vendredi, 09 mai 2008
Un soir à Perpignan
J'ai rencontré Jean-Paul Pelras, auteur de ce recueil de nouvelles, une fois, il y a .... quelques années. Il était venu au collège Jean Moulin de Perpignan parler à mes élèves d'un de ces 14 ouvrages intitulé "On en parle au village".
Pendant une heure j'ai eu le privilège de voir s'instaurer une relation unique entre un homme de la terre, un homme de combat et des enfants intrigués, curieux, parfois impertinents dans leurs questions. Il a répondu à toutes même les plus indiscrètes, simplement.
Aujourd'hui, j'ai choisi de vous parler de son dernier recueil composé de dix nouvelles en français et en catalan : Un soir à Perpignan.
Je ne serai peut-être pas objective, mais à quoi bon. Je suis passionnée, j'aime ma ville et quand j'aime je le dis. Le contraire est vrai également.
Dés la première de couverture, un couple s'embrasse furieusement en surimpression d'un dessin d'Alexis Gallissaires. Voilà le ton est donné. Perpignan est l'espace scénique d'amour éternels, insolites, adultères.
Comme partout ? Oui, comme partout mais sous la plume de Jean-Pierre Pelras elles ont le goût sucré-salé que seule une ville atypique peut leur conférer. Ces balades romancées dans les venelles perpignanaises toute en touches pudiques imagent une ville putain et bourgeoise à la fois. Paradoxe de Perpignan aux racines catalanes et dont les fondraisons sont irrémédiablement tournées vers un avenir européen, tous les comportements peuvent arriver jusqu'à l'absurde. Parfois le hasard ou la fatalité ou le destin, c'est la même chose d'ailleurs, s'amuse à détourner une vie bien tracée. La terre, le soleil, les souvenirs, le désir s'entrecroisent dans le lacis des rues du centre-ville. Oh comme j'ai dégusté ce livre, je l'ai savouré lentement, comme un Byrrh bien frais.
C'est ces émotions là illuminées par les illustrations réalistes d'un jeune perpignanais que je voudrais vous faire partager.
Jean-Paul Pelras, même s'il avoue " je n'aime pas les villes", aime Perpignan avec tendresse. Tous les personnages passent, Perpignan reste.
Un soir à Perpignan, textes de Jean-Paul Pelras, dessins d'Alexis Gallissaires, préface d'André Bonnet
Editions Privat.
Lune et Soleil
23:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Perpignan
vendredi, 21 mars 2008
Perpignan, tradition, élection et ... chocolat
J'ai froid, il fait trés froid. Je suis rentrée chez moi sans m'attarder, quelqu'un a ouvert la porte entre les Corbières et la plaine du Roussillon et la Tramontane souffle à décorner les boeufs. Beaucoup de monde aujourd'hui à Perpignan normal c'est le jour de la Procession de la Sanch. Je ne vais pas vous faire un cours d'histoire mais aujourd'hui c'est un jour de tradition séculaire. Tout perpignanais se doit d'assister une fois dans sa vie à cet évènement, comme tout catalan se doit de gravir au moins une fois le Canigou, c'est fait. Il y a beaucoup de monde dans les rues de Perpignan pour une autre raison, ce matin le "nouveau" maire a été élu sous les cris de la foule massée place de la Loge, aujourd'hui mais aussi depuis bientôt une semaine.
Mais aujourd'hui c'est aussi le jour du chocolat, ça aussi c'est une chouette tradition. Changement d'ambiance car le chocolat j'adore. Rue Fontfroide j'ai des habitudes à la boulangerie Fraîche Fontaine (voir l'album photos). Lorsque je suis en ville le matin je ne manque jamais d'aller y acheter mon pain au chocolat. Mais ce que j'aime surtout c'est le couple. Monsieur ne sert que le pain et les viennoiseries, Madame s'occupe plus volontiers des poches de rousquilles, des chocolats, des gâteaux. Peu importe que la petite boutique soit pleine de monde ou que je sois seule, rien ne presse, nous avons le temps. Sans un mot plus haut que l'autre on me propose un café, une douceur " mais oui, allez, mangez quelque chose, ça vous fera du bien " et je prends car je suis gourmande. Je voudrais leur dire que leur gentillesse me réchauffe le coeur mais je ne le ferai pas sauf ici sur ce blog qu'ils ne liront jamais. Tout à l'heure je suis passée leur dire bonjour et leur demander la permission de photographier la vitrine, ils m'ont dit oui, de suite. Ce que j'aime aussi c'est les habitués, à tous, artistes de la rue de la Révolution Française aux chaussures trouées (c'est vrai), employés de la voirie qui prennent leur café, élégantes en Sonia Rykel et chien-chien, ils offrent trés gentiment un chocolat, ou un petit gâteau et même si cela fait cliché, c'est la stricte vérité. Parfois ils me prennent à témoin et me raconte leur vie privée, un assureur qui veut résilier leur contrat déjât des eaux, les examens médicaux en prévision car " je suis trés fatiguée" me confie en aparté la boulangère. Venez et vous verrez.
Voilà l'image de Perpignan que j'aime, celle de la tradition et de la rue, celle des gens honnêtes et travailleurs, celle du chocolat et de la Tramontane glacée.
J'ai froid, il fait trés froid aujourd'hui sur Perpignan, je suis rentrée chez moi sans m'attarder...
Lune et Soleil plutôt Eclipse
21:17 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roussillon, canigou, sanch, perpignan, catalogne


