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30.10.2006

Un caillou dans ma chaussure...


C'est un phénomène courant quand on marche sur des sentiers sablonneux ou empierrés de se retrouver, au bout d'un certain temps, avec un petit caillou dans la chaussure. Ce passager clandestin devient vite une source de gêne et d'agacement. Notre irritation est double lorsque l'on porte des chaussures de montagne nouées jusqu'en haut des chevilles qu'il va falloir délacer et relacer pour se débarasser de l'intrus! Certains prennent toutefois cela avec philosophie en s'inspirant d'un dicton de l'Indoukouch selon lequel « lorsque l'on est heureux on doit mettre un petit caillou dans sa chaussure pour ne pas oublier les malheurs du monde ! » Mais avec moi cela ne marche pas, je n'arrive malheureusement pas à circonvenir mentalement l'intrus et je dois reconnaître qu'il me gâche mon plaisir.

Voulant savoir comment un tel objet inanimé pouvait se retrouver ainsi dans ma chaussure sans y être invité, j'ai interrogé un ami spécialiste de la physique des objets inertes sur les lois pouvant expliquer et le cas échéant prévenir le phénomène. Et bien l'explication qu'il m'a donnée est toute simple: en comprimant le caillou contre le sol, l'arrière de la semelle, qui est animée d'un déplacement horizontal avant, lui imprime un mouvement rotatif ascensionnel dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le caillou vient ainsi buter contre le haut de la cheville et s'infiltre dans la chaussure en profitant du baillement provoqué par le mouvement de la marche. La seule mesure préventive possible est de marcher sur la pointe des pieds, mais c'est plutôt fatigant à la longue, surtout si vous avez décidé de faire le tour du Larzac ou le pélerinage à St Jacques de Compostelle.

Cela étant aussi pertinente soit elle, l'explication donnée par mon ami ne me satisfait pas pleinement, je pense qu'elle laisse dans l'ombre un aspect fondamental qui tient à la motivation du caillou. Je suis de ceux qui pensent que le monde minéral est vivant à l'instar du monde végétal et animal. Nul scientifique d'ailleurs ne conteste que nous sommes tous constitués, cailloux, arbres, fleurs, zèbres et humains etc, de poussière d'étoiles issue du Big Bang. Ce qui nous différencie est le mode d'organisation de la matière dont nous sommes constitués et le niveau de conscience, rien de plus, et encore trouve-t-on des similitudes entre les différents règnes. Ne dit on pas d'un homme parfois que c'est une vrai mule ou qu'il a une tête de bois ou encore que c'est un « roc ».

Partant de ce postulat, je pense donc que le caillou, qui ne dispose pas d'organe de locomotion, a développé, selon les principes de Darwin, un moyen astucieux de se déplacer en sautant délibérément dans nos chaussures ! Il peut ainsi à sa guise changer d'environnement si l'ennui le gagne. Certes le moyen utilisé n'est pas forcément très agréable pour ledit caillou si le porteur de chaussures est un adolescent qui n'a pas quitté ses baskets depuis quinze jours, mais bon je suppose que les organes olfactifs du caillou ne sont pas très développés et qu'il n'en est donc pas trop affecté.

En tout état de cause il faut donc que je me fasse une raison et que je me console en me disant, en tant que républicain convaincu, que les cailloux ont, comme tout le monde, le droit reconnu par la Constitution d'aller et venir librement sur notre territoire.

Bienvenue donc.....au prochain caillou dans ma chaussure !

27.10.2006

Le jardin Méditerranénen de Roquebrun


L'automne est déjà bien avancé et les vignes commencent à se couvrir d'or et de pourpre....La beauté du spectacle qu'elles offrent ne dissipe pas la nostalgie de l'été passé et du soleil éclatant qui réchauffait nos vieux (pour ce qui me concerne) os ! On aimerait pouvoir remonter le temps ou vivre dans un pays connaissant un éternel été ! Et bien, figurez vous que je crois avoir trouvé cet endroit ....et qui plus est pas loin de chez moi ! Il s'agit du jardin Méditerranéen de Roquebrun (localisation) où je vous invite à courir le week end prochain !

Pour y accéder, garez vous sur le parking situé à gauche après avoir traversé le pont qui enjambe l'Orb, puis empruntez la ruelle qui grimpe vers l'église magnifiquement restaurée et à partir de là suivez les flèches qui mènent au travers d'un dédale de ruelles médiévales jusqu'au jardin.

Ce jardin extraordinaire où croissent à profusion des plantes dites « succulentes » (parce qu'elles possèdent des organes charnus et riches en eau) et exotiques est installé sur les terrasses exposées plein sud qui surplombent Roquebrun et qui sont protégées du vent du nord par des orgues dolomitiques.

C'est en raison de ce climat très clément que Roquebrun est surnommée le « Petit Nice » (la températre moyenne annuelle est de 15° !)

On a le sentiment en parcourant les allées du jardin que domine une tour carolingienne d'avoir changé de saison et de continent : aloès, palmiers, cactus, agaves de toutes sortes prennent la pose et se laissent volontiers photographier malgré leur aspect parfois patibulaire.



Et les vues dont on jouit sur la vallée de l'Orb valent également le détour.



Votre visite terminée vous pourrez acheter dans un format certes réduit mais transportable un certain nombres des plantes que vous aurez admirées.

Dates et heures d'ouverture:
Du 2ème dimanche de février au 3ème dimanche de novembre: de 9H à 12H et de 13H30 à 17H30

En juillet et août :de 9H à 19H

Tel : 04 67 89 55 29

24.10.2006

A vélo le long du canal du Midi (2ème journée)


Après une soirée fort conviviale passée aux Volets Bleus (pour les détails pratiques voir la première journée) en compagnie d'américains, d'anglais et d'un norvégien venus découvrir le Canal (ce qui illustre sa notoriété internationale) je pars à la découverte du Canal en direction de Colombiers (70Km AR)

En longeant ces eaux si calmes où les remous et les rapides sont bannis, les vers d'Aragon me reviennent en mémoire « Le canal du Midi, Une veine à fleur de peau, Une rivière au cordeau, Un coin de paradis !... » ..Certes ce n'était pas le cas pour les chevaux qui halaient autrefois les bateaux commerciaux qui descendaient ou remontaient le canal. Mais ce temps est révolu et aujourd'hui aujourd'hui avec le vent qui souffle dans la bonne direction, ma bicyclette avance seule sous le couvert rafraichissant des frondaisons des platanes qui bordent le canal.et je ne demande rien de plus à la vie !.

J'avance ainsi dans un état semi hypnotique les yeux parfois éblouis par des éclaboussures de soleil qui arrivent à traverser les épaisses frondaisons. Avec ses méandres et ses eaux luisantes le canal prend parfois l'allure d'un gigantesque anaconda assoupi. Qui sait si parfois il ne s'empare pas d'une péniche qui passe et se repaît de ses touristes insouciants trompés par son apprence indolente et pacifique.

Mais voici qu'à travers les frondaisons j'aperçois la Collégiale Saint Etienne de Capestang qui domine de sa masse imposante les toitures du village. (voir le blog de Marie pour des précisions sur ce magnifique monument). La grand place du village comporte des terrasses de café accueillantes où l'on peut déguster des breuvages moins insipides que l'eau du canal. Après Capestang le canal longe les vignobles des terrasses de Béziers qui transforment l'eau du Canal en divin nectar....

avant de passer guoguenard devant la bouche rouillée d'un vieux canon napoléonien installé sur la rive du pittoresque port fluvial de Poilhès.

Notons au détour que Napoléon qui rêvait d'envahir l'Angleterre doit se retourner dans sa tombe de voir les sujets de sa gracieuse majesté envahir ainsi le canal et passer insouciants devant les temoins de sa gloire passée. A signaler également que ce village arbore un orme (hélas fort mal en point) dit de Sully (ministre d'Henri IV) planté en 1604 !

Mais nous voici maintenant en vue du tunnel de Malpas, (mauvais passage) creusé par 400 hommes en l'espace de 6 jours et dont l'entrée est ornée d''une gravure représentant une oie tenant une pièce de monnaie dans son bec avec cette inscription 'mon oie fait tout » (monnaie fait tout) faisant sans doute référence aux primes payées aux ouvriers pour les inciter à creuser cet étonnant ouvrage sans doute au péril de leur vie dans une colline de roche friable.

Ne pouvant traverser le tunnel à vélo, je prends le temps au passage de m'attarder à la Maison du Malpas, vitrine de la culture et des paysages languedociens située au dessus du tunnel et qui vend des produits du terroir ainsi que des ouvrages et des vidéos sur la région

Parvenus au joli village de Colombiers, je reviens sur mes pas ou plutôt sur mes traces de pneu en remerciant Eole d'avoir mis la Tramontane au repos. Mais ce n'est qu'un au revoir et je salue en pensée la mémoire de pierre Paul Riquet en me promettant de revenir bientôt en ce lieu hors du temps et de l'agitation du monde.

21.10.2006

A vélo le long du Canal du Midi (1ère journée)


Vous avez encore du désserrer d'un cran votre ceinture et vous vous dites qu'il serait temps de refaire un peu d'exercice. Sortez donc votre bicyclette qui se morfond dans votre cave ou votre garage et commence à être couverte de toiles d'araignée. Mettez là dans le coffre de votre voiture et partez pour Sallèles d'Aude (localisation) pour un périple de 2 jours le long du Canal de Midi. Cette petite ville occupe une position idéale au bord du canal qui fait la jonction entre le canal du Midi et le canal de la Robine qui descend jusqu'à la mer.

Réservez au préalable une chambre d'Hôte aux « Volets Bleus » magnifique maison vigneronne transformée en hâvre de paix et de convivialité par des écossais convertis aux charmes de la culture languedocienne et qui servent de surcroît une délicieuse cuisine (tel 04 68 46 83 03)

Avant d'enfourcher notre bicyclette, rappelons brièvement l'histoire du canal du Midi. Il fut construit à l'initiative et sous la direction de Pierre Paul Riquet natif de Béziers et fermier général du Languedoc, Roussillon et cerdagne. L'objectif était d'assurer la liaison entre l'Atlantique et la Méditerranée en évitant les dangers de la navigation maritime, le détroit de Gibraltar et les pirates. Les travauxqui mobilisèrent près de 12000 hommes et coûtèrent 15 millions de livres durèrent de 1667 à 1681. Pour franchir des obstacles réputés infranchissables P.P. Riquet imagina des ouvrages d'une hardiesse étonnante qui nous impressionnent encore aujourd'hui :notamment le pont canal du Répudre, le tunnel du Malpas, les neufs écluses de Fontséranne. Long de 241 km et reliant la Garonne à Toulouse au bassin de Thau à Sète, cet ouvrage unique au monde comprend plus de 300 ouvrages d'art et soixante trois écluses.P.P. Riquet mourut hélas peu de temps avant don inauguration alors qu'il ne restait plus qu'une lieue à creuser.Complété dans les siècles suivants par le canal de la Garonne puis celui de Beaucaire pour rejoindre le Rhône, le canal du Midi connut un trafic intense jusqu'au milieu du XIXème siècle, période à laquelle le chemin de fer commença à le concurrencer. Aujourd'hui le « chemin d'eau » de Riquet fait le bonheur des touristes....à pied, en vélo ou en bateau !

La première journée nous conduira jusqu'à Homps (soit environ 58km aller-retour). Partant de Sallèles d'Aude vers le nord, on emprunte une petite route qui jouxte le canal de jonction bordé de magnifiques pins parasols qui passent leur temps à contempler leur reflet dans les eaux du canal. Parvenus au niveau du Canal du Midi, nous le suivons vers l'ouest. Voici bientôt notre première étape, le joli hameau du Somail avec son fameux pont St Marcel accolé à la chapelle construit avec du calcaire, du basalte et du grès.

Mais d'autres lieux pittoresques vous y attendent, telles que la péniche épicerie « Tamata » (qui veut dire essayez en tahitien) tenue par Sylvie Couraud qui a quitté le lagon du pacifique pour les eaux moins bleues mais aussi moins troublées du Canal du Midi. Vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin pour votre pique-nique ainsi que bien d'autres choses encore.


Mais ne quittez pas le Somail sans avoir également visité l'extraordinaire librairie de livres anciens tenue par Anne marie Gourgues. Elle doit contenir tout le savoir humain et on se sent plus instruit rien qu'à la visiter.

Reprenons notre périple en suivant les méandres du canal ombragé par les majestueux platanes. De magnifiques ponts véritables bracelets de pierre qui se réflètent dasn les eaux du canal, ponctuent à intervalles réguliers le parcours .

Nous voici à Ventenac où les vignerons coopérateurs vous font déguster leurs vins dans un véritable château témoin de l'age d'or que connut au siècle dernier le vignoble languedocien!

Puis nous passons sur l'acqueduc de Répudre, premier pont canal construit en France (le deuxième au monde!) qui permet au canal du Midi de franchir ce torrent impétueux.

Nous longeons ensuite le village de Parana dont les maisons étagées et colorées rappellent – toute proportion gardée - Lisbonne se mirant dans le Tage

Notre périple est égayé par les embarcations de toutes formes des bateliers qui ont élu domicile au bord du canal, certains non dépourvus d'humour !

Puis nous longeons les doubles écluses d Argens , d'Oignon et de Homps terme de notre périple. Le retour se fait par le même chemin qui offre toutefois un spectacle différent du fait de la lumière et des reflets constamment changeants. C'est le charme infini du Canal du Midi intemporel et toujours différent ! Si vous êtes séduit par ce site, rendez vous dans quelques jours pour la seconde étape)

PS: Cliquez ici pour accéder au site vous donnant les infos pratiques

18.10.2006

A travers le pays Cathare ...dans le brouillard !























Je vous invite aujourd'hui à me suivre, tant bien que mal dans le brouillard, en pays Cathare. Mais avant de prendre la route, voici à l'intention de celles ou ceux qui ne savent rien du Catharisme (dont je faisais partie avant ce périple) quelques précisions très simplificatrices sur ce mouvement religieux que l'église catholique a qualifié d'hérésie. Il est apparu vers le milieu du XIIème siècle dans la région d'Albi (d'où le nom d'Albigeois donné également aux Cathares). Les « bons hommes » et « bonnes femmes » comme se désignaient eux mêmes les Cathares avaient une lecture particulière de l'ancien et du nouveau testament et contestaient avec virulence l'Eglise romaine qu'ils accusaient de trahir le message du Christ. Ils avaient une conception pacifique de la religion, détachée de ce monde et tournée vers l'au delà, alors que l'église catholique était à l'époque résolument déterminée à bâtir sur la terre, y compris par la force un ordre voulu par Dieu et imposé par le Pape. Les Cathares refusaient de voir dans le monde visible l'oeuvre du Père, car sa création bonne et éternelle ne pouvait pas être le monde matériel où s'exprime le mal. Ce dernier était pour eux l'oeuvre d'un ange déchu, Lucifer ou Satan. Pour les Cathares, les hommes peuvent accéder au royaume de Dieu en suivant l'enseignement du Christ et en recevant le « consolament » ou baptême spirituel de la part des « bonshommes » qui leur transmettent le saint Esprit par imposition des mains.Chacun est assuré qu'au terme de sa vie présente son âme sera libérée de son corps façonné par le malin et qui l'emprisonne. Refusant l'idée d'un enfer éternel les « Bons hommes » prêchaient ainsi un christianisme dissident qui assure à tous le salut éternel.

Cette conception mettait effectivement à mal le pouvoir de l'église catholique qui prospérait sur la crainte que faisait naître l'enfer et le juteux commerce qu'elle en tirait par la vente des indulgences, mais je ne veux pas polémiquer la dessus laissant chacun libre de ses croyances. Rappelons toutefois que c'est dans le cadre de la persécution des Cathares par le Roi de France, allié du Pape, que toute la population de Béziers (cathares et catholiques confondus) fut massacrée sans pitié, sous l'égide de l'abbé de Citeaux qui prononça alors cette formule passée à la postérité « Tuez les tous , Dieu reconnaîtra les siens » . Les terroristes islamistes qui tuent aveuglément sont en quelque sorte les héritiers « spirituels » (si l'on peut dire !) de cet abbé.


Mais j'ai assez abusé de votre attention et de votre patience, aussi attachez vos ceintures et prenons la route ! Je suis parti du petit et bien nommé village de Caves situé en plein coeur de l'appellation Fitou. (localisation) Le temps n'étant malheureusement pas clément ce jour là, je me suis réchauffé au préalable en prenant un petit "noir" au comptoir du café de France où le temps s'est arrêté à l'époque bénie où l'on pouvait boire du vin sans être considéré comme un alcoolique. En effet, une affiche politiquement « incorrecte » vante les mérites de cette boisson millénaire, l'un des trois piliers avec l'olivier et le blé de la civilisation méditerranéenne et dont la Bible elle même fait la publicité !



Et pourtant "Haro sur le vin" crient ceux qui nous gouvernent mais qui boivent à la galéjade aux frais de la Princesse (en l'occurence les contribuables) les grands crus bordelais et bourguignons dans les soirées mondaines, tout en fermant pudiquement les yeux sur les pesticides et les nitrates qui empoisonnent l'eau et les aliments que nous consommons, sur l'amiante qui tue à petit feu des salariés et qui déclarent sans rire que les nuages radio-actifs s'arrêtent à nos frontières !

Mais cessons là nos diatribes inutiles et revenons à notre périple pour poursuivre en direction du village de....Treilles ! (je n'invente rien!) Traversons Feuilla puis dirigeons nous par la D 227 et la D 5 vers Opoul Périllos où nous attend notre première citadelle où se réfugièrent des cathares persécutés par les troupes du Roi de France.

Le brouillard qui submergeait le promontoire sur lequel il est juché ne facilita pas son ascension. Les ruines avaient un aspect fantomatique et menaçant qui me faisait craindre l'apparition soudaine de quelques survivants du massacre prêts à m'estourbir croyant avoir affaire à des sbires du Roi de France. Il n'en fut rien, grâce sans doute à mon allure de mécréant !

Poursuivons donc, en traversant le village de Vingrau, vers la Citadelle d'Aguilar qui malgré son aspect trompeur de forteresse imprenable fut plusieurs fois vaincue lors de la persécution des cathares mais aussi dans le cadre de la guerre avec l'Espagne.

La vue qu'elle offre sur la vallée du Verdouble (à votre santé!) est somptueuse.
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Quelque peu abasourdis par le cliquetis des armes qui résonnent encore en ces lieux chargés d'histoire faisons halte,, après avoir traversé Padern, dans le village de Cucugan, rendu célèbre par un conte d'Alphonse Daudet . Jetons un coup d'oeil à la jolie Chapelle où le curé pour ramener dans le droit chemin ses ouailles peu respectueuses des préceptes de l'églises leur confia dans un sermon les avoir vu rôtir en enfer!

La colline sur laquelle le village est construit arbore un magnifique moulin qui tourne et produit de la farine qui sert à faire du pain et des patisseries locales vendus ...à prix d'or dans la boulangerie installée à proximité.

Après cette étape gastro-spirituelle, entamons l'ascension du nid d'aigle où trônent les ruines impressionnantes du château de Quéribus.

Ayons une pensée admirative pour les bâtisseurs qui ont su défier les lois de la gravité afin de monter les murailles de cette forteresse au dessus du vide.

Le jour de ma visite, la citadelle s'était ceinte d'une écharpe de nuage pour se protéger de l'haleine glacée du vent d'Autan.

Les dernières marches menant à la poterne gravies, on est subjugué par la majesté des ruines,
le clou de la visite étant constitué par le logis du châtelain doté d'un pilier gothique soutenant quatre croisées d'ogives

ainsi que par la plate-forme sommitale offrant par temps clair une vue somptueuse sur la plaine du Roussillon et les Pyrénées.(désolé je n'ai pas de photo car la vue était bouchée)! Quéribus fut avec Puylaurens l'ultime refuge des cathares et ne fut vaincu en 1229 que par la trahison d'un ancien compagnon d'armes du seigneur des lieux, Chabert de Barbéra.Cette défaite marque la fin de l'épopée Cathare.

Attristé par le sort tragique de ces hommes et femmes morts en raison de leur foi, je suis allé me réconforter au Domaine du Mas Amiel (04 68 29 01 02)qui produit de fabuleux vins de Maury. Certains de ces vins sont exposées aux intempéries pendant un an dans des bonbonnes de verre et captent ainsi dans leurs molécules la force du vent, la chaleur du soleil et les senteurs de la terre et la garrigue environnante.Je vous en conseille vivement la dégustation, avec modération!

PS Les citadelles Cathares comportent d'autres merveilles telles que Puylaurens, Peyrépertuse ou Montségur où je vous emmènerai un autre jour.

15.10.2006

Pélerinage à Notre dame de la Gardiole

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Dans un note du 23 février dernier je vous invitais à visiter le superbe site de l'abbaye de Montceau dans le massif de la Gardiole. Depuis plus de 30 ans une association animée par son Président, Luc Routier, a entrepris sa restauration avec de modestes moyens et beaucoup de courage . Ce dernier a demandé à l'un de ses amis, Gérard Réthoré, sculpteur amateur de grand talent, de réaliser une Vierge pour cette abbaye.
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J'ai eu le plaisir et l'honneur d'assiter à son inauguration le samedi 16 septembre, lors de la journée du Patrimoine et j'avoue que, bien qu'étant pour l'église une brebis égarée, j'ai été ému par la sérénité et la douceur qui émane de cette sculpture à laquelle il a donné le nom de "Notre dame de la Gardiole". Au delà du caractère religieux évident de cette oeuvre, l'auteur a voulu en ces temps troublés s'adresser aussi bien aux croyants qu'aux non croyants de bonne volonté.

Personne ne peut mieux que l'auteur vous présenter cette oeuvre, aussi vais je reprendre ci dessous les termes de son discours d'inauguration :


medium_IMG_4206.JPG« J'ai déjà réalisé plusieurs vierges à l'enfant de dimensions modestes, dont une pour ma petite fille vivant à cette époque aux Etats Unis. J'avais voulu alors créer un ensemble, image de paix et de douceur. J'avais trouvé cette atmosphère dans la contemplation d'un bas relief en marbre , exposé au Louvre, chef d'Oeuvre d'Agostino Di Duccio, daté du Xvème siècle : la Vierge à l'enfant entouré d'anges .

J'avais alors interprété en ronde bosse ce bas relief. Donc pour l'Abbaye, je décidais de reprendre ce travail, mais dans une autre dimension.

Le siège sur lequel est assise la Vierge est une chayère, dont le très haut dossier était censé protéger l'utilisateur des courants d'air et des agressions dans les chateaux de l'époque. Elle est en noyer massif; bois noble mettant en valeur la teinte plus douce du merisier dans lequel les personnages sont sculptés.
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Le site de l'Abbaye étant accessible à tous les visiteurs et ayant perdu son rôle cultuel, j'ai été très attentif à la décoration du siège pour ne heurter personne : celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas.

Comme les anciens sculpteurs, j'ai voulu faire une sorte de livres d'images en présentant certains symboles de notre religion, mais la lecture peut se faire aussi de manière profane. Par exemple: la vigne et le raisin, le blé, l'olivier...Pour un chrétien le symbole de l'Eucharistie est évident et l'olivier rappelle l'alliance de Dieu et de Noé après le déluge...Mais pour un non croyant la représentation de notre beau Languedoc à travers ses produits est manifeste.

Si la coquille Saint Jacques fait volontairement une auréole à la Vierge en nous rappelant que ce site était sur le chemin de Compostelle au Moyen Age, on peut aussi y voir un clin d'oeil à l'étang de Thau.

medium_IMG_4196.JPGDe chaque côté de la Vierge, vous trouvez en accoudoir deux personnages. A sa droite, Saint Pierre représentant l'Eglise et à sa gauche Saint Jean, dsciple préféré de la Vierge, représenté agé car il serait mort très vieux!

Sur le côté,sont sculptés les symboles attribués à ces apôtres mais le coq de Saint Pierre peut être aussi le coq républicain pour celui qui le souhaite!medium_IMG_4203.JPG

Pour les personnages principaux, j'ai voulu avant tout représenter une Vierge à l'enfant, mais c'est évidemment aussi une maternité.

Saint Joseph étant issu de la tribu de David, on peut imaginer qu'il ait offert le bijou dont j'ai paré le cou de la Vierge, mais c'est aussi un rappel de l'ancien testament.

Sans vouloir jouer au Da Vinci Code, vous pourrez également interpréter le nombre de grappes de raisins, de feuilles, d'olives ou d'épis de blé...

medium_IMG_4200.JPGDe même le dos de la chayère est décoré par un bouquet composé par des fleurs ayant toutes une relation symbolique avec la Vierge.

Bonne lecture...... »


Que puis je ajouter à ces propos de tolérance dont on a tant besoin aujourd'hui, sinon vous inviter à aller contempler cette merveille située dans un site splendide. Je doute fort que vous ne soyez pas sensible à son sourire tout aussi serein que celui de la Joconde....medium_IMG_4221.JPG

Bon pélerinage !
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13.10.2006

Réchauffement climatique (suite)......

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Dans une note du 12 février dernier je vous ai déjà alerté sur les signes visibles du réchauffement climatique. Des indices de plus en plus probants confirment ce réchauffement sur les causes duquel les experts s'affrontent encore....Al Gore l'ex futur président des USA parcourt la planète pour présenter un documentaire alarmiste sur le sujet qui vient de sortir sur nos écrans "Une vérité qui dérange" (Inconvénient truth). Il nous invite à changer nos comportements d'urgence si l'on ne veut pas finir par griller comme des sardines sur un barbecue !

Parmi les conséquences évidentes de ce réchauffement j'ai lu récemment un article sur la déroute des ours polaires obligés de fuir leurs territoires traditionnels de chasse sous l'effet de la fonte du permafrost, ce sol imbibé d'eau qui était jusqu'à présent gelé. Ne vous étonnez donc pas si, comme moi, vous en trouvez un un jour réfugié dans votre frigidaire !

Celà étant si l'on se fie à la loi de l'évolution définie par Darwin, on peut espérer qu'ils finiront par s'adapter à un environnement estival, avec le risque qu'un jour vous en retrouviez un allongé sur un transat au bord de votre piscine !
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10.10.2006

David et Goliath (version languedocienne)

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Un rocher menaçait d'écraser un arbrisseau,
Mais celui ci décidé à ne pas se laisser faire,
Lui conseilla de ne pas lui chercher d'histoire.
Le rocher le traita de haut,
Et lui dit "de toi je n'ai que faire",
Mal lui en prit, comme vous pouvez le voir,
Car il se retrouva en l'air,
Et il y était encore hier soir !

08.10.2006

Voyage dans le temps sur le Causse de Toucou


Nos vies sont ponctuées d'ordinaire par le cheminement des aiguilles d'une montre et notre horizon temporel est généralement limité à quelques heures, voire dans l'urgence à quelques minutes. Mais aujourd'hui je vous propose d'abandonner pour un temps votre montre et de changer d'échelle temporelle en allant à la découverte des dolmens et menhir du Causse de Toucou dans la région d'Octon point de départ de notre périple (localisation) (Détail de l'itinéraire en fichier joint).

Dans ce village le temps semble s'être arrêté et d'ailleurs l'horloge installée sur le fronton de l'église qui domine la place ne se soucie plus de donner l'heure, ses aiguilles s'étant d'office octroyé un repos bien mérité. Après avoir emprunté la rue du Four Banal où devait se situer le four à pain communal (simple hypothèse personnelle), le début de la balade remonte la rive droite du canyon creusé par le Toucou dans les « ruffes » rouges omniprésentes dans la région du Lac salagou. Ces dépôts sédimentaires oxydés par des sels de fer constitués il y a 250 millions d'années donnent à la région un air d'Arizona.


Le contraste est saisissant avec le camaîeu de verts des ajoncs, des chênes kermès ou des genevriers qui s'accrochent sur les pentes du canyon et avec le bleu du ciel où rode parfois un rapace en quête de son déjeuner

Après avoir traversé le Toucou sur un pont séculaire presque submergé par la végétation,

on aborde les hauteurs du causse où les ruffes font place à des sols plus terreux, témoins du chamboulement des sols causés dans la région par le surgissement des Pyrénées et le choc de la plaque continentale africaine sur la plaque européenne.


Le causse est jonché de tas de pierres constitués par des générations de bergers ou d'agriculteurs. Certains plus énigmatiques comportent des séries de trous profond d'environ 80 cm disposés en cercles.
S'agit il d'édifices construits par ceux qui ont édifié le menhir et les dolmens que comportent également le site.? Je ne saurais pas vous le dire car je n'ai trouvé aucune littérature sur le sujet. Il est vrai que l'on sait peu de choses sur les constructeurs des mégalithes et la finalité de leurs monuments. La fonction des menhirs reste un mystère. Certains chercheurs considèrent qu'il peut s'agir de possibles observatoires atronomiques liés à un culte solaire ou lunaire. Celui, de taille assez modeste, qui se dresse sur le causse du Toucou, au pied d'un chêne vert n'a livré aucun indice à ce sujet.

Quant aux deux dolmens édifiés un peu plus loin, on sait qu'il s'agit de monuments funéraires ou de lieux de culte, mais on ignore tout des cérémonies qui s'y déroulaient. Ils sont comme les autres dolmens orientés vers le soleil couchant, signe de la fin du jour et symbole donc de la fin de vie.

Quelles que soient les motivations des hommes qui ont construit ces monuments, il faut reconnaître qu'ils savaient choisir leurs sites dont la beauté et la sérénité sont propices à la méditation


Après cette brève immersion dans la préhistoire, le retour au monde contemporain se fait progressivement , le chemin passant successivement devant les ruines d'une ferme bâtie avec des pierres de basalte dominant le lac Salagou (le fermier avait lui aussi bon goût quant au choix du site!)


pour longer ensuite les terrasses merveilleusement restaurées d'une magnifique oliveraie. Tout au long de la balade, on rencontre d'ailleurs des restes de murs des terrasses qui couvraient les collines, attestant de l'exploitation intensive dont elles faisaient l'objet et du courage phénoménal des gens de l'époque.


De retour sur la place, les fauteuils d'une brasserie vous tendent des bras accueillants pour vous aider à renouer avec le fil du temps .

PS : A ceux qui veulent en savoir plus sur les monuments mégalithiques je recommande l'achat de l'excellent ouvrage de Jean marc Roger "Le temps des Dolmens" aux éditions Espace SUD Montpellier 1992

05.10.2006

L'imprévisible destin des chaussures !

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Quand je passe devant la devanture d'un marchand de chaussures je me prends à rêver...Vous allez vous dire que je suis bizarre et que les roues de mon vélo ne tournent plus rond, mais réfléchissez y un instant et prenez conscience de l'infini diversité des destins que vont connaître toutes ces chaussures qui attendent dans les vitrines, sur les présentoirs ou dans l'obscurité de leurs boites.

Imaginez d'abord leurs angoisses quant à l'identité de celle ou celui qu'elles vont devoir supporter toute leur existence : aura-t-il (ou elle) une taille de guèpe ou sera t il du genre "bibendum", sera-t-il attentionné et leur passera-t-il régulièrement le cirage et la brosse à reluire, évitera-t-il les flaques d'eau et les déjections canines ou au contraire sera-t-il indifférent à leur sort en ne leur épargnant aucune humiliation. Leur fera-t-on arpenter les Champs Elysées et la Vème avenue ou les chemins boueux de campagne ? Les forcera-t-on à à leur corps défendant à être complices de coup de pied au culs ou les fera-t-on danser ?

Pour elles la vie est ainsi une loterie, mais je suppose que lorsque quelqu'un les essaie qui ne leur plait guère elles font en sorte dêtre le plus inconfortables possible afin de ne pas être choisies....Donc la prochaine fois que vous essaierez des chaussures qui ne vous conviennent pas , il est probable que c'est VOUS qui ne convenez pas aux chaussures !

Quant aux chaussures maltraitées elles trouvent un réconfort dans l'au delà, au Paradis des chaussures !

Je ne peux terminer cette rubrique sans vous rappeler les deux premières strophes de la merveilleuse chanson qu'a écrite le canadien Félix Leclerc sur le sujet

Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m'ont porté de l'école à la guerre
J'ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère.

Moi, mes souliers ont passé dans les prés
Moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d'une...

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