ;
Et puis les immenses pins noirs d'Autriche qui bordaient notre chemin semblaient vouloir nous avertir que nous entrions dans un univers privilégiant la verticale.
Les cheminées de fées qui émergeaient des pentes environnantes témoignaient également de la présence d'un monde minéral plutôt mouvementé.
Et soudain au détour du chemin le Pic d'Anjau s'imposa dans le paysage comme une gigantesque pyramide d'un pharaon exilé semblant nous défier.
Un instant le doute nous saisit quant à la faisabilité de notre objectif, mais Gibus, notre expert en la matière, nous indiqua de quelle manière nous allions aborder l'obstacle !
Notre ascension commença alors sous l'oeil d'un guetteur de pierre semblant défendre l'accès au sommet. Mais sans doute somnolait il car nous pûmes passer sans encombre.
Mais très vite les défis se succédèrent : un bout de chemin en balcon dominant le vide à franchir,
puis un mur de quelques mètres qui faillit nous faire renoncer mais qûe finalement on se décida à escalader,
une courte pause pour reprendre son souffle et admirer le paysage vertigineux...
quelques pas àfaire sur chemin de crête sur lequel nous étions comme des funambules
un dernier mur à gravir pour accéder enfin au sommet !
Le Pic d'Anjau beau joueur reconnut sa défaite et nous laissa jouir en paix du panorama
Le chemin de descente sur le flanc sud se révéla plus abordable nous immergeant bientôt l'océan de forêts environnant le pic.
Et nous amenant bientôt en surplomb des magnifiques gorges de la Vis cachant dans ses replis de minuscules villages, dont les quelques habitants doivent tout ignorer du reste du monde.
La fin du parcours se fit au travers de magnifiques forêts, bercé par le doux murmure de la lente respiration des arbres, et le discret bruissement des pattes d'un splendide calosome sycophante, grand prédateur de chenilles processionnaires, sur les feuilles mortes tapissant le chemin.
Le circuit détaillé figure en fichier joint
Texte & photos Ulysse
09:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : pic d'anjeau, grandes causses, montdardier, randonnée, languedoc
26.10.2007
Ainsi passent les nuages....
Ils surgissent soudain,
de la ligne d'horizon,
Blanc neige, gris chagrin,
Noirs édredons !
Ainsi passent les nuages,
Etranges migrateurs,
Qui ombrent le paysage,
Et parfois pleurent !
Ils sont la source des mers,
Des fleuves et des étangs,
Que le soleil libère,
De ses rayons ardents.
Quand l'automne passe le col,
Aux premières heures du jour,
L'air glacial et lourd,
Empêchent leur envol
Alors leur masse cotonneuse,
Submerge les vallées,
Formant une mer houleuse,
Où le monde disparaît.
texte & photos Ulysse
11:51 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : nuage
24.10.2007
De bas en haut et de haut en bas dans le Devois
Vous aimez les sensations fortes que procurent les « montagnes russes » et vous n'êtes pas impressionnés outre mesure par les pentes un peu rudes et les à pics ! Et bien voici une randonnée faite pour vous qui part de Graissessac (340m) pour y revenir après avoir gravi pas moins de 5 sommets :La capuce (882m) le Mont Redon (939m) le Mont Agut (1022m) le Mont Pareviol (977m) et le Mont Cabanes (950m).
Graissessac est situé au coeur d'un bassin minier exploité jusqu'en 1992 dont on voit encore les terrasses d'exploitation car une grande partie des mines étaient à ciel ouvert. Si les premières concessions datent de la fin du XVIIIe siècle, les habitants du pays depuis fort longtemps prélevaient le charbon nécessaire à leur chauffage et aux travaux de ferronerie, celui-ci étant à portée de main du fait des gisements en surface.
L'industrie minière se développe véritablement pendant la première moitié du XIXe siècle et approvisonne alors les manufactures des environs : fabriques de drap de Bédarieux et Lodève, distilleries de l'arrondissement de Béziers, fours à chaux, savonneries, fonderies.
A partir de 1858, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Béziers-Graissessac ouvre de nouveaux marchés terrestres et maritimes. Du Second Empire à la dernière guerre, le bassin minier connaît une expansion croissante
En 1946, les mines de Graissessac sont nationalisées et entrent dans le groupe des Houillères du Bassin des Cévennes.
Mais bientôt, la concurrence des nouvelles sources d'énergie entraîne la fermeture des mines de fond. A partir de 1962, seule une exploitation de charbon en « découverte » fonctionne avec peu d'ouvriers. Quand elle ferme en 1992 la région connaît alors une véritable désertification et un grand marasme économique et social. Le "Pays Noir" devient "Pays Vert" et tente une reconversion totale en particulier vers le tourisme.
Après ce court rappel historique, revenons à notre périple. Dès le départ le massif du Mont Agut s'impose dans le paysage. De sa masse trapue il cherche à nous impressionner mais nos jambes en ont vu d'autres et c'est plein d'allant que nous abordons les premières pentes.
L'été a été chaud et sec et la montagne arbore une chevelure dorée dans laquelle jouent les rayons du soleil
Nous franchissons un premier ressac rocheux, prémisse d'un relief plus tourmenté
Une mante religieuse, croisée sur notre chemin, daigne à peine tourner la tête pour voir qui ose s'aventurer sur son terrain de chasse.
On aperçoit bientôt le fil du sentier qui suit la ligne des crêtes qui lui donne un air de montagnes russes
Vu de loin la pente semble anodine mais arrivés à pied d'oeuvre elle révèle un profil plus impressionnant
Après avoir grimpé et « dégrimpé » les monts La Capuce (882m) et Redon (932m) nous arrivons en vue du Mont Agut (1022m). Malgré une pente asse raide nous n'en faisons qu'une bouchée
Et sans s'attarder au sommet nous le dévalons pour gravir notre dernier sommet Le mont Cabanes (950m)
Nous voici enfin revenus dans une zone ou notre chemin connait moins de turbulence et nous nous mettons pour quelques instants en pilotage automatique. Contemplant de yeux le chemin déjà fait, nous sommes sidérés de voir la distance que l'on peut parcourir en additionnant ainsi de modestes pas.
La marche est une leçon de persévérance, elle nous convainc de notre capacité à accomplir avec l'aide du temps des choses dont on ne se pensait pas capable. Je pense qu'il est ainsi pour tous le domaines de l'existence où , comme le dit si bien le dicton « Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage »
Nous installant confortablement dans l'herbe pour une courte sieste réparatrice, nous pénétrons un univers étrange dont les habitants, pour se protéger, adoptent les formes et couleurs de leur environnement;
Apercevant le village de Graissessac nous pensons pouvoir le rejoindre en « roue libre » mais le chemin qui dévale dans le vallon creusé par le ruisseau de Bouissescure prend, par endroits, des allures de toboggan. Heureusement les gens du cru,soucieux de ne pas perdre les quelques touristes qui s'aventurent dans leur région, l'ont équipé de cordes qui permettent de ménager ses fonds de pantalons.
Ces cordes nous évitent d'avoir à nous raccrocher aux branches qu'un arbre mort nous tend au fond du ravin!
Le dernier tronçon du chemin est infiniment plus bucolique et nous permet de retrouver nos esprits.
On pourra dire sans mentir que ce jour là, au sens propre comme au sens figuré, nous sommes allés « au charbon » !
Des précisions sur l'itinéraire figurent en fichier joint
Texte & photos Ulysse (sauf pour la partie historique de la mine extraite du site La Mine):
18:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Graissessac, devois, mines de charbon, mont agut, mont cabanes
21.10.2007
C'est une maison bleue...
Parmi les chansons des "seventies" il en est une qui m'a particulièrement marqué et fait rêver: il s'agit de "San Francisco" de Maxime le Forestier qui commence par un quatrain très évocateur de l'époque où elle a été créée :
C'est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas,
Ceux qui vivent là ont jeté la clé...
La suite sur ce site
Toute l'époque est résumée dans ces quatre vers; nous étions jeunes alors et nous imaginions pouvoir établir sur terre un monde fraternel. Nous avons failli à la tache et trahi cet idéal mais la nostalgie m'est restée des rêves que nous avions alors. De fait au cours de mes balades par monts et par vaux j'ai toujours été à la recherche de cette maison bleue, lieu de fraternité et d'amour. Et j'ai fini par la trouver dans un vallon niché sur les contreforts des Causses. Voici le poème qu'elle m'a inspiré.
C'est une maison bleue,
Dans un vallon sauvage,
Où seuls les nuages,
Sont familiers des lieux.
C'est une maison bleue,
Où j'aimerais bien vivre,
Avec des chats, des livres,
Et puis l'hiver, du feu.
C'est une maison bleue,
Pour que les amis viennent,
Y clamer leurs poèmes,
En buvant des vins vieux.
C'est une maison bleue,
Où les mangeurs d'étoiles,
Les sans logis en cavale,
Pourraient dormir un peu,
C'est une maison bleue,
Pour cacher nos amours,
Qui dureraient toujours,
Et plus, si Dieu le veut !
Texte & Photo Ulysse
18:19 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
17.10.2007
Le chemin des Fenestrelles
Aux alentours de Saint Guihem Il y une balade à ne pas manquer qui grimpe sur le flanc du Cirque du Bout du Monde et emprunte le chemin dit des Fenestrelles. Ce chemin fut construit en encorbellement à même la falaise par les moines de l'abbaye de Gellone, au moyen age, pour leur permettre de gagner plus rapidement le plateau du Larzac et faciliter ainsi la transhumance estivale des moutons.
Chaque fois que j'emprunte ce chemin je suis émerveillé par cet l'ouvrage et j'ai voulu dans un poème célébré l'audace et l'intelligence des hommes qui l'ont édifié. Ce poème est illustré par des photos prises le long du chemin qui y mène:
Un jour que j'avais l'âme vagabonde,
Et me languissais des chemins,
Je pointai du doigt une mappemonde,
Au hasard et tombai sur St Guilhem.*
(*) on prononce saint Guillin)
Il me fallut deux minutes trente secondes,
Pour être équipé de pied en cape,
Direction: le cirque du bout du monde,
Pour, de ses falaises, partir à l'attaque !
Un tel exploit apparaît infaisable,
Aux hommes de la plaine de peu de foi.
Mais les voies du ciel sont pénétrables,
A ceux dont l'esprit ne renonce pas.
Comme ces moines fortifiés par leur ascèse,
Qui sans doute leur donnait des ailes,
Et qui ont accroché au flanc de la falaise,
Le vertigineux chemin des Fenestrelles.
Dans un monde qui n'est que reculades,
Et renoncements au nom de bobo ici et bobo là,
Le défi de ces moines est un formidable,
Appel à ne jamais baisser les bras.
Oh ! mes frères téléphages,
Dont les corps flatulent et se ramolissent,
Levez vous et allez chatouiller les nuages,
Avant que vos coeurs ne s'assoupissent.
Suivez le chemin de ces moines,
Qui il y a près d'un millénaire,
Ont voulu prouver que la force de l'âme,
Peut vaincre les lois de l'univers !
Pour ceux qui sont intéressés par la randonnée le détail du circuit figure en fichier joint.
Texte & Photos Ulysse
22:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
15.10.2007
Découverte majeure sur un site préhistorique du Languedoc
Nous savons que le pays d'Oc est, depuis la nuit des temps, une terre de civilisation. Innombrables, en effet, sont les vestiges et les traces laissés dans cette région par les peuples qui nous ont précédé et qui témoignent d'une haute culture et d'une société raffinée.
Une surprenante découverte faite au bord du Bassin de Thau, près du village de Bouzigues, sur le site d'un campement préhistorique de pêcheurs occupé il y a environ 3000 ans en apporte une nouvelle preuve et révolutionne l'idée que nous nous faisions de la culture technique de ces peuples préhistoriques.
Des archéologues ont en effet trouvé, au milieu d'un amas d'arêtes de poissons fossilisées, une clé à sardines entourée du couvercle de la boite qu'elle a aidé à ouvrir. Les experts ont tout d'abord cru qu'il s'agissait d'un objet contemporain perdu, ou plus certainement abandonné, par un pique-niqueur sapiens-sapiens héraultus assez coutumier du fait. Il faut dire que le comportement de nos contemporains sera une bénédiction pour les archéologues du futur tant leur propension est grande à jeter dans la nature les objets dont il n'a plus l'usage.
Mais la datation au carbone 14 a permis d'établir que la clé à sardines avait la même ancienneté que les arêtes fossilissées, soit environ 3000 ans !
Vous vous doutez de l'émortion ressentie alors par les archéologues à la vue de cet objet qui bouleverse les connaissances que nous avions de cette culture de pêcheurs préhistoriques.
On les considérait jusqu'à présent comme de joyeux drilles, un brin noceurs, vivant au jour le jour et passant leur temps à paresser sur le rivage en taquinant la daurade entre deux siestes. Alors que cette découverte révèle au contraire un peuple industrieux maitrisant la métallurgie et ayant un sens poussé de la prévoyance en ayant l'idée de mettre les sardines en boite.
De surcroît la finesse de la clé plus apte à être manipulée par une main féminine que par des gros doigts masculins témoigne de la participation des femmes à l'alimentation du groupe, alors que dans les sociétés dite « primitives » ce rôle était généralement dévolu aux hommes.
Certes dans cette société préhistorique du bassin de Thau la pêche devait être réservé aux hommes, mais les archéologues ont déduit de leur découverte qu'il revenait aux femmes de mettre les sardines en boites, de gérer les stocks et d'ouvrir les boites ! On peut supposer le chantage qui pouvait alors s'ensuivre, les femmes tirant de leur privilèges le moyen d'éduquer leurs partenaires amoureux un peu rustres : pas de calin ! pas de sardines !
On peut penser que cette pratique a contribué plus tard au développement de l'amour courtois et à la vogue des troubadours qui, comme vous le savez, sont apparus dans le pays d'Oc. Ainsi l'invention de la clé à sardine a progressivement au cours des ages mené dans notre pays d'Oc à celle de la clé de sol et à l'épanouissement des rapports amoureux.
On constate d'ailleurs que les cultures du nord dont la subsistance dépendait pour beaucoup du cochon sont restées beaucoup plus frustres sur ce plan.
Texte & photo Ulysse
10:10 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
12.10.2007
L'enfant et la mer
Il l'avait tant parcourue des yeux,
Cette nappe mouvante sur la terre posée,
Par l'infini du ciel seulement bornée,
Cette mer tantôt grise, verte ou bleue
Elle l'avait tant fait rêver
Quels autres mondes baignaient ses flots ?
Quels êtres fantasques hantaient ses eaux ?
Combien de trésors sur ses fonds inviolés ?
Alors un matin il arma un rafiot,
Comme Christophe et Vasco avant lui,
Partis à la conquête de l'infini,
Pour découvrir l'Eldorado.
La mer se prit d'amitié pour cet enfant,
Le berça de ses flots nuit et jour,
Aves son ami le vent lui fit faire le tour,
Du monde en quatre vingts ans.
Quand il revint s'échouer sur le sable,
Il avait les yeux changeant comme la mer,
Et son âme était comme un hublot ouvert,
Sur ses abysses insondables.
Texte & photo Ulysse
16:00 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
10.10.2007
On ira tous au Caroux !
Tout le monde connait la chanson de Michel Polnareff « on ira tous au paradis » ...On aimerait bien croire à cette profession de foi optimiste, mais on peut avoir des doutes sur l'existence d'un tel lieu quand on voit le bazar que devient notre planète. Comment penser qu'il y ait la main d'un dieu derrière tout ça ? Si vraiment il existe, soit il n'est pas très doué, soit il est retors et dans les deux cas ça ne donne pas envie de finir pensionnaire pour l'éternité dans son paradis.
Par contre il y a un lieu que je ne me lasse pas de parcourir et qui est pour moi un vrai paradis terrestre : le Caroux ! Et je vous invite à vous y rendre dès que vous le pourrez qu'il pleuve ou qu'il vente, car c'est un lieu empreint de majesté et de sérénité dont le spectacle vous remet sur pied.
D'ailleurs la dernière fois que j'y suis allé en partant de St Martin de l'Arçon et en passant par le col de Bertouyre, il pleuvait. Mais depuis que je marche la pluie est devenue mon amie, il suffit d'être bien équipé et alors vous jouissez d'un bouquet d'odeurs inouies, terriennes, végétales, florales et animales que les gouttes en s'évaporant répandent dans l'air. A vrai dire c'est le seul moment où j'ai autant de plaisir à humer de l'eau qu'un bon vin !
Quand je croise un cairn je pense toujours aux mains inconnues qui ont créé puis ajouté des pierres à l'édifice qui souvent défient les lois de l'équilibre. C'est une oeuvre collective de personnes animées par une même passion des chemins et de la nature. C'est le point de croisement de vies et de destins innombrables et différents mais qui ont en commun d'être à un moment donné passé au même point et d'avoir ainsi, à leur insu, un lien secret qui les unis.
Le bonheur des balades réside beaucoup dans la liberté retrouvée de notre imaginaire qui n'étant plus bridé par le matraquage médiatique de notre société dite "moderne" retrouve la capacité d'émerveillement des enfants ou des premiers hommes et débusque les êtres fantastiques qui hantent les lieux sauvages et reculés. Ainsi l'on croise près du rocher du Luchet une sorcière pétrifiée par on ne sait quel enchanteur et qui semble appeler au secours
Dans l'univers austère et minéral de la montagne je suis souvent émerveillé de découvrir la vie qui s'accroche alors que tout semble s'opposer à son épanouissement, tel cet arbre, fier « David « végétal qui défie les falaises , « Goliath » de pierre prêts à l'écraser.
Mais vous allez finir par croire en lisant mes propos que je suis un ascète contemplatif. Je vous rassure je suis plutôt du genre rabelaisien et le refuge de Fontsalès où nous réfugions devient le lieu d'un chaleureux et pantagruellique agape.
Nos ancêtre dits primitifs ont laissé dans les grottes où ils se réfugiaient d'ardentes oeuvres d'art. collectives destinées sans doute à dompter l'esprit des animaux qu'ils peignaient pour assurer la survie du groupe. Les gravures et graffitis que l'on trouve de nos jours dans les refuges (et ailleurs) sont à l'image de l'homme moderne sentimental et nombriliste qui affiche ses amours qu'il voudrait éternelles. Ces auteurs de tags ou de graffitis sont un peu comme les chiens qui laissent leurs crottes sur leS trottoirS pour marquer leur territoire.
Pendant notre agape, la pluie a fait place au soleil et nous reprenons notre périple en direction du col de l'Airole en suivant un chemin qui traverse un somptueux tapis de bruyère
Quelques pins ont pris pied sur le plateau, avant garde d'une forêt qui envahit peu à peu tous les massifs de la région depuis la disparition des grands troupeaux d'ovins qui contribuaient à garder « ouverts » ces vastes espaces..
Le pin est très décoratif et il a dans certains endroits son utilité pour lutter contre l'érosion des sols mais n'oublions pas que c'est un « tueur » de faune et de flore et sa prolifération met en danger la garrigue méditerranéenne qui est l'un des espaces les plus riches du monde en ces domaines. La garrigue est un peu notre « amazonie » et il faut la préserver.
En introduction j'émettais des doutes sur l'existence d'un paradis et pourtant certains chemins du Caroux semblent mener au ciel et à les suivre la sérénité vous gagne et on se retrouve de fait au « paradis » .
Puis le chemin quitte les nuées pour redescendre vers le hameau d'Héric à travers la forêt où ceux qui maitrisent la langue des arbres peuvent dialoguer avec de vénérables chataigners qui leur racontent les légendes locales.
Nous franchissons l'indolent ruisseau d'Héric sur un pont dont l'arche constituée au sommet d'une seule rangée de pierres défie les lois de la pesanteur.
Profitant de la sécheresse une grande épeire tisse sa toile au dessus d'une mare d'eau stagnante qui attire des nuées d'insectes. Ainsi se joue en des myriades d'endroits dans le monde un jeu fatal entre proies et prédateurs, le moteur même de la vie étant la mort !
Nous voilà de retour dans la vallée où Eole commence à rassembler un troupeau de nuages. Il était temps car nous avons eu notre dose de pluie pour aujourd'hui !
Le circuit détaillé figure dans le fichier joint.
Texte & photos Ulysse
08:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : caroux, gorges d'Héric, Fontsalès, bruyère, sorcière, chataigner
08.10.2007
Le mystère du potager : les coupables ont été démasqués !
Grace à son flair de fin limier qui lui permet de traquer la moindre bestiole cachée dans les herbes ou sous les pierres, Jacques (voir son blog) a démasqué les coupables des larcins commis dans les jardins potagers ! Je le félicite pour sa perspicacité digne d'hercule Poirot ou de Sherlock Holmès.
Quant aux propriétaires de nains de jardins, ils sont maintenant avertis sur la véritable nature de ces individus dont les airs innocents cachent de redoutables prédateurs de potagers. Ils doivent s'en débarrasser au plus vite en les noyant dans un puits ou s'ils n'ont pas de puits en les amenant au centre le plus proche de la SENJ (société d'extermination des nains de jardins) ou encore pour ceux qui disposent d'un barbecue en les faisant griller avec du fenouil, car c'est un met succulent vu qu'ils ont été nourris aux fruits et légumes. Et puis de cette façon vous vous paierez en quelque sorte sur la bête des dommages qu'ils vous ont causés !
A bon entendeur salut !
12:25 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
07.10.2007
Le mystère du potager !
Vous êtes un amateur de polars façon P.D. James ou Agatha Christie et vous vous sentez une âme d'hercule Poirot ?
Alors je soumets à votre sagacité la mésaventure d'un couple d'amis qui le printemps dernier avaient investi beaucoup de leur temps et un peu de leur argent pour se constituer un magnifique jardin potager. La belle saison venue, ils se réjouissaient à l'idée de profiter du fruit de leurs efforts et à se régaler de leurs carottes, salades, petits pois, tomates, haricots verts, melons et autres cucurbitacées.
Mais au fur et à mesure que leurs légumes murissaient des visiteurs nocturnes systématiquement les précédaient dans la cuillette les privant du bonheur de goûter à leur propre récolte.
Ils mirent cela sur le compte de lapins maraudeurs ou de voisins ou passants indélicats et installèrent un haut grillage surmonté de fils barbelés sans pour autant que les larcins cessent. Ils se mirent alors à veiller la nuit en instituant un tour de garde mais le sommeil à un moment ou à un autre les saisissait pour le plus grand bonheur des voleurs qui profitaient de leur somnolence.
Désespérés ils installèrent alors à grand frais un réseau de vidéo surveillance mais les voleurs qui n'étaient pas nés de la dernière pluie couvraient les caméras d'un morceau de sac à patates et continuaient de perpétrer leurs larcins incognito.
C'est alors qu'ils étaient prêts à vendre leur maison pour aller s'établir ailleurs que je leur rendis visite. Ils me firent part du malheur qui les frappait. Touché par leur désespoir je demandai à visiter leur jardin.Après en avoir fait dix fois le tour je remarquai d'étranges empreintes dans une allée où la nuit précédente deux magnifiques melons à point avaient disparu . Balayant du regard le jardin je me frappai soudain le front en m'écriant "mais bon sang c'est bien sur !".
Je fis part de mes soupçons à mes amis qui mesurèrent tout de suite les énormes implications de ma découverte. Elle signifiait que des milliers voire des millions de jardiniers se faisaient exploiter par ces prédateurs insoupçonnés envers lesquels ces gens avaient toute confiance ! Il était probable qu'un réseau international avait été mis en place qui depuis des décennies exploitaient à leur insu les jardiniers du dimanche.
Aujourd'hui les voleurs qui dévalisaient le potager de mes amis sont sous les verrous mais des millers d'autres sont en liberté et continuent de sévir;
Avez vous deviné qui sont les coupables ?
Texte & Photos Ulysse
18:15 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

