mardi, 11 mars 2008

Pour une rose jaune



Sagement elles attendent serrées les unes contre les autres qu'un regard attisent leur jaune brulant. En nombre impair ou unique peut importe, les offrir, c'est tout ce qui compte. Une silhouette s'approche, elles s'agitent, gigotent, non elles ne sont pas de glace comme leurs soeurs rouge-sang. Ce qu'elles veulent c'est plaire. Une main légère glisse au-dessus de nos têtes. Qui est-ce ? Inconnu donne ton nom ne me touche pas je ne suis pas facile et mes épines te feront réfléchir, enfin attends, apprivoise moi, ne sois pas pressé. Senteur envoutante qui s'insinue, s'immisce, se glisse trop tard inconnu tu es à moi. Séductrice je suis et séducteur tu es puni. Je suis ta pénitence, ta repentance qu'as-tu-fait ? Qui est-elle ? Non, non écoute une seule suffira crois-moi. Unique et sublime comme elle, comme elle que tu as blessée, elle saura pardonner. Tu saignes ? Ton coeur est brisé ? Je t'avais prévenu, une seule aurait suffit.

Lune et Soleil

Il faut savoir se dire au revoir



Combien de fois ai-je entendu dire "qu'il est difficile de se dire au revoir ou adieu" ?
Chacun d'entre-nous se trouve confronté un jour ou l'autre à cette étape qu'est la séparation. Il ne s'agit pas aujourd'hui de séparation amoureuse mais de séparation amicale. Imaginez un groupe d'une dizaine de personnes dont moi, réuni autour d'un professeur d'anglais dans le cadre d'un stage de perfectionnement. Passé le premier cours (3 heures) et la sale impression d'être complètement nulle, je me demande ce que je fais là, je ne comprends rien, j'ai du mal à prendre la parole et j'ai honte, je suis rouge de honte. Pourquoi m'a-t-on mise dans le groupe niveau 4 censé être le plus élevé ? Je rentre chez moi consternée mais finalement je décide de persévérer. Bien m'en a pris.
Les séances suivantes ( 8 séances de 3 heures le mardi matin prévues en tout) m'ont permis de faire connaissance avec des gens sympathiques, ouverts, cultivés, pratiquant l'humour et la dérision : j'adore !!
Luce et Christine pharmaciennes pétillantes, Patrice au savoir immense, Alain créateur de pizzas, Florence viticultrice de feu, Aurore et Caroline trop peu vues mais sincèrement appréciées vous allez me manquer. Cette complicité qui était la nôtre va me manquer, ces bafouillements vont me manquer, ces pauses-café vont me manquer, ces rires vont me manquer.
Aujourd'hui nous nous sommes dit au revoir autour d'un repas amical planifié par Luce en échangeant des bons mots, des commentaires, des rires encore bien sûr.
Nous avons dit aussi au revoir à Jonathan heureux propriétaire depuis peu d'un MG décapotable rouge de 1974, merci pour sa patience, son humeur égale, et à ses redoutables et déstabilisantes questions.
Je dis au revoir avec nostalgie à ce petit monde que nous formions mais sans tristesse, c'est la preuve que nous avons su nous dire au revoir.

Lune et Soleil

mercredi, 05 mars 2008

Montrez moi votre main



Main d'homme, main forte
Mains qui transpirent, mains qui désirent
Mains qui séduisent, mains qui attisent
Mains pour enserrer, toucher, déclarer

Légitimes, illégitimes peu importe
Elles s'ouvrent, fleurs affolantes
Fleurs indolentes, fleurs émouvantes
Fleurs gantées, parfumées, décidées

Paumes larges et chaleureuses
Paumes fébriles et flatteuses
Aux doigts timides, taquins, coquins
Aux doigts déliés, légers, osés

Mains naïves, calines, divines
Mains à tout faire et même à défaire
Au revoir, signe de la main, revient
Main d'homme, main douce

Lune et Soleil

vendredi, 15 février 2008

Zingara




Liane fragile, tu dévales rues et ruelles sans un regard pour les passants hébétés
l'heure approche
Une fontaine glougloute sous un soleil incendiaire, tu n'as pas soif
rien ne freinera tes pas
Tes pieds légers glissent sur la pierre chauffée à blanc
Ta jupe verte et dorée s'enroule autour de tes cuisses humides
Ton ventre de pain doré crie famine, tu ne mangeras pas, pas encore
Frèle poitrine qui bat sourdement sous un corsage blanc
Corps affamé et farouche tu avances sans relâche
Un cloche retentit dans l'air étouffant
Tu ne l'entends pas
Noire, sensuelle ta chevelure colle à ton cou gracile
La sueur illumine ta peau de gitane
Enfin un éclair traverse tes paupières, pas un murmure
La ruelle sombre se retrécit sournoisement et laisse éclater violemment une petite placette
déserte
Pas un souffle, pas un murmure, pas une ombre de vie
Pourtant on t'attend derrière une porte
Il est là, seul, désespéré, assoiffé, affamé, tendu vers toi
Une porte s'ouvre, des bras s'écartent, des doigts hésitent, harponnent d'autres bras, d'autres doigt
Pas un souffle, pas un murmure, pas un cri
Elle est là la zingara
La paix tombe sur une chambre nue
L'un dans l'autre tout est dit.

Lune et Soleil

dimanche, 10 février 2008

Illusion, désillusion




Allongés, étirés, cils de biche, sourcils noirs,
regarde moi
Oui, voilà, comme ça
Trop loin encore rapproche toi
oui, voilà, comme ça

Nos yeux se frôlent, s'accrochent, s'adoptent
regard marron clair
Oui, voilà ne bouge pas
les miens verts
regard de vipère

Félins, calins, insistants, tentants
je me noye
Est-ce bien moi ?
Rai de lumière à travers tes paupières
Est-ce toi ?

Sourires hésitants, timides,
un geste se dessine
Secousse,
Quoi, déjà ? Non oh non
Gare St Roch Montpellier
Le TGV en direction de .....
Adieu ...

Lune et Soleil

A tous les voyageurs